Immobilier : des agences aux pratiques « peu louables »

Dans une récente enquête, l’UFC Que Choisir dénonce les pratiques douteuses des agences immobilières…

Dans une enquête publiée ce jour, l’association de consommateurs UFC Que Choisir dénonce les « pratiques bien peu louables » des agences immobilières dans le logement locatif. L’enquête, menée auprès de plus de mille agences, souligne que ces dernières ne facilitent pas l’accès au logement.

Comme de bien entendu, l’association en appelle dans son communiqué aux pouvoirs publics pour mettre fin à ces pratiques douteuses qui entraînent l’inflation des litiges dans le domaine des locations, allant même jusqu’à parler d’ « immunité totale » de la profession.

L’association fournit de nombreux exemples qui étayent sa thèse. Ainsi, dans 21% des cas, les honoraires ne sont pas affichés en vitrine, ni visible de l’extérieur, « contrairement à une obligation légale vieille de 20 ans. »

Les problèmes dénoncés portent aussi sur les différents points suivants :
– Avec 28% d’omission, l’étiquette énergétique, nouvelle obligation imposée par l’état aux propriétaires et aux agences, n’est pas toujours affichée pour les biens dont elles ont la charge.
– Dans plus de la moitié (62%) des dossiers pour l’obtention d’une location, les clients se voient obligés de fournir des documents alors que cette demande de la part des agences est interdite : attestation de l’employeur, attestation du précédent bailleur, photographie d’identité.
– On notera enfin que les agences ont une tendance à demander des honoraires exorbitants, non pas calculés en fonction d’une prestation de service mais indexés sur le montant du loyer. Légalement, ces agences ne peuvent réclamer que le montant de la seule rédaction du bail dont le montant s’élève en moyenne à 190 euros.

Benoist Apparu, le secrétaire d’état actuellement en charge du Logement – et pas seulement du sien – a déclaré à l’AFP que :

« Les dérives relevées par UFC Que Choisir ne sont pas acceptables mais les constatations ne portent que sur un échantillon de professionnels. Il faut donc se garder de jeter l’opprobre sur toute une profession qui consciente de certaines dérives a organisé une réflexion pour lutter contre ces abus. Le gouvernement prépare des mesures pour protéger les consommateurs et soutenir ceux des professionnels qui s’engagent sur la qualité du service rendu. »

Comme on peut le constater, l’État entend donc agir fermement avec des mesures dont on ne sait pas du tout ce qu’elles seront, ce qui du reste ne change guère de son interventionnisme à tâtons habituel.

On notera tout de même que les tensions sur le marché locatif immobilier ne sont justement pas étrangères aux multiples interventions massives et désordonnées de l’Etat :
– d’un côté, il favorise l’accession à la propriété en multipliant les aides et autres prêts à taux zéro, qui entretiennent une bulle immobilière qui a vu les prix dépasser le tarif inouï de 8000€/m² à l’achat sur Paris, par exemple.
– de l’autre, il impose de plus en plus de contraintes (écologiques, énergétiques, légales) sur le propriétaire, qui lorsqu’il loue son bien doit aussi s’exposer aux risques de non-paiement de ses loyers et aux facilités très larges offertes aux locataires indélicats. Cette asymétrie en faveur du locataire entretient l’inflation des prises de garanties par le propriétaire dont les agences se font le relai.

Au final, on aboutit à la situation actuelle où devenir propriétaire devient un rêve de plus en plus inaccessible et où la location concerne ainsi 42% des ménages français, un chiffre supérieur à la moyenne européenne.

Enfin, qu’on soit locataire ou propriétaire, le logement représente, et de loin, le premier poste du budget des consommateurs.