Vies ordinaires en Corée du Nord

Un monde à la Orwell raconté par des réfugiés

« Rien à envier au reste du monde », c’est la devise de la Corée du Nord. Et c’est un pays hermétiquement clos où la réalité ressemble à l’univers du 1984 de George Orwell, avait expliqué Barbara Demick en recevant en juillet le BBC Samuel Johnson Prize, prestigieux prix de non fiction en Grande-Bretagne, pour son livre Vies ordinaires en Corée du Nord.

Depuis des mois, des années, ce pays fait tristement l’actualité : articles, reportages, documentaires éclairent la difficile réalité d’un pays coupé du reste du monde. Mais, pour la première fois, un livre trace le portrait hallucinant de ce pays qui a sombré dans le chaos, de par la folie de ses dirigeants : Kim Il-Sung, disparu en 1994, et son fils, Kim Jong-Il, l’actuel président.

Barbara Demick livre dans Vies ordinaires en Corée du Nord – qui paraîtra en français le mois prochain chez Albin Michel un portrait saisissant du régime de Pyongyang vécu au jour le jour, au travers de témoignages poignants de réfugiés. Cette journaliste américaine, qui dirige aujourd’hui le bureau du Los Angeles Times à Pékin, a été basée à Séoul de 2001 à 2008 et s’est rendue à plusieurs reprises en Corée du Nord. Elle a rencontré en Chine et en Corée du Sud les réfugiés devenus les héros de son livre.

Barbara Demick dresse un épouvantable état des lieux : famines à répétition (un ou deux millions de victimes sur une population de 23 millions d’habitants), faillite totale de l’économie, de l’éducation, de la santé. Mais aussi propagande, censure, arbitraire. Un jeune couple, un orphelin, une ouvrière ou un médecin jadis idéaliste, ce sont ces vies ordinaires en Corée du Nord auxquelles ce livre bouleversant rend hommage pour sensibiliser l’opinion publique internationale. Comment survivre à l’intérieur ou survivre à la fuite et l’exil ?

Pas de chiffres ni de statistiques dans cette enquête mais des détails déchirants sur la vie quotidienne après six décennies de régime totalitaire. Une réalité tout simplement inhumaine qui fait toucher du doigt la souffrance de ce peuple.