La route de la liberté

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Etat (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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La route de la liberté

Publié le 15 novembre 2011
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La politique de rigueur très limitée choisie par le gouvernement Fillon ne changera probablement rien, l’état d’esprit restant le même : l’Etat contrôle tout, ne réduit pas ses dépenses et augmente les impôts.

Un article de Michel de Poncins.

Le nouveau plan de rigueur de Sarkozy-Fillon est clairement un plan de ruine, car il poursuit la route vers la servitude envers l’État jugé abusivement comme le maître du jeu alors qu’il est la cause de la catastrophe. Le plan tire à vue sur tous les créatifs du pays. Le prétexte est de garder le précieux AAA des agences de notation présenté comme une sorte d’objectif national ; l’explication officielle est que le pouvoir, en cas de dégradation, paierait plus cher les emprunts : c’est donc l’aveu que l’objectif fondamental de ce pouvoir est de continuer à emprunter pour dépenser sans compter. François Baroin a dit sans rire : « L’équilibre en 2016, c’est notre détermination ». Comment espérer calmer les spéculateurs avec une telle énormité ? La détermination devrait être, au contraire, de créer dès maintenant un surplus public, ce qui fut le cas en France et comme d’autres pays le font.

Au même moment, le talisman du AAA vacille avec, en plus, une erreur de manœuvre plus qu’étrange. Les richissimes eurocrates en Europe s’en mêlent à leur tour en sermonnant la France par la contestation de son pauvre 1%. Ils feraient mieux de balayer devant leur porte, alors qu’ils parlent ouvertement d’une croissance de 0,5 % dans la zone euro en 2012, calamité dont ils sont largement responsables.

En même temps, le chômage s’accroît cruellement de nouveau : ce n’est pas un hasard mais le fruit de l’action gouvernementale, son plan de ruine va inévitablement l’aggraver. Le Secours catholique fait savoir que ses soupes populaires ont de plus en plus de clients et reçoivent même des salariés ne pouvant plus s’alimenter chez eux : les plans successifs, en ruinant les grandes et petites entreprises, ne peuvent que leur apporter des clients nouveaux !

De nouveau des impôts

Pour rétablir très insuffisamment les comptes publics, le plan prévoit de taxer partout et tout le monde. Montent les clameurs de toutes les professions : restaurateurs, artisans, promoteurs, hôteliers, travailleurs du bâtiment. La bougeotte fiscale est à son comble, cette bougeotte semant elle-même le chômage. Les représentants de chaque profession se réjouissent bruyamment s’ils obtiennent un succès, comme l’ont fait les hôteliers récemment. Ces gens ne savent pas, ou feignent de ne pas savoir que tout impôt détruit la richesse de tous et que le plan lui-même, quel que soit leur succès provisoire, conduit leurs affiliés à la ruine.

Une faille fondamentale du plan, comme des précédents et de ceux qui suivront inévitablement, est l’absence de réduction massive des dépenses publiques.

Une autre caractéristique du plan est d’épargner les camarades. Le terme affreux de « tour de vis » s’applique aux « gens d’en bas ». Nous avons eu droit à une gaminerie d’un goût plutôt douteux ; les quarante ministres ou quasi ministres ont annoncé, tout sourire que, pour prendre leur part du fardeau, ils gèleraient leurs salaires pendant deux ans (sic). Un député a eu l’audace incroyable de proposer de baisser très modérément les salaires des élus : il s’est fait rabrouer vertement.

Libérer les entreprises

La route opposée, la seule pour sortir de la situation terrifiante du pays est celle de la liberté. Nous avons montré antérieurement que la marge de manœuvre à cet égard est immense compte tenu de la socialisation du pays.

La route de la liberté est le chemin contraire de celle de la servitude : recul massif et sans délai de l’État et libération des entreprises, seules aptes à faire décoller la croissance en créant de la richesse et des emplois. Indépendamment des mesures pratiques décrites ci-dessous, la simple proclamation du retournement serait en elle-même un bol d’oxygène puissant pour tous les créatifs et un encouragement majeur pour les marchés.

Cela revient à renoncer à la cascade sans fin des impôts nouveaux qui, d’ailleurs, en annoncent toujours d’autres. Pour encourager les entreprises, il est même nécessaire de supprimer un ou deux impôts parmi les plus meurtriers pour elles.

Il faudrait aussi se préoccuper du code du travail qui compte plus de 2 600 pages, pèse 1 kilo et demi et est réparti en plusieurs tomes, en croissance perpétuelle. Une foule d’organismes et de personnages parasitent à son abri et sont embusqués avec pour seul effet de détruire les entreprises. Or la vraie garantie des salariés est l’existence de nombreuses et prospères entreprises. Faire disparaître deux ou trois des dispositifs qui empêchent les entreprises d’embaucher redonnerait confiance aux marchés et déclencherait un cercle vertueux.

Financer par les économies

Le financement de ces mesures est simple à tracer dans ses grandes lignes. A cette fin, la suppression de pans entiers de l’action étatique est une nécessité urgente. Le pouvoir lui-même ayant proclamé l’état pratique de faillite et les agences de notation se manifestant bruyamment, il ne devrait pas se produire d’oppositions majeures.

Il y a au moins quinze ministères inutiles. En supprimer trois dont tout le monde peut se passer n’est pas un problème. Les deux grenelles de l’environnement assassinent l’économie française, dans un mélange de fausse idéologie et d’intérêts électoraux. Il faut arrêter le programme incroyable d’éoliennes qui vont détruire le paysage à force de subventions pour fabriquer de l’électricité hors de prix.

Les subventions dans tous les domaines à supprimer sans retour absorbent des sommes inimaginables. Le nombre d’administrations inutiles est conséquent et leur suppression totale donnera beaucoup d’argent. La vraie folie des investissements, baptisés mensongèrement « d’avenir » et accrochés au mythique grand emprunt, doit être stoppée. Interrompre la pompe aspirante de l’immigration paraît urgente pour donner confiance aux marchés. L’économie peut aller de 30 à 70 milliards par an.

Il existe un point clé : l’appropriation privée par les grands élus d’une part majeure que certains évaluent à 5% du PIB. Le prélèvement abusif se passe en argent comptant et pour une plus grande proportion en avantages informels. Il n’est pas possible d’ouvrir un journal sans voir les multiples manifestations de cette véritable rapine. Ce sont de vraies écuries d’Augias malodorantes à souhait ; il faudra les nettoyer mais cela prendra du temps et les marchés sont pressés.

Une mesure permettrait, dans cette optique, de gagner de l’argent sans délai. Il existe des échelles de traitement dans la fonction publique. Les salaires des ministres et élus sont dépendants des échelles des hauts fonctionnaires. Le rabotage dégressif de ces échelles en commençant par les plus élevées serait possible : 30% de moins au sommet, puis 25 %, 20%, etc. Cela permettra de ne pas toucher aux moyens et bas salaires. Les ressources seraient immédiates. Dans la situation de faillite menaçante on ne voit pas qui pourrait s’opposer à une telle mesure.

Le patrimoine public

Mettre en vente une grande partie des biens de l’État s’impose. Nous savons que le résultat en trésorerie ne sera pas immédiat à cause des délais et précautions nécessaires. Sur un plan psychologique le signal sera important. Quel que soit l’endettement monstrueux créé par la légèreté et la cupidité des gouvernements de tous partis il est urgent que les marchés sachent que la France peut tout rembourser. Nous l’avons montré dans un flash précédent. La vente de grandes quantités de biens patrimoniaux doit compléter le retour nécessaire au surplus budgétaire.

La conclusion est que la route de la liberté est grande ouverte avec la richesse pour tous. Si elle n’est pas adoptée franchement à temps utile, elle risque de s’imposer dans la confusion générale et sans que les véritables fruits profitent à la population.

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  • Il paraît bien que l’objectif N°1 de la bande au pouvoir est la réélection à tout prix de SKZ. Si celle-ci se réalisait, l’opinion aurait du mal à protester contre les décisions les plus folles que pourrait prendre SKZ bis triomphant.

    Pour ces présidentielles, le choix est tout de même plus large qu’entre la peste et le choléra. Donc on peut réserver la médaille de bronze à SKZ, et accrocher Hollande à n’importe quel porte-manteau (ou l’inverse).
    Reste Marine et Bayrou. Bayrou, honnête, tenace, talentueux et se présentant pour la troisième fois. Marine, qui devrait finalement au moins dézinguer aux législatives qui doivent suivre Jack Lang dans le Pas-de-Calais, qu’il s’y présente ou y renonce.
    Bayrou, oui, voilà l’homme qu’il nous faut soutenir à fond. Lire sans délai son ouvrage « 2012 état d’urgence ».

    • « L’homme qu’il nous faut soutenir » ? Qui est ce « nous » ? Quoi qu’il en soit, je n’en serai pas. Sans même parler de la mollesse dont il a fait preuve à l’Éducation nationale. Présenter cet apparatchik bouffi d’ego comme un homme nouveau, voilà qui relève de l’aveuglement.

    • Ahahah, Bayrou talentueux? Elle est bien bonne celle-là. Mou, inconsistant, et avec un ego surdimensionné.
      Aucun vrai libéral ne peut suivre une telle personne.
      C’est très simple, il n’y a aucun homme politique à soutenir. N’allons pas voter ou votons blanc, et montrons à ces escrocs qu’on ne veut plus d’eux.
      M’enfin, quoi qu’il arrive, ce pays est foutu comme dirait notre ami H16.

  • « L’appropriation privée par les grands élus d’une part majeure que certains évaluent à 5% du PIB ». Qui fait cette évaluation (100 milliards, tout de même) ?

  • Quand Bayrou était à l’Education nationale, il a eu en face de lui le mur de granit des syndicats, opposés à tout changement. C’est donc seulement à ces syndicats qu’on peut faire un juste procès.
    Elu président, tout homme est par définition nouveau à ce poste. Le passage de Bayrou à l’Education nationale est l’éternelle évocation de ses opposants, c’est assez dérisoire. D’autre part, si, pour être candidat à l’élection présidentielle, il ne fallait pas présenter la moindre « bouffisssure d’ego », il est évident qu’il n’y aurait pas de candidat du tout.
    On peut en tout cas être d’accord sur ceci que certains commentateurs n’ont, eux, clairement pas un discernement surdimensionné, et, sans être eux-mêmes candidats, peuvent néanmoins souffrir de légères traces de « bouffissure d’ego ».

    • Les syndicats font leur boulot, tel qu’ils le conçoivent. Être opposé à tout changement est pour eu un choix légitime de leur point de vue : ils ont le droit, et même le devoir, de défendre leur bout de gras, comme les syndicats de mineurs avait le droit de défier Thatcher et ceux de la SNCF avait le droit de défier Juppé. Le résultat de la négociation/confrontation dépend des autres joueurs et de leur talent.
      C’est donc bien au ministre (et à son grand chef le Premier), et eux seuls, qu’incombe la responsabilité de ce qui se passe. Braver le mammouth, tenter de le dompter, c’est peut-être voué à l’échec, mais c’est possible (essayer, c’est une condition pour réussir !), la preuve, Allègre l’a fait (et c’est son pote Jospin qui a préféré le laisser se faire piétiner) ; Bayrou, lui, n’a même pas essayé, au contraire, il a flatté le mammouth en espérant (en vain !) en tirer un profit politique. Minable.
      Bayrou est un clone de Sarkozy : c’est un opportuniste qui joue la rupture. On a toujours trois sortes d’opposants : ceux qui veulent qu’on ne fasse rien, ceux qui veulent faire le contraire, et ceux qui veulent faire la même chose eux-même. Par rapport à Sarkozy, Bayrou appartient à la troisième sorte, et si c’est lui qui le remplace, il fera comme lui : du socialisme masqué.
      Et même, il est possible que Bayrou soit pire que Sarkozy : après tout, il est tellement autocrate qu’il a réussit à vider le Modem en un rien de temps…

  • Bayrou président ? Ah, ah ahh, quelle rigolade ! Et pourquoi pas Mickey, Goldorack ou Pikachu tant qu’on y est ! Non, soyons sérieux, le président mérite d’être crédible, c’est le minimum. Je ne fais pas confiance aux opportunistes, Bayrou retourne sa veste selon le sens du vent, un coup à gauche, un coup à droite, pour plaire au maximum d’électeurs.
    Tous (ou presque) pourris, je suis d’accord. L’abstention ou le vote blanc, pas d’accord, ce n’est pas avouer qu’on les considère tous comme des escrocs, c’est simplement laisser son vote aux autres dans la réalité des faits.
    Votons pour nos idées, et la personne qui les représente, n’ayons pas peur des conséquences, votons pour ce en quoi nous croyons ! Et si la personne élue ne respecte pas ses engagements, faisons comme nos ancêtres en 1789, la Révolution quitte à rétablir la guillotine s’il faut en passer par là. Mais de grâce, arrêtons de dire amen à tout, de payer sans broncher, de trimer pour ces technocrates, de nous faire traire comme du bétail…..
    Un peu de courage Merde !

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