Economic Facts and Fallacies, de Thomas Sowell

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Revue de l’ouvrage de Thomas Sowell, Economic Facts and Fallacies

Revue de l’ouvrage de Thomas Sowell, Economic Facts and Fallacies, Basic Books, 2007, 239 pages.

Par le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.

Ce livre de Thomas Sowell vise à démystifier certains sujets pour lesquels beaucoup d’individus (journalistes, politiciens, etc) entretiennent des mythes qui perdurent et qui mènent à des politiques publiques inefficaces, voire néfastes.

Dans son premier chapitre, Sowell s’attaque à la planification urbaine. Les villes et banlieues ne se développent pas comme les planificateurs le voudraient, mais ce développement n’est toutefois pas désordonné, il respecte les préférences des gens. Les fonctionnaires font plus de tort que de bien en forçant les gens à s’adapter à leur vision et à agir contre leur gré. Pour Sowell, les gens ne sont pas des objets inanimés – des pièces d’échec – prêts à faire partie d’un plan expérimental.

La congestion routière est généralement causée par la gratuité des routes, qui fait en sorte que les usagers les utilisent davantage que s’ils avaient à en assumer tous les coûts, incluant les coûts reliés à la congestion routière, soit plus de $1,500 par année/conducteur à Los Angeles selon une étude citée dans le livre. Les experts-planificateurs quant à eux voient la congestion comme un bon moyen de forcer les gens à délaisser leur auto pour prendre le transport en commun. Les politiciens et fonctionnaires des villes y voient un bon moyen de freiner l’exode des citadins vers les banlieues, hors de leur zone de taxation. Cependant, ces politiques engendrent des problèmes économiques significatifs pour la population. Par exemple, à Cincinnati (et dans la plupart des villes), les résidents peuvent rejoindre en voiture les lieux de 99% des emplois offerts dans la région en 20 minutes ou moins (hors-pointe). Avec le transport en commun, c’est moins de 50% en 40 minutes. En forçant les gens vers le transport en commun, on réduit leur accès à beaucoup d’emplois.

Le deuxième chapitre concerne les différences salariales entre les hommes et les femmes. Durant les premières décennies du 20e siècle, quand la présence des femmes aux études supérieures et dans des occupations de « haut niveau » était plus élevée que dans les années 1950s, l’âge médian des femmes à leur mariage était aussi plus élevé. C’est lorsque l’âge du mariage s’est mis à diminuer que la présence des femmes dans des disciplines professionnelles mieux rémunérées a décru.

La raison la plus importante pour laquelle les femmes ont des salaires inférieurs aux hommes n’est pas qu’elles sont payées moins pour faire le même travail, mais plutôt que leur distribution d’emplois est différente, qu’elles travaillent moins d’heures et que la continuité de leur travail est souvent interrompue. Les femmes qui ont un diplôme universitaire, célibataires, sans enfant, qui travaillent à plein temps et qui ont entre 40 et 64 ans gagnent 18% de plus que les hommes. Les femmes diplômées en ingénierie, journalisme, gestion de portefeuille et en technologies médicales gagnent plus que les hommes pratiquant ces professions, mais les femmes sont beaucoup moins nombreuses que les hommes dans ces professions. Une étude datant de 1994 et portant sur les diplômés d’école de droit a démontré que les salaires de départ des femmes étaient supérieurs de plus de 4% à ceux des hommes. Une étude du New England Journal of Medecine a montré qu’en 1990, après ajustement pour la spécialité, le type de pratique et d’autres caractéristiques, il n’y avait aucune différence salariale entre les jeunes médecins masculins et féminins.

En moyenne, à âge et éducation égaux, les hommes mariés ont des salaires plus élevées que les hommes célibataires. C’est que le temps que les célibataires dépensent à faire les courses, préparer les repas, faire le ménage, sortir dans les bars et restaurant, est disponible en entier ou en partie aux hommes mariés pour faire avancer leur carrière, et ce grâce à la contribution de leur épouse, qui se retrouve à faire un « investissement » dans la carrière de son mari. Ceci étant dit, les femmes bénéficient de ces salaires plus élevés car elles sont responsables de 80% des dépenses des ménages.

Au troisième chapitre, Sowell traite des mythes associés au réputé système d’éducation universitaire américain, au sein duquel Sowell œuvre. Il souligne que les coûts associés à l’éducation universitaire ont augmenté beaucoup plus rapidement que l’inflation et que le revenu disponible des ménages. Plus il y eu d’argent disponibles pour l’éducation provenant de subventions gouvernementales, de dons privés et de prêts étudiants, plus les écoles sans but lucratif ont augmenté leur bureaucratie et leurs dépenses inutiles. Une entreprise recherchant le profit cherchera à accomplir une tâche le plus efficacement possible en utilisant le moins de ressources possible, alors que pour les écoles à but non-lucratif, c’est souvent le contraire puisque le salaire et le prestige des dirigeants y est corrélé au nombre d’employés et à la taille du budget.

Pourtant, les moyens d’évaluer et de comparer ce que les étudiants obtiennent contre ces sommes faramineuses sont déficients et confus. C’est que la plupart des agences d’accréditation n’observent que les intrants (e.g. nombre de livres à la bibliothèque ou la taille des laboratoires) et négligent les extrants. Cela pousse les écoles à dépenser énormément pour augmenter les intrants et ainsi améliorer leur score, alors que la qualité de l’éducation ne s’y améliore pas vraiment.

Par ailleurs, les coûts reliés à l’admission des étudiants sont effarants. Tout d’abord, les universités font beaucoup de publicité pour attirer le plus de demandes possible, afin de pouvoir en rejeter le plus possible, car un bas taux d’acceptation est considéré comme un critère de qualité, de sélectivité et d’exclusivité. Ensuite, ces écoles se dotent d’une véritable armée de dépisteurs qui parcourent le pays pour analyser les candidatures et dénicher les « meilleurs » étudiants. Comme l’affirmait un responsable des admissions de l’Université Stanford : « si nous n’admettions les étudiants qu’en fonction de leur score SAT, je n’aurais pas ce travail. »

Le fait qu’une université ne recherche pas le profit ne signifie pas qu’elle soit indifférente à l’argent et qu’elle ne poursuivra pas celui-ci avec assiduité. Les universités qui ont des lobbys œuvrant auprès des politiciens fédéraux dépensent en moyenne plus de $100,000 à cet égard et récoltent par la suite $1 million en fonds gouvernementaux.

Chaque dollar dépensé par les universités est considéré comme étant un coût. Pourtant, ces dépenses n’améliorent pas toujours la qualité de l’éducation. Sowell donne plusieurs exemples, dont celui de l’Université Princeton qui a fait construire un nouveau dortoir pour 500 étudiant, avec des fenêtres en verre cathédrale et cadre en acajou, avec une salle à dîner comportant un plafond de 35 pieds de hauteur, le tout au coût de $130 millions. Sowell relate que l’Université Baylor a fait augmenté la hauteur de son mur d’escalade de 41 à 52 pieds suite à ce que l’Université Texas A&M en ait construit un de 44 pieds. Puis, l’Université de Houston en a construit un de 53 pieds, qui fut vite surpassé par celui de l’Université du Texas à San Antonio. Comme quoi les murs d’escalade mènent à des escalades de coûts, refilés aux contribuables puisque le gouvernement subventionne ces « coûts » excessifs. En revanche, les coûts des universités à but lucratif sont plus directement reliés à l’éducation en elle-même et sont mieux contrôlés. D’ailleurs, aucune de ces institutions, incluant l’Université de Phoenix qui a plus d’étudiants que n’importe quelle université à but non-lucratif, n’a de stade de football.

Une bonne part des coûts des universités sans but lucratif sont reliés à la recherche. C’est d’ailleurs la qualité de la recherche et la réputation de certains de leurs professeurs qui fait la renommée des universités les plus prisées. Pourtant, cette recherche ne sert souvent qu’à améliorer le c.v. et à faire avancer la carrière de certains professeurs et la plupart des étudiants de premier cycle n’en bénéficient pas et n’ont pas accès aux fameux professeurs-vedettes.

Les subventions qui servent à aider les étudiants dont les familles ne sont pas assez riche pour payer leurs études donnent un incitatif aux écoles à maintenir les frais de scolarités dispendieux. Ainsi, lorsque les subventions aux étudiants sont augmentées, les universités augmentent les frais de scolarité d’un montant équivalent et dépensent l’argent sur des intrants qui rendent leur école plus concurrentielle sur les palmarès et plus attrayante pour les étudiants.

Concernant les dettes d’étude, un tiers des étudiants n’ont pas de dette alors que les autres ont une dette moyenne de $20,000, soit environ le prix d’un Ford Escape. Pourtant, personne ne clame que le poids de la dette automobile est « écrasant » et que le gouvernement doit subventionner l’achat d’automobiles. Par ailleurs, le diplômé moyen gagnera un salaire supérieur au contribuable moyen, il est donc injuste de forcer les contribuables à subventionner les étudiants.

En somme, Sowell conclut que le mode de financement des universités américaines donne trop de latitude aux administrateurs de ces institutions, comparativement à ceux œuvrant pour des entreprises dont la survie dépend de leur capacité à satisfaire leurs consommateurs au plus bas coût possible. Il n’est donc pas surprenant que ces individus prennent des décisions qui servent davantage leurs intérêts que ceux des étudiants, ce qui mène à des niveaux exubérants de frais de scolarité.

Au chapitre suivant, Sowell traite des fameuses inégalités de richesse. Selon les statistiques, le revenu réel moyen des ménages américains n’a cru que de 6% entre 1969 et 1996. Cette statistique est souvent citée sur un ton sensationnaliste pour dénoncer la stagnation du niveau de vie des masses. Pourtant, le revenu réel moyen par habitant a cru de 51% sur la même période. La différence s’explique simplement par le fait que le nombre d’individus par ménage a diminué, ce qui n’est pas mentionné par tous ces journalistes qui relatent les statistiques de revenu des ménages. La consommation a quant à elle augmenté de 74%, grâce aux innovations qui ont fait baisser le coût des produits.

Par ailleurs, en 2001, une étude a révélé que la majorité des gens considérés comme pauvres selon les statistiques avaient un climatiseur, une télévision couleur, une micro-onde, soit un lecteur VHS ou DVD, et un véhicule automobile, alors qu’en 1971, moins de la moitié des Américain avaient de tels biens. Peut-on vraiment parler de stagnation?

L’autre erreur prépondérante est de confondre revenu et richesse. Beaucoup de gens ont peu ou pas de revenus et sont pourtant bien loin d’être pauvres : les femmes d’hommes riches (ou vice-versa), les individus dont la carrière est axée sur la vente (e.g. agent immobilier) qui connaissent une mauvaise année, les étudiants qui graduent au milieu de l’année n’obtenant que la moitié de leur première année de salaire, les médecins et dentistes qui n’ont pas encore une grosse clientèle et qui, pour le moment, font moins que leur potentiel, des retraités qui vivent sur leurs revenus de placement. Par exemple, imaginez un retraité dont le seul actif est une participation de $150 million dans l’entreprise Osisko. Si cette année le prix de l’action ne varie pas et comme cette entreprise ne paie pas de dividendes, le revenu annuel de ce retraité serait de $0; serait-il pauvre pour autant? En somme, cette erreur consiste visualiser la richesse comme un flux, alors que c’est plutôt le stock de richesse qui importe.

Par ailleurs, ceux qui mesurent la richesse en tant que revenu font souvent l’erreur de considérer les quintiles comme étant des groupes statiques, ce qui est une grave erreur car les individus qui les composent changent de quintile au fil du temps. Il est plus cohérent de suivre l’évolution d’individus plutôt que d’entités statistiques. Ainsi, les revenus moyens des américains de 25 ans et plus qui ont soumis un rapport d’impôts en 1996 et qui se situaient dans le plus bas quintile avaient augmenté de 91% en 2005. En revanche, les revenus des individus se situant dans le premier percentile – c’est-à-dire les 1% ayant les revenus les plus élevés – avaient vu leur revenu diminuer de 26% en 2005. D’ailleurs, plus de la moitié de ceux-ci ne figuraient plus dans le 1% en 2005.

Une autre étude de l’Université du Michigan a démontré que seulement 5% des individus situés dans le cinquième quintile des revenus en 1975 y était encore en 1991, alors que 29% d’entre eux avaient atteint le premier quintile à cette date. Plus de la moitié des individus du dernier quintile en 1975 avaient été dans le premier quintile pendant au moins une année entre 1975 et 1991.

Selon la liste Forbes 400 de 1982, 21%  des 400 avaient hérité de leur fortune; en 2006 c’était moins de 2%. Ensuite on veut nous faire croire que les riches s’enrichissent alors que les pauvres s’appauvrissent?

Plus loin, Sowell relate une citation amusante (et stupide) de l’économiste Paul Krugman, qui dénonce le fait que la classe moyenne est plus petite aujourd’hui qu’en 1973. Cela est simplement dû au fait que Krugman n’ajuste pas les braquettes de revenu pour l’inflation! Donc, au fur et à mesure que les revenus de la classe moyenne augmentent, ces individus sortent de la braquette observée, ce qui donne l’impression que leur nombre diminue.

Certains croient que des individus ne méritent pas leur salaire, qu’il est immoral de les laisser s’enrichir ainsi. Pourtant, dans une économie libre, les salaires sont déterminés par l’offre et la demande sur le marché. Pour Sowell, le marché n’est pas un séminaire moral servant à évaluer le mérite des gens. C’est plutôt un système qui sert à générer la richesse dont le niveau de vie des masses dépend.

Sowell s’intéresse ensuite aux mythes associés aux races. Étant lui-même de race noire, il n’est pas surprenant que cet économiste se soit intéressé à ce sujet. Sowell explique d’abord que race ou l’ethnie n’est pas la seule différence entre les différents groupes raciaux. Par exemple, l’âge moyen des afro-américains est de 5 ans inférieur à la moyenne nationale. Ce facteur à lui seul peut expliquer une bonne part des différences de revenus entre les noirs et le reste de la population.

Concernant l’esclavage, une excuse fréquente pour expliquer le sort des noirs, peu de gens savent qu’il y a eu davantage d’Européens enlevés et soumis à l’esclavage par des Africains du Nord entre 1500 et 1800 (plus d’un million) que d’Africains transportés aux États-Unis (ou ses colonies à l’époque) et soumis à l’esclavage. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l’esclavage n’est pas une question de race ou de racisme. L’esclavage a devancé l’existence du racisme de plusieurs milliers d’années. L’origine esclavagiste des Afro-américains n’est pas une excuse valable pour expliquer quoi que ce soit quant à leur sort actuel et à leurs accomplissements.

Ceci dit, l’esclavage se déroulait surtout dans le Sud des États-Unis. C’est pour cette raison qu’encore aujourd’hui, 90% des Afro-américains vivent dans les états du Sud, contre seulement 33% des blancs. C’est une différence importante puisque la culture du Sud est différente et les écoles du Sud ont longtemps été inférieures en termes de quantité et de qualité. Durant la première guerre mondiale, les soldats blancs du Sud avaient des notes moyennes inférieures à ceux du Nord à leurs tests mentaux. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelait les « rednecks ». Ainsi, pendant des décennies, les Afro-américains ont reçu une quantité et une qualité inférieure d’éducation dans le Sud, en compagnie des « rednecks », un fait qui peu expliquer une bonne partie de leurs accomplissements scolaires et intellectuels subséquemment inférieurs à ceux des blancs, dont la population est mieux répartie entre le Nord et le Sud.

L’autre particularité des ménages Afro-américains est que le père de famille est souvent absent. Malheureusement, Sowell ne fournit pas d’explication relativement à cette situation non-négligeable. En 2000, les ménages noirs avaient des revenus équivalents à 66% de la moyenne nationale. Cependant, les couples mariés noirs avaient des revenus équivalents à 88% des couples mariés blancs.

En somme Sowell ne pense pas que les noirs soient sujets à de la discrimination au sein de l’économie américaine. La raison est que la discrimination a un coût significatif pour celui qui la pratique. Par exemple, un organisateur raciste de tournoi de golf de la PGA, qui exclurait Tiger Woods de son événement parce qu’il est noir subirait un coût évident en termes de revenus perdus. Ainsi, un employeur qui pratique la discrimination, toute chose égale par ailleurs, devra soit payer des salaires plus élevés, soit endurer des employés moins productifs. Dans un environnement concurrentiel, cette entreprise aura un désavantage compétitif et sera éventuellement évincée du marché.

Ainsi, Sowell note que la discrimination est plutôt rare chez les entrepreneurs qui recherchent le profit, même en Afrique du Sud sous l’Apartheid. Par contre, Sowell note qu’avant que la discrimination raciale ne devienne illégale aux États-Unis, les organisations sans but lucratif, telles que les universités, les syndicats et les hôpitaux, discriminaient allègrement, parce que leur survie ne dépendait pas de leurs profits et parce que leurs coûts de discrimination étaient supportés par les contribuables ou les donateurs.

Sowell cite une étude de 1980 montrant que les salaires moyens des couples afro-américains mariés qui détiennent un diplôme universitaire étaient un peu plus élevés que ceux des blancs. Une autre méthode consiste à ajuster les salaires non pas en fonction du nombre d’années d’études, mais en fonction des résultats à des tests d’aptitudes. À cet égard, une étude de 1991 montre que les salaires ajustés des noirs sont 9% plus élevés que ceux des blancs.

Le chapitre final du livre porte sur les pays du tiers-monde. Certains croient que ces pays sont pauvres parce qu’ils ont été conquis et colonisés par des nations plus avancées. Cependant, cela n’explique pas pourquoi ces pays étaient plus pauvres et moins avancés avant d’être conquis. Sowell souligne qu’à un moment de leur histoire, tous les pays ont déjà été sous-développés.

D’autres blâment la surpopulation et la trop grande densité de population. Il n’y a pourtant aucun lien statistique entre la densité de population et le niveau de richesse. Le Japon a une densité de population nettement supérieure aux pays africains les plus pauvres.

L’autre explication populaire quant au niveau de richesse d’un pays est liée à sa quantité de ressources naturelles. Pourtant, des pays tels que l’Uruguay et le Venezuela ont des quantités de ressources naturelles par habitant maintes fois supérieures à la Suisse et le Japon.

Ensuite, Sowell mentionne que l’isolation géographique est une cause importante de la pauvreté des pays du tiers-monde; que ce soit par des déserts, des montagnes ou des îles éloignées. Cette explication est nettement plus plausible que celles énoncées ci-haut.

Selon la Banque Mondiale, le ratio des revenus des 20 pays ayant les revenus les plus élevés sur ceux des 20 pays aux revenus les moins élevés est passé de 23x en 1960 à 36x en 2000. Certains en ont profité pour clamer que la mondialisation avait creusé l’écart entre les pays riches et les pays pauvres. Cependant, ces pays n’ont pas été les mêmes de 1960 à 2000. Si on suit l’évolution des pays faisant partie de ces deux catégories en 1960, on constate que le ratio a en fait diminué de 23x à 10x en 2000.

L’exemple fourni par Sowell est celui du Japon. Le Japon du 17e siècle a adopté une politique de nationalisme et d’autarcie, et ce jusqu’au milieu du 19e siècle. C’est alors que le pays a réalisé l’ampleur de son retard et à quel point il était pauvre. Le Japon entreprit alors des réformes visant à l’ouvrir sur le monde, ce qui le propulsa parmi les pays les plus riches de la terre. N’ayant jamais été conquis à l’époque, le pays n’aurait pas pu rejeter le blâme sur le colonialisme et s’apitoyer sur son sort. De plus, ayant été isolé du commerce international et des investissements étrangers pendant si longtemps, il n’aurait pas pu blâmer l’exploitation par les pays riches et la mondialisation comme étant des causes de sa pauvreté.

Pour Sowell, les facteurs qui expliquent la pauvreté des nations du Tiers-Monde sont internes. C’est en partie pour cela que le niveau de vie des anciennes colonies Sub-Saharaniennes a diminué suite au départ des colons et ce malgré les nationalisations d’entreprises et l’aide étrangère. Les nations qui sont sorties de la pauvreté ont appliqué des politiques de changement internes : l’Écosse, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, Singapour, etc.

Puis, l’auteur explique que le facteur qui explique le manque de développement de ces pays est l’absence de droits de propriété et de marchés financiers efficaces.

Ce chapitre complète bien mon article sur l’aide internationale aux pays africains. Sowell explique que l’aide internationale est en fait inutile. Concernant les statistiques sur le Tiers-monde, Sowell mentionnent qu’elles surestiment leur niveau de pauvreté puisque la majeure partie de l’activité économique qui s’y déroule n’est pas comptabilisée.

Au final, ce livre est une sorte de Freakonomics, mais en moins sensationnaliste et portant sur des sujets plus pertinents. L’ouvrage – bourré de faits et de statistiques intéressantes – est bien écrit et se lit très bien, n’étant pas trop long. Je le recommande sans hésitation aux amateurs de ce genre de littérature.

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