Échoués sur une île déserte

Publié Par Guillaume Nicoulaud, le dans Économie générale

Quand toute la complexité de nos économies modernes et le confort qu’elles nous procurent disparaissent, les choses deviennent plus claires.

Par Guillaume Nicoulaud.

La première des priorités, c’est de trouver de l’eau potable ou quelque chose qui puisse en tenir lieu. Parce que vous avez fait des études, vous savez qu’un être humain ne peut pas espérer survivre plus de deux semaines sans boire mais aussi, qu’après trois jours, il sera trop faible pour se réhydrater par ses propres moyens. Lorsque vous et vos compagnons êtes arrivés sur l’île, c’est la première chose que vous avez cherché et c’est le principal critère qui a influé sur le choix du lieu où vous avez établi votre campement. Ce n’est qu’après avoir trouvé une source que vous êtes passés à la suite de la liste : de la nourriture, un abri, du feu…

Quand toute la complexité de nos économies modernes et le confort qu’elles nous procurent a disparu, les choses deviennent plus claires. Dès les premières heures sur l’île, vous avez été amenés à reconsidérer complètement ce que vous considériez jusqu’alors comme des richesses. Si ce billet de 50 euros qui était resté dans votre poche vous a été très utile pour allumer votre premier feu, jamais, de toute votre vie, vous n’aviez réalisé à quel point le simple fait de transformer un poisson en liberté dans le lagon en quelque chose de comestible créait de la valeur. Disons que la valeur exprimée en euros d’un poisson écaillé et grillé vient d’exploser.

Le fait est qu’à l’état de nature (comme disaient les anciens), toutes ces choses qui vous permettent de survivre doivent être produites. De la même manière que les poissons ne sautent pas écaillés et grillés dans votre assiette, l’ouverture d’une simple noix de coco, la construction d’un abri capable de vous protéger des intempéries ou la confection de vêtements rudimentaires nécessitent du travail, de l’ingéniosité et parfois même de prendre certains risques. C’est la dure et froide réalité dans toute sa simplicité : bien avant d’être distribuées, ces richesses doivent être produites.

Qui décide ?

Sur l’île, personne n’a le temps de philosopher. Une des règles essentielles de l’amélioration de vos conditions de vie c’est que plus vous travaillez, plus vous produisez de richesses, mieux vous vous portez. C’est aussi simple que ça. De ce principe, découle le fait que toute personne qui ne fait rien, qui reste assise sur la plage en attendant que les autres subviennent à ses besoins, est un poids pour le groupe. C’est dur mais c’est la réalité. Naturellement, lorsque l’un de vos compagnons ne peut matériellement pas participer à l’effort de production, vous êtes enclins à vous montrer solidaires mais le tire-au-flanc, le passager clandestin est un luxe et c’est un luxe que vous ne pouvez pas vous permettre.

Lorsque vous avez commencé à prendre vos marques sur l’île, c’est ce point qui vous a amené à remettre en cause le mode d’organisation communiste qui avait prévalu jusqu’alors. De fait, passées les difficultés du début, un certain nombre de vos compagnons ont eu une nette tendance à se préserver et à compter sur la solidarité du groupe pour assurer leur survie [1]. Par ailleurs, à tort ou à raison, quelques-uns de vos camarades estimaient que la charge de travail n’est pas équitablement répartie et, enfin, se posait inévitablement la question de ce qu’il faut produire et de ce qui relève du superflu. Ces désaccords généraient des tensions au sein du groupe.

Au premier abord, votre réaction fut d’élire un chef à qui incomberait la responsabilité d’organiser la production et la distribution des richesses : d’un mode d’organisation communiste, vous avez évolué vers le socialisme. Mais très vite, vous avez constaté que les passagers clandestins n’avaient pas renoncé à leurs mauvaises habitudes – ils se contentaient de faire semblant de travailler – et que les décisions du chef en matière de production comme de répartition étaient sans cesse contestées. Votre petite communauté réalisa alors que la coercition, loin d’être un accident ou un hasard de l’histoire, était consubstantielle au mode de production socialiste.

Société libre

Il y avait donc un choix de société à faire. Un choix fondamental. Lorsque vous vous êtes réunis pour l’évoquer, il est apparu très clairement que les avis des uns et des autres sur ce qu’il fallait produire et la manière de le répartir étaient irréconciliables. À chaque fois qu’un consensus semblait voir le jour, plusieurs membres du groupe le remettaient en cause, posaient des conditions ou émettaient de nouvelles idées. C’est alors que l’un d’entre vous, excédé par ces palabres qui ne menaient manifestement nulle part, déclara que dorénavant, il veillerait sur lui-même et sa famille, ne demanderait rien à personne et que chacun ferait aussi bien d’en faire autant. Sa déclaration faite, il se leva et quitta l’assemblée.

Pendant quelques instants, tous demeurèrent silencieux. Si vos premiers sentiments vous portaient à considérer cette possibilité avec inquiétude, vos réflexions vous suggéraient avec de plus en plus d’insistance qu’en effet, c’était probablement la meilleure solution – et peut-être même la seule. Chacun produirait ce dont il a besoin et le choix de ne pas travailler devenait dès lors un choix qui n’avait de conséquence que pour celui qui le faisait. Faute de mieux, vous avez décidé de faire un essai.

Certains s’attendaient à ce que ce mode d’organisation individualiste finisse par distendre les liens qui unissaient la communauté. En fait, il n’en fut rien. Très vite, vous et vos compagnons avez redécouvert tout l’intérêt de la division du travail : lorsque chacun se spécialise dans une production précise, le résultat global est meilleur – en quantité comme en qualité – que si tout le monde fait un peu de tout. Concrètement, cela signifiait que celles et ceux parmi vous qui montraient des prédispositions pour la pêche avaient tout intérêt à se spécialiser dans cette activité et à échanger leurs excédents de poissons contre d’autres marchandises.

Capital & croissance

Le temps passait et, petit à petit, cette nouvelle organisation faisait ses preuves. Une conséquence remarquable de cette coopération sociale basée sur l’échange était que les efforts de production de chacun ne visaient pas seulement à satisfaire leurs propres besoins mais aussi ceux des autres ; le premier de vos compagnons à avoir eu l’idée de domestiquer et d’élever les chèvres sauvages de l’île n’était pas un grand amateur de viande mais il avait supposé – à juste titre – qu’une diversification de votre régime alimentaire serait la bienvenue. Depuis ce jour, chaque habitant de l’île, à mesure de ses moyens – c’est-à-dire de sa propre production –, pouvait s’offrir du lait et une portion de viande.

Tous furent assez surpris quand l’un des îliens, un jeune homme qui s’était spécialisé dans la pêche, ne se montra pas une seule fois dans le lagon pendant plusieurs jours. Ce que vous ignoriez, c’est qu’il avait compris que les eaux au-delà de la barrière de corail étaient bien plus poissonneuses que celles du lagon et que, pour exploiter cette ressource, il devait disposer d’une pirogue et d’un filet. C’est ce à quoi il était occupé. Sans le savoir, il venait de réinventer le principe même d’un investissement, de l’accumulation de capital qui permet de démultiplier la productivité du travail d’un seul homme. Et de fait, ce risque qu’il a pris, ce temps consacré à accroître le rendement de ses futures pêches lui a été extrêmement profitable – il est devenu, pour ainsi dire, riche.

Naturellement, ce mode d’organisation n’était pas égalitaire mais comme chacun d’entre vous pouvait constater que la richesse des uns et des autres n’avait d’autre source que les services qu’ils avaient rendus à la communauté, le fait que le jeune pêcheur soit relativement opulent ne choquait personne. Après tout, si vous pouviez manger tant de poisson, c’était grâce à lui et vous mesuriez bien qu’en le privant d’une part du fruit de son travail, de sa compétence et des risques qu’il prenait en haute mer, vous risquiez surtout de vous priver des services du meilleur pêcheur de l’île. Ce que vous saviez intuitivement, c’est qu’une des fonctions économiques essentielles de la richesse relative de votre jeune pêcheur, c’est d’inciter les autres à suivre son exemple.

Perdus dans la complexité de nos économies modernes et le confort qu’elles nous procurent, nous avons une fâcheuse tendance à baser nos raisonnements sur de grands agrégats abstraits qui, bien souvent, nous font perdre de vue ce sur quoi notre prospérité repose réellement. À l’état de nature, comme disaient les anciens, les choses sont plus claires, plus simples et les grands débats qui agitent nos sociétés développées n’ont même pas lieu d’être. Pensez-y et demandez-vous en quoi, exactement, les conclusions qui s’imposent sur l’île sont différentes de celles qui devraient s’imposer à nous aujourd’hui.


Sur le web.

Note :

  1. Prenez n’importe quelle saison de Koh-Lanta.
  1. Bien entendu, si l’île est occupée par des français, les choses changent !

    La pirogue a été construite’ avec du bois local, dont appartenant au groupe. Il faudra donc que le piroguier indemnise le groupe par un impôt fixé à 50 % du produit de sa pêche (ou 75 % s’il pêche beaucoup).
    Du coup, le type qui creusait des récipients dans des noix de coco ou des calebasses en fera bien moins, puisqu’il reçoit son poisson gratuitement. Rapidement, la bouillabaise va tourner à poisson cru.
    L’ingénieux pêcheur va alors racheter du poil de chèvres, se tisser une voile, et se barrer vers une autre île moins prédatrice.
    La population va alors retrouver du poisson ultra-cher parce que rare, le chevrier ne vendant plus sa laine va monter le prix de sa viande, et le chef se fera déboulonner pour un autre, sans que cela ne change rien 🙂

  2. Il manque une étape dans votre histoire.

    L’étape où un des aventuriers commence à clôturer telle portion de terrain pour s’arroger l’exclusivité de son exploitation.

    Et l’étape ou à force de taper dans les ressources, le capitalisme ne marche plus, et où tout le monde (re)commence à penser à bouffer son voisin.

    1. Puisque c’est sa propriété,l’individu a intéret de préserver ses ressources.
      La mer est un bon exemple,elle appartient à tout le monde,les individus n’ont aucun intéret d’entretenir les ressources.
      Mais ce n’est pas un gros problème car les poissons sont abondants,ce n’est pas demain la veille qu’on risque de manquer de poissons.

    2. « Il manque une étape dans votre histoire. »

      « L’étape où un des aventuriers commence à clôturer telle portion de terrain pour s’arroger l’exclusivité de son exploitation »

      Oh, elle date de vieux cette étape. Neuf mille ans en Nouvelle-Guinée si j’en crois mes collègues préhistoriens.

      « Et l’étape ou à force de taper dans les ressources, le capitalisme ne marche plus, et où tout le monde (re)commence à penser à bouffer son voisin. »

      Quel capitalisme? Dans les sociétés primitives où l’on produit aujourd’hui ce qu’on consommera demain et guère plus, il n’y a pas de quoi se constituer un capital. En pareil cas ce n’est pas que le capitalisme ne marche plus, c’est qu’il n’a jamais eu de quoi démarrer. Car dans « capitalisme » il y a « capital », le saviez-vous?

      1. Une barque, un arc, un silex taillé … ne vous en déplaise mais tout ça, c’est du capital.

        1. Ben oui même dans le paradis de rousseau l’immonde capital est là.
          Mais dans les société primitive la propriété privée est banni. Tout est sous le contrôle des anciens, la nourriture, les loisirs et les femmes. Relire « Tristes tropiques » où L Strauss explique benoîtement que toutes les femmes sont la propriété du chef … car il est responsable du groupe.

          En fait c’est du capital mais pas du capitalisme.

    3. Bonjour FabriceM

      « à clôturer telle portion de terrain »
      Si vous faites de l’agriculture, c’est une étape indispensable lol

      « à force de taper dans les ressources, le capitalisme ne marche plus »
      C’est monomaniaque cette histoire de ressource limité.
      -On vous dit que quand une ressource devient rare, son prix augmente et les consommateurs s’en détournent mécaniquement.
      -Le libéralisme ce n’est pas que le kapitalisme. Le capitalisme peut aussi être immatériel, voir le développement de l’industrie de la culture ou du logiciel.

      Faite confiance à l’homme, il adore commercer. L’état quant à lui, adore contraindre.

    4. FabriceM,
      Très bon exemple. Imaginons donc qu’afin d’éviter le phénomène que vous dénoncez, il soit décidé par le chef de la tribu que désormais, toutes les ressources naturelles seront des biens communs. Nous allons prendre, si vous le voulez bien, l’exemple des chèvres.
      Les chèvres, donc, deviennent un bien commun qui appartient au peuple c’est à tout le monde en général et à personne en particulier. Seulement voilà : comme tout le monde veut boire du lait de chèvre et manger de la viande de chèvre, chacun se sert selon ses besoins (c’est-à-dire sans limite) dans le stock commun et, très vite, les chèvres se font plus rares.
      Voilà la situation : d’une part, personne n’a intérêt à dépenser de l’énergie (du temps, de l’argent…) pour préserver la population des chèvres et, d’autre part, comme tout le monde peut se servir, l’intérêt bien compris de chacun consiste à se servir avant les autres – c’est-à-dire avant qu’il n’y en ait plus.
      En théorie des jeux, c’est une variante du dilemme du prisonnier connue sous le nom de « jeu de la ressource commune » plus connue par les économistes sous le nom de « tragédie des biens communs ». Dès lors que la probabilité qu’un des habitants de l’île décide de trahir les autres en tuant les dernières chèvres est supérieure à zéro, il est extrêmement probable que cette espèce aura bientôt disparu de l’île.
      Étrangement, ceux qui, comme vous, soutiennent ce genre de théories ne se demandent jamais pourquoi – Ô mon Dieu, pourquoi ? – malgré dix millénaires d’exploitation de ces ressources, la population des chèvres domestiques se porte si bien tandis que celle de leurs cousines sauvages (comme les bouquetins d’Abyssinie ou les chèvres sauvages crétoises) sont en voie de disparition.

      1. Premièrement, je ne dénonce rien du tout. J’essaie juste de me projeter dans la réalité, et les idées que vous m’attribuez sans me connaitre sont -Ô surprise- erronées.

        Deuxièmement, l’exemple des chèvres aurait pu être intéressant, si vous l’aviez mieux traité. La ou il y a réellement un problème de bien communs, c’est sur les surfaces « paturables ». Si rien n’est fait, il y aura surpaturage, destruction du capital, et conflit. Si untel se met à clôturer des parcelles de manière unilatérale, là aussi, il y aura conflit, puisque rien ne vient légitimer cette appropriation. Comment sortir de cette ornière par le haut, voilà la question que je pose. La solution étato-collectiviste de base face à ce genre de problèmes n’est pas la nationalisation, mais l’attribution de quota. (ex de la pêche, ou de la gestion de l’eau .. ici quota de chèvres par éleveur). La solution « libérale » qu’on propose souvent, qui est celle de l’enclosure, n’est pas sans problèmes. Mais comme le grand rothbard a dit « Chacun doit avoir le Droit d’approprier pour soi-même des terres ou d’autres ressources jusqu’alors non appropriées. Si les retardataires sont défavorisés, eh bien, cela fait partie des risques qu’ils doivent assumer dans ce monde de liberté et d’incertitude. » … on a le droit de faire semblant que non.

        1. « Chacun doit avoir le Droit d’approprier pour soi-même des terres ou d’autres ressources jusqu’alors non appropriées. Si les retardataires sont défavorisés, eh bien, cela fait partie des risques qu’ils doivent assumer dans ce monde de liberté et d’incertitude. »

          On a le choix:
          -soit c’est un individu qui prend les terres, et les retardataires seront défavorisés, mais pas définitivement.
          -soit c’est l’état qui prend les terres, et tout le monde sera définitivement défavorisé. L’état c’est une fiction et derrière l’état, il y a des individus qui ont la contrainte et ils vont pas lâcher le morceau. Ils vont vivre sur le dos des autres et sont près à tout. N’oubliez pas que c’est l’état qui fait les règles du jeu.

          1. Vous savez aussi bien que moi que dans la réalité, ce genre de situation dichotomique n’arrive jamais. Réfléchir de cette façon n’a strictement aucun intérêt.

    5. le capitalisme moderne a vu le jour exactement ou les propriétaires englais ont acqui le droit ( contrairement a la coutume ) de clore leurs parcelles ( phenomène des enclosure 17ième siecle ), avec une forte hausse de la production agricole a la clé, permettant le decolage de l’industrie britanique.

  3. FabriceM l’ignore peut-être, mais les paradis sur terre existent encore. Sauf erreur de ma part, il y a encore des sociétés pré-capitalistes où tout appartient à la collectivité en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Amazonie.
    Je vous conseille vivement de fuir l’horreur capitaliste, de prendre votre pirogue et de rejoindre les beaux et les gentils qui vivent en symbiose avec mère nature.

    1. Qui a parlé d’horreur capitaliste ici ?

      Vous, et vous seul.

      Si vous avez un trop plein de paille, vous devriez faites des chaises, pas des artifices rhétoriques humanoïdes.

    2. et qui mangent leur prochain …

  4. Les carottes sont cuites. Les pirates arrivent !

  5. abriceM: « Il manque une étape dans votre histoire. »

    « L’étape où un des aventuriers commence à clôturer telle portion de terrain pour s’arroger l’exclusivité de son exploitation »

    Oh, elle date de vieux cette étape. Neuf mille ans en Nouvelle-Guinée si j’en crois mes collègues préhistoriens.

    « Et l’étape ou à force de taper dans les ressources, le capitalisme ne marche plus, et où tout le monde (re)commence à penser à bouffer son voisin. »

    Quel capitalisme? Dans les sociétés primitives où l’on produit aujourd’hui ce qu’on consommera demain et guère plus, il n’y a pas de surplus avec quoi se constituer un capital. En pareil cas ce n’est pas que le capitalisme ne marche plus, c’est qu’il n’a jamais eu de quoi démarrer.

  6. Très bon article, je comprends mieux pourquoi mes amis et ma famille aiment cette émission, il fallait me l’expliquer puisque je ne regarde plus la TV depuis longtemps. Ma conclusion a été de leur dire que vous aimez Koh Lantah (peu m’importe comment ça s’écrit) parce que vous êtres libéraux consciemment ou sans le savoir…

    Maintenant passons au cas « Gérald Babin ». Bien qu’il soit acquis que nous ne saurons jamais la vérité, il est intéressant de constater ce que le gens en mal de notoriété, ou possiblement perdant d’une société avec un ascenseur social en panne, ou ce que le vilain individualisme peut générer, le cas « Babin » méritait d’être évoqué.

    Ma thèse est que l’exposition médiatique fausse l’expérience, ce pourquoi je n’ai pas regardé cette émission depuis belle lurette. Cette exposition exacerbe des comportements déviants chez ceux qui veulent à tout prix gagner : Gégé s’est-il drogué, nous ne le saurons jamais mais comme des médias l’ont suggéré le pauvre malheureux risque de traîner cette image à vie.

    Bref, excellent article, mais on peut encore aller plus loin sur la transposition sociologique et économique de l’émission de TF1 à la vie réelle.

    Cdlt

  7. Oui mais la fille du valeureux pécheur…elle aura sans doute suffisamment d’argent pour rien faire jusqu’à la fin de ses jours. Du coup sa position sociale imméritéE on est d’accord (nonobstant le fait qu’il est compréhensible que le père ai voulu mettre à l’abri son enfant) lui octroiera des privilèges imméritéS. Comme celui d’avoir à sa disposition les hommes les plus prisés et donc de créer une caste dominante en l’espace d’une ou deux générations. C’est la reproduction sociale naturelle dans toute société qui garantie la transmission des biens et où il n’y à pas d’école gratuite pour tous par exemple.

    En outre la « tragédie des biens communs » est un mythe, la mise en commun des paturages à été la norme pendant des siècles en Allemagne sans aucun problème. En revanche ce système nécessite des sanction pour ceux qui ne joue pas le jeux c’est certains.

    En outre, à quoi bon travailler plus si c’est pour ne pas en profiter…Avec son argent le pécheur va acheter des terres et diversifier son activité et donc concurrencer par exemple un petit exploitant mais avec cette fois beaucoup plus de moyen. Il va mettre sur la paye le petit exploitant qui n’aura d’autre choix que de mourir ou de travailler pour le nouveau grand propriétaire terrien. Ce grand propriétaire terrien entend qu’on le considère avec le respect qu’on lui doit, car il est désormais patron et non pas simple employé. On passe alors d’un système ou tout le monde s’occupe de ses affaires à une société ou il y à les dirigeants et les obéissants…a partir de là le premier n’est pas seulement plus riche, il est aussi plus libre. La soumission à celui qui contrôle tout est donc le prix de la liberté de continuer à exister.

    Enfin un jour le boulanger se coupe une main, pas de chance il ne pourra plus jamais travailler, il ne peu plus subvenir à ses besoins ou à ceux de sa famille. Que se passe t-il? Il meurt et ses enfants aussi? Je ne crois pas, en vérité il se passe la même chose que partout ailleurs dans le règne animal ( qui pensent leur instinct de survie sur le long terme et qui peuvent donc faire preuve de solidarité), des systèmes de solidarités se mette en place pour aider quelqu’un avec qui on vit depuis toujours et que l’on affectionne. Avec qui on pleuré la mort du petit maxime mangé par un requin, ou qui un jour à fait un bandage à Camille qui était tombé d’un rocher et qui saignait abondamment ect….

  8. En outre je voix un problème la dedans? La famille? Dans un système purement libéral les enfants devraient se débrouiller tout seul après tout c’est pas notre affaire non? Quand à la vie de couple c’est aberrant ça aussi non? Après tout pourquoi privilégier une famille? D’autant plus que nous sommes tous les mêmes on à pas de raison de privilégier une personne par rapport à d’autre c’est de la connivence!

    A titre personnel je pense que la famille est une aberration et je suis pour que chacun considère l’autre comme son fils ou son épouse quelque soit la distance physique ou culturelle qui nous sépare. Je pense qu’un pur libéral peu être d’accord avec moi sur ce point. Si on a une certaine propension à bien nous occuper de nos enfants, alors c’est que nous avons en nous cette tendance à la tendresse que nous pouvons tout aussi bien étendre à toute l’humanité? S’occuper les un des autres de la même façon que l’on s’occupe de nos enfants voila un beau projet de société. Nous nous adressons souvent avec des mots dur et des jurons à des inconnus. Nous pouvons tout aussi bien nous adresser à eux avec des caresses et des mots tendre.

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