Quand Moscovici et Montebourg font de la pipoconomie

La situation politique et économique française est trop grave pour qu’elle soit laissée dans les mains de Montebourg et Moscovici.

Vous vous demandez certainement ce que peuvent bien se dire des ministres lorsqu’on ne les regarde pas trop, et qu’ils s’ennuient dans de longues réunions. Nos reporters ont mené l’enquête et ils nous ramènent l’intéressant dialogue entre Pierre, sémillant ministre de ce qui tient lieu d’économie en France, et Arnaud, bouillonnant quinquagénaire en charge du redressement des sondages d’opinions le concernant.

Pierre et arnaud font de l'économie : la BD

Sur le fond, on ne peut pas écarter l’évidence : oui, Arnaud ne sert absolument à rien si ce n’est à touiller d’un doigt brouillon le potage épais qu’est devenu le secteur industriel en France en aspergeant au passage les quelques innocents qui se trouvent un peu trop près des agitations cosmétiques du quinquagénaire frisotant. Après, on peut ouvrir le débat sur l’ampleur des dégâts causés par cette attitude : Arnaud en cause-t-il plus que Pierre ou l’inverse ?

Pierre a, en tout cas, de solides atouts dans ses manches, à commencer par ses différentes façons de cuire le pigeon ou ses admirables tergiversations sur la TVA qui promettent de grands moments de tendresse avec tous les commerçants de France, cafetiers et restaurateurs en tête.

Arnaud, quant à lui, ne ménage pas ses effervescences d’apparat. Cette semaine par exemple, le frétillant ventilateur nous aura asséné une de ses petites phrases si imbibée d’intelligence qu’il aura fallu plusieurs jours pour que les différents éclaboussés s’en remettent : d’un côté, Alcatel est maintenant nettement perçue comme une petite chouineuse venue pleurnicher dans les jupons ministériels, et de l’autre, les salariés de Free se demandent exactement ce qu’ils méritaient pour se faire redresser ainsi la productivité à coup de pied au derche.

Le débat n’est donc pas encore clos pour savoir qui, du discret tortionnaire fiscal ou du bouillant crétin industriel aura laissé derrière lui la plus longue traînée de désastres fumants.

Mais c’est bel et bien une caractéristique de l’homme politique contemporain, notamment lorsqu’il s’inscrit dans un pays en voie de décomposition avancée, que d’être le plus efficace lorsqu’il ne fait absolument rien. La Belgique aura d’ailleurs prouvé que l’absence de gouvernement, loin d’être néfaste, pose le pays dans un état intermédiaire, en gestion des affaires courantes, dont le bilan est finalement bien meilleur que lorsque les ministres s’agitent.

Comme bien souvent, la France devrait prendre exemple sur ses voisins : notre situation politique et économique est trop grave pour qu’elle soit laissée dans les mains de politiciens et d’économistes. Il est grand temps que tout ce petit monde glande un bon coup et nous oublie, nous laisse tranquille. Comme le veut l’adage, si l’erreur est humaine, pour une vraie catastrophe, faites appel à un politicien. Inversement, si ces derniers peuvent rester chez eux, ça nous fera des vacances.