Savez-vous ce qu’est le subjectivisme ?

Seul l’individu concret fait des choix et agit, aucune notion englobante ne peut l’appréhender entièrement

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Savez-vous ce qu’est le subjectivisme ?

Publié le 12 juin 2011
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Parmi les concepts fondamentaux de l’école autrichienne d’économie, il y a le subjectivisme. Cette thèse, initiée par le grand sociologue Ludwig Lachmann, s’inscrit dans le prolongement de l’individualisme méthodologique et considère, comme ce dernier, que seul l’individu concret fait des choix et agit, et qu’aucune notion englobante (comme la « demande », l' »épargne », la « croissance ») ne peut jamais appréhender entièrement.

Parmi les importants aspects de l’approche méthodologique en économie, comme l’individualisme méthodologique, le subjectivisme représente une approche fondamentale dans la théorie sociale en général. Le subjectivisme se focalise en premier lieu sur la signification que les individus attachent aux actions et situations dans un monde d’incertitude. Comment l’individu s’oriente et résout les problèmes en relation avec ses semblables, mais aussi comment il agit dans l’échelle du temps et dans l’ignorance, sont parmi les axes principaux d’étude du subjectivisme. Il ne s’agit pas seulement de se préoccuper que les hommes cherchent le bien-être matériel, mais c’est avant tout, de façon pertinente, comprendre le comportement de l’homme réel tel qu’il se manifeste dans ses préférences démontrées. L’idée de subjectivisme a complètement changé les approches dans le domaine des phénomènes économiques et sociaux, pour cette raison on peut la désigner comme une révolution subjectiviste, la première étincelle de cette dite « révolution » a débuté avec la découverte de la théorie subjectiviste de la valeur.

Le subjectivisme des auteurs autrichiens

En économie, les auteurs autrichiens ont mis en avant la notion de subjectivisme :

L’école de Vienne, qui fut appelée, à tort durant de longues années, école psychologique économique, à cause du marginalisme mal traduit, doit être dorénavant comprise comme une approche économique fondée sur le subjectivisme.

Le subjectivisme de Carl Menger est cognitif et ontologique. Une chose ne devient un bien ou un service qu’à partir du moment où elle peut atteindre certaines fins. Pour atteindre ce statut, l’individu agissant doit connaître l’existence de ce bien et la façon dont elle pourrait servir à ses fins. L’approche est effectivement cognitive, savoir que le bien existe mais il s’agit également d’une cognition procédurale afin de savoir comment atteindre des besoins directs ou indirects. Si l’action ne peut pas être menée directement ou indirectement sur le bien, alors celui-ci perd sa qualité de bien.

Israel Kirzner de son côté a défini le subjectivisme comme étant « la reconnaissance que les actions des individus doivent être comprises que par référence à la connaissance, les croyances, la perception et les attentes des individus ».

Citations

  • « il n’y a probablement aucune exagération à dire que chaque progrès important de la théorie économique pendant les cent dernières années a été un pas de plus dans l’application cohérente du subjectivisme » Friedrich Hayek
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  • Attention à l’expression de « subjectivisme ontologique ». Elle peut induire en erreur. Les philosophes modernes ont fait à ce propos la distinction entre subjectivisme ontique (le contenu des faits sociaux est ce que chacun pense, donc subjectif) et l’objectivisme ontologique (les lois de causalité reliant les faits sociaux à caractère subjectif, sont objectives).
    On lira les articles fondamentaux de Barry Smith et Uskali Mäki dans le recueil « Annual supplement 22″ de History of political economy de 1990 dédié à Carl Menger, ou l’article de Neelkant Chamilall résumant ces positions dans le Journal des économistes et des études humaines (“La génése du Label Autrichien : la pensée de Carl Menger » Journal des économistes et des études humaines, Vol. X, n°1, pp. 53-118 ).
    Sur ces question l’ouvrage de John Searle sur la construction de la réalité sociale est aussi utile.
    Emmanuel Martin

  • C’est vraiment une bonne idée de publier des articles de wikiberal. Sinon, le subjectivisme implique t’il le relativisme culturel et moral?

    • Merci pour le premier point. Et non, pas du tout, concernant le second. Ce n’est pas parce que les fait sociaux sont provoqués par des attentes subjectives, qu’il faut s’interdire toute réflexion sur les fondements de la vie en société.

    • N’est-ce pas justement la confusion entre subjectivisme et relativisme (que l’on peut tout deux opposer à des logiques qui se veulent objectives) qui entretient l’anti-libéralisme viscéral de nombreux français et leur attirance pour les conservatismes de droite ou de gauche ?

  • La réponse à votre question se trouve justement dans la distinction que j’ai rappelée dans mon post entre subjectivisme ontique (le contenu des faits sociaux) et objectivisme ontologique (les lois de causalité entre les faits sociaux). Les Autrichiens allient un subjectivisme ontique (fort bien développé par Hayek dans Scientisme et sciences sociales par exemple) à un objectivisme ontologique. C’est le subjectivisme ontologique qui mène au relativisme (un solipsime en fait) , d’où la confusion qu’a pu créer l’expression « subjectivisme ontologique » dans le texte.

    • Pour ma part, je ne suis pas du tout un spécialiste de ce sujet, mais voici ce qu’écrit Wikibéral à l’article « ontologie » ; ceci me semble contradictoire avec le point développé par Emmanuel.

      Le subjectivisme ontologique de l’école autrichienne

      L’ontologie permet de comprendre pourquoi les choses sont ce qu’elles sont ou, formulé d’une autre manière, pourquoi elles appartiennent à telle catégorie. Jerry Fodor[1], avance que la généralité des sciences physiques implique que toute théorie économique a une description physique qui peut être englobée dans les lois de la physique. Donc, les lois économiques peuvent être rapportées aux lois physiques quand on peut faire état de leurs propriétés physiques. Le philosophe, John R. Searle[2], s’est absolumment opposé à cette vision. Il n’existe pas de correspondance exacte (un rapport un pour un) entre des concepts mentaux et des événements physiques. La monnaie est de la monnaie parce que nous croyons qu’elle appartient à la catégorie monnaie. Il n’existe aucune identification physique qui puisse être réduit à ce phénomène social. C’est pourquoi, il indique qu’il existe une discontinuité entre les sciences physiques et les sciences sociales. De la même manière, l’économiste de l’école autrichienne, Friedrich Hayek, indique dans son article (“The Facts of the Social Sciences”) que « la monnaie est la monnaie, un mot est un mot, un produit de beauté est un produit de beauté, si et parce que quelqu’un pense qu’ils le sont ». Dans les années 1940, il développait sa conception du subjectivisme dans les sciences sociales : « la plupart des objets dans l’action humaine ou sociale ne sont pas des « faits objectifs » ; ils ne peuvent en aucune manière se définir en termes physiques. Pour ce qui est de l’action humaine, les choses sont ce que les gens qui agissent pensent ce qu’elles sont. »[3]
      Gloria L. Zuniga, dans un brillant article paru en 1998, rappelle combien l’apport de Carl Menger est révolutionnaire dans l’histoire de la pensée économique, en introduisant le subjectivisme ontologique et cognitif. Carl Menger affirme qu’une chose ne devient un bien qu’à partir du moment où quelqu’un en décide ainsi. Mais le bien n’appartient pas nécessairement toujours à une même catégorie. Imaginons convertir de la monnaie contre des devises étrangères. Cette devise a la qualité de la monnaie. Si nous nous apercevons, qu’il s’agit de la fausse monnaie, soit nous décidons d’être receleurs en transférant ce bien à quelqu’un d’autre, soit elle change d’appartenance de concept. Elle peut devenir un marque-page, par exemple. Ou, elle peut très bien perdre sa qualité de biens, si nous la trouvons superflue et que nous décidons de la jeter à la poubelle, de la jeter par la fenêtre ou de la brûler dans la cheminée.

  • Sur le plan moral et culturel, tant que les positions ne nient pas les lois (au sens scientifique, ontologique) de bon fonctionnement d’une société « civilisée » (qui respectent les conditions de liberté et de responsabilité dans l’état de droit pour permettre la coordination sociale), l’observateur extérieur n’a rien à dire sur telle ou telle pratique (je pense à la sexualité par exemple). Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. La question de l’avortement par exemple représente un conflit de droits : droit à la vie pour le foetus contre droit de propriété sur son corps pour la femme. D’ailleurs les libéraux sont divisés sur ce point.

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