Vers l’exploitation minière des astéroïdes ?

La ruée vers l'or de l'espace devient rapidement une réalité, avec l'exemple de l'exploitation minière des astéroïdes
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Vers l’exploitation minière des astéroïdes ?

Publié le 18 mars 2013
- A +

Grâce à la baisse des coûts de l’accès à l’orbite terrestre permise par la « privatisation » de l’accès à l’espace, une flopée de nouveaux concepts voient le jour telle que l’exploitation minière des astéroïdes géocroiseurs. Qui sont les pionniers ? Dans quel laps de temps comptent-ils exploiter les astéroïdes ? Et pour quoi faire ?

Par Aymeric Pontier.

Tout a commencé l’année dernière avec la société américaine Planetary Resources, annonçant son intention de développer des technologies d’exploitation minière au sein des astéroïdes orbitant à proximité de la Terre. L’équipe de Planetary Ressources travaille toujours en ce moment à la construction de l’Arkyd-100, un télescope spatial chargé de repérer les astéroïdes les plus intéressants pour la prospection. La mise sur orbite est prévue pour 2014 suite à partenariat avec Virgin Galactic. Ce projet considéré comme « un peu fou » est financé entre autre par l’un des créateurs de Google, Larry Page, et le réalisateur et producteur de films, James Cameron.

Début 2013, une seconde société américaine a décidé de se lancer à son tour, Deep Space Industries. Comme sa concurrente, cette entreprise prévoit le lancement d’un satellite de détection, mais probablement pas avant 2016. On parle bien sûr ici de sondes spatiales à très bas coût, accessibles à des start-ups de ce genre. Pas de satellites à 300 millions de dollars pièce. Sondes spatiales qui seront elles-mêmes mises sur orbite par les lanceurs bon marché des sociétés privées de transport spatial qui ont cassé les prix de l’accès à l’espace récemment.

Aucune de ses 2 compagnies n’envisagent de missions humaines pour l’instant, uniquement des missions robotisées. Y compris pour les phases ultérieures du plan, lorsque l’extraction à proprement parler débutera. L’ensemble des missions sera opéré par des véhicules spatiaux inhabités, gérés depuis la Terre.

C’est le tout début du processus. Les premiers retours d’échantillons pour analyser le potentiel des géocroiseurs ne devraient pas avoir lieu avant 2020. Et l’exploitation commerciale des astéroïdes en tant que telle devrait commencer vers 2025. Mais en comptant les incidents et les délais inévitables, je parie plutôt sur 2030-35.

En qui concerne l’utilisation finale de ces minerais, l’objectif n’est pas forcément de les ramener sur Terre. Ce qui serait extrêmement coûteux, et ne permettrait pas de retour sur investissement aux cours actuels. Ils espèrent davantage les utiliser sur place. Par exemple pour créer des pièces de rechange en utilisant l’impression 3D, à destination des satellites artificiels ou des véhicules spatiaux qui en auraient besoin. Autrement dit, il s’agirait de créer des sortes de « stations de réparation » dans l’espace. L’autre objectif serait de fournir de l’eau dont certains astéroïdes regorgent, à la Station Spatiale Internationale et aux autres missions habitées. Le développement de cette activité pourrait donc s’avérer rentable à moyen terme, contrairement à ce qu’on a pu en dire. Puisque les deux sociétés gagneraient de l’argent en permettant à d’autres organisations (NASA, ESA, Entreprises des télécoms) d’économiser le coût exorbitant du transport d’eau et de pièces de rechange de la Terre à l’Espace.

Cependant, à plus long terme, il sera indispensable de ramener une partie de ses minerais sur Terre. Les quantités de fer, de cobalt, de nickel ou de platine (et bien d’autres) qui sont disponibles à l’intérieur des astéroïdes sont trop gigantesques pour ne pas y penser. Un seul astéroïde de 500 mètres suffirait à assurer les besoins de la population humaine pendant des années. Pour le moment, ces minerais sont trop abondants à la surface de la planète pour justifier le coût économique de ces missions spatiales. Mais plus tard, lorsqu’ils commenceront à manquer, on pourrait fort bien assister à une ruée vers l’or de l’espace

Sur le web

Voir les commentaires (7)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (7)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Article disponible en podcast ici.

Le 25 décembre dernier, avec l'aide de l'Europe la NASA a lancé son plus cher télescope à 10 milliards de dollars vers un mystérieux endroit situé à 1,3 million de km de nous. Pourquoi un tel défi ?

Avant de répondre à la question, il faut déjà souligner que si possible, il ne faut pas envoyer un télescope si loin.

La première raison saute aux yeux. Cela rend l’acheminement extrêmement compliqué. À une telle distance, on ne pourra jamais réparer le télescope. Or c’est justement ce qu’a d... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Cherkaoui Roudani. Un article de Conflits

Dans un monde en mutation  profonde avec un changement sans précédent des paradigmes de la puissance, les États puissants sont en quête d’un renforcement de leur souveraineté extraterritoriale afin d’asseoir leur suprématie et de fait d’avoir des relais de rééquilibrage stratégique. Dans ce sens, l’espace est devenu le terrain de plusieurs enjeux que ce soit économique, scientifique, militaire ainsi que géostratégique.

La course déclenchée vers l’espace déterminera le sort d’un rappo... Poursuivre la lecture

Par Thibault Merle et Alain Jorissen.

La popularité du télescope spatial Hubble (HST) ne tient pas tant à ses succès scientifiques qu’aux prodigieuses images de l’Univers qu’il nous a révélées, et qui ont fait rêver plus d’une génération.

On se rappellera de la Grande Nébuleuse d’Orion (objets de Messier M42 et M43), des fameux Piliers de la Création (image ci-dessus) de la Nébuleuse de l’Aigle (M16), de la nébuleuse du Crabe (M1), rémanent de la supernova de 1054, ou plus récemment, de l’étoile géante AG Car, pour n’en citer qu... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles