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Avez-vous l’impression que l’économie est repartie de plus belle, que nous sommes en reprise

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Publié le 14 mars 2011
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Avez-vous l’impression que l’économie est repartie de plus belle ? Que nous sommes en reprise ? Si la réponse est non, vous n’êtes pas seuls. Aux États-Unis, au Canada et même ici au Québec, la reprise, ça veut surtout dire des emplois à temps partiel et moins bien payés.

Il s’est créé 8.000 emplois au Québec en février par rapport à janvier. Mais seulement grâce à des emplois à temps partiel. Nous avons perdu plus de 25.000 emplois à temps plein, et gagné 33.000 emplois à temps partiel. Pas toutes des McJobs, mais quand même.

Scénario identique au Canada. On a créé plus de 15.100 emplois au net en février. Mais là-dessus, 39.000 emplois à temps partiel de plus, et 23.800 emplois temps plein de moins. Plus d’emplois dans les soins de santé, l’assistance sociale et les restaurants, et moins dans les services aux entreprises. Le chômage demeure stable (autour de 8%), mais la qualité des emplois (et des salaires) se détériore.

On a l’impression que c’est le party au Canada, avec la surchauffe immobilière et la consommation effrénée à crédit. Pourtant, depuis 2008, le pays compte quelque 160.000 emplois de moins à temps plein. Depuis un an, plus de la moitié des emplois créés ont été des emplois à temps partiel.

Créez votre propre emploi

Les États-Unis ne font guère mieux. En février, le taux de chômage a plongé sous la barre des 9%, une première en deux ans. Mais là aussi, la majorité des emplois qui voient le jour sont temporaires, et mal payés.

Le National Employment Law Project, un organisme qui cherche à améliorer les conditions des travailleurs américains, a fouillé les chiffres du gouvernement pour savoir quel type d’emplois ont été perdus et créés de 2008 à 2010. Résultat : la grande majorité des emplois disparus sont ceux qui payaient entre $19,05 et $31,40. À l’opposé, la plupart des emplois créés payent entre $9,03 et $12,91.

Que font beaucoup de gens pour améliorer leur sort ? Ils deviennent ce que le Fiscal Times appelle des « entrepreneurs involontaires ». Le Times cite un rapport de la fondation Kauffman, qui montre que le nombre de ces travailleurs autonomes a crû, depuis deux ans, à son rythme le plus élevé en 15 ans aux États-Unis.

Et ce n’est pas parce que ces gens ont des idées de génie à vendre. C’est parce qu’ils n’ont pas le choix. Devant des perspectives d’emplois décevantes, ces hommes et femmes essaient de créer leur propre emploi. La part de travailleurs autonomes dans les travailleurs à temps partiel est passée de 33% à 41% entre 2007 et 2009, note Steven Hipple, un économiste du Bureau of Labor Statistics, cité par le Fiscal Times. Ces nouveaux consultants, pigistes et contractuels de toute sorte gagnent moins qu’avec leur ancien boulot. Et la grande majorité affirme que, s’ils travaillent à temps partiel, c’est parce qu’ils sont incapables de trouver assez de travail sur le marché.

La reprise est fragile. Elle se bâtit de plus en plus sur des emplois précaires. Pendant que ces mêmes travailleurs croulent sous les dettes, et que l’inflation – notamment le prix de l’essence et de la nourriture – réduit leur pouvoir d’achat de jour en jour.

Le consommateur américain, canadien ou québécois tire l’économie depuis des années. Mais il risque de se calmer dans les années qui viennent. Les gouvernements, qui préparent en ce moment leurs budgets, devront garder cette réalité en tête et se préparer à faire de réels efforts. Car cette reprise économique à temps partiel – cette McReprise – risque d’être insuffisante pour leur permettre d’équilibrer leurs finances publiques.

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Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Ça m’énerve toujours quand je lis « consommateur tire l’économie ». Depuis quand le passager tire-t-il le fiacre ?
    Depuis Keynes, ce dangereux malfaisant qui a remplacé le solide et vrai « l’offre crée l’offre » de Say par ce crétinisme : « la demande crée l’offre ». La pratique d’imprimer des billets pour nourrir la demande, avec l’idée que l’offre suivra, est la suite logique de Keynes, et ça conduit direct aux subprimes, à la crise.
    La reprise, c’est une construction nouvelle, et la construction ça démarre avec des échafaudages. Les boulots pas chers et pas solides sont forcément les premiers a voir le jour, ils constituent la première offre à partir de laquelle une offre plus vigoureuse naitra, suivant la loi (correcte) de Say.

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