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Mes angoisses

Publié le 25 décembre 2011
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Les leçons cubaines du décès de Kim Jong Il.

Un article de Yoani Sanchez, depuis La Havane, Cuba,

Kim Jong Un & Alejandro Castro EspinUn homme solitaire balaie les feuilles sèches sur la large avenue où pas une seule voiture ne passe. Il baisse la tête et évite de parler au cameraman. Il s’agit peut-être d’un condamné qui n’a pas applaudi avec suffisamment d’enthousiasme lors d’une réunion, ou qui ne s’est pas incliné dans une révérence suffisamment théâtrale devant un membre du parti. La scène du balayeur et de sa rue déserte fait partie d’un documentaire sur la Corée du Nord qui a circulé sur nos réseaux d’information alternatifs. Un témoignage douloureux, des gens tous habillés pareils, des bâtiments d’un gris dépersonnalisé et des statues du Leader Éternel un peu partout. L’Enfer en miniature qui nous laisse une sensation de soulagement – au moins dans ce cas – de ne pas être nés sous le despotisme dynastique des Kim.

Lorsqu’en mars 1986 Fidel Castro avait effectué une visite à Pyongyang, il avait été accueilli par presque un million de personnes, parmi lesquelles des milliers d’enfants agitant des banderoles dans une synchronie suspecte. La télévision cubaine se complaisait à montrer les chœurs qui résonnaient comme d’une seule voix, les ballerines dont pas une mèche de travers ne permettait de les différencier, et ces petits violonistes à la maestria surprenante et la simultanéité anormale. Dans les mois qui avaient suivi ce voyage présidentiel, on avait essayé d’émuler une pareille discipline de robots dans les classes d’art des écoles primaires cubaines. Mais ça n’avait pas marché. La fille d’à côté lançait les balles quelques secondes après que la mienne ait touché le sol et il y avait toujours un chausson abandonné qui restait sur la scène après chaque représentation. Le Leader Maximo avait dû se sentir désabusé par la conduite chaotique de son peuple, si différent de celui qui en Corée du Nord y allait de ses génuflexions syncopées devant le secrétaire général du Parti des Travailleurs.

Ce lundi, les images de milliers de personnes en pleurs dans les rues après la mort de Kim Jong-il m’ont rappelé ces enfants qu’on synchronisait. Bien que notre expérience tropicale n’ait jamais réussi à nous « domestiquer » comme eux, elle a d’une certaine façon copié le modèle coréen. Ici aussi la généalogie a été plus déterminante que les urnes et l’héritage par le sang ne nous a donné que deux présidents en 53 ans, les deux avec le même nom de famille. Le dauphin là-bas s’appelle Kim Jong-un ; peut-être va-t-on nous faire savoir bientôt que le nôtre sera Alejandro Castro Espin. Rien que d’y penser j’en frémis, comme je le fis un jour devant les files de petits enfants qui lançaient tous une balle à la même milliseconde.


Sur le web
 Traduction: Jean-Claude Marouby

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  • Yoani Sanchez comme source d’informations objectives, ça craint, comme disent les jeunes d’aujourd’hui. Appointée par la SINA et Washington, nous avons maintes fois eu la preuve qu’elle ment comme elle respire; p.ex. lorsqu’elle a prétendu avoir été agressée à La Havane ou qu’Obama lui avait envoyé des réponses écrites à sa demande d’inteview.
    Ne voyez ici aucune tentative de justifier ce qui se passe en Corée du Nord. Je ne connais strictement rien à ce qui s’y passe, comme tous les experts qui en parlent savamment et… sans angoisse aucune!. Par contre, à propos de Cuba, personne ne me fera prendre des vessies pour des lanternes: je connais trop bien la Grande île pour la laisser salir par des menteurs professionnels…

    • Il n’y a pas vraiment d’informations objectives dans ce billet, je ne comprend pas ta remarque.
      C’est au contraire le partage de souvenirs, rien de plus subjectif.

  • Un troll castriste un jour de Noël sur Contrepoints? Ça manquait au palmarès.
    Trolls de tous les pays, Joyeux Noël ! 😈

  • De la frime, encore de la frime !

    Ou encore la nouvelle version de l’administration américaine, pour remplacer les  »dissidents » à leur emploi, qui ne parvenaient plus à faire le poids dans leur politique de salissage contre Cuba.  »Blogueurs » , entrainés et financés par l’Empire pour reprendre la tâche des apatrides qui étaient en perte de crédibilité dans l’Ile.

    • Fichtre c’est donc un « grand complot »!

      Heureusement vous êtes la pour nous porter la bonne parole et dénoncer les odieux « crimes » de ces contre-révolutionnaires grassement payés par on ne sait qui et par on ne sait quel moyen.

      Mais a quoi bon s’embarrasser de détails triviaux, dénoncer c’est ce qui compte, on cherchera les preuves après et si on en trouve pas c’est juste la preuve qu’ils sont très forts.

    • Waouh! c’est la journée du troll…

  • Bien sûr, cette dissidente grassement payée par le gouvernement étasuniens continue à faire ce pourquoi elle est si bien rémunérée. Quel est son boulot à part d’être blogueuse? Comment peut-elle si bien être équipé côté informatique? Comment peu-elle se payer une connection satellitaire? Beaucoup de questions que des journalistes devraient lui poser. Mais, ils mettraient l’imposture au grand jour mais la vérité ne doit pas sortir. Aussi, pour ce qui est des noms de famille qui se succèdent à la tête de certains pouvoir, je voudrais lui faire remarquer qu’il est inutile d’aller très loin. Je vois très proche du pouvoir une certaine Hillary Clinton qui est bel et bien la femme de l’ex-président Bill Clinton. Deviendra-t-elle un jour aussi Présidente? Deviendra-t-elle une Clinton II? Bref, on pourrait déconner longtemps sur des propos biaisés comme ceux que vomit Yoani Sanchez.

    • Oui quelle horreur, elle n’est pas un porte parole du PCC mais elle a le droit a un ordinateur et une connection internet quand même c’est scandaleux.
      Elle a même ose s’adresser a Mariela,je ne comprend pas que ça soit autorisé.

  • @ Denis
    Votre paralèlle entre Clinton et Castro ou Kim Jong Il est faux, car Les Clinton sont élus, à la différence des deux autres dictateurs.
    Que Yoan Sanchi soit aidé ou pas par les USA, ne change rien à la réalité de ce qu’elle dénonce: Cuba et la Corée du nord sont d’affreuses dictatures dans lesquelles les opposants politiques sont déportés, torturés, voire assasinés.
    Je n’évoque pas la misère économique dans laquelle vivent les Coréens du Nords et les Cubains, car c’est une évidence: Il n’existe pas d’état dont l’économie étatisée permette de produire autre chose que de la misère et de la corruption.

    • Encore de la propagande de l’empire, les contre-révolutionnaires sont décidément partout.
      Cuba est un pays ou il fait bon vivre, les nombreux immigrants qui vont s’y installer en sont la preuve.
      Le gouvernement est certes beaucoup trop laxiste dans sa distribution de permis de sorti du pays, et certains cubains arrivent a s’échapper, mais leur nombre est négligeable face au vague massive de gens qui viennent partager le rêve cubain.
      Le rêve est hélas gâché par l’empire du mal (les USA), qui ont l’audace de nourrir une bonne parti de la population cubaine (80% de la nourriture cubaine est importée). Les salauds.
      Sans eux Cuba crèverait de faim, et la on serait enfin dans le vrai paradis socialiste !

      • Mon dieu … Oh pardon je voulais dire « mon Marx »…
        Il y aurait donc un pays 100% communiste ou les classes laborieuses ne connaissent pas la privation et la faim??? Quelle horreur, il y aurait donc des inégalités a Cuba? Des gens qui ont faim et d’autres non?
        Mais c’est horrible, il faut immédiatement corriger cette inégalité et, vu le peu de rendement de l’agriculture planifiée, faire en sorte que tout le monde aie faim, c’est plus égalitaire.

  • cette pauvre femme se porte bien et semble bien instruite grâce à l’humanisme cubain,. Quant à son traducteur attitré, il semble en bonne santé, c’est l’essentiel.
    Les deux: elle et lui parlent de dictature… Qu’en est-il en pays capitaliste où la majorité de la population est littéralement trompée et…endormie.
    À Cuba, je ne pense pas que l’on fera appel à des vétérinaires pour faire face à la pénurie de médecins en nombreuses régions. Je ne pense pas qu’une femme SDF accouche dans la rue, que deux femmes sont tuées chaque semaine en moyenne, que plus de 30000 femmes sont violées chaque année. Que Dieu garde les cubains de la « civilisation » occidentale destructrice de l’environnement et où l’Être humain ne compte pas face au profit.

  • Au sujet des Clinton, j’ai oublié la dynastie des Bush. Les USA ont un parti unique qui s’appelle Business et ce parti a deux couilles , une démocrate et l’autre républicaine. C’est un semblant de démocratie gouverné par l’argent. Aussi, je voudrais vous faire remarqué qu’il y a des élections à Cuba. Sans obligation, les cubains participent à 97% à ces élections.

    http://www.particuba.net/societe/democratie/electionsCUBA.pdf

    Denis

    • Sans obligation… Hallucinant… Et vous croyez réellement a celle la?

      Attendez, je vais en essayer une autre pour voir si vous y croyez aussi.

      « A Cuba lors des élections les citoyens peuvent voter librement pour des partis ou des candidats non communistes »

      Voila, si vous ne croyez pas celle la je peux vous en raconter d’autres.

  • Hallucinant! On a eu des trolls qui osaient défendre Chavez, maintenant y’en a carrément qui défendent le régime communiste Cubain!!! J’ai du mal à trouver des mots pour décrire ma stupéfaction et la honte pour mon pays que de tels énergumènes provoquent…

    • Mais pourquoi vous en étonner? Les c…s, ça n’a aucune pudeur puisque – comme chacun le sait – le Goulag et les camps de rééducation n’ont jamais existé… ah, zut, on me glisse à l’oreille qu’il y a encore de nombreuses personnes qui peuvent témoigner de la réalité de tout ceci pour l’avoir vécu dans leur propre chair…

  • À lire les commentaires, on peut facilement constater le haut niveau d’ignorance sur Cuba. Et aussi, il est facile de déduire que tous ces propos réactionnaires émanent de cerveaux constipés par la propagande américano-occidentale qui est porté par nos médias soumis au pouvoir de l’argent. On aime imaginer les dictatures ailleurs mais on ne peut imaginer que l’on vit dedans.

  • Les commentaires sont fermés.

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