Ethique du capitalisme et des chaussettes

Les chaussettes comme illustration du libéralisme.

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Ethique du capitalisme et des chaussettes

Publié le 6 septembre 2011
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Pascal-Emmanuel Gobry est un auteur que vous n’avez pas encore vu sur Contrepoints et dont nous republions un article, paru initialement sur son site (que nous vous recommandons). Il y remet en place quelques idées sur le libéralisme.. et sur les chaussettes. 

Continuation de mon débat twitto-bloguesque sur le capitalisme et la théologie catholique.

Une critique qui m’a été adressée est que je ne me préoccupe pas assez des fins d’un régime économique, et ne développe qu’une vision utilitariste et pragmatique. Ce qui compte, c’est la vision de l’homme, etc.

Parlons des fins.

Sur, faut-il parler des fins, j’ai une vision en demie teinte.

Dans le camp: les fins on s’en fout…

La première remarque à faire à ce sujet est que, comme disait Lénine, les faits sont têtus.Si un régime économique rend les gens plus prospères, plus libres, plus en paix, etc. ça vaut le coup d’être noté. Le fait que le libre échange empêche la guerre, ça mérite d’être noté. Le fait que lorsqu’on a tenté des alternatives au capitalisme, ça s’est pas tip-top bien passé, ça mérite d’être noté.

J’imagine que la doctrine sociale de l’Eglise a des objectifs. Qu’elle ne constitue pas seulement une dissert de philo mais qu’elle vise à atteindre des résultats tangibles, en termes de richesse, d’équité, etc. Il doit être donc possible de les évaluer. De dire “Ben l’Eglise recommande X, or il s’avère que tel article de recherche suggère que X mène à Y.” Lorsque l’Eglise milite par exemple pour la remise de la dette des pays africains, c’est peut être une très bonne chose, mais c’est une proposition qui peut être évaluée selon des critères politiques, économiques, etc. pas seulement philosophiques et théologiques.

La deuxième remarque, et celle-là devrait, mais vraiment, faire tilter des cathos, c’est que l’Enfer est pavé de bonnes intentions. C’est super les finalités. Mais attendez, quel idéologue a dit “Moi ma finalité c’est une société injuste, où le fort écrase le faible, où les gens sont pauvres, malheureux et croupissent dans leur fange”? Chacun dira (et croira) que son idée mène à plus de justice, plus de bonheur, etc. Rien n’est plus dangereux que de bonnes intentions. C’est facile d’avoir “une vision humaniste” ou d’être “pour l’équité” ou que-sais-je encore. Mais l’histoire et la loi des conséquences inattendues nous enseignent que ça ne suffit pas. A un moment “le pneu touche la route” et les bonnes intentions ne suffisent plus.

Tout cela étant dit, je pense qu’il faut aussi parler des fins.

Les libéraux parlent moins souvent des fins, et ça nous dessert. Le terrain pragmatique est après tout le plus facile pour nous, parce que le jugement de l’histoire est très très lourd. Comme le dit Friedman: “Le verdict de l’histoire est absolument clair. Il n’y a aucun autre moyen découvert jusqu’ici d’améliorer le sort des gens ordinaires qui puisse être comparé aux activités productives déchaînées par un système de libre entreprise.”

Mais on mérite aussi de parler des fins. Parce que le libéralisme est aussi une vision morale, une vision morale belle—et plus que fidèle à l’Evangile.

D’abord la vision de l’homme. Le lieu commun le plus énervant que j’entends parfois est l’idée que le libéralisme se fonde sur une vision d’un “homo economicus” ultra-rationnel qui n’existerait que dans les modèles des économistes pisse-froid de l’Université de Chicago.

C’est l’inverse. La vision libérale, notamment de Hayek, prend comme point de départ le caractère limité et imparfait de l’homme. Hayek est théoriste de l’information avant d’être économiste. Hayek considère que l’homme agit toujours à partir d’information imparfaite, et que c’est pour ça que la centralisation ne peut qu’échouer. Celui qui a l’information la moins imparfaite est celui qui est au plus près de ce qu’il fait, qu’il soit entrepreneur, artisan ou élu local, et c’est donc à lui qu’il faut laisser le plus de latitude. Le lien avec le principe de subsidiarité auquel l’Eglise tient tant (à raison!) est évident.

Une véritable vision libérale du monde, autrement dit, se fonde sur le caractère imparfait de l’homme. L’homme est pêcheur.

Ce qu’on peut faire, en revanche, peut être, c’est créer des systèmes résilients. Le libéralisme porte en lui la possibilité de l’échec. C’est la fameuse “destruction créatrice” de Schumpeter. On va se tromper. On va faire des bêtises. Mais c’est pas grave. Pire, c’est nécessaire. Mais tout comme le pêcheur peut toujours trouver la rédemption, l’échec peut toujours être le prélude d’une réussite.

Le libéralisme ne prétend pas créer un monde parfait, parce qu’il sait qu’un monde parfait ne peut pas exister dans ce monde d’après la Chute. Mais on peut, peut être, trouver le moins pire. Encore une fois, le lien avec l’Evangile est évident.

Autre faux lieu commun: le libéralisme serait une théorie de l’égoïsme et de l’individualisme. Tout d’abord, comme le dit si bien Friedman, quel régime n’est pas fondé sur l’égoïsme et l’individualisme? Un politburo? Un parlement?

Mais surtout, le libéralisme est une éthique de la collaboration. Dans un marché concurrentiel, une entreprise ne peut pas survivre longtemps par l’exploitation ou la coercition. Une entreprise qui sert mieux ses clients sera récompensée par le marché. Une entreprise qui traite mieux ses employés en recrutera de meilleurs et gagnera. Etc.

Je collabore avec toi parce que nous avons tous les deux à y gagner. Nous nous mettons ensemble pour créer quelque chose qui vaudra plus que la somme de nos efforts individuels. Si je me comporte comme un salaud, la punition viendra vite. (En tant que travailleur libéral, je m’en rends bien compte.) Nous créons ensemble des jeux à somme positive.

Le marché me pousse à me mettre à ta place; pour être bon vendeur, il faut d’abord avoir de l’empathie pour analyser les besoins du clients et savoir comment y répondre. Il me pousse, non pas à l’individualisme, dans un jeu à somme nulle où je te fais perdre pour gagner, mais à la collaboration, pour te faire gagner pour que je puisse gagner.

Le capitalisme et le libre échange ne sont pas seulement louables utilitairement parce qu’ils produisent les meilleurs résultats, mais aussi moralement.

Ensuite la vision du monde. D’un point de vue rhétorique, les visions non-libérales sont bonnes vendeuses: elles nous vendent cet autre-monde-possible, où tout n’est qu’ordre et beauté, où chacun a selon son ses besoins.

Mais pour moi la vision du monde libéral est la plus belle.

Une anecdote (copyright SLR): une femme d’un diplomate soviétique à Paris, à l’époque où l’URSS existait encore, racontait à ma mère que la première fois où elle avait dû acheter des chaussettes à son mari, elle était allée aux Galeries Lafayette et était restée bloquée pendant des heures. Il y avait un rayon entier de chaussettes! Toutes les couleurs! Toutes les tailles! Tous les tissus! En URSS, il y a un type de chaussettes.

Je veux un monde avec beaucoup de chaussettes.

Le libéralisme rend le monde riche, mais cette richesse n’est pas (seulement) pécuniaire, c’est une richesse de la diversité, c’est une richesse du foisonnement de tout ce que l’esprit humain peut inventer.

Il est tout simplement impossible à un système centralisé de prévoir tous les besoins qui pourront exister. Le seul moyen c’est de permettre à chacun de tenter. Archiduchesse fait des chaussettes rigolotes en 43 couleurs. Dino & Dino fait des chaussettes italiennes chic. (Et la Chine fait des chaussettes super cheap par millions ce qui augmente le pouvoir d’achat à la fois en France et en Chine.) C’est beau. Oui, c’est beau!

C’est beau qu’on vive dans un monde où on peut trouver tout ce qu’on peut imaginer, et même plus. C’est beau qu’on vive dans un monde où on peut tout inventer.

Restaurants, fauteuils, logiciels d’entreprise, voitures, etc. je veux un monde où tout le monde peut tout tenter, où les gens peuvent créer, innover. Et ce monde doit être un monde libéral, très peu réglementé. Si je trouve tes chaussettes rose débiles, je suis pas obligé de les porter ou de les acheter. Ca ne me fait pas de mal qu’elles existent. Mais quelqu’un va les adorer, et va les acheter. Et aucun directeur de ministère ne pourra décider autrement.

Et si je veux créer une voiture électrique, il ne faut pas que je passe des années dans les écuries d’Augias d’un ministère pour avoir des approbations.

Si je veux prendre un vélo-taxi, il ne faut pas qu’une guilde m’en empêche.

Le problème n’est pas juste que ces choses-là appauvrissent le monde économiquement, même si c’est grave, c’est qu’ils l’appauvrissent esthétiquement et moralement aussi.

Il n’y a rien de plus divers, incroyable, incompréhensible, complexe, bizarre, que l’être humain. Nos envies, nos besoins, ce qui nous plait, ce qui nous est possible, est infini. Le seul moyen de commencer à faire en sorte que nos envies et nos besoins soient satisfaits est par un système extrêmement décentralisé.

A chaque fois qu’une nouvelle entreprise ne se crée pas, c’est un livre qu’on brûle, un livre fait d’humain.

C’est un monde riche, riche de diversité, riche de multiplicité.

L’économiste Michael Mauboussin écrit, ”Les marchés peuvent être rationnels lorsque les investisseurs sont individuellement irrationnels. Il est essentiel d’avoir une grande diversité des investisseurs pour que les prix puissent être formés efficacement. Si les règles de décisions des investisseurs sont diverses — même si elles sont sous-optimales — les erreurs ont tendance à s’entre-annuler et les marchés arrivent à des bons prix. De même, si les règles de décision perdent en diversité, les marchés deviennent fragiles et inefficaces. Donc la question n’est pas de savoir si les individus sont irrationnels (ils le sont) mais de savoir s’ils sont irrationnels de la même manière au même moment.”

Je veux un monde où tout le monde se trompe en même temps du plus de manières possibles. Je veux un monde où chacun peut tenter, essayer, se tromper. Je veux un monde où il existe autant de choses folles, absurdes, étranges, nouvelles, efficaces, que possible.

L’homme est imparfait, pêcheur. Tout le monde fait des erreurs. Mais si on peut arriver à faire des erreurs différentes pour de différentes raisons, alors on peut peut être avancer. Et rendre le monde plus riche, et plus beau.

Sur le web. Texte sous licence CC BY-NC-SA 2.0

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  • L’Église n’a rien contre l’économie de marché. JP II, qui a vu de près une économie soviétisée, et B 16 qui vient d’Allemagne l’ont dit et redit.

    Il y a cependant deux mais. L’Église refuse le modèle anthropologique d’une certaine philosophie libérale qui fait des désirs/intérêts de l’individu supposé parfaitement autonome l’étalon ultime du bien et du mal. Mais on peut parfaitement être partisan de l’économie de marché sans souscrire à ces thèses philosophiques.

    L’autre « mais » est le suivant : tout en admettant que certains arrangements institutionnels sont meilleurs que d’autres, l’Église est convaincue qu’aucune société ne peut fonctionner si chacun n’y poursuit que son intérêt égoïste. Défendre ses intérêts est légitime, mais avoir le souci du bien commun est à la fois une nécessité et, in fine, une source de bonheur.

    On peut regarder nos politiques comme d’excellents libéraux : ils maximisent les avantages qu’ils retirent du marché politique, segmentent la clientèle des électeurs pour optimiser leurs chances de réélection, etc.

    Manifestement, ce n’est pas suffisant…

    • Mon commentaire n’implique nullement que les libéraux sont nécessairement égoïstes. Il est bien évident que l’on trouve des égoïstes et des généreux chez les libéraux comme on en trouve chez les socialistes !

      Il dit simplement qu’aucune société ne peut fonctionner, quels que soient ses arrangements institutionnels, si ses membres, et notamment ses responsables, ne font que poursuivre leurs intérêts personnels. Mais bien des libéraux ont eu, ont un souci du bien commun : Tocqueville, Aron, Manent,…

      • Aucun libéral ne propose de société où chaque membre ne poursuivrait que des intérêts personnels. Ce que s’évertuent à dire les libéraux, c’est que la coopération ou l’altruisme, ça ne se décide pas, ça ne se planifie pas.
        Une entreprise, c’est déjà une forme de coopération : un employeur échange un type de travail contre un type de rémunération avec un employé. Ou deux associés se partagent des tâches. On ne citera pas non plus les syndicats, associations, mutuelles, société d’entraides… qui sont toutes issues la coopération spontanée et volontaire, sans qu’aucun bureaucrate ne viennent y fourrer son nez humide.

  • Vous dites : « Défendre ses intérêts est légitime, mais avoir le souci du bien commun est à la fois une nécessité et, in fine, une source de bonheur. »

    Donc, mon intérêt personnel (ou le votre, ou celui de chacun) est d’avoir individuellement le souci du bien des autres. Mais surement pas une administration qui me décharge de ce souci, et me rend, effectivement, égoïste (c’est tellement plus facile de compter sur les autres et sur leur argent pour me déculpabiliser).

  • Mais où donc voyez-vous que je propose de laisser aux administrations le monopole du souci du bien commun ?

    Il est évident qu’il ne suffit pas d’être titularisé dans la fonction publique pour devenir un altruiste. On trouve autant de fonctionnaires qui gèrent égoïstement leur petite carrière que de boutiquiers âpres au gain !

    J’ai une préférence pour les approches libérales qui responsabilisent les personnes, mais je tiens qu’il est impossible d’éliminer toute référence au bien commun, tout en refusant aux administrations le droit de prétendre qu’elles sont seules habilitées à définir et mettre en oeuvre ce bien commun.

    • Personne ne demande d’éliminer toute référence au bien commun. On peut même y faire référence dans la Constitution. Simplement, le bien commun doit être décidé par les citoyens eux-mêmes, et doit être exprimé par l’intermédiaire des libres associations, qui ont le droit de faire tout le militantisme (non aggressif) qu’elles veulent pour le promouvoir. Ce n’est pas le boulot de l’administration.

      • Ah non. J’entendais une « décision » de la forme : chaque citoyen se bouge le cul comme un grand pour défendre sa vision du bien commun, en faisant tout le militantisme qu’il veut, du moment qu’il ne contraint personne à le suivre contre son gré.

  • A Aristote,

    Je me suis mal fait comprendre. Je ne compare pas une personne privée à un individu fonctionnaire, je dénie aux administrations le pouvoir de prendre en charge les sentiments humains : altruisme, compassion, solidarité. Je trouve cela immoral, car l’Homme, suivant en cela les lois de la physique, cherche la voie du moindre effort, et donc abandonne ces sentiments qui font sa dignité, puisque ceux-ci sont pris en charge par cette entité virtuelle qu’est l’état.

    Nous sommes donc presque d’accord.

    PS. F. Hayeck montre dans « la route de la servitude » la difficulté qu’il y a à définir « le bien commun ».

  • Il est de fait très difficile de définir le bien commun (j’ai beaucoup lu Hayeck).

    Et c’est une excellente raison pour refuser de se défausser sur les administrations de la responsabilité de définir et de mettre en oeuvre ce bien commun.

    Mais entre une société où tout le monde se fout du bien commun (je n’ai pas dit que c’était la caractéristique d’une société libérale, dans la Russie de Brejnev ou la Chine de Mao, on se foutait totalement du bien commun !), et une société où de nombreux citoyens se soucient sincèrement du bien commun commun, quelques fois en se trompant sur ce qu’il est, la seconde me semble avoir beaucoup plus de chances de fonctionner.

    Et il me semble aussi qu’on a plus de chances d’avoir un souci sincère du bien commun et de le discerner sans trop d’erreurs si on maîtrise son propre égoïsme. Encore une fois, je n’ai pas écrit que les libéraux étaient nécessairement égoïstes !

    • « Cette alternative est fausse »
      … ou pas.

      « On peut aussi, tout simplement, et c’est autrement plus efficace… »
      Et oui, car l’efficacité est notre 1er souci, la justice suivra (ou pas)

      « …on se méfie comme la peste […] des gens soucieux du « bien commun ». »
      Le problème, c’est les gens.

      • – Ou pas, peut-être mais sans argument, ça vaut le poids d’un prout.
        – Une justice (?) inefficace, c’est toujours de la justice ? Et ton argument, il est où, au fait ?
        – Le problème, ce sont les gens soucieux du bien commun. Pas « les gens ». « Les gens », c’est un groupe trop vague, mou et pour tout dire, seulement utile pour ceux qui veulent les récupérer. Comme vinzzz ?

        • « Ou pas, peut-être mais sans argument, ça vaut le poids d’un prout. »
          oui, c’était le but de mon commentaire : demander à Lucillo d’argumenter un peu le sien.

          « Le problème, ce sont les gens soucieux du bien commun. Pas « les gens ».  »
          Non.
          le problème, ce sont les gens qui exploitent d’autres gens. Que ce soit pour le ‘bien commun’, pour l ‘avenir’, parce que « il n’y a pas d’alternative ».

          « « Les gens », c’est un groupe trop vague, mou et pour tout dire, seulement utile pour ceux qui veulent les récupérer. Comme vinzzz  »
          Oui, je suis le croque-mitaine 🙂

      • « Si je parle du cas de figure d’une société où l’on ne ferait pas semblant de chercher un pseudo « bien commun », mais où l’on respecterai le Droit naturel, ce serait faire fi de la justice ? »
        Non
        mais cette société me semble un peu… irréaliste ?

        « Sinon, oui, le gros des problèmes de l’Humanité provient de gens qui veulent s’occuper d’autres gens. Soi-disant pour leur bien ou, pire, pour le « bien commun »… »
        Oui, tout comme le gros des progrès de l’humanité…

        Je ne pense pas qu’on puisse simplement se séparer de cette question de « bien commun » – et il est effectivement toujours bon de rappeler que l’Enfer est pavé de bonnes intentions.

      • « Le problème, c’est les gens. »

        Donc, pour supprimer le problème, supprimons les gens. A tout seigneur, tout honneur, je propose qu’on commence par toi. T’es pas d’accord ? On s’en fout, c’est pour le bien commun.

        • « Donc, pour supprimer le problème, supprimons les gens. A tout seigneur, tout honneur, je propose qu’on commence par toi. »

          bon courage 😉

  • « Ah bon !? Il serait plus « irréaliste » de se contenter modestement de vivre en respectant le Droit naturel que de vivre en recherchant un hypothétique « bien commun » ? »

    oui :

    Pour éviter les malentendus, parce qu’on ne parle pas toujours de la même chose, y’a :
    1/ bien commun : une chose (matérielle ou immatérielle) qui n’appartient à personne, mais à tous.
    2/ bien commun : l’opposé du mal, une vision ‘positive’ , qu’on pourrait aussi nommer ‘intérêt commun’
    Parfois, les 2 se confondent : l’intérêt commun étant incarné dans un objet qui n’appartient à personne.
    Et la 2è définition est bien sur bien plus soumise à débat que la 1ère.

    C’est dans la nature humaine de partager des ‘biens communs’ (1/)(côté culturel, on pensera aux ‘mèmes’).
    Je pense qu’il y a un travers humain qui porte certains à vouloir ‘plus’,
    dans ce plus, un besoin de transcendance souvent – de se raccrocher à quelque chose de plus grand qui nous survive, ainsi être immortel –
    et je dis irréaliste, car je fais le pari qu’il y en aura surement assez pour constituer un ‘collectif’ ‘coercitif’ (ou les gens acceptent de réduire leur liberté pour l’efficacité de ce collectif) qui ruinera ce beau projet de vie tranquille.

    Sur le « bien commun » qui permet une vie en société, j’vous propose une définition bien ‘classique’ :
    « des lois justes, de bonnes coutumes, de sages institutions et une force militaire assez puissante pour les défendre. »
    (notez que dans cette définition, on trouve les 2 sens sus-cités de ‘bien commun’ : des choses bien concrètes comme l’armée, et une idée ‘positive’ , partagée, du ‘bon’, du ‘juste’.).
    Y’a de la place là dedans pour des idées libérales !

  • Bien commun = mèmes.

    Et moi qui croyait avoir tout lu.

    Eh ben.

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