Égypte : le massacre des candidats

Egypte : inch allah

Les semaines récentes ont vu se multiplier les invalidations de candidatures pour différents motifs : collaborationnisme avec le régime de Moubarak, mais aussi condamnation sous Moubarak ou filiation étrangère.

Les semaines récentes ont vu se multiplier les invalidations de candidatures pour différents motifs : collaborationnisme avec le régime de Moubarak, mais aussi condamnation sous Moubarak ou filiation étrangère.

Article publié en coopération avec la Lettre du monde musulman
Egypte : inch allah
Depuis notre dernière lettre les présentant, les candidats à la présidentielle [NDLR : égyptiennes] se sont fait « massacrer » : Khairat al Chater, le candidat des Frères Musulmans a été déclaré être non éligible pour avoir été emprisonné sous Moubarak. Emprisonné pour la bonne cause certes, mais c’est juridiquement imparable et les militaires n’ont pas raté l’occasion. Les Frères avaient préparé un deuxième candidat, et se sont empressés de voter une loi interdisant aux «anciens de l’ère Moubarak» de se présenter, ce qui vise le militaire Omar Souleiman, manoeuvre qui les fait par ailleurs bien voir des « révolutionnaires ». De toute façon les Frères le bloquent en lui refusant les appuis parlementaires juridiquement nécessaires à sa candidature.

Par ailleurs les islamistes et les salafistes ont renforcé la loi sur la nationalité des candidats, qui doivent être de purs Égyptiens. Mais les conséquences en sont dévastatrices : un candidat islamiste aurait un père syrien, et un autre, Abd el Moneim Abomfotoh, un second passeport qatari. Amr Moussa, actuel favori des sondages, aurait une mère juive et se voit ainsi soupçonné d’être peut-être agent du Mossad, tandis que le salafiste Abou Ismaël, très antiaméricain, aurait une mère « étasunienne » !

Bref, comme l’écrit The Economist du 14 avril, la tragi-comédie continue.