Grèce : Rien n’a changé !

Pendant que tout le monde se gargarise de l’accord de dimanche soir sur l’aide à la Grèce, il convient de signaler que, pour les marchés, rien n’a changé

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
imgscan contrepoints 780 Grèce

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Grèce : Rien n’a changé !

Publié le 24 février 2012
- A +

Pendant que tout le monde se gargarise de l’accord de dimanche soir sur l’aide à la Grèce, il convient de signaler que, pour les marchés, rien n’a changé. Un défaut grec désordonné est toujours imminent.

Par Pasm, depuis Bruxelles, Belgique.

L’accord prévu avec le secteur privé (PSI pour Private Sector Involvement) prévoit que les investisseurs accepteront une décote de 53,5% sur leurs obligations et la conversion du reste en des obligations à long terme dotées d’un coupon symbolique. Au total, la valeur actuelle nette de leur position sera réduite d’environ 70%. Dans le même ordre de grandeur, les derniers résultats bancaires font apparaître des provisions pour perte sur la dette grecque de 75%.

Logiquement, les obligations grecques devraient donc s’échanger à environ 25% de leur valeur nominale. En effet, n’importe quel investisseur pourrait arbitrer une décote supérieure en achetant l’obligation pour procéder à l’échange et ensuite revendre ses nouvelles obligations en empochant la plus-value générée par l’opération. Il y a donc moyen de juger la confiance des investisseurs dans le succès de l’opération d’échange de titres prévus par la Grèce en fonction du cours des obligations grecques sur le marché secondaire.

Si l’échange était sûr et certain, à combien devraient-elles s’échanger ?

Si elles ont été émise avec un coupon de 4 à 6% de la valeur nominale et qu’elles ne valent plus que 25% de leur valeur d’origine, le coupon actuel représenterait 16 à 25%.  C’est l’ordre de grandeur des obligations à 10 ans qui s’échangent depuis 2 mois avec un taux d’intérêt compris entre 30 et 35%.

Mais il faut réaliser que, dans les situations de crise comme celle que connait la Grèce, le risque n’est pas proportionnel à la durée comme c’est le cas habituellement mais inversement proportionnel à celle-ci. Une obligation à 10 ans est moins risquée qu’une obligation à 1 an parce qu’il y a plus de chance qu’on trouve une solution d’ici 2022 que d’ici 2013 ! Ce qui compte pour évaluer la probabilité de réussite de l’échange d’obligation dont on parle, c’est le taux à 1 an parce que ce sont ces obligations-là sur laquelle la Grèce fera défaut si aucune solution n’est trouvée.

Et le taux à 1 an, il est de 676% !

Et il continue à monter depuis 2 jours, malgré le dernier accord en date.

Il est donc environ 25 fois plus important que ce à quoi on devrait s’attendre en considérant l’accord avec le secteur privé comme certain de se réaliser.

En d’autres termes, les investisseurs pensent qu’il y a 4% de chance que l’accord aboutisse et 96% qu’on coure au défaut malgré toutes les promesses de ce week-end.

Pour ceux qui suivent le dossier, les raisons sont connues. Charles Dallara, patron de l’IIF, qui négocie avec la Grèce n’a reçu aucun mandat particulier des investisseurs. Il se contente d’essayer de trouver un accord convenable qu’une majorité de banques pourraient accepter par la suite. La décision de l’échange revient à chaque investisseur particulier. Or, Papademos a toujours dit qu’il voulait un taux d’échange de 100% pour que le deal soit exécuté. Or, il se trouvera certainement quelque part quelqu’un qui préférera toucher ses CDS plutôt que d’échanger volontairement ses obigations grecques. Le deal sera donc très probablement bloqué dans les alentours du 10 mars, date prévue pour l’échange.

Et comme l’ensemble du plan européen ne tient que sous réserve de participation du privé, c’est tout l’édifice qui va s’écrouler.

La suite est connue.

—-
Sur le web

Nos autres articles sur la crise de l’Euro

Voir les commentaires (5)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (5)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le marché français est en baisse de 6 % depuis jeudi.

Les actifs tangibles comme l’or et le pétrole résistent plus. L’or a baissé de 10 % depuis son record du mois de mars. Mais il affiche toujours un léger gain sur 6 mois. Et le baril de pétrole reste au-dessus des 100 dollars... bien au-dessus des niveaux de l’an dernier.

Au contraire, le marché-actions est en baisse de 12 % sur les 6 derniers mois.

La plupart des investisseurs croient sans doute à l’abandon des tentatives de normalisation de la part de le Fed. Les auto... Poursuivre la lecture

Pour ceux qui me lisent, la baisse des actions n’est pas totalement une surprise.

Dans cet article, j’expliquais une règle immuable : c’est lorsque les hypothèses implicites du marché divergent des vôtres que vous pouvez réaliser des performances exceptionnelles. Et les miennes se résumaient en un mot : récession. J’estimais et estime toujours que les marchés d’actions et de taux doivent intégrer la perspective d’une récession. De ce fait les premiers devaient baisser de 30 % et les seconds se détendre nettement.

Les actions ont... Poursuivre la lecture

Par Tho Bishop. Un article du Mises Institute

Plus d'un mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le conflit militaire est resté un conflit régional. Si la Russie a pu fortifier ses revendications dans l'est de l'Ukraine et a progressé dans le sud, les récentes contre-offensives des Ukrainiens ont éloigné l'armée de Vladimir Poutine de Kiev. Parallèlement, les allégations de crimes de guerre commis par les forces russes pendant le conflit ont donné au président ukrainien Volodymyr Zelenskyy de nouveaux arguments dans sa campagn... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles