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Europe : que vont faire les chinois ?

Publié le 30 septembre 2011
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Les chinois vont-ils sauver l’Europe et l’euro, ou tirer les marrons du feu ?

Un article publié en collaboration avec l’ALEPS (*)

Dai Bingguo, conseiller d'État de Chine en visite à Paris du 22 au 25 septembre

Monsieur Dai Bingguo est présenté par Le Figaro de jeudi 22 comme « le plus haut responsable de la politique étrangère » et lui ouvre ses colonnes à l’occasion de sa venue à Paris où il a été reçu vendredi par le Président de la République.

Après avoir rappelé l’importance des relations commerciales entre Chine et Europe, Chine et France, et plaidé pour une coopération « gagnant-gagnant » il a déclaré : la Chine est confiante dans l’avenir de l’économie européenne et de l’euro et soutient les mesures d’ajustement économique et financier prises par des pays européens ».

Ce Monsieur est bien courtois, d’autant plus que les « mesures d’ajustement économique et financier » prises par la France sont bien peu de choses pour ne pas dire qu’elles vont à contre-sens. Se pose précisément la question de la sincérité des professions d’amitié et des promesses de soutien des Chinois.

Certes les Chinois n’ont aucun intérêt à faire exploser la mondialisation. Ils en auraient sans doute les moyens, puisqu’ils détiennent une masse de dollars impressionnante ; s’ils vendaient le billet vert, il s’effondrerait en quelques heures. Ils ne l’ont pas fait, et pour cause : c’est le commerce mondial qui leur fournit le débouché pour leur production, le marché intérieur chinois n’est pas assez développé pour prendre le relais des exportations, et l’autarcie priverait les Chinois d’importations vitales. D’autre part, toute conversion du dollar est un risque inflationniste important, et la hausse des prix a été de 6 % sur les derniers mois.

Beaucoup de gouvernements et de financiers attendent que les Chinois viennent au secours du système bancaire européen en l’alimentant en dollars. Lundi dernier, il y a eu un communiqué du cartel des banques centrales du monde entier, comprenant en particulier la Chine, le Brésil et l’Inde, laissant entendre qu’elles ne laisseront pas tomber l’euro. De là à conclure que toutes les dettes souveraines seraient rachetées par les généreux donateurs, il n’y a qu’un pas. Il est vrai que l’on peut raisonner ici suivant le fameux théorème du jeu de billes, qui a été souvent évoqué du temps du système de Bretton Woods : dans la cour d’école, les enfants qui ont gagné toutes les billes sont obligés d’en redonner aux perdants s’ils veulent continuer à jouer.

Mais, tout en remettant quelques billes dans le jeu, les Chinois peuvent opérer de façon à gagner encore plus de billes dans le futur. On le voit dans les négociations qu’ils ont amorcées avec le gouvernement grec : pas question de payer pour les dettes souveraines, mais en revanche, offre de racheter ce qui les intéresse : les ports et quelques bateaux. En d’autres termes, ils s’installent comme les transporteurs maritimes en Méditerranée et vont y apporter la preuve de leur efficacité. Ils procèdent comme ils l’ont fait en Algérie : ils déportent des milliers de leurs compatriotes, qui peu à peu essaiment. Nul doute que les dockers chinois du Pirée seront moins souvent en grève que les syndiqués actuels.

En élargissant l’affaire, on peut imaginer que les Chinois prennent des investissements en Europe et remettent au travail les Européens, à moins qu’ils ne leur substituent leurs compatriotes. On en arrive au « camp des saints » imaginé jadis par Jean Raspail.

On n’en est pas encore là, mais il faut pour l’instant se garder de tout enthousiasme et de toute imprudence.

Il ne faut pas oublier que tôt ou tard le problème de la liberté politique se posera en Chine. Il est rare que les libertés ne soient pas contagieuses. Les Chinois ont accepté le droit de propriété, la loi du marché et la concurrence. Vont-ils en venir à la démocratie ? Pour l’instant ils ont encore à calmer les attentes de plusieurs centaines de millions de paysans qui n’ont pas encore intégré la « Nouvelle Chine », et ne font pas du dollar.

—-
Article repris du site de l’ALEPS, Libres.org, avec l’aimable autorisation de Jacques Garello.

(*) L’ALEPS, présidée par le Professeur Jacques Garello, est l’Association pour la Liberté Économique et le Progrès social, fondée il y a quarante ans sous l’autorité de Jacques Rueff, dans la tradition intellectuelle française de Jean Baptiste Say et Frédéric Bastiat.

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  • Les Chinois nous donnent des billes pour continuer à jouer, à faire tourner leur économie tout en prenant pied partout en Europe.
    En même temps, je me demande si, en s’embourgeoisant à toute allure, avec une recherche scientifique qui fait des progrès gigantesques, ils ne vont pas peu à peu nous ressembler ? Progressivement cesser d’être l’atelier du monde d’où l’on déverse des objets manufacturés à bas prix et cesser de faire de la « concurrence déloyale » par leurs bas coûts de main d’œuvre ? Après avoir, comme il est souligné dans l’article, salutairement bousculé le syndicalisme conservateur qui entrave notre économie.

  • La Chine base son succès sur une ouverture économique très modeste (au regard de toutes les interdictions qui subsistent en matière de circulation et d’investissement) et sur une expansion du crédit.
    Cette ouverture n’a profité qu’à la nomenklatura du Parti communiste et aux gens des villes, une grande partie de la Chine ne suit pas. De l’autre côté, cette expansion du crédit a offert une croissance en partie artificielle, qui ne va plus durer très longtemps. La Chine peut rechuter gravement économiquement si elle ne se décide pas à changer de modèle économique ,et elle peut passer par des temps très troubles politiquement si elle ne décide pas de s’ouvrir davantage aux libertés économiques et civiles.
    PAr conséquent, la Chine peut être une solution en attendant, mais pas à moyen ni long terme. De toute façon, c’est une solution de facilité, c’est à nous de nous réformer et de permettre l’accumulation de capitaux.

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