Des entrepreneurs pigeons en grève ?

Le mouvement des « pigeons » rappelle, de manière inquiétante, la situation décrite par Ayn Rand dans son célèbre Atlas Shrugged/La Grève.

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Des entrepreneurs pigeons en grève ?

Publié le 27 octobre 2012
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Le mouvement des « pigeons » rappelle, de manière inquiétante, la situation décrite par Ayn Rand dans son célèbre Atlas Shrugged/La Grève.

Par Emmanuel Martin.
Article publié en collaboration avec Unmondelibre.org

Excédés par la pression réglementaire et fiscale qui s’accumule sur leurs épaules depuis tant d’années, et qui s’est nettement intensifiée avec les choix du nouveau gouvernement, le mouvement des entrepreneurs en colère en France a comme un goût de déjà-vu. C’est en effet un peu leur histoire que l’on retrouve dans le roman Atlas Shrugged (« La grève »  en français*) de la philosophe russo-américaine Ayn Rand. Ce livre est devenu un classique pour des millions de lecteurs anglophones.

La corruption du philosophe

Atlas shrugged est une fiction politico-philosophique. Il décrit l’écroulement d’une société par la corruption du politique mais surtout de la… philosophie. On y voit des philosophes verbeux bavasser et distiller des théories incohérentes où les notions de vérité et de réalité n’ont plus leur place. A bien des égards, l’influence philosophique de Rand, qui se fait la critique de ces mouvements philosophiques que l’on nommerait aujourd’hui « post-modernes », vient d’Aristote et du réalisme : l’idée que, dans les sciences humaines et la politique, l’on ne peut pas ignorer certaines lois de réalité, que l’on ne peut pas ignorer qu’une cause produira un effet, que détruire certaines institutions permettant de donner les incitations aux hommes de se conduire en êtres responsables empêchera in fine la société de fonctionner.

Société altruiste ?

Dans Atlas shrugged, le collectivisme qui entend régenter la société et imposer un ordre moral « altruiste» supérieur a pour effet de miner le principe de responsabilité individuelle qui est en réalité le plus sûr guide pour orienter l’activité économique et sociale. La triste ironie est que le collectivisme et ses partisans mettent leurs échecs patents sur le dos du système même qu’ils empêchent de faire fonctionner, et le régentent d’autant pour en corriger les soi-disant « défauts ». Au prétexte de l’égalitarisme les prix sont contrôlés, et ne véhiculent plus les signaux sur la réalité des raretés, entraînant ici des surproductions, là des pénuries. Les décisions d’investissements sont orientées par la « sagesse» politique et débouchent en fait sur le copinage, la mauvaise gestion et les gaspillages. Peu à peu les entrepreneurs, boucs émissaires par excellence, fuient le pays. Ce sont eux les « Atlas » qui font bouger le monde, qui créent la valeur en innovant dans des techniques et services. Lorsqu’ils fuient, le monde s’écroule.

Lire la suite sur le site d’Unmondelibre

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  • Ils doivent au moins démarrer une grève, fermer leurs entreprises quelques jours, c’est la seule réponse à ce gouvernement, qui ne connaît rien à l’économie et qui ne protège que son électorat fonctionnaire.

    • Quelque chose me dit qu’on aurait rapidement une intervention de l’armée pour y mettre un terme.
      Cela démontrerait le vrai visage du socialisme « bienveillant », mais ce sera applaudi par les militants qui sont plus égaux que d’autres.

  • Un entrepreneur qui ferme son entreprise pour 3 jours par exemple, est-il obligé de payer ses employé. Pour moi à première vue oui.
    Donc cela demande d’être prêt, comme dans Atlas shrugged, seuls les hommes prêts rejoignent le mouvement, les entrepreneurs sont-ils prêts à sacrifier le fruit de leur labeur et se mettre en grève? Je ne suis pas certain que nous en sommes arrivés là. Les pigeons sont un premier pas, mais à bien relire atlas shrugged, ceux qui sont « prêts » sont bien plus dans la panade que nos entrepreneurs, je ne crois pas qu’on soit arrivés à ce stade pour le moment. Le moment viendra je pense, à la vitesse avec laquelle les choses se passent, on va y arriver et là…

  • « Atlas shrugged est une fiction politico-philosophique. Il décrit l’écroulement d’une société par la corruption du politique mais surtout de la… philosophie. On y voit des philosophes verbeux bavasser et distiller des théories incohérentes où les notions de vérité et de réalité n’ont plus leur place. »

    C’est le nœud du bouquin. Tout le truc riche/pauvre etc, c’est de l’apparat à côté de ça.

    « Peu à peu les entrepreneurs, boucs émissaires par excellence, fuient le pays. Ce sont eux les « Atlas » qui font bouger le monde, qui créent la valeur en innovant dans des techniques et services. Lorsqu’ils fuient, le monde s’écroule. »

    Ce n’est pas exact. Dans le bouquin la plupart des hommes d’affaire sont des vendus manipulateurs et instables. Les « Atlas » sont les gens de toutes origines qui en ont assez et laisse tomber le système, pas uniquement les entrepreneurs, très loin de là.

  • Comme quoi les mots n’ont pas le même sens pour tous ni les images d’ailleurs. Déjà sur la photo où l’on voit des pigeons sur un fil – donc près à s’envoler pour ailleurs – est-ce bien de ce genre de pigeons dont il est question ? Je pensais que ces pigeons étaient simplement en train de se faire « pigeonner ». Des « caves » quoi et on ne va pas dessiner des caves !…
    Quant à « Atlas shrugged » ou la Grève que j’ai bien lu au moins deux fois, ce qui me semblait le plus symptomatique, c’était l’utilisation des mots et des concepts qui visaient au premier degré à mettre la population du coté des dirigeants dans une bonne conscience commune. Pour finir à faire comprendre – dans les faits et pour de plus en plus de monde au fur et à mesure de l’avancement du livre – que justement cela (ces bons sentiments) ne sont pas ceux qui sont requis pour une société harmonieuse et performante. Et c’est sur que ce sont même les employés (même si c’est à regret pour eux) qui « ne veulent plus jouer » et qui secouent leurs épaules même au détriment de leurs vie devenues inutiles. Pour les entrepreneurs, une fois prise la décision de « laisser tomber », je n’ai lu aucun regret. Même Danny, tant qu’elle sent avoir des regrets elle ne le franchit pas le pas.

  • « Atlas shrugged est une fiction  »

    … et le restera.

  • Les prix « ne véhiculent plus les signaux sur la réalité des raretés ».
    La bonne blague. N’importe quel économiste des matières premières, par exemple, vous apprendra que la vérité des prix est une fiction, aussi instable et insaisissable dans la théorie plus encore que dans la pratique.

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