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Salauds de riches !

Publié le 11 novembre 2010
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L’initiative socialiste en votation le 28 novembre s’intitule « Pour des impôts équitables » mais elle aurait mieux fait de s’appeler « Salauds de riches », un terme plus en phase avec son contenu – et qui aurait aussi l’avantage d’être un bon cri de ralliement.

L’initiative est un concentré des « valeurs » prônées par les socialistes:

  • stigmatisation d’une minorité;
  • spoliation légale;
  • égalitarisme forcené;
  • mépris de la souveraineté cantonale.

La seule chose qui me chagrine est le soutien populaire dont les sondages créditent l’initiative. Le peuple suisse serait-il devenu à ce point envieux du bien d’autrui? Croit-il que les déficits chroniques dont souffre l’administration à divers niveaux est plus la cause d’un manque de moyens que d’une gestion lamentable des deniers publics? Pense-t-il vraiment que la concurrence fiscale – celle-là même qui fait venir des entreprises en Suisse – est dommageable au pays? Ce n’est pas impossible, malheureusement…

200906_mouton.jpg

Viens ici sale bourgeois!

Hélas! Quitte à se laisser guider par la convoitise et la jalousie, les électeurs cédant aux sirènes démagogiques du Parti pourraient faire un mauvais calcul.

L’effet évident, mis en avant par les promoteurs de l’initiative: une imposition « minimale » des hauts revenus (plus de 250’000.- par an) et de la fortune (dès 2 millions de francs). Tout simple, n’est-ce-pas?

Mais les contribuables aisés ne seront pas les seuls à embarquer dans la galère fiscale.

Il est impensable d’avoir un « saut » du pourcentage d’imposition lorsqu’un contribuable touche la somme annuelle fatidique, saut qui encouragerait les contribuables à rester en deçà. Au bout du compte, avec un palier trop raide on établirait une sorte de salaire plafond (une idée qui ne serait pas pour déplaire à certains… mais qui aurait le défaut de ne pas augmenter les recette fiscales.) Plus prosaïquement, pour éviter une « cassure » dans la courbe de taxation de l’impôt, il faudrait revoir les barêmes dans leur intégralité pour les linéariser, y compris pour des revenus touchant moins de 250’000.- par an. L’initiative affecterait donc directement l’imposition de la classe moyenne. Mais bon, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs!

Deuxième écueil, l’attractivité de la Suisse. Ne nous leurrons pas: tous les sièges sociaux d’entreprise qui viennent s’installer sur les bords de la Limmat ne le font pas pour la beauté du paysage. La Suisse offre des avantages fiscaux intéressants pour tous. On a tort de comparer l’attractivité du canton de Saint-Gall avec celle du Valais; la partie ne se joue pas sur ce terrain là. Elle se joue entre Londres, Francfort, Vienne, Zurich. Et ce qui compte c’est moins le taux moyen que paye un contribuable lambda dans ces lieux que les meilleures conditions qu’il puisse obtenir. Appelez ça l’arbre qui cache la forêt, une plaquette de publicité, un argument marketing, qu’importe, c’est une réalité. Soyons honnêtes: si un financier talentueux décide de s’installer à Zoug plutôt qu’à Londres, ce n’est pas à cause de son opéra. C’est parce que Zoug offre à ce spécialiste une fiscalité avantageuse. Cela tient à peu de choses. Et si des raisons fiscales suffisent à faire venir des gens dans des cantons aussi humble que Zoug, elles suffisent aussi à les en faire repartir!

Certes, tous ne quitteront pas la Suisse, mais il y en aura immanquablement, oui. Or, qui déménagera dans ce cas? Un individu et sa famille ou… Une entreprise? Je ne sais pas pour vous, mais je ne connais pas beaucoup d’artisans à leur compte qui gagnent 250’000 francs par an! Les niveaux de salaire et de patrimoine visés par l’initiative se retrouve seulement au sein de sociétés de bonne taille et dans des postes hiérarchiques élevés. Les victimes de l’initiative sont des décideurs. Peu importe que les socialistes et bien d’autres les haïssent: ils décident, et ils pourraient bien décider de s’en aller, auquel cas ils ne partiraient pas seuls. Partiraient donc aussi leur chiffre d’affaire, les impôts versés par leur entreprise, les contributions sociales de leurs autres employés, leurs commandes auprès de leurs fournisseurs, l’argent qu’ils dépensaient sur place… Et n’oublions pas tous ces gens, ces entreprises, qui pourraient venir en Suisse mais qui renonceront. Cette population n’est pas dénombrable, peut-on pour autant proclamer qu’elle n’existe pas?

Finalement, on oublie un peu vite que toute la Suisse bénéficie des largesses des riches contribuables installés dans quelques cantons à travers la péréquation financière. Ce mécanisme de redistribution (largement dévoyé, mais c’est un autre débat) amène les cantons prospères à payer pour les cantons mal gérés. Or, à travers une prospérité acquise à travers sa politique fiscale, Zoug contribue autant aux finances confédérales que Genève, le purgatoire fiscal du bout du Léman!

1.png

Pour les initiants, tout va bien (ce sont les autres qui payent…)

2.png

.

…Mais leurs adversaires (dont le Département Fédérale des Finances) ne sont pas de cet avis.

Sans surprise, les positions des partis traduisent le traditionnel clivage gauche / droite. Pourtant, pour que même Pierre Veya du Temps estime que l’initiative socialiste « Pour des impôts équitables » soit un leurre politique et une mauvaise solution, il faut avoir enfoncé certains paliers! Mais peu importe. A gauche, on estime que l’initiative est bénéfique parce qu’elle affecte les riches, ces bourgeois, ces ennemis de classe qu’il faut punir, tondre, humilier et chasser, en habillant la manoeuvre de bons sentiments. Au sein d’une certaine droite, une vision utilitariste l’emporte: ce n’est qu’il serait légitime ou non de taxer davantage les contribuables aisés, c’est juste qu’en fin de compte, si on examine l’ensemble des facteurs, le peuple y perdrait financièrement.

Arguments recevables, mais incomplets.

Pour ma part, je pense que l’initiative est scandaleuse car la taxation d’une minorité n’est réclamée pour aucune autre raison que la convoitise du patrimoine dont elle dispose, le fameux adage « il faut prendre l’argent là où il est » propre aux socialistes. Tous ne fuiront pas, taxons-les, taxons-les encore!

Ce raisonnement de voleur justifie à lui seul, pour des raisons éthiques, mon rejet viscéral de cette initiative.

Article repris avec l’aimable autorisation de son auteur.

Voir les commentaires (7)

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  • Il y a en Suisse romande des milliers de contribuables qui gagnent plus de 250'000.- imposables et qui paient des impots cantonaux et communaux bien plus élevés que les 22% de l'initiative sur la tranche au-delà de 250'000.- (au alentours de 37%-39%) et pourtant, aucun d'entre eux n'est parti…

  • L'anti soviétique
    12 novembre 2010 at 16 h 50 min

    Et pouquoi pas des taux à la francaise pendant qu’on y est…..Avec tout les points négatifs que comporte le « modèle social « Francais …Ou la soviétisation du monde …..

  • Si les sociétés dans lesquelles nous vivons ont permis le succès de nombreux entrepreneurs, c'est parce que les conditions -cadre qui y règnaient étaient suffisamment bonnes pour qu'ils puissent prospérer. Les inégalités croissantes ainsi que la pression fiscale sur les moyens revenus sont une menace pour cette prospérité.

    La concentration des richesses dans les mains de quelques-uns crée de telles distortions dans le fonctionnement de nos sociétés que la majorité de la population ne peut plus même entreprendre quoi que ce soit !

  • On a GAGNE ! On a GAGNE !

  • Si il est effectivement navrant de voir le parti socialiste lancé de tels débats qui ne posent pas les vrais questions de fonds sur les problématiques financières de ce pays, il faut néanmoins arrêter avec le discours du  » si c’est pas chez nous ce sera ailleurs » et le spectre constamment agité des nantis étrangers fuyant le pays. En fait, sans politique du travail intelligente nous nous en remettons toujours plus aux investisseurs étrangers pour survivre.
    Ce discours simpliste qui consiste à combler le manque de vision politique par des ritournelles enfantines sont des plus navrantes. Cela ne fait que retarder la crash social de ce pays. Soyons honnêtes et disons franchement que le système qui nous a donner cette magnifique démocratie, non seulement par l’enrichissement de Suisses progressifs et ingénieux de l’époque mais aussi par le sang et la sueur de combats sociaux, montre sa limite expansive et le retour à une sélection naturelle des citoyens inévitable. Bon ou mauvais assurés c’est déjà la sélection de l’assurance maladie.
    Garder ce système, actuellement vacillant, par l’attrait fiscal n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois, une espèce de collaboration avec l’ennemi.
    Le peuple Suisse n’est pas envieux du bien d’autrui mais juste inquiet de sa démocratie qui lui avait promis du travail, de l’éducation, un service de santé sans ticket d’entrée , un toit et une retraite digne.
    Vous dites que le fameux adage « prendre l’argent là où il est » est propre aux socialiste et que ce  » raisonnement de voleur » justifie à lui seul, « pour des raisons éthiques », votre rejet viscéral de cette initiative.
    C’est la faire preuve de peu de mémoire historique car la Suisse ne serait peut-être pas ce qu’elle est sans ce fameux adage. Donc vous rejetez viscéralement, pour des raisons éthiques, notre raisonnement suisse qui nous a offert, avec si peu de territoire et matières premières,une si belle démocratie?
    Le serpent qui se mord la queue??

  • c’est vrai mesquineries et jalousies sont devenues deux mamelles tellement ressenties dans notre pays. On peut même dire en comparant les années passé,moins le peuple avait plus il semblait se contenter .On cherchait pas midi à 14 h les poux chez le voisin d’a coté bien que fémininement parlant on sait la jalousie possessive diablement vivace par certaines périodes mais elle n’était pas aussi tenace qu’aujourd’hui.Le travail prenait plus de temps,le virtuel n’existait pas non plus sauf la TV et pourquoi envier d’autres qui ont plus de toutes manières ils doivent payer plus d’impots ou ceux alors qui rêvaient de gagner plus en travaillant plus n’ont ils pas imaginé tout les frais qui iraient en augmentant surtout s’il y a des enfants.Mais on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre avec un divorce en plus y’ a de quoi ré-alimenter les sources de jalousie .

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