On te surveille, Harper

Si l’économie s’effondre, ce sera la faute aux conservateurs majoritaires

Si l’économie s’effondre, ce sera la faute aux conservateurs majoritaires.

C’est ainsi que fonctionne la joute politique et médiatique. Le gouvernement en place est « responsable » de l’économie. Il prend le crédit quand ça va bien, et se fait planter quand ça va mal. Parlez-en à Barack Obama.

Monsieur « Yes we can » a hérité d’une économie en lambeaux. Je suis loin d’appuyer toutes ses politiques économiques. Mais que pouvait-il faire ? Son statut de demi-dieu s’est complètement évaporé en moins de deux ans. Avant du « changement », l’Américain moyen veut une job. Et il n’en a toujours pas.

Le même destin pourrait attendre les conservateurs. Ils sont majoritaires. Ils ont le champ libre. Et comme dit Spiderman, « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». (À chacun ses références culturelles.)

Et leur timing est terrible : endettement record des Canadiens, bulle immobilière sur le point de dégonfler, taux d’intérêt qui s’apprêtent à monter, prix de l’essence et de la nourriture qui nous étranglent… Les spin doctors du parti conservateur parlent toujours d’économie. Stephen Harper se donne lui-même beaucoup de crédit pour la relative bonne tenue de l’économie canadienne depuis deux ans. On le tiendra 100% responsable si les choses dégringolent. Bonne chance.

Le vrai visage des conservateurs

Bien sûr, c’est ridicule de croire qu’un gouvernement – ou une poignée de politiciens – contrôle l’économie. Malgré leur baratin, les politiciens ne contrôlent pas grand-chose. Ce sont les gens — des millions d’individus qui prennent des millions de décisions chaque jour — qui font l’économie, pas l’État.

Mais ça reste une joute politique. Ce qui compte, c’est le message. Et quand l’économie va planter, les conservateurs majoritaires vont y goûter. L’opposition et les médias vont les clouer au mur.

J’ai tout de même hâte de voir les conservateurs à l’œuvre — pour ce qu’ils contrôlent. Comme les dépenses, les subventions, la réglementation ou les réformes. Le parti de Stephen Harper a déçu beaucoup de ses partisans depuis son arrivée au pouvoir. C’est bien beau les retombées économiques des avions de chasse pour le Québec, ou les subventions au chantier de la Davie. Mais ça reste des bonbons. On est loin du conservatisme fiscal.

Depuis 2006, les conservateurs ont dépensé, dépensé et dépensé — ils ont gonflé la dette de plus de 100 milliards. L’État a grossi. Les réformes économiques « de droite » se font toujours attendre. Les conservateurs nous ont servi l’excuse du gouvernement minoritaire depuis tout ce temps. Maintenant ils sont majoritaires. Ils n’ont plus d’excuses.

Plusieurs ont hâte de voir si ce parti de droite, qui se dit favorable à moins d’État et moins d’impôts, possède ce qu’il faut pour stopper la spirale d’endettement et d’embonpoint du gouvernement. On le saura très bientôt.