L’Amérique a tué ben Laden, mais a épargné Kadhafi

La Grande-Bretagne n’aurait-elle pas du tuer Kadhafi quand elle en avait l’occasion ?

Par Daniel Hannan, d’Oxford, Royaume-Uni

Nous avons fait ce que nous avions à faire. Nous — et j’entends par là l’Ouest et, plus spécifiquement, « l’Anglosphère » — sommes allés en Afghanistan pour renverser le régime taliban et capturer ou tuer Oussama ben Laden.

Le premier objectif a été accompli en six semaines, le second a pris une décennie. Toutefois, il est maintenant accompli. Le monstre a été abattu. Comme Mark Steyn l’avait avec esprit mais prématurément annoncé en 2003, Oussama Ben Laden est au repos.

Roger Kimball, l’un des hommes les plus brillants en Amérique, adapte la sublime phrase de Pelham Grenville Wodehouse:

« Un bref suspense, puis enfin
L’attente s’arrête, la veillée passe ;
Un objectif soigné. Un jet de flamme.
C’est fait. Vous avez appuyé sur la gâchette,
Et encore un âne, ni juste, ni fragile,
Ait remit dans le plat du dîner. »

Quelle que fut la justification que nous avions pour envoyer notre garnison en Afghanistan, elle est maintenant partie. Nous devrions commencer un retrait progressif décent dès que possible.

Une pensée, malgré tout.

Le monde ne serait pas un endroit plus heureux si, en représailles à Yvonne Fletcher, l’attentat de Lockerbie et l’armement de l’IRA, la Grande-Bretagne avait ouvertement poursuivi l’objectif d’éliminer le colonel Kadhafi ?

Pensez à l’effet qu’elle aurait eu sur les autres despotes. Pensez au choc que cet événement aurait produit à ceux qui voudraient intimider, blesser ou insulter les détenteurs de passeports britanniques. Nous sommes maintenant dans une demi-guerre coûteuse, compliquée et impopulaire qui a des chances de ne pas aboutir à la mort par balle du colonel fou. J’espère que cela arrivera. Mais au lieu de déclarer franchement cet objectif, nous allons devoir l’exécuter sournoisement, en empruntant le prétexte que notre mission incombait de protéger les civils, à la demande de l’Organisation des Nations Unies.

L’excellente Jackie Ashley se prend la tête sur le fait que tuer Kadhafi violerait le droit international qui, dit-elle, « est tout ce que nous avons. » C’est un argument convaincant, mais cela dépend de sa focalisation sur une ONU imaginaire plutôt que la vraie, corrompue et souvent destructrice qui a pris forme – celle qui a dirigé le gâchis de « Pétrole contre Nourriture », celle qui exploite les cycles de la prostitution et du trafic d’enfants quand elle déploie son personnel et celle, à bien y penser, qui invita la Libye à siéger en son Comité des Droits de l’Homme.

Je n’ai pas la place pour répéter l’argumentation complète contre la juridiction internationale dans ce court message, mais un résumé sommaire de l’argument peut être trouvé ici. Félicitations, en attendant, aux forces spéciales américaines, et je vous remercie.

Source : Telegraph
Traduction : Barem