Dieudonné, le parfait Goldstein de Valls

1984 Goldstein

On peut le dire : avec ces affaires, Valls et Dieudonné se rendent des services mutuels !

Par le Parisien libéral.

1984 Goldstein

Franchement, en partant du principe que Dieudonné croit ce qu’il dit (ou, plus exactement, ce qu’on lui fait dire), qui peut défendre l’humoriste ? Pas grand monde, voire personne en dehors des extrémistes. Du coup, Manuel Valls nous offre un parfait exemple d’application de 1984à notre monde politico-médiatique.

 

 

En adoptant un ton martial, Valls ne se cache même pas de dire « vous ne pouvez pas ne pas savoir » et « vous êtes pour ou vous êtes contre Dieudonné ». Pas de nuance possible. Pas d’interrogation possible sur les thèmes qu’il soulève.

Pour les citoyens de base que nous sommes, c’est à la fois grave et trivial. Grave car la liberté d’expression, pensions-nous, faisait partie des valeurs fondamentales de ce pays. Trivial car, sauf cas psychiatrique, personne, même chez les fans de Dieudonné, ne songe à reproduire les actes de la police française qui, en juillet 1942, a arrêté de son propre chef, et non pas sur ordre des nazis, des Français de confession juive pour les envoyer à la mort.

Pourtant, Dieudonné n’est pas autre chose, répétons le, que le miroir de Christiane Taubira. Comme la ministre de la justice, le comique interroge le passé colonial de la France et la concurrence mémorielle. Simplement, l’une a choisi la voix de la politique bon teint, y compris en acceptant de travailler (avec difficulté, manifestement) sous les ordres du fils d’un homme à 100% dans la ligne de ce qu’elle combat en France, tandis que l’autre se fourvoie sur un chemin qui ne peut déboucher que sur sa mort symbolique ou physique.

dieudonné valls

En tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que Valls et Dieudonné se rendent des services mutuels. Dieudonné est martyrisé, ce qui correspond finalement au schéma dans lequel il  a inscrit sa trajectoire récente, tandis que, ô miracle, Valls peut donner des gages à gauche tout en imposant à la France une conception pour le moins curieuse de la liberté.

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