Adblockers : l’erreur persistante de la presse française

Publié Par h16, le dans Édito

Quelle ne fut pas ma surprise ces derniers jours lorsqu’en lisant les articles du Figaro, l’Express, le Monde ou d’autres, je me vis privé de petit article croustillant. En cause : mon bloqueur de publicités.

Oui, j’avoue : je n’aime pas des masses les publicités que ces sites m’imposent. Je ne parle pas des petits encarts discrets qu’on trouve éventuellement sur les bords des articles, et qui, ma foi, ne me gênent pas, mais plutôt des panneaux hargneux qui viennent s’afficher en plein écran avant l’article, qui déclenchent immédiatement musique et animation, et m’imposent pour se fermer de cliquer sur l’un ou l’autre bouton blanc sur fond blanc, jamais au même endroit, bien planqué dans un coin, le tout pour une marque de voiture ou d’après-shampoing dont je n’ai absolument rien à carrer.

gifa pfff whatever bored

Je passe sur les publicités qui se développent au cours de la lecture, repoussant la ligne qu’on est en train de lire hors de l’écran, et disparaissant après un temps, remontant alors dans un mouvement très agaçant ce qu’on était parvenu à retrouver en descendant l’ascenseur ; tout comme je n’évoquerai que très furtivement les petites vidéos généralement idiotes qui décident de se lancer toutes seules si la page est affichée trop longtemps, si la souris passe sur la zone vidéo ou n’importe quel autre événement.

Bref, pour me protéger de ces petites irritations du web, et, lorsque je suis sur téléphone, pour éviter un dépassement du forfait-données trop rapidement atteint par ces réclames encombrantes, j’avais installé un bloqueur de publicité.

Las, depuis quelques jours, certains journaux en ligne on décidé que ces bloqueurs nuisaient à leur survie financière et affichent un gros panneau bien gras pour obliger l’internaute à le désactiver.

Que voulez-vous, la presse française, pourtant fort subventionnée, n’arrive pas à boucler ses fins de mois sans larder ses articles de publicité. Dans son modèle d’affaire, elle semble prise au piège de deux sources uniques de financement : l’État, dont l’impartialité en termes d’informations se pose quelque peu, et les publicitaires, dont l’impartialité en termes d’informations se pose tout autant.

C’est apparemment un piège efficace puisque cette presse n’a envisagé aucune autre solution qu’interdire l’accès à ses articles pour les internautes munis de bloqueurs de publicités.

Et c’est parfaitement idiot. Pire, c’est même un élément supplémentaire pour hâter la disparition des médias de presse traditionnelle qui ne comprennent toujours pas pourquoi ils perdent des lecteurs, ni pourquoi ils vont continuer à en perdre jusqu’à ne plus intéresser personne. Autrement dit, la méthode choisie (vexer le lecteur) est une nouvelle pignouferie de la part de la presse.

pignouferies.jpg

Sur le plan marketing, il faut déjà admettre toute la bêtise de l’opération : culpabiliser un client (à coup d’enfant pauvre ou de chaton triste) marche déjà assez mal pour générer des dons et on voit mal une opération similaire fonctionner subitement alors qu’il s’agit pour l’écrasante majorité des articles d’aller lire la resucée maladroite d’une dépêche AFP mise en forme par un stagiaire.

Et de façon générale, le lecteur étant autant la cible des publicitaires que des journalistes, commencer par lui imposer un carcan est une fort mauvaise idée… Notamment parce qu’on montre ainsi n’avoir absolument pas compris pourquoi ce consommateur vient sur le site et qu’on ne fait rien, avec ce genre de gros pavé rouge, de floutage ou autre procédé similaire vexant, pour le faire rester et se sentir bienvenu.

Or, si le lecteur déboule sur tel ou tel article d’un site, c’est pour avoir une information qui, en pratique, existe un peu partout ailleurs, information dont le prix est, tout calcul fait, à peu près nul : si les chaînes d’informations ne la lui donnent pas, il l’obtiendra via Twitter, Facebook ou d’autres moyens pour un prix très proche de zéro. Pire : le changement de support (passer du Figolu à Labération) ne coûte qu’un effort très modéré sur la souris pour cliquer sur un autre lien.

Autrement dit, nos beaux journaux fournissent un produit de prix à peu près nul, et arrivent si peu à se démarquer les uns des autres que le lecteur peut changer de fournisseur sans l’ombre d’une hésitation.

journalism - demorand keep faking

Cette analyse devrait normalement imposer aux directeurs de ces publications une petite prise de recul, qui aboutirait soit à créer de la valeur en proposant une information trouvée nulle part ailleurs (le lecteur veut cette information-là), soit à différencier le packaging de façon suffisamment remarquable pour que le lecteur se focalise sur cette offre-là et pas une autre.

Et dans ce cas-là, oui, la publicité peut être imposée, ou, alternativement, un abonnement payant (« paywall ») peut être exigé. C’est ce que font quelques médias spécialisés, avec succès. Mais cela leur impose de fournir un contenu travaillé spécifiquement pour ceux qui payent…

L’alternative est de fournir une information de qualité, librement accessible, mais d’impliquer le lecteur au travers de dons. Ce modèle (celui de Contrepoints) impose mécaniquement un niveau d’exigences qu’on ne retrouve pas dans les journaux « gratuits » exclusivement financés par la publicité, et permet, comme le « paywall », de fidéliser le lecteur puisque le contenu produit est directement imposé par les choix du lecteur-payeur (ou du lecteur-donateur).

A contrario, la démarche observée ces derniers jours est particulièrement contre-productive, et vient s’ajouter aux remarques que je faisais il y a quelques années maintenant, à savoir que la presse était déjà en déclin marqué précisément parce que, confite dans ses subventions, elle n’avait plus cherché à s’adapter au lecteur mais plutôt aux meilleurs moyens d’obtenir subsides.

Et ces messages culpabilisants sont d’autant plus inutiles qu’ils sont très facilement contournables. Sur le plan technique, on peut citer quatre techniques qui permettent assez facilement de contourner les pitoyables tentatives de ces sites.

gifa - fail - facepalm

La première consiste à installer le greffon « NoScript » sur Firefox ou Chrome. Ceci interdira pour les pages de votre choix l’exécution de scripts, et donc ceux qui bloquent l’accès (partiellement ou totalement) à l’article à cause de votre logiciel anti-publicitaire.

La seconde, un peu plus complexe, demande d’installer un script spécifique. Cela se réalise en deux temps, dont le premier consiste à installer GreaseMonkey dans Firefox ou TamperMonkey dans Chrome, puis à installer un script adhoc (« Anti-Adblock Killer »).

La troisième est encore plus redoutable, puisqu’elle vous permet aussi de vous passer d’AdBlock et ses petits frères et consiste à rediriger tous les appels aux régies publicitaires vers votre propre machine, c’est-à-dire que votre ordinateur devient alors votre seul fournisseur de publicité, ce qui revient à les faire disparaître des pages. L’opération nécessite de mettre à jour votre fichier « host » (ce qui peut se faire de façon assistée grâce à l’archive fournie).

Enfin, en quatrième possibilité, notons qu’on peut toujours, en dernier ressort, atteindre tous les articles de cette presse tatillonne avec ses lecteurs en demandant plutôt le flux RSS. Le Figaro, Libération, L’Express, tous ont un flux pour pouvoir être indexé dans Google… Sans pubs.

En substance, la démarche vexatoire de la presse française risque bel et bien de se retourner contre elle, de façon définitive. En choisissant de pleurnicher et de jouer de la pignouferie, elle va pousser ses lecteurs à la détester encore un peu plus, ou à apprécier à sa juste valeur sa médiocrité croissante.

Sur le long terme, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

what could possibly go wrong 2 / forcément ça va marcher
—-
Sur le web

  1. Je ne suis pas sûr que le tir groupé de la majorité des sites contre les Adblockers ait l’effet escompté. Ils donnent l’impression d’un combat « sites d’informations » vs « Lecteurs », et c’est un combat perdu d’avance pour les sites. Je suis toujours étonné de l’incapacité des organisations et structures à s’adapter en France. Au lieu de comprendre les lecteurs et innover pour trouver des alternatives, ils s’entêtent dans un modèle dont plus personne ne veut.

    1. le plus drôle c’est encore que cette page a un bandeau de pub en tête, qu ine dérange ni moi ni mon adblocks xD

      1. et avec humour:
        div class= »wejusthavetoeatdontputusontheblacklistpleaaaaaase »

  2. En économie de marché, tout service a un prix. Soit vous payez un abonnement, soit vous donnez autre chose en échange. Quand le produit est gratuit, c’est vous qui êtes le produit.

    1. Le modèle de l’abonnement ne répond pas à la libre fixation du prix par le jeu de l’offre et de la demande. On peut estimer que la lecture d’un article vaut qu’on verse 10c, mais pas les 10 euros donnant droit à la lecture future de 99 autres articles encore non-écrits…

    2. En économie de marché, si un service ne vous plait pas ou vous impose des conditions qui ne vous plaisent pas vous vous en passez ou vous contournez les conditions susdites. Si le fournisseur du service veut vous garder comme client (ou comme produit) c’est à lui de s’adapter.

      1. JCB et Cerf D ,

        Certes , mais surtout , en économie de marché , la presse ni les TV ne sont subventionnés…e, règle générale , on dit que cela fausse la loi de la concurrence entre opérateurs et induit de l’effet d’aubaine …

        Si la presse n’était pas du tout subventionnée et qu’elle veuille mettre en place ces adloblocks , je n’aurais qu’à accepter ou partir voire ailleurs si l’herbe est plus verte …

        1. Si la presse n’était pas subventionnée et quelle choisisse d’empêcher la lecture de ses articles aux internautes utilisant un bloquer de publicité, il me resterait aussi les moyens cités par H16 pour contourner cela. En particulier la troisième solution.

    3. H16 a bien résumé le problème : la valeur intrinsèque de leurs articles « copier-coller » dans un marché saturé est quasi nulle. C’est marrant de voir Contrepoints donner des leçons de marketing à des grands groupes de presse. Les éditeurs sabotent leurs propres produits en les rendant inutilisables et en prenant l’internaute pour un cobaye, encourageant ainsi tout le monde à installer des filtres.

  3. Et la 5ème est de quitter le site aussitôt et de ne plus y retourner. C’est ce que j’ai fait depuis …

    1. c’est ce que j’ai fait.
      au pire , j’ai encore un vieux PC sous windows avec internet explorer ( pour pouvoir utiliser une p…. d’application !! ) sur mon bureau , donc si un article m’intéresse vraiment je peux supporter un peu de pub de temps en temps.

  4. Merci ! Je trouve déjà insupportable de devoir me taper les 2 tunnels, aussi pénibles qu’inutiles, qui tronçonnent les films ou les épisodes des séries sur certaines chaînes (je finis par tout voir en replay), mais si ça devient la même chose dans la presse en ligne (ils se sont d’ailleurs entendus pour nous imposer ce truc idiot le même jour), c’est plus la peine.
    L’autre problème vient aussi, au fond, de la mauvaise qualité des pubs dans leur ensemble : quand les marques ne nous agressent pas, elles nous parlent comme si nous étions des enfants de 6 ans. Il n’y a aucune remise en question, de ce côté-là, c’est fascinant de voir que ça n’a pas évolué depuis les années 1970…

    1. Ces industries d’un autre âge, seront vouées à mourir tôt ou tard, une fois qu’elles ne seront plus sous perfusion… Ce jour ne serait tarder.

      1. Ah ? Il y aura un nouveau président hostile aux subventions à la presse en 2017, peut-être ?

  5. Merci pour le tuyau NoScript, installé sur Firefox avec succès mais pas trouvé de version pour Chrome.

    Pour en revenir à l’article, bien vu, comme toujours. J’ajoute que cette initiative de la presse française risque de tuer un peu plus le mainstream ou middlestream au profit de sites carrément politisés (le FN en a toute une ribambelle) et complotistes.

    L’art de se tirer une balle dans le pied.

  6. Hier j ai quitté l article et changé de journal, je viens d installer no script, c’est formidable le coup de balai que cela a produit sur la présentation des articles, merci

    1. H16 a fait un résumé des méthodes de filtrage disponible. Le problème devient assez vite de gérer tout ces filtres. « No script » est assez violent mais en revanche permet de comprendre à quel point les gestionnaires des sites web se f… de notre gueule. Adblock a viré du côté obscure de la force en vendant des indulgences ou en installant ses propres moteurs de pubs. J’ai tout réinstallé avec ublock – et disconnect dont je ne suis pas sur qu’il soit indispensable, si on renforce le filtrage de ublock. L’important est que le filtrage des pages web est devenu une technologie à part entière qui progresse et s’adapte, et qu’en dernier ressort on peut très bien se passer de ceux qui parviennent à la contourner.

      1. Tu peux jeter ublock aussi, il est sur la même pente.

        1. Je parle de « Ublock Origin »

          Je ne suis pas allé lire les sources sur GitHub (https://github.com/gorhill/uBlock). Mais si tu penses qu’il faut déjà « forker » le projet et te propose de le faire …

          1. Origin est encore OK pour le moment. À surveiller quand même en permanence.

            1. J’ai entendu parler de privoxy récemment aussi. À tester…

              http://svtuxboxproject.pagesperso-orange.fr/svtuxboxproject/pub.html

              1. Merci pour le lien sur privoxy. Je suis en train de regarder ça. Je ne sais pas si c’est le bon produit, mais c’est surement la bonne approche : externaliser le filtrage. J’ai mis en place un firewall et un proxy Squid, mais Squid est surtout conçu pour servir de cache dans une entreprise et n’aborde pas correctement la problématique pour un usage personnel, en particulier pas sa réticence à casser le cryptage https pour analyser les flux.

                J’ai 3 soucis distinct :
                – limiter la pub intrusive et les multiples scripts qui mettent mon -mini- ordinateur à genoux –> facilement résolu par ublock origine par exemple
                – limiter le recueil d’informations sur ma personne – penser être totalement anonyme est assez illusoire à moins de sortir l’artillerie lourde (et encore). L’idée est que l’information recueillie par les sites n’est jamais protégée correctement (pour ne pas dire vendue à n’importe qui). Moins ils en savent, et plus on est en sécurité. Il faut les empêcher de croiser trop facilement l’information. Ayez déjà conscience que plus vous « bidouillez » votre config, plus votre signature sur le web est unique et donc vous désigne clairement …
                – sécuriser au maximum mon interface au réseau. Matériellement ça coute une cinquantaine d’euros pour avoir un pare-feu passerelle d’accès. (pour bien faire, faudrait un second pare-feu – autre que la box …) Le problème ensuite est d’avoir les bons logiciels et le bon paramétrage, mais baser la sécurité sur le navigateur ou l’ordinateur est de toutes manières une mauvaise approche : il faut séparer dans les fonctions application et sécurité à la fois pour le matériel et pour le fournisseur du logiciel – qui a toujours des intérêts à laisser quelques portes entre-ouvertes.

              2. Le problème est la maintenance des filtres. Contrairement aux pluggins pour navigateurs, on ne dispose pas de listes multiples et de mises à jour automatiques. L’utilisation est donc actuellement plutôt réservées aux « geeks ».

                Cependant, en utilisant le debug pour voir ce qui passe ou pas, et en taillant à la serpe dans tous les domaines de vampires des données personnelles (c’est un véritable massacre), ça me convient extrêmement bien. (J’ai shunté l’anti adblocker du parisien – il était bêtement dans le premier script js telechargé).

                Mais comme la guerre est déclarée, nul doute qu’on va voir apparaitre des solutions « clé en main » – genre Tor mais en plus light. Moi j’adopte le filtrage externe, car scanner les scripts est également gourmand en ressources, les pluggins parfois douteux et le navigateur rarement au dessus de tout soupçon.

  7. l’Equipe aussi s’y est mise bon j’arrêterai de consulter tous ces sites

  8. La question serait plutot, est ce que les journalistes français méritent d’être payé ? Quand on voit que des blogs font bien mieux en terme de qualité d’information, on en doute…

  9. Pierre Kirool (futur émigré)

    Quoi?! Comment?! La presse française voudrait que je me vautre dans l’over-ultra-méga-libéralisme et le capitalisme débridé poussé à son extrême?! Ça ne passera jamais par moi!

  10. Avis aux éditeurs de presse : vous avez fait une erreur (technique) en externalisant votre publicité et votre suivi analytique. Le problème vient du fait que vous avez perdu le contrôle techniquement en externalisant le contenu et les traitements : les pages sont incroyablement lourdes à charger, le timing non maitrisé (pages en attente de pub ou des trackers), mise en page imposée par les éléments externes … Si les pubs ou les scripts venaient simplement du domaine consulté, ils ne pourraient pas être filtrés et si vous aviez conservé la maitrise technique vous pourriez vous assurer qu’ils ne font pas fuir le lecteur.

    1. Sans parler des problèmes de sécurité lié à ces tierces parties.
      Encore récemment de grands sites ont propagé des crypto-ronçonneurs via des pubs corrompues.

      Noscript n’est vraiment pas user-friendly c’est certain mais il permet de se rendre compte de la quantité hallucinante de tierces parties convoquées sur de nombreuses pages. Régulièrement plus de 10 et, pas si rarement, presque 20.

      Il est clair que les webmasters doivent reprendre la main sur les sites et assumer, lorsque c’est le cas, leur modèle économique centré sur la diffusion de publicité, en hébergeant et en contrôlant cette dernière.

      1. « je me vis privé de petit article croustillant. En cause : mon bloqueur de publicités. »

        Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort – Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.

      2. « assumer, lorsque c’est le cas, leur modèle économique centré sur la diffusion de publicité, en hébergeant et en contrôlant cette dernière. »

        Techniquement, ils ne peuvent pas réellement héberger la pub puisqu’ils ne sont pas fournisseur du moteur de ciblage de la pub. Mais ils doivent la filtrer en la faisant transiter par leur site et en gérant eux-même l’affichage, ce qui représente des couts supplémentaires. Mais l’argent facile a ses limites et ils ont pulvérisé ces limites du fait de la faible valeur du contenu.

    2. @Pragmat : +1 ! J’ai installé adblock car j’en avais marre de voir que j’étais fliqué et que toutes mes visites sur le web donnaient lieu à des pubs orientées. Je passais sur un site de pièces auto, je recevais la pub de ces gens là, etc. Je ne supporte pas qu’on enregistre des données à mon insu pour en faire je ne sais quel usage. D’ailleurs j’ai viré le moteur de recherche leader pour prendre « qwant » qui a une démarche éthique dans ce domaine là. Et tant que les pubs seront externalisées et gérées par ces profileurs personnels, je garderai adblock, et ne remettrai plus les pieds sur les sites qui le détectent et lui ont déclaré la guerre. J’accepte les inconvénients que cela peut entrainer pour moi : puisque la guerre est déclarée, j’ai choisi mon camp, et bien sur je pense être du côté auquel appartiendra la victoire finale.

  11. Firefox, adblock plus et disconnect.
    Autoriser figaro.fr avec Noscript, mais bloquer f1g.fr.
    Et voila.
    Version papier avec pub sur t411.ch

  12. Je déplore autant que vous la médiocrité grandissante de la presse généraliste et son refus de vouloir s’adapter aux changements de nos sociétés. MAIS !

    Le vrai problème de fond c’est que l’on s’est habitué à la gratuité de l’information : tout le monde croit qu’elle nous est due en oubliant le travail qu’il y a derrière (même si du coup il y en a de moins en moins). C’est exactement comme télécharger des musiques ou des films, alors il ne faut pas non plus pleurnicher parce qu’une pub intrusive s’affiche quand vous voulez regarder le dernier blockbuster sur votre site de streaming : c’est chiant mais ça fait partie du jeu. De même le film sera certainement de mauvaise qualité, mais c’est GRATOS alors on ferme les yeux et SURTOUT, on sait que c’est notre faute, parce que si on voulait voir un film en bonne qualité on avait qu’à payer pour l’avoir.

    Alors voilà maintenant si vous êtes pas prêts à payer pour avoir l’information c’est normal qu’on vous file un service à la hauteur de notre investissement.

    1. h16h16 Auteur de l’article

      Désolé, mais la réalité vous contredit : l’information a maintenant un coût nul. C’est même pour cela qu’internet fonctionne si bien. C’est de l’économie de base.

      1. D’accord mais si on ne veut pas dépenser le moindre centime pour avoir de l’info il faudra se contenter de l’info bas de gamme que l’on a actuellement, c’est de la logique de base. Je vois mal comment les organes de presse pourraient trouver d’autres sources de financement si les consommateurs ne paient pas, si on veut leur enlever l’apport financier des entreprises (pubs) et que l’on critique l’apport financier de l’État par soucis d’impartialité.

        1. Les lecteurs seraient quand même bien bêtes de payer d’avance, sur la promesse d’une augmentation de la qualité des plus aléatoires et irréalistes. Contrepoints montre qu’en commençant au contraire par améliorer la qualité, les lecteurs satisfaits financent. Peut-être pas autant qu’on pourrait le souhaiter, mais quand même suffisamment pour valider le modèle…

          1. Effectivement si on tend vers une sorte de presse généraliste « spécialisée » dans la qualité, alors peut-être que ça générera suffisamment d’abonnements pour assurer la viabilité de l’organisme. Mais il faudrait déjà débloquer pas mal de fonds (qu’ils n’ont pas forcement) et si ça ne marche pas ça peut vite conduire à la faillite, d’où leur réticence à tenter ce modèle certainement. Après c’est sûr qu’il faudra bien qu’ils tentent quelque chose parce qu’à l’évidence ça ne peut pas continuer comme ça.

            Le problème c’est que les sources parallèles gratuites pomperont allégrement les contenus des articles payants dits de qualité. Ce sera moins bien écrit mais l’info sera là et beaucoup de lecteurs s’en contenteront je pense. A voir

            1. Vous oubliez une chose Albadacia : l’info ne naît pas spontanément dans les agences de presse et il n’y a aucune raison pour que ceux qui s’expriment sur du factuel communiquent avec ces agences plutôt que directement sur la toile.
              Enlever le mode 140 caractères de tweeter, ajoutez-y la facilité de poster facilement une vidéo en live et vous n’avez plus besoin d’agences de presse et vous avez 7 milliards de correspondants dans le monde entier.
              Pour ce qui est de l’analyse il n’y a déjà plus besoin de journaux, on trouve 100 fois mieux sur Internet.

              Actuellement les agences font payer ce qu’elles ont reçu gratuitement. Posez vous aussi la question du pourquoi avoir des correspondants dans des pays étrangers ?

              1. C’est aussi la porte ouverte à la désinformation totale, n’importe qui peut dire n’importe quoi et être relayé instantanément dans le monde entier. C’était encore le cas avec les attentats de Bruxelles où une vidéo tournait sur le net alors qu’il s’agissait des attentats de Moscou, et de toutes les rumeurs ou autres bêtises qu’on peut trouver ça et là. Les gens sont crédules, si l’on a plus de sources sûres sur lesquelles s’appuyer et que plus personne ne vérifie l’info ça fait surtout 7 milliards d’être humains potentiellement mal informés.
                L’intérêt des correspondants étrangers c’est que ce sont à priori des sources fiables qui, à défaut de créer l’information, peuvent au moins la vérifier ou la creuser davantage sur le terrain.

                1. Désinformation, propagation du n’importe-quoi, rumeurs et calomnies… Ces caractéristiques s’appliquent parfaitement à la bonne presse d’État animée par de compétents journalistes titulaires d’une carte de presse munie de tous les coups de tampons réglementaires.

                  Les gros media traditionnels font le métier de désinformer. Leur seule fonction est, à chaque article, de faire la publicité de l’État et de son intervention contre les individus, quel que soit le sujet.

                  Le libéralisme ? C’est le diable. AirBNB, Uber, Blablacar ? C’est de la concurrence déloyale, il faut réglementer. L’environnement, Gaïa, notre Mère ? On va tous mourir (sauf si l’État vous taxe et planifie l’économie). Du cheval dans les lasagnes ? Vite ! Une loi ! Les Bitcoins ? Une pyramide de Ponzi (que l’État devrait réguler, bien entendu). Le chômage, la crise ? Seule une nouvelle tartine de législation nous en sortira. On peut multiplier les exemples à l’infini.

                  Les journalistes sont les descendants des prêtres. Comme les prêtres, leur seule fonction est de noircir les initiatives des individus tout en maquillant l’oppression de État comme quelque chose de nécessaire, voire quelque chose de sublime. Ils fonctionnent en symbiose avec l’État. L’État les nourrit en nous volant, et eux présentent l’État comme le sauveur.

                2. Abaldacia, vous pourriez faire l’effort de réfléchir un peu ?
                  Pourquoi croyez vous que sur ebay, amazon etc.. des gens arrivent à acheter des produits sans connaître leur interlocuteur et en les payant d’avance ?
                  Ca s’appelle la réputation.. et tenez vous bien y a même des gens qui montent dans des voitures de gens qu’ils ne connaissent pas et dont ils n’ont même pas le casier judiciaire… si si (blablacar)

                  Ca y est, capiche ou faut-il que je détaille ?

                  Accessoirement j’ai bien ri à vous lire parler du système actuel de type 1 à n alors qu’un système m à n ne peut être que plus fiable…

      2. il y a information et information

        1. « Si un chiffre, même faux, attire l’attention sur un problème réel, fait progresser la cause, où est le mal ? »
          ——— Daniel Schneidermann — Journaliste à Libération —- 21 février 2016

          http://www.liberation.fr/chroniques/2016/02/21/investigation-mentir-utile_1434903

  13. Super les astuces ! Merci

  14. Plutôt qu’adblock qui devient franchement douteux je vous conseille « ublock origin », le petit nouveau qui monte.

    1. Merci pour le tuyau, Ilmryn

    2. Haha grâce à ces [modéré] du monde, j’ai pu découvrir ublock en remplacement de adblock ! Merci !

  15. Ca m’est arrivé récemment aussi. J’utilise AddBlock
    Suivant votre conseil j’ai ajouté NoScript sur Firefox, donc je me passe de leur intervention
    Mais… effectivement, « ils » sont vraiment nuls. !!
    Je regarde tout simplement ailleurs « leurs » informations.
    A part que ce soit pitoyable… que dire !!

  16. J’utilise la technique du fichier host depuis des années…c’est tout simplement la meilleure méthode même si elle nécessite quelques connaissances techniques (je suis sur Mac et mon fichier ce met à jour toutes les semaines via crontab).
    Mais surtout, désactiver les pubs permet d’augmenter DRASTIQUEMENT les performances de son computer, et oui le temps CPU est utilisé uniquement pout le site web, plus pour les Pubs 🙂
    Merci de pour cet excellent article !

  17. Je suis tombé récemment sur le même problème sur le site de l’Express.

    Solution simple désormais : le boycott. Je recherche dans Google tout titre intéressant dont je vois qu’il mène vers l’Express, et comme dit dans l’article, je tombe systématiquement sur 23 bazilliards d’articles similaires, sans pubs, qui me permettent d’avoir mon information sans gratifier l’Express d’une vue supplémentaire sur sa page.

    Le plus paradoxal là-dedans, c’est que le visiteur venant sur la page et qui finit par la fermer car il ne veut pas désactiver son bloqueur de pubs, ou ne sait pas le faire parce que c’est tonton Marcel qui bosse dans l’informatique qui l’a installé, apportera une vue sur la page et leur permettra donc de se vanter d’un nombre de visites fantaisiste.

    Je ne doute pas que cela aura un impact non négligeable, au final, grâce à la (maigre) population qui regarde quel site propose ce lien super intéressant sur son mur Facebook avant de cliquer dessus. Mais ils auront, dans tous les cas, perdu des lecteurs. En revanche, j’ai peur d’une certaine caste non initiée aux joies de l’informatique qui penseront que l’article n’étant pas lisible en ligne, il serait mieux d’acheter la version papier (qui évidemment ne le contient pas), beaucoup plus rentable.

  18. Dernière option pour accéder à l’info : le F12 du navigateur (dans Chrome en tout cas) permet de retrouver dans le code l’élément bloquant sur la page, en le sélectionnant très facilement. A partir de là, la touche « Suppr » et c’est gagné. Pour le figaro (et son système de floutage), il m’a fallu juste modifié une petite valeur dans le code. Rien de bien compliqué donc.

    Et je souscris 100% à l’article, et je n’éhésite pas à « chambrer » ladite « presse » quand elle s’imagine me bloquer un tel accès. En lui rappelant notamment qu’elle déjà subventionnée, et qu’en l’occurence, la presse française, ce sont mes sous…

  19. UBlock Origin permet de bloquer les bloqueurs de bloqueurs !

    Et je suis quand même abonné à certains médias, tout en ayant arrêté des abonnements à ceux qui prennent leurs lecteurs pour des c…. Par exemple, Médiapart sur la COP21 et Le Point qui a illustré la manifestation du 12 mars (celle de la CFDT) avec une photos de celle du 9 mars (celle des autres syndicats où il y avait nettement plus de monde). On peut être « pour » ou « contre » la loi travail, mais on ne peut pas désinformer sur les chiffres des manifestations.

    J’en profite pour remercier Contrepoints, « le nivellement par le haut ».

  20. Personnellement j’ai un blog et mes pubs me permettent de payer mon hébergement du site et mon matériel. C’est pas grand chose mais ça aide 🙂
    Suite à ce ramdam médiatique, et ça fait un moment que j’y pense, j’ai cherché un système de dons.
    Je suis tombé sur cette chouette initiative http://www.obop.co/
    C’est une plateforme mutualisée, donc un seul abonnement pour les visiteurs, et ils peuvent visitez tous les sites associés sans pubs. Apres contact avec eux, on peut faire comme on veut, je n’a pas besoin d’avoir de la pub sur le blog pour l’utiliser. Je vais donc l’utiliser comme un système de dons, et parfois mettre quelques articles seulement visible pour mes abonnés 🙂
    Je rejoint votre point de vue, je mise sur la pertinence de mes articles et la fidélité de mes lectrices 🙂

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