Et si j’étais président de la Fed…

Publié Par Bill Bonner, le dans Monnaie et finance

Par Bill Bonner.

Fed NY-Alex(CC BY 2.0)

Fed NY-Alex(CC BY 2.0)

« Et si vous étiez nommé à la tête de la Fed ? Durant votre première semaine en poste, que feriez-vous ? »

La question n’était pas tout à fait sérieuse. La réponse non plus.

« Nous nous ferions porter pâle ».

Un retour à l’or comme politique monétaire de la Fed

La sécheresse, le grand âge, les embouteillages, la méchanceté, les boissons roses bonbon, le mauvais goût, le rap, les banlieues, le cancer, le gouvernement, la musique dans les restaurants, Facebook, l’obésité — beaucoup de choses ne vont pas dans le monde. La plupart d’entre elles ne sont pas facilement corrigées.

Certains problèmes, en revanche, pourraient être résolus du jour au lendemain. Les problèmes économiques et financiers, par exemple, se règlent d’eux-mêmes… à condition de les laisser faire.

Quasiment toutes les blessures macro-monétaires dont souffre le monde moderne sont auto-infligées. Les banques centrales et les Trésors du monde entier se tirent une balle dans le pied. Mais au lieu d’arrêter de manipuler le système… ils achètent une nouvelle paire de chaussures. Si le futur président américain nous nommait miraculeusement à la tête de la Fed, notre première action serait de poser le fusil.

Nous annoncerions qu’à partir de maintenant, quiconque attend la prochaine hausse des taux devrait attendre longtemps. Parce que nous ne décréterions aucune hausse… ni aucune baisse. Nous laisserions plutôt les taux s’occuper d’eux-mêmes. Les prêteurs et les emprunteurs fixeraient leurs propres taux.

Et si les banques avaient des problèmes ?

Ah… Nous nous occuperions de ça aussi. Nous soulignerions que la Fed ne leur prêterait plus, même en cas d’urgence. Notre annonce : « À toutes les banques qui se retrouveraient à court d’argent : allez vous faire voir ».

Ensuite, nous mettrions en vente l’intégralité du bilan de la Fed, les plus de 4 000 milliards de dollars d’obligations douteuses achetées ces huit dernières années. Nous enverrions des lettres de licenciement à tout le personnel… lui demandant de vider ses bureaux et lui indiquant qu’il devrait se chercher un travail honnête… ou essayer de trouver une place à Wall Street. Si nous en avions le pouvoir, nous irions même un peu plus loin : nous déclarerions que les Américains pourraient utiliser la devise de leur choix, que le dollar serait à nouveau échangeable contre une certaine quantité d’or et que le Trésor US accepterait toute devise majeure, y compris des bitcoins, en paiement des impôts.

Vous voyez combien ce serait facile ? Le gros du travail pourrait être accompli avant l’heure du déjeuner le premier lundi de notre entrée en fonction. Ensuite, nous nous échapperions discrètement par la porte de derrière… juste avant que la maréchaussée nous mette la main au collet, avec un peu de chance.

Un dollar solide

Pourtant, ces changements simples élimineraient la majeure partie des problèmes monétaires auxquels les États-Unis sont confrontés. Privée de carburant, la bulle de dette se dégonflerait. Les mauvais investissements, les mauvaises entreprises et les actifs surévalués perdraient eux aussi de l’air… et disparaîtraient.

Le dollar serait à nouveau solide. Il représenterait de la valeur réelle, pas de la richesse contrefaite. L’emprunt serait basé sur de l’épargne réelle, pas uniquement sur du crédit creux. Et avec seulement de rares capitaux à leur disposition (plutôt qu’une masse illimitée de crédit factice) les investisseurs et les entrepreneurs seraient plus prudents au sujet de leurs investissements. Ils mettraient ces capitaux au travail uniquement dans des projets augmentant la valeur réelle des actifs, plutôt que ceux qui ne font que transférer la richesse de l’économie réelle vers l’industrie financière.

Nous sommes tout prêt à l’admettre : ce serait difficile à avaler d’un coup. La plupart des gens n’ont pas la moindre idée du fonctionnement du système monétaire. Le crédit, c’est tout ce qu’ils connaissent. Et ils croient toujours que les grosses têtes de la Fed savent ce qu’elles font. Les journaux et les experts hurleraient à la lune. Des économistes respectables s’étoufferaient d’indignation. Des hordes se formeraient pour nous faire la peau. Ils diraient que notre programme est radical et irresponsable, inconscients du fait que c’est le système actuel qui est le plus radical, expérimental et irresponsable de l’histoire.

Nos propositions ramèneraient les États-Unis vers un système monétaire traditionnel et sensé. Les gens décideraient par eux-mêmes de la sorte d’argent qu’ils veulent utiliser… s’ils souhaitent l’épargner… ou le dépenser… et quel prix mettre s’ils décident de le prêter à quelqu’un.

Est-ce que ça fonctionnerait ?

Nous n’en savons rien, mais nous aimerions voir quelqu’un essayer.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

  1. Selon Pascal Salin, la monnaie fascine et l’on pourrait presque dire que les débats la concernant sont éternels. Ils sont en tout cas omniprésents à notre époque, et l’attention des financiers, aussi bien que du grand public et des hommes politiques, est continuellement focalisée, par exemple, sur ce qu’on appelle « la crise de l’euro », sur la politique monétaire américaine et le « quantitative easing », ou celle de la Banque centrale européenne (BCE) et sa politique à l’égard de la dette souveraine. Retrouvez son analyse sur le site de la Fondation pour l’innovation politique (http://urlz.fr/3dqI).

  2. On voit bien que l’or papier est manipulé à mort, alors comment éviter ce genre de dérive? Comment obliger les prêteurs à ne prêter que ce qu’ils ont réellement?

    1. obliger ? vous n’en avez pas marre ? tous nos problèmes financiers proviennent de bonnes intentions de ce genre, et vous en réclamez encore ?
      On ne peux pas obliger les gens à être fiables, et même les punir de ne pas les avoir été n’est pas très efficace (ça leur fait une belle jambe, la punition de Madoff, à ses victimes)

      1. Il me semble que l’arnaque est illégale. Obliger la personne à remplir son contrat est la base de la responsabilité et de ce fait, de la liberté.
        Après, s’il est stipulé sur le contrat qu’il peut y avoir des risques de défaut, chacun fait ce qu’il veut.
        Pour Madoff, je trouve la prison effectivement inutile. Il devrait être en train de travailler pour rembourser le plus possible ses victimes.

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