Dictature routière

Le gouvernement en plein délire répressif

Le gouvernement vient d’annoncer, suite à une remontée sur trois mois de la mortalité routière dont rien ne permet encore de dire qu’elle n’est pas un accident statistique (tout comme la météo plutôt chaude depuis janvier), des mesures de renforcement de la répression routière.

Je n’ai hélas aucune illusion sur la capacité d’un parlement godillot à s’y opposer.

Il y aurait beaucoup à dire sur les chiffres : il semblerait que l’augmentation ne concerne quasiment que les deux roues, et qu’elle soit fortement liée au beau temps inhabituel qui a régné ces quatre premiers mois. En tout cas, sur 12 mois glissants, il y a toujours baisse. Légère, mais baisse quand même.

Mais j’avoue commencer à en avoir plus qu’assez de m’époumoner à chaque initiative liberticide et en violation de toutes les traditions du droit que l’on dit démocratique, de la part des fils de pute qui nous gouvernent, au point de ne même plus chercher à rester poli quand j’en parle. Le syndrome Denninger, sans doute. J’ai l’impression de souffler dans un violon, dans un combat perdu d’avance, et je me dis que je ferais mieux de tout plaquer et de passer en mode survie (gros soupir de lassitude mêlé de colère sourde).

(Dessin de presse : René Le Honzec)

Alors je me contenterai de reposter l’article que j’avais posté en juin 2009 après des annonces similaires : « Sécurité routière, échapperons nous un jour à l’arbitraire répressif ? » Rien à ajouter, ou à retirer. Extrait :

Certains me répondront que la répression routière a permis de diviser par trois la mortalité routière, et que le manque de répression de la « vraie » délinquance ne doit pas servir de prétexte pour relâcher la pression sur les comportements accidentogènes.

Seul problème avec cette affirmation, il est impossible de savoir dans quelle proportion la répression des infractions routières a contribué à la baisse du nombre d’accidents. Sans doute un peu, mais sans doute pas plus que d’autres facteurs ô combien importants qui n’ont rien à voir avec la répression routière.

Les facteurs qui peuvent avoir contribué de façon importante à l’amélioration de la sécurité routière (trois fois moins de morts pour plus de trois fois plus de kilomètres parcourus en trente ans) sont, pêle-mêle :

– l’amélioration continue du réseau routier: expansion des routes à 2X2 voies à carrefours dénivelés, au risque mortel 5 fois moins élevé que les routes bidirectionnelles de campagne, alors que la vitesse pratiquée y est la plus élevée, amélioration de nombreux carrefours (le bilan sécurité des giratoires est de ce point de vue éloquent) ;
– amélioration des dispositifs de sécurité active et passive des véhicules : tenue de route, habitacles renforcés, antiblocages divers ;
– amélioration du confort des automobiles, incitant à une conduite plus souple ;
– progrès de la médecine ayant transformé un certain nombre de tués en blessés graves.

La répression routière a sans aucun doute eu des effets bénéfiques par rapport à certains comportements véritablement dangereux tels que l’alcool au volant. En revanche, la répression de la vitesse per se semble atteindre ses limites.

D’ailleurs, dans des documents officiels(*), la sécurité routière elle-même reconnaît que « si le respect des vitesses autorisées » était intégral, le nombre de vie sauvées serait de 900 par an ».

Sans même évoquer les biais que comporte ce type de calcul, notons que cela ne représente qu’un tué sur 5 : il y a donc reconnaissance implicite que le potentiel d’amélioration de la sécurité routière lié au respect des limitations en vigueur atteint ses limites.

[…]

Un article repris d’Objectif Liberté avec l’aimable autorisation de Vincent Benard.

Lire également :
Ob’Lib’ : Permis de conduire: et si on supprimait l’examen ?Sécurité routière, échapperons nous un jour à l’arbitraire répressif ? (version Turgot)
Evoweb : « Insécurité étatique »
Wikipedia : Bilan sécurité routière en EuropeDonnées d’accidentologie commentées – (PDF de synthèse) – Sécurité routière, baromètre avril 2011