Baisse en trompe-l’oeil du chômage en France

Malgré une légère baisse de la catégorie A et une explosion des radiations administratives, les inscrits à Pôle Emploi sont toujours plus nombreux.

Par Alexis Vintray.

Pôle emploiUne nouvelle promesse gouvernementale attendra : l’inversion des courbes du chômage, ce n’est, sans surprise, pas pour aujourd’hui. Car si le chiffre le plus visible du chômage (catégorie A) annoncé aujourd’hui est en baisse, c’est l’arbre qui cache la forêt des radiations administratives en hausse massive et d’une forte hausse du nombre d’inscrits en catégories A, B & C.

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucun emploi) a ainsi reculé de 19.900 personnes en octobre (DOM compris), pour s’établir à 3.537.700 personnes. Mais quand on regarde la totalité du tableau, cela se noircit singulièrement : sur les catégories A, B et C, le nombre de demandeurs d’emploi augmente très rapidement encore, à + 41 500 personnes, DOM compris. Ce sont près de 5,2 millions de personnes qui sont désormais inscrites à Pôle Emploi, un record. Rien que sur octobre, la hausse est de +0,8%. Sur les catégories A, B, C, D et E, le tableau est encore plus noir (voir graphique).

Chômage France octobre 2013

Enfin, l’utilisation des radiations administratives de Pôle Emploi, qui a l’avantage d’améliorer artificiellement les chiffres du chômage, devient de plus en plus massive : 52.600 radiations sur octobre 2013, soit 10.000 de plus qu’en septembre et 13.000 de plus qu’il y a un an. Toutefois, cette évolution est à nuancer puisque les radiations, plus nombreuses, sont à mettre en rapport avec une hausse du chômage de longue durée. Plus de chômeurs de longue durée, donc plus de chômeurs en fin de droits, donc plus de radiations.

Les permanentes valses hésitations du gouvernement, la fiscalité de plus en plus écrasante et une politique économique inadaptée rendent en tout cas hautement improbable l’amélioration rapide du marché de l’emploi. En outre, le PIB français s’est contracté de 0,1% au 3e trimestre 2013, après une croissance de 0,5% au 2e trimestre, due essentiellement aux grands froids.

Ces chiffres tranchent avec la situation du Royaume-Uni, dont le taux de chômage vient lui d’atteindre un plus bas depuis 3 ans. Une situation à laquelle la baisse des dépenses publiques n’est probablement pas étrangère, les acteurs économiques pouvant légitimement moins s’inquiéter de futures hausses d’impôts. En Allemagne, le taux de chômage reste lui aussi très bas, à 6,9%.

La France pour se réformer saura-t-elle s’inspirer des réformes qui marchent pour arriver elle-aussi à juguler durablement le chômage ? Quelques pistes M. Hollande :