Serge Schweitzer sur les mouvements contestataires

De nombreux mouvements se sont créés depuis près d’un an pour protester contre l’augmentation continue des prélèvements obligatoires. Interview.

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Serge Schweitzer (Crédits : Serge Schweitzer, tous droits réservés)

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Serge Schweitzer sur les mouvements contestataires

Publié le 17 septembre 2013
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De nombreux mouvements se sont créés depuis près d’un an pour protester contre l’augmentation continue des prélèvements obligatoires. Contrepoints organise une matinée-débat consacrée à ce sujet brûlant le samedi 21 septembre. Le Professeur Serge Schweitzer introduira la conférence. Interview.

Pourquoi avoir proposé d’assurer l’introduction avec une perspective historique sur les mouvements de révolte lorsque Contrepoints vous a demandé d’intervenir lors de sa conférence du 21 septembre ? 

Serge Schweitzer : D’une part Contrepoints est un média particulièrement sérieux. Et surtout je suis heureux d’intervenir pour un site qui, au lieu de prononcer des exclusives, des exclusions, des évictions, donne la parole à tous les courants libéraux, y compris à des gens qui sont plutôt conservateurs mais qui déjà ne sont pas sociaux-démocrates ou socialistes, ce qui n’est pas rien. D’autre part le risque inhérent au sujet et à de multiples interventions de gens qui sont dans l’action est d’entendre toute la matinée des histoires intéressantes mais particulières, pour ne pas dire catégorielles. Ce n’est d’ailleurs pas du tout insultant, mais une matinée où chaque intervenant raconte ses déboires, désillusions et la  façon dont il essaye d’éviter le pire ou de faire reconnaître ses intérêts peut vite se transformer en catalogue de la Redoute. Il n’est donc pas superflu d’imaginer qu’un propos introductif donne, si le pari est relevé, un sens à la matinée et aux multiples dimensions de cette question délicate.

L’idée même de révolte n’est-elle pas à double tranchant, en ce qu’elle peut aboutir au chaos ?

Serge Schweitzer : J’aurai l’occasion dès le début du court propos introductif de marquer les coûts et les avantages de la notion de révolte. Certes, une vision exogène capable de mettre fin en bloc et d’un coup au système existant peut sembler une opportunité attractive, mais l’historique des stratégies « du passé faisons table rase » invite à une extrême prudence. C’est une chose de renverser l’ancienne France, mais autre chose que de vivre la Terreur. C’est une chose de renverser l’autocratie tsariste, c’est autre chose de vivre le goulag…

Comment voyez-vous évoluer les mouvements actuels, à la lumière des révoltes connues dans l’histoire ?

Serge Schweitzer : Il est rigoureusement impossible de répondre avec certitude à cette question. Les révoltes/réactions actuelles ont ceci de particulier par rapport aux siècles passés que jamais l’emprise et les moyens de répression des hommes de l’État n’ont été aussi puissants, y-inclus dans les régimes démocratiques. Si bien, pour ne prendre qu’un exemple, que sous le temps de la monarchie dite « absolue », en particulier sous Louis XIV, des régions entières sont en quasi-sédition pendant des mois. Peut-on imaginer aujourd’hui l’Ardèche ou le Vaucluse dans une telle situation ? Cela signifie – et c’est l’un des grands intérêts de la matinée – que les voies à découvrir pour endiguer la fiscalité des hommes de l’État sont à construire, car contrairement à la Suisse ou aux États-Unis où le référendum permet des coups d’arrêt puissants ou des retours en arrière, la France ne dispose pas, du moins dans sa pratique, d’un tel outil. Si bien que nous sommes dans une situation assez comparable  à la stratégie des missiles, mesures/contre-mesures, où chaque pas d’une contestation voit les hommes de l’État opposer une parade, sous forme éventuellement de pots-de-vin, qui entraine alors en retour le contestataire à riposter ou pousser son avantage, et ainsi de suite dans un jeu vicieux, pervers, mais qui paradoxalement est fait de points d’équilibre successifs. C’est ce qui explique que depuis au moins 50 ans les prédictions du type « le système est à l’agonie » ou encore « la pression fiscale ne peut plus monter » sont régulièrement démenties.

Comment analysez-vous le dénouement de la contestation la plus médiatisée, celle du mouvement des Pigeons ?

Serge Schweitzer : Les Pigeons ont fait le choix d’un rapport de force et d’une stratégie endogène. À ce jeu leur succès n’a pas été négligeable et naturellement, une fois le résultat obtenu, ils sont retournés dans leurs entreprises, cautionnant par le fait même la survie du système, ce qui vous ramène à votre précédente question : faut-il une stratégie de type tsunami pour tout emporter ou bien faut-il une stratégie de type « donnant-donnant » ? Espérons que cette matinée éclaircira au moins ce point crucial.

MATINÉE DÉBAT

Samedi 21 sept. 2013

08:15 – 12:00

AGECA, salles 7 et 9

177 Rue de Charonne
75011 Paris

 

https://revoltes.eventbrite.fr/

Programme :

Petit-déjeuner offert, de 8h15 à 8h40

Introduction par le Pr. Schweitzer

Tables rondes de 8:40 à 12:00 (pause à 10:20)

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  • De toutes façons, un jour ou l’autre, tôt ou tard, la solution passera obligatoirement par un refus de la saignée.
    Un refus explicite, un refus assumé, un refus responsable, un refus collectif qui s’agrégera vraisemblablement via internet.
    Croire au mouvement perpétuel est plus lucide que d’espérer que ceux qui vivent grassement de l’imposition des autres s’arrêtent un jour d’eux-mêmes. Cela n’arrivera jamais.

    • La révolte des esclaves du socialisme ! C’est exactement la nature de la crise actuelle, crise terminale de la social-démocratie, dernier avatar des collectivismes meurtriers du XXe siècle.

      Compte tenu de sa profondeur, cette crise est au-delà des cycles économiques : c’est un changement d’époque, de siècle. Elle traduit la révolte implicite contre l’Etat obèse, le refus de collaborer plus longtemps, même si ce refus n’est pas encore conscient et rationalisé par des mots. Ceci dit, vu l’ampleur des exils extérieurs ou intérieurs, tant des cerveaux que des capitaux, le rejet de la collectivisation est déjà assumé par un nombre grandissant d’individus.

      Nul ne sait ni quand, ni comment, ni pourquoi, mais une série d’évènements provoqueront bientôt la chute soudaine du monstre social-démocrate adipeux, suivant l’exemple de ses prédécesseurs soviétiques et nazis avant lui. Aucune variante du même socialisme ne peut résister à ses contradictions internes, inscrites dans ses gènes dès sa conception.

      • Mais ouiiiii… « un jour ça va pêter ». Ah tiens, non en fait. Reveillez-vous et regardez autour de vous : vous êtes seuls.

      • Sauf qu’une autre forme de socialisme remplace le socialisme, dans tous les cas cités. La question est de savoir si ce sers différent cette fois.

    • Le jour où je verrais une manif de masse comme contre le mariage pour tous ou comme contre la réforme des retraites sous Sarkozy pour protester contre l’enfer fiscal…. j’aurai a nouveau espoir dans l’avenir du pays.

      • Nos fins politiciens sont parfaitement rodés à la gestion de manif et de conflit, dans la dynamique du donnant-donnant.

        Pas besoin de manif ou de réunion. Cessation des paiements et de toute coopération point barre, aucune négociation, même pas leader identifiable, et tout cela pacifiquement. La solution est au niveau individuel, pas dans l’espoir d’un grand rassemblement.

        En tout cas voilà ce que j’en dis

        • Le jour où mon boss défilera parce qu’il refuse de payer ses impôts, je le dénoncerai au fisc avec délice en sortant les liasses prouvant ses années de fraude. Et je défilerai avec des milliers d’autres pour qu’ils paient jusqu’au dernier radis ce qu’ils ME doivent.

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