L’usage défensif des armes à feu

Beaucoup plus d’Américains qu’on ne le pense font usage d’une arme à feu de façon responsable dans le cadre d’une situation de légitime défense

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L’usage défensif des armes à feu

Publié le 25 février 2012
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Beaucoup plus d’Américains qu’on ne le pense font usage d’une arme à feu de façon responsable dans le cadre d’une situation de légitime défense.

Par Clayton E. Cramer (*), États-Unis.

De temps en temps, une information locale sur une victime de crime devient nationale. Ainsi, récemment, ce fut le cas pour Sarah McKinley, 18 ans, seule chez elle avec son fils de trois mois, alors que son mari venait de décéder d’un cancer des poumons quelques jours avant. Deux hommes qui cherchaient apparemment à voler des médicaments anti-douleur prescrits pour son mari s’introduisirent chez elle. Sarah attrapa alors son fusil de chasse et un pistolet, et tua Justin Martin alors qu’il forçait la porte d’entrée de son foyer.

Quelle est la fréquence d’un tel incident ? Bien que les résultats des enquêtes varient grandement, les chiffres sont importants. L’enquête nationale sur les victimes de crimes (National Crime Victimization Survey), pour différentes raisons méthodologiques, est plutôt dans la fourchette basse des estimations et indique pourtant 108 000 cas à l’année (et même si c’était il y a quelques années, lorsque le taux de criminalité était plus élevé qu’actuellement). La célèbre étude de Kleck & Gertz, qui a elle même quelques problèmes méthodologiques, établit tout de même une fourchette comprise entre 830 000 et 2,45 millions d’utilisation des armes à feu dans un cadre de légitime défense. D’autres études tombent résolument au milieu de ces fourchettes, avec, donc des centaines de milliers d’utilisations défensives des armes à feu à l’année.

Notre étude examine une variété d’incidents : les porteurs d’armes cachées avec permis (285 cas) ; les intrusions dans des foyers (1,227 incidents) ; les cambriolages (488). On a même trouvé des catégories que nous n’aurions pas pensées aussi communes : 172 incidents dans lesquels des individus se défendirent contre des attaques d’animaux (animaux sauvages ou des chiens devenus fous) ; 34 furent même des cas où des livreurs de pizza durent se défendre contre le vol.

Étonné ? Vous pourriez penser, vu la rareté à laquelle ces faits accèdent à une audience nationale, que l’usage défensif des armes à feu est relativement rare aux États-Unis. Pourquoi ne voyons-nous pas plus souvent ces histoires, si les victimes utilisent ces armes dans le cadre de l’auto-défense ? Gardez à l’esprit que la plus grande majorité des cas où les armes à feu sont utilisées de façon défensive n’est même pas rapportée dans les informations locales. « Le propriétaire des lieux fait peur au cambrioleur, et aucun coup n’est tiré » ne donne pas vraiment lieu à un article, à moins de vivre dans une très petite communauté.

Néanmoins, de 2003 à 2011, lorsque j’ai collaboré à rassembler les nouvelles locales rapportant l’usage d’armes à feu dans des cas d’auto-défense par des civils, ici, aux États-Unis, je fus surpris de constater leur nombre, et le fait que la plupart d’entre eux n’ont reçu aucune attention nationale. Sur une période de plus de sept ans, nous avons compilé près de 5 000 cas similaires. La plupart finissent de façon heureuse, avec un cambrioleur, un voleur de voiture ou un larron arrêté par la police. Quelques-uns finissent dans le sang comme dans le cas de Sarah McKinley. Très peu s’achèvent avec une victime blessée ou tuée.

Quelques-unes des histoires qui reçurent une attention médiatique nationale ne surprennent pas, comme celle de Matthew Murray, un handicapé mental, qui déboula dans l’église de New Life à Colorado Springs en 2007, transportant deux pistolets, un fusil d’assaut et un millier de cartouches. Murray avait auparavant tué quatre personnes dans les 12 heures précédentes, dont deux sur le parking attenant à l’église. Jeanne Assam, qui avait un permis de port d’arme, sortit son pistolet et tua Murray, empêchant ainsi ce qui aurait bien pu être l’un des plus gros meurtres en série de toute l’histoire américaine.

Quelques-uns des incidents qui, au contraire, n’eurent pas de retentissement national, furent des histoires dramatiques de vie et de mort, de bons contre des méchants, et qui correspondent vraiment à des histoires vécues. Par exemple, le 4 mai 2009, deux hommes masqués font irruption dans une maison de College Park, en Georgie, alors qu’une fête d’anniversaire a lieu. Dix personnes, dont certains sont des étudiants, sont dans l’appartement. Les intrus séparent les hommes des femmes. L’un d’eux commence à compter ses balles et l’autre lui demande combien il en a. « Assez », répond-il. Il n’y a pas besoin de beaucoup d’imagination pour comprendre qu’il n’y aurait pas de survivants. À ce moment, l’un des étudiants parvient à atteindre son sac à dos, en sortir un pistolet et à faire feu sur l’un des deux malfrats qui fuit alors l’appartement blessé. L’étudiant armé surprend alors l’autre intrus en plein viol d’une des femmes dans une autre pièces, et tire sur le violeur alors qu’il tente de fuir par la fenêtre.

Finalement, est-ce que les adultes respectueux de la loi utilisent de façon responsable leurs armes à feu en cas de légitime défense ? Les preuves que nous avons amassées montrent que oui, et de façon fréquente.

—-
Article publié sur The Washington Times, le 09.02.2012. Traduction : Contrepoints.

(*) Clayton E. Cramer enseigne l’histoire à l’Université de Western Idaho et est le co-auteur de “Tough Targets: When Criminals Face Armed Resistance From Citizens and Armed America: The Remarkable Story of How and Why Guns Became as American as Apple Pie” (Cato Institute, 2006).

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