Fiscaletti : les petits cours de fiscalité d’Aurélie Filippetti

Lors d’une interview récente, Aurélie Filippetti aura montré l’étendue de son incompétence et l’obstination à vouloir taxer, encore taxer, toujours taxer.

Le président Hollande n’a vraiment pas de chance : non seulement il est poursuivi par la pluie, même au Mali, mais il semble que l’incompétence ahurissante qui frappe les hommes de son gouvernement n’épargne absolument pas les femmes, quand bien même la doxa actuelle impose de croire qu’elles leur seraient supérieures. Et ce qui est vrai avec Duflot ou Vallaud-Belkacem l’est aussi avec Orélifilipéti, l’interjection en charge du ministère de la Culture.

Soyons honnête : il ne s’agit pas d’une surprise. On savait depuis longtemps à quoi s’en tenir lorsqu’elle avait sorti, en juin de cette année, que – je cite – « tout le monde en a assez d’Amazon qui casse les prix » (et puis zut à la fin), avant de partir en bataille contre la distribution de livres au travers des interwebs de lolcat et tout le tralala. Et c’est donc tout naturellement qu’on la retrouve aux premières loges lorsqu’il s’agit de tortiller la réalité et l’odeur de charogne putride qui entoure ses idées renouvelées de taxations des tablettes et autres gizmos numériques à la mode.

Pour rappel, l’idée de la ministricule est de coller une bonne taxe sur les appareils électroniques susceptibles de diffuser du matériel vidéo, dans une sorte d’extension virulente de la redevance audiovisuelle à tout ce qui peut contenir le galimatias gluant et la propagande décontractée que produit la télévision publique française.

Dans une intervention dont la vidéo, édifiante, suit ci-dessous, la ministre se sera fendue d’une de ces analyses de marché que seul un socialiste qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise du domaine concurrentiel peut se permettre avec un parfait détachement de cuistre. Je vous laisse vous en délecter rapidement avant de revenir sur quelques uns des points saillants de l’intervention ministérielle.

À ce point, j’imagine donc que vous avez vu la performance d’Aurélie. Je vous laisse reprendre vos esprits, en introduisant ici une pause salvatrice devant ce niagara de conneries.

Oui, cette vidéo est consternante puisqu’encore une fois, on a la confirmation absolument certaine qu’une ministre de la République est totalement incompétente et rigoureusement étanche aux notions fiscales de base, ce qui devrait normalement imposer une démission bruyante et rapide.

Aurélie Filippetti CCCPAinsi, pour Orélifilipéti, consommer français signifierait s’imposer d’écouter de la musique française, consommer des émissions françaises et des produits français, ce qui représente un vrai défi dans la mondialisation actuelle, son copain Montebourg en ayant déjà fait la confuse expérience. Par exemple, si j’écoute du Daft Punk, groupe français, est-ce de la musique française ? Peut-on considérer qu’une musique pop qui agite du « She’s up all night for good fun, I’m up all night to get lucky » pendant plusieurs minutes fait du français ? Peut-on réellement demander à une personne normalement constituée de se taper une proportion donnée de production française douteuse pour que l’exception culturelle française justifie son existence ? « Plus Bête La Vie », exemple typique de production dans la propagandaleitung officielle de France Téloche, mérite-t-elle vraiment une taxe alors que le bon sens réclamerait plutôt une dose massive de thiopental sodique en intraveineuse ?

Ainsi, Orélifilipéti croit savoir qu’en France, depuis plus de trente ans, on finance la culture par ceux qui la diffusent, alors que tous les chiffres indiquent que cette fameuse culture est financée … par le contribuable. Ainsi, Orélifilipéti imagine qu’en camouflant son bricolage fiscal derrière le mot « contribution » au lieu de taxe, la ponction sera moins douloureuse, montrant à quel point elle prend ouvertement les Français, frétillants créditeurs de l’histoire, pour d’aimables pigeons.

Mais le pompon, tout de même, est l’embrouillamini dans lequel la pauvrette s’englue très rapidement lorsqu’il s’agit d’expliquer comment cette taxe, dont tout indique qu’elle sera enterrée, ne sera en réalité pas abandonnée, et — mieux encore — elle n’impactera pas sur le commerce.

Délicat exercice pour la petite soldate partie au front sans arme et sans bagages, il lui faut en effet composer avec la récente grogne des Français devant le passage à tabac fiscal dont ils sont les victimes, et qui a déclenché quelques moiteurs palmaires chez les clowns qui servent de gouvernement actuellement. La semaine qui s’est écoulée ayant donc été consacrée à tenter de désamorcer l’envie croissante des Français d’aller expliquer leur ras-le-bol général à coup de cric dans les palais de la République, ils auront rapidement introduit, dans une confusion tout à fait rassurante sur leurs capacités de communication, la notion de « pause fiscale », notion qui tombe fort mal pour la pauvre Aurélie et sa taxe sur les bidules connectés.

Le vigoureux rétropédalage qui s’ensuit est, malheureusement pour elle, de peu de résultat puisque pour Orélifilipéti, cette éventuelle nouvelle taxe, pas vraiment abandonnée vous verrez on va la remettre et puis de toute façon c’est pas une taxe c’est une contribution, sera de toute façon payée … par le fabricant. Pour elle, c’est évident, la taxation des tablettes et des bidules électroniques n’est en rien un obstacle à la vente, et les fabricants s’aligneront gentiment, d’une part parce qu’on leur demande gentiment et d’autre part parce qu’avec les marges de gorets qu’ils font sur ce genre de produits, un peu plus, un peu moins ça ne fera aucune différence, n’est-ce-pas, et emballez c’est pesé.

aurélie filippetti - nouvelles maths

Eh oui. Pour la ministre, un iPad 2, noir, 9.7″ LED, 16 Go, Wifi à la FNAC à 400 euros vaut le même objet, pourtant vendu à 400$ chez BestBuy aux États-Unis.

Ce que l’exercice aurélifilippettique démontre ici sans le moindre fard est qu’encore une fois, nos ministres ne sont d’aucune utilité. Elle, comme les autres, ne servent absolument à rien et ils ne peuvent justifier leur existence que presque exclusivement au travers de leur créativité fiscale. Il y a, effectivement, cette minuscule partie de la fonction qui leur impose de signer quelques papiers et de tamponner l’une ou l’autre circulaire pour que les administrations, réelles détentrices de la puissance publique en France actuellement, puisse continuer de fonctionner sans trop de souci. Mais au-delà de cette fonction très réduite de tamponneur glorifié, l’utilité d’une Filippetti ou d’un Moscovici est absolument nulle : mouches du coche qui s’agitent bruyamment en inventant des pas de danse furieuse pour montrer qu’ils existent, ils n’apportent au mieux qu’un peu d’entropie dans un bazar déjà bien complexe, et au pire une cataracte de nouvelles tuyauteries fiscales idiotes qui provoquent la ruine du pays.

Et plus ils s’acharnent sur les taxes, plus ils ruinent le pays, plus ils constatent qu’il faut trouver des fonds, ce qui les pousse à s’acharner sur de nouvelles taxes.

Et au-delà de cette consternante inutilité qui s’ajoute, dans le cas d’espèce de l’Aurélie, à une très jolie incompétence fumeuse, on peut aussi voir que pour nos minustres (les actuels et tous les précédents, sur des décennies), la notion même d’imposition trop lourde est quelque chose qui n’existe pas. L’effet Laffer, c’est une vilaine invention des turbo-libéraux pour empêcher l’État de ponctionner à loisir ; en réalité, ça n’existe pas, ça n’a jamais été prouvé, c’est un bricolage gribouillé sur un post-it à un coin de table, pas mieux que les 35 heures d’Aubry, par exemple. Et c’est tout. Circulez, y’a rien à voir et encore plein à taxer.

Cet acharnement morbide n’amène qu’à une seule conclusion : ce pays est foutu.
—-
Sur le web