Pauvreté, capitalisme et libéralisme : ce qu’on ne vous dit pas

En 20 ans, le capitalisme et la mondialisation ont sorti 1 milliard de personnes de la pauvreté.

En 20 ans, le capitalisme et la mondialisation ont sorti 1 milliard de personnes de la pauvreté.

Par Loïc Gonsolin, depuis Montréal, Québec.

« S’il est facile de repérer la pauvreté, il est plus difficile de la définir ». La Banque mondiale, dont nous utiliserons ici les données, a tendance à mesurer la pauvreté à travers le pouvoir d’achat des ménages, leur capacité à subvenir aux besoins essentiels. C’est pourquoi le seuil de pauvreté peut varier d’un pays à un autre par exemple. L’objet de cet article sera l’étude de l’évolution de la pauvreté dans le monde au cours des vingt dernières années, période où libéralisme et mondialisation qualifiaient le mieux l’économie mondiale.

Au vu des critiques qui fusent envers la mondialisation d’un bord, et la libéralisation économique de l’autre (à la fois cause et conséquence de la mondialisation), nous pourrions, noyés dans un océan médiatique de plus en plus hostile à la mondialisation et aux idées libérales, croire que l’ultime solution pour un monde meilleur serait de mettre un frein au libéralisme typique des pays dits du Nord, qui exploitent les pays en développement par l’entremise des délocalisations notamment.

L’issue parait logique, limiter l’implantation d’entreprises multinationales à la recherche de contraintes syndicales moindres et d’une main-d’œuvre moins coûteuse dans les pays en développement limiterait directement l’exploitation de millions de travailleurs des pays du Sud et résoudrait partiellement les problèmes de chômage du Nord. Toutefois, la dynamique est en réalité plus complexe. Il faut savoir regarder au-delà de ces deux conséquences, les répercussions de ces délocalisations sur la vie des populations des territoires d’accueil – qui sont souvent mieux payées que par les entreprises nationales ou locales – et l’impact que pourrait avoir un potentiel départ des firmes multinationales d’un pays en développement.

« Entre 1990 et 2010, la part de la population mondiale faisant face à la pauvreté est passée de 43,1% à 20,6% »

C’est alors qu’il convient d’estimer les répercussions de cette fameuse libéralisation économique sur la présence de la pauvreté dans le monde. Les derniers chiffres de la Banque Mondiale, datés de 2010, indiquent une sensible chute de la pauvreté. Cette chute n’a malheureusement pas eu un écho à la hauteur de son importance dans les médias. En fait, entre 1990 et 2010, la part de la population mondiale faisant face à la pauvreté est passée de 43,1% à 20,6%.

Comment explique-t-on cela ? C’est cette fois très simple. Cette amélioration est due à la croissance économique et à la libéralisation qu’a connu cette période. L’essor de l’économie chinoise est un exemple. Suite à l’ouverture de son économie dans les années 1980, la Chine est passée du communisme, où l’extrême pauvreté touchait 80% de la population, à une économie nettement plus libéralisée, où 10% de la population demeure extrêmement pauvre, soit une baisse de 70% en 30 ans. Le pays a d’ailleurs vu l’incroyable nombre de 680 millions de ses habitants sortir de la pauvreté.

Certains diront pour montrer les limites du libéralisme que, pendant que la pauvreté a diminué, les inégalités économiques ont crû. C’est vrai. Une fois la pauvreté éliminée, ce sera le nouvel objectif que prôneront les ONG, améliorer le partage de la croissance économique. On ne peut être sur tous les fronts à la fois. Comment lutter contre la pauvreté tout en luttant contre les inégalités sachant que le premier objectif est largement tributaire de la croissance économique et que le second est la conséquence de la croissance économique ?

Pour finir, d’autres donneront pour alternative au capitalisme, avec pour rude conviction l’élimination des inégalités, le communisme (voir à ce sujet mon article ici). Croire en un tel mode de fonctionnement, de nivellement par le bas – qui plus est, ayant montré son incapacité à apporter une solution à la pauvreté et son incompatibilité avec la démocratie au cours du XXe siècle – serait ne pas connaître la nature et l’essence même de la pensée humaine, en plus de fermer les yeux sur l’impact positif de la libéralisation chinoise, entre autres, sur sa population. Près de six millénaires avant notre ère, les Sumériens (voir à ce sujet le livre de Thomas Cahill, The Gifts of the Jews), populations de Mésopotamie (actuel sud de l’Irak), première civilisation urbaine, ancêtres de la civilisation dite de l’Ouest, étaient déjà dotés de cet esprit de compétition que chaque humain, et même animal, a encore aujourd’hui, bien que ne se l’avouant pas toujours. Esprit de compétition que castre le communisme collectiviste.

Quoi de plus tyrannique que d’imposer un mode de vie contre nature qui n’a jamais montré de signes de réussite ? Réfléchissons, Staline avait dit que nul ne peut instaurer le communisme sans passer par un régime dictatorial. Restons modérés, améliorons le système capitaliste libéral qui a sorti, en vingt ans, 1 milliard de personnes de la pauvreté.


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