Grandes entreprises chinoises mais peu compétitives

Les 500 entreprises chinoises les plus performantes manquent toujours de forces compétitives

Il est rare que nous reprenions des articles de journaux communistes. Faisons une exception avec cet article du Quotidien du Peuple, à mettre en lien avec notre précédent article sur la gestion des entreprises chinoises.

Du 3 au 4 septembre, un sommet des grandes entreprises chinoises a eu lieu à Chengdu du Sichuan. Cette réunion a rendu public le classement des 500 entreprises chinoises les plus performantes. 80 entreprises d’entre elles ont leurs revenus d’exploitation dépassant cent milliards de yuans (environ $16 milliards).

Cependant, l’âge moyen de ces 500 entreprises chinoises n’est que de 23 ans et leurs revenus d’exploitation par personne ne représente respectivement que 45,6% et 45,7% de ceux des 500 entreprises les plus puissantes du monde et des États-Unis.

Cette année, le seuil d’entrée dans les 500 entreprises les plus performantes est plus élevé que l’année dernière, passant de 11,08 milliards de yuans (environ $1,73 milliard) à 14,198 milliards de yuans (environ $2,22 milliards) de revenus d’exploitation par an. Le « club des entreprises de cent milliards de yuans » grossit rapidement. Les revenus d’exploitation de CPCC (China Petrolem Chemical Corporation) approchent de 2.000 milliards de yuans (environ $312,5 milliards) , ceux de CNPC (China National Petrolem Corporation) et la Société nationale de réseaux électriques de Chine ont tous dépassé 1.500 milliards de yuans (environ $234 milliards). 77 entreprises (dont 9 privées) ont leurs revenus qui varient entre 100 milliards de yuans (environ $15,6 milliards) et 1.000 milliards de yuans (environ $156 milliards), 17 entreprises de plus que l’année précédente.

Cette année, 69 entreprises chinoises sont entrées dans les 500 entreprises les plus puissantes du monde. Parmi ces 69 entreprises, 58 proviennent du continent chinois, 8 de Taiwan et 3 de Hong Kong. L’année dernière, 43 entreprises du continent chinois ont été classées parmi les 500 entreprises mondiales les plus puissantes».

Cette année est la 10e année consécutive de la publication du classement des 500 entreprises chinoises les plus performantes. En 10 ans, les revenus d’exploitation des « 500 chinoises » ont augmenté en moyenne de 22%, niveau nettement plus élevé que celui de 6,9% des « 500 mondiales » et celui de 4,1% des « 500 américaines ».

Cependant, il existe un grand écart entre les « 500 chinoises » et les « 500 mondiales »

D’abord, la répartition sectorielle des entreprises chinoises est nettement irrationnelle. Les entreprises d’exploitation de ressources naturelles, c’est-à-dire les entreprises monopolistiques, se trouvent dans une position nettement favorable, alors que parmi les « 500 mondiales », beaucoup d’entreprises sont engagées dans les secteurs compétitifs.

Ensuite, les bénéfices des grandes entreprises chinoises proviennent principalement du monopole de ressources, de l’exploitation d’envergure et du coût de production faible. En 2011, les 10 premières des « 500 entreprises chinoises les plus performantes» en termes de bénéfices sont toutes des entreprises financières et monopolistes. Et les 10 premières des « 500 américaines » sont de haut niveau technologique : pharmacie, informatique etc.

Les frais utilisés par les « 500 chinoises » dans la recherche et le développement ne représentent que 1,41% de leurs revenus d’exploitation.

Parmi les « 500 chinoises », les deux tiers sont des entreprises d’État ou des holdings d’État. Les entreprises privées ne représentent qu’un tiers.

Pour augmenter leur force compétitive, les entreprises chinoises devront améliorer leur capacité d’innovation autonome, maîtriser pleinement l’environnement d’investissement à l’étranger et renforcer l’union des entreprises chinoises à l’ étranger, ont dit des personnalités des milieux commerciaux, ajoutant qu’ il faut perfectionner les mesures politiques visant à encourager les entreprises privées.

Un article du Quotidien du Peuple.