Employés de l’ONU massacrés en Afghanistan

Le cauchemar empire

 

Différentes sources font état du massacre de sept ou huit membres de l’O.N.U. (dont apparement quatre ou cinq gardes népalais) par des Afghans au nord de la ville Mazar-i-Sharif. Deux de ces gardes ont été décapités.

Ce massacre a eu lieu lors de la manifestation ayant rassemblé environ 2.000 personnes aux portes du bâtiment de l’O.N.U. dans cette ville. Cette manifestation avait pour thème l’opposition à l’autodafé par un pasteur américain d’un exemplaire du Coran. Bien que la manifestation ait débuté pacifiquement, quelques manifestants se sont emparés des armes des gardes de l’O.N.U., ont fait feu sur la police et ont envahi le bâtiment. Ils y ont ensuite mis le feu et on a pu voir une épaisse fumée s’en échapper.

Il s’agit là de la pire attaque jamais enregistrée à l’encontre du personnel onusien, certaines sources (non-confirmées) reportant même que le chef de la Mission d’Assistance Militaire de l’O.N.U. serait sévèrement blessé. Le nombre de morts pourrait atteindre vingt, et au moins quatre manifestants auraient été tués.

Bien que le motif avancé soit l’autodafé d’un exemplaire du Coran par le pasteur Terry Jones, le 20 Mars, dans une petite église de Gainesville en Floride, il semble évident que cet incident ne soit pas la seule et unique cause de ces meurtres.

Nous ne parlons pas ici d’un événement se déroulant dans un sombre recoin taliban en Afghanistan, mais dans la quatrième plus grosse ville, comptant une population de près d’un demi-million d’habitants (voir emplacement « A » sur la carte ci-dessous).

Il s’agit ici d’une ville sainte – Mazari Sharif signifie « Sanctuaire Noble »-, une référence à la grande mosquée carrelée en bleu au centre de la ville et connue sous le nom de « Sanctuaire de Hazrat Ali » ou encore « Mosquée bleue ». Ce site abriterait la tombe d’ Ali ibn Abi Talib, le cousin et beau-fils du prophète Mohammed.

Bien que cette ville soit relativement prospère (aux normes afghanes) et bénéficie de l’argent provenant de la contrebande de drogues et d’armes à feu, les liens religieux y attirent pas mal d’agitateurs.

Mais le plus étonnant est la canalisation de la violence envers l’O.N.U. qui apporte son soutien à un vaste programme d’aide et de reconstruction dans la ville. Selon le Christian Science Monitor, l’explication tiendrait aux tensions croissantes et au ras-le-bol amenés par la présence internationale en Afghanistan.

Depuis quelques années en effet, les Afghans ont compris que la majorité de cette aide est détournée par les organismes d’aide eux-mêmes, dont les travailleurs sont payés rubis sur l’ongle et bénéficient de nombreux privilèges, alors que les travailleurs afghans sont peu payés, voire pas du tout.

La concentration de cette colère en direction de l’O.N.U. doit donc être comprise en ce sens, et est d’autant plus inquiétante dans une telle ville, ce qui nous interdit d’envisager que le reste du pays puisse jamais être considéré comme sûr pour les occidentaux.

Encore plus inquiétant: cette ville avait été désignée parmi les premières où la gestion de la sécurité devait être remise aux mains des populations locales. Si ce processus doit être retardé, alors tout le programme de désengagement devra être revu, y compris les plans de retrait d’Afghanistan qui dépendent du succès de l’application de ce programme.

Les Britaniques avaient prévu de réduire leurs troupes au sol en Afghanistan et de se retirer des combats en 2015. Suite au massacre à Mazar-i-Sharif, ce vœu attendra peut-être encore un peu plus longtemps avant de se concrétiser.

Repris d’EU Referendum.