On achève bien les jeunes

Publié Par GenerationLibre, le dans Lecture

Un article de Génération Libre

Bernard Spitz on achève bien les jeunesChaque enfant porte 30 000 euros de dette publique à la naissance. C’est avec ce chiffre stupéfiant que Bernard Spitz, maître des requêtes au Conseil d’État et président de la fédération française des sociétés d’assurance, commence son essai, paru aux éditions Grasset en septembre dernier, consacré à la situation des jeunes dans la France d’aujourd’hui. Grande oubliée des politiques, la jeunesse française est devenue la variable d’ajustement de la société française, victime d’un système éducatif contre-productif, d’un marché du travail hostile, d’une insécurité sociale grandissante et d’une fiscalité inéquitable. Rappelant que « les jeunes de ce pays sont notre force vive », Bernard Spitz en appelle à un aggiornamento politique pour retrouver une dynamique au service des jeunes et de la France de demain.

L’accroissement des inégalités inter et intragénérationnelles

Depuis les années 1960, la baisse de la natalité et le ralentissement de l’immigration ont rendu le vieillissement global de la population inéluctable. En 2060, un Français sur trois aura plus de 60 ans. Incapable d’anticiper ce vieillissement pourtant annoncé, la France se retrouve aujourd’hui dans une situation conflictuelle : « d’un côté, plus de vieux coûtant plus cher et qui n’ont pas assez cotisé lorsqu’ils étaient dans la vie active pour financer leurs retraites. De l’autre, moins de jeunes, déjà alourdis du poids de la dette et des engagements pris par leurs aînés pour les trente prochaines années ».

L’iniquité générationnelle est, au regard des chiffres, flagrante. Alors que le patrimoine net médian des moins de 30 ans est de 7 200 euros, il environne les 211 000 euros pour les sexagénaires. Si l’héritage permettait à l’époque aux jeunes ménages trentenaires qui en étaient les bénéficiaires de s’installer, l’allongement de la durée de vie ne lui permet plus de jouer ce rôle aujourd’hui.

De plus en plus touchés par la précarité, 13% des 18-29 ans vit sous le seuil de pauvreté. Une dégradation de la situation des jeunes qui se manifeste principalement dans l’enseignement supérieur, sur le marché du travail et au regard de la fiscalité.

Emploi : « génération galère »

150 000 jeunes, soit un jeune sur cinq, sortent chaque année du système scolaire sans qualification : le résultat d’une politique « anti-sélection », déconnectée de la demande réelle du marché du travail. Faute de vouloir introduire une sélection raisonnée dans les universités, les facs se retrouvent de facto submergées et le taux d’échec en première année atteint 48%. Ceux qui parviennent à obtenir un diplôme ne sont pas au bout de leurs peines : l’accès au marché du travail s’est considérablement complexifié et acquérir un poste stable constitue, pour beaucoup, un véritable parcours du combattant.

Un chiffre, particulièrement, retient l’attention : alors que le chômage concerne 10% de la population française, il touche 24% des jeunes, soit trois fois plus qu’en Allemagne par exemple. « La preuve de la préférence française pour le chômage des jeunes » selon Bernard Spitz. Face à un marché du travail divisé entre « insiders » protégés et « outsiders » précaires, aucune mesure ne parvient à briser cette dualité. De plus, la « préférence collective pour les acteurs déjà en place vaut pour les salariés, mais aussi pour les indépendants ». Le statut extrêmement protecteur du CDI et le poids des professions réglementées nuisent à l’emploi en général.

À l’heure où les jeunes représentent 40% de la main d’œuvre potentielle, il est urgent de repenser dans sa globalité le monde du travail. « Les jeunes ont quelque chose à nous apprendre sur la gestion de projet, sur l’intégration efficiente du numérique et des nouvelles technologies ou encore sur l’équilibre entre vie publique et vie privée ».

Le « casse du siècle »

À l‘écart du marché du travail, les jeunes ont également été victimes des choix collectifs des dernières décennies. « Ce véritable hold-up générationnel laisse aujourd’hui un trou abyssal dans les caisses publiques : 2 000 milliards d’euros de dette souveraine, soit 95% du PIB ». La dette publique pesait 20% du PIB en 1980.

« À cause de notre choix d’un État toujours plus lourd, plus dépensier, nous laissons à nos enfants, qui prendront leur retraite à 65 ou 67 ans, un pays endetté, un niveau de chômage insupportable et un potentiel de croissance plus faible que jamais », résumait le gouverneur de la Banque de France en mai 2015.

Si l’endettement public est justifié lorsqu’il s’agit d’investir pour l’avenir, il est difficile de légitimer les 80% de hausse des dépenses publiques, sur la période 1996-2006, liées aux dépenses de transferts et de fonctionnement. Or si l’endettement pour le fonctionnement et non l’investissement se fait aux dépens de la jeunesse, il en sera de même concernant le désendettement.

Pour une « nouvelle alliance » entre générations

À la veille des prochaines élections présidentielles, et à l’heure où « le principal parti des jeunes est celui de l’abstention », il est urgent de leur redonner leur place dans le contrat social. « Réformes des savoirs, du travail, des comptes publics et sociaux, de la vie citoyenne : voilà les quatre côtés du carré magique qui pourrait sceller cette Nouvelle Alliance entre générations ». Un programme ambitieux à méditer à la veille des primaires présidentielles.

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  1. Pierre Kirool (futur émigré)

    Constat alarmant fait à maintes reprises.

    Malheureusement, je suis convaincu qu’il est trop tard. Le chômage des jeunes a toujours été problématique en France et ça fait près de 15 ans (donc bien avant la crise des subprimes qui ne saurait expliquée le chômage des jeunes) qu’il se situe entre 15 et 25%.

    Une grande partie de ma génération qui arrive sur ses trente ans n’a connu que les joies du chômage de longue durée et celles de l’accumulation des petits boulots temporaires dans lesquels vous n’acquérez aucune connaissance ou compétence utile et monnayable par la suite.

    Ajoutez à cela, le fait qu’elle soit confrontée à un monde du travail ouvertement hostile à la jeunesse dans lequel il vous faut justifier d’une expérience que vous ne pouvez pas avoir, dans lequel il vous faut avoir passé 40 ans pour avoir des responsabilités et dans lequel chaque « vieux » sait bien, grâce à des articles écrits par des « vieux » pour des « vieux » paraissant tous les quatre matins, que le fameuse génération Y est composée uniquement de parfaits connards qui ne veulent pas s’intégrer ; et vous commencez seulement à toucher du doigt le problème qui se pose aux jeunes d’aujourd’hui au niveau global de la société française et pas seulement au niveau du monde du travail (je rappellerais juste qu’un jeune sans situation professionnelle stable, c-à-d en CDI, ne peut pas faire autrement que d’avoir le caution de Papa-Maman pour se loger, ce qui passé la vingtaine est infantilisant et humiliant comme de s’entendre rappeler systématiquement qu’on n’est pas expérimenté).

    Personnellement, j’ai atteins un point de non retour et décidé d’émigrer loin, très loin quand après avoir remué ciel et terre, on m’a fait comprendre à deux reprises entre les lignes que je ne pouvais plus prétendre à un travail un tantinet ambitieux parce que trop de chômage accumulé (trop c’est à partir de 6 mois) et TROP DE JOBS ALIMENTAIRES ACCUMULES (oui, oui! travailler en France n’est manifestement pas assez sexy pour les recruteurs et vous ferme des portes). Je n’aurai qu’un regret celui de ne pas l’avoir fait plutôt et de mettre obstiné à vouloir travailler en France. J’ai littéralement gâché plusieurs années de ma vie.

    Je sais pas si les « vieux » se rendent compte à quel point cette situation créée de la désespérance et un sentiment de « no futur », surtout quand on voit vos amis dans la même « panade » et vos pères et oncles qui finissent leur carrière au chômage.

    Par ailleurs, ma génération sait pertinemment que si elle arrive à créer un peu de croissance avec le lourd carcan français et sa peur panique du futur (cf les nombreux débats hystériques sur, au hasard, les OGM et Uber) ça ne sera pas pour son propre bénéfice mais ce sera pour combler la dette publique et les déficits des organismes sociaux (c-à-d payer les retraites et la santé des « vieux »). Elle sait qu’on attend d’elle qu’elle paie les nombreuses factures laissées par les « vieux », mais pas qu’on compte sur elle pour contribuer à la construction du futur de la France. Elle sent bien qu’elle n’est pas l’avenir.

    Tout ça pour vous dire à l’instar d’un contributeur bien connu que ce pays est foutu. Car un pays qui ne croit pas en sa jeunesse n’a pas d’avenir mais surtout parce qu’il ne peut ne pas y avoir de conséquence politique à tout ça. J’aime autant vous dire que le contexte politique de ces prochaines années risque d’être, comment dire…rock’n’roll avec un FN qui fait ses meilleurs scores chez les jeunes (et qui est le seul parti à mettre en avant des jeunes, la Marine elle a tout compris…). De plus, il n’est pas à exclure qu’un bon gros parti communiste du genre Podemos ou Syriza fasse son apparition dans les années 2020. Quoiqu’il en soit, si je pars, entre mille autres raisons, c’est parce qu’aussi je n’ai pas envie d’assister à cela.

    1. Vous vous trompez de cible, le monde du travail n’est pas hostile à la jeunesse, il est hostile au risque et à l’inconnu, à cause du droit du travail en France. Si vous ne voulez pas créer votre entreprise en France, ne voyez-vous pas que ceux qui ont la responsabilité d’en faire vivre une ont exactement les difficultés qui vous rebutent, et eux n’ont pas la porte de sortie d’aller repartir de zéro ailleurs ? Même s’il n’y a que 5% de jeunes arrogants fainéants et incapables, ne voyez-vous pas que celui qui embauche ne peut pas prendre le risque, parce que une fois embauché, le jeune en question restera un handicap éternel pour la boite ?
      Les solutions ne dépendent pas uniquement des jeunes, mais en partie certainement : il leur faut admettre et défendre la sélection et trouver moyen d’offrir des garanties, marginaliser et dénoncer les brebis galeuses, désavouer les manifestations et les leaders étudiants politisés, et surtout accepter de rejeter le clivage lutte des classes.
      Quand vous dites que le monde du travail est hostile à la jeunesse, vous creusez votre propre tombe, car vous le traitez de raciste au lieu de chercher un terrain d’entente gagnant-gagnant avec lui. Ce faisant, vous montrez votre incapacité à vous intéresser à la bonne marche de l’entreprise qui pourrait devenir la vôtre, votre refus de chercher à approfondir et résoudre les problèmes, et vos préjugés. Vous montrez que vous êtes exactement ce qu’on ne veut pas embaucher : un risque.

      Il y a deux manières d’en sortir, 1) on modifie le droit du travail pour que le risque induit par une brebis galeuse soit minime, ou 2) les brebis saines expulsent elles-mêmes les brebis galeuses du troupeau. Le problème en France est qu’aucune des deux options (cumulables) ne trouve de soutien nulle part.

      1. Pierre Kirool (futur émigré)

        « Vous vous trompez de cible, le monde du travail n’est pas hostile à la jeunesse, il est hostile au risque et à l’inconnu, à cause du droit du travail en France. Si vous ne voulez pas créer votre entreprise en France, ne voyez-vous pas que ceux qui ont la responsabilité d’en faire vivre une ont exactement les difficultés qui vous rebutent, et eux n’ont pas la porte de sortie d’aller repartir de zéro ailleurs ? Même s’il n’y a que 5% de jeunes arrogants fainéants et incapables, ne voyez-vous pas que celui qui embauche ne peut pas prendre le risque, parce que une fois embauché, le jeune en question restera un handicap éternel pour la boite ? »

        Quand je dis hostile à la jeunesse vous aurez remarqué que je reprends les termes de l’article et quand je parle du monde du travail ce n’est pour moi pas la même chose que monde de l’entreprise.

        Vous dites hostile au risque et à l’inconnu. On est bien d’accord le monde du travail est hostile aux jeunes, aux plus de 50 ans, aux immigrés, aux français issus de l’immigration, aux gens qui ne sont pas sortis de la bonne école réputée etc…puisqu’il ne voit dans ces populations qu’il ne connait pas que des facteurs de risques et de problèmes. Je ne crois pas que l’on puisse dire que le recrutement d’un jeune soit objectivement plus risqué que celui d’un sénior en terme d’intégration.

        Ne pensez-vous pas qu’une bonne part de ces risques ressentis est liée à beaucoup de fantasme nourri par des préjugés (cf ma référence aux nombreux articles qui dénigrent totalement la génération Y)? Et en définitive, le droit du travail n’est-il pas là pour se prémunir de la concurrence des nouveaux entrants (dont les jeunes), donc d’un risque? Est-ce qu’on a pondu cette législation ahurissante pour se prémunir d’un risque ou est-ce cette législation qui engendre du risque?

        Je comprend très bien que le code du travail puisse être à l’origine de chômage mais je trouve fallacieux de dire qu’il explique le différentiel de x2,5 entre le taux de chômage des jeunes et celui du chômage global. Sauf si les règles de recrutement et de licenciement sont encore plus drastiques concernant les jeunes, ce qui n’est pas le cas.

        Dès lors, je crois que le différentiel s’explique par un biais anti-jeune au sein de la société française, ce qui est le sens de mon commentaire. J’ai un peu voyagé (certes je n’ai pas fait le tour du monde) et j’ai l’impression que la « question jeune » n’est jamais aussi aigüe à l’étranger qu’en France. D’ailleurs, la notion de jeunesse n’existe même pas dans beaucoup de pays. On parle de mineur et de majeur, mais en France c’est comme si on considérait qu’il y a un passage part un stade d’adulte « pas fini ».

        Une autre chose que j’ai essayé de dire dans mon commentaire, c’est qu’en France, on voit des risques partout, jamais un potentiel. Et parfois, je me dis que tous les problèmes de la France vient de là : le Français moyen qu’il soit salarié, syndicaliste, politique ou patron exècre le risque. Alors je sais que je suis jeune et que je connais rien à la vie, mais j’ai quand même l’impression qu’une aversion au risque aussi forte ne peut-être qu’un frein au succès de toute entreprise et qu’on obtient rien d’ambitieux sans risque.

        Alors hostile au risque et à l’inconnu à cause du code du travail vous dites, j’ai des doutes mais j’aimerais croire que ce soit aussi simple.

        « Les solutions ne dépendent pas uniquement des jeunes, mais en partie certainement : il leur faut admettre et défendre la sélection et trouver moyen d’offrir des garanties, marginaliser et dénoncer les brebis galeuses, désavouer les manifestations et les leaders étudiants politisés, et surtout accepter de rejeter le clivage lutte des classes. »

        Je suis entièrement d’accord avec vous. Je vous ferais remarquer que les étudiants politisés de l’UNEF et consorts sont aussi représentatifs des jeunes que les syndicats le sont des travailleurs ou le MEDEF du patronat… Il n’y a pas plus de jeunes à défendre le principe de non sélection et d’une lutte des classes que dans le reste de la population. Je vous avouerais que je n’ai aucune sympathie pour les jeunes qui le font.

        « Quand vous dites que le monde du travail est hostile à la jeunesse, vous creusez votre propre tombe, car vous le traitez de raciste au lieu de chercher un terrain d’entente gagnant-gagnant avec lui. Ce faisant, vous montrez votre incapacité à vous intéresser à la bonne marche de l’entreprise qui pourrait devenir la vôtre, votre refus de chercher à approfondir et résoudre les problèmes, et vos préjugés. Vous montrez que vous êtes exactement ce qu’on ne veut pas embaucher : un risque. »

        On en revient à « le jeune pose problème ». C’est le jeune qui traite le monde du travail de raciste, il ne s’intéresse pas au monde du travail, ne cherche pas à résoudre les problèmes et à des préjugés. Le terrain d’entente gagnant-gagnant, je ne demande que ça, je ne prétend à rien d’autres qu’à travailler et à avoir la possibilité de démontrer quelque chose. Point. Seulement fin de non-recevoir systématique.

        Dans ces conditions, je n’ai pas d’autre choix que d’aller voir ailleurs, peut-être que je me trompe et j’irai vérifier par moi-même mais j’ai l’impression que la mentalité fait une grande différence et que dans le monde anglo-saxon si les règles sont plus souples c’est aussi parce qu’on préfère voir dans les jeunes, les immigrés et les quinquas des ressources plutôt que des coûts, des potentiels plutôt que des risques et des solutions plutôt que des problèmes.

        1. Il y a beaucoup de choses vraies dans ce que vous dites, mais aussi beaucoup de relations de cause à effet que vous n’analysez pas. Par exemple, voir une ressource plutôt qu’un coût : si j’embauche un petit jeune dont je ne sais que ce qu’il a bien voulu me dire, je peux gagner 100 kE s’il est effectivement bon, et perdre 60 kE s’il est mauvais et qu’il a simulé. Mais, différence avec l’étranger, si je gagne 100 kE, le fisc va m’en prendre 70, il m’en restera 30. Le choix devient clair : je prends plutôt la personne expérimentée dont je peux savoir qu’elle ne me fera a priori rien perdre, quitte à ne gagner que 30 dont il me restera 10. Il n’y a pas de préjugé là dedans contre le jeune, il y a un préjugé pour la personne facile à évaluer et une bête optimisation biaisée par les prélèvements. J’ajoute que si le jeune me fait gagner 100, je vais avoir des problèmes avec tous les vieux déjà dans la boite qui ne me font gagner que 30, pour bien plus cher que les 20 de différence nette au final, et je risque qu’il aille valoriser son potentiel ailleurs dès qu’il aura un poil d’expérience chez moi.
          Au-delà de ces aspects coût, il y a sans doute effectivement le côté « pas fini ». Pas assez d’apprentissage, de formation au travail en équipes hétérogènes, ou à l’acceptation de cultures existantes quand bien même elles ne correspondraient pas à l’organisation enseignée comme optimale. J’ai la très nette impression que dépaysés à l’étranger, les candidats à l’embauche y montrent plus d’humilité que quand ils arrivent chez un nouvel employeur en France… En tout cas, je peux vous garantir que pour certains, un peu plus d’ouverture d’esprit à l’existant et de curiosité intellectuelle ferait un bien fou à la réputation de la classe d’âge !
          Enfin, les chiffres du chômage des jeunes sont souvent mal interprétés, car ils concernent ceux qui ne poursuivent pas d’études. Dans les autres tranches d’âge, ça concerne tout le monde. Donc le biais anti-jeunes est certainement très exagéré par les statistiques.

          1. Pierre Kirool (futur émigré)

            Ok, bien compris la poids d’imposition dans le recrutement.

            Par contre pas d’accord concernant votre commentaire sur le taux de chômage. La définition d’actif est une personne qui occupe une activité professionnelle ou est à la recherche active d’un travail. Ce qui suppose d’exclure les étudiants et dès lors pas d’arnaque dans le calcul du taux de chômage des jeunes.

            Il est faux de dire qu’un jeune sur quatre est au chômage comme il est faux de dire qu’un Français sur dix est au chômage. Sur les autres tranches d’âge, ça ne concerne absolument pas tout le monde, vous vous trompez.

            Seulement les travailleurs et ceux en recherche de travail. Soyez cohérent. Exit des actifs les femmes au foyer, les personnes qui interrompent leur activité pour faire une formation, reprendre des études ou pour tout un tas d’autres projets. Sinon à ce compte là on aurait un taux de plein emploi en France.

            Le taux de chômage des jeunes actifs est bien 2,5 fois plus élevé que le taux chômage des actifs français.

            De toute façon, pour avoir une idée du nombre de jeunes sans travail par contrainte, il faudrait rajouter bon nombre de jeunes qui rempilent pour un master ou un DUT quelconque pour retarder d’un an ou deux leur arriver sur le marché, parfois même après être passé par la case chômage, les jeunes en stage (je crois pas que les stagiaires soient considérés comme des actifs), les jeunes en services civiques, ceux au RSA qui n’apparaissent pas dans les données de Pôle Emploi.

            De la même manière, le taux de chômage en France est de 14% si on inclut les DOM-TOM et toutes les catégories de Pôle Emploi, taux auquel il faut rajouter les personnes en RSA n’y apparaissant pas, celle en formation ou en stage cache misère, plus celle qui ont été enlevées des statistiques par radiation. Certains spécialistes affirment que le taux de chômage serait plus proche de 17%.

            Là aussi faut être cohérent. Si on crie au scandale sur les 500 000 formations de Hollande, il faut aussi crier au scandale sur le fait qu’un grand nombre de jeunes est en stage ou service civique parce qu’ils n’ont pas trouvé de travail et acceptent cela parce qu’ils veulent éviter d’avoir trop de trous dans leur parcours (ce qui en France vous condamne).

            1. Le taux d’emploi pour la tranche d’âge 15-24 ans est de 28.4% en France, et de 32.5 en moyenne dans l’UE, contre 64.3 et 64.9 pour l’ensemble (Eurostat 15/7/2015). Il est de 20.4 au Luxembourg et de 15.6 en Italie. Ca n’est pas un indicateur très significatif, il est plus qualitatif que quantitatif. Il traduit aussi un dégoût typiquement français des métiers manuels et effectivement la facilité avec laquelle on peut faire une année de ci ou une année de ça qui ne rend pas plus employable, bien au contraire, mais qui permet de rester étudiant plutôt que de se confronter à un travail qui n’est pas forcément celui qu’on aurait choisi si on n’avait pas besoin de travailler pour gagner sa vie.

              Ca n’est pas leur faute, mais nombre de jeunes gagneraient à aller dans le monde du travail bien plus tôt, quitte à avoir des possibilités de reprendre des études plus tard plus facilement. Ca veut dire rendre l’apprentissage plus attrayant pour les maîtres, les possibilités de carrière ultérieures plus attrayantes pour les apprentis et les situations de faux-étudiants plus coûteuses. Et aussi, ce qui est mon dada, remonter les salaires moyens au lieu de concentrer les abattements de charges sur les bas salaires : il n’est intéressant de faire faire quelque chose à un apprenti ou un jeune embauché que si on économise par rapport à le faire soi-même. Si on coûte à peine plus que lui, on ne gagne presque rien à lui confier la tâche plutôt que de la faire soi-même et on augmente les risques d’erreurs dues à l’inexpérience.

              Cela fait pas mal de sujets dont le traitement en France suffit à expliquer les quelques points d’écart avec la moyenne européenne dans le taux d’emploi, sans avoir à ajouter un clivage entre jeunes et vieux.

  2. Il est vrai que des politiques éectoralistes et imprévoyantes ont mené à la situation actuelle. Le sabotage du système éducatif est un drame: combien de jeunes au chômage parce qu’inaptes au monde du travail, faute d’un socle de connaissances et pire, d’un état d’esprit où les droits priment sur les devoirs…
    Ne pas oublier cependant que le pourcentage de jeunes au chômage est en référence à la population active et qu’il est normal que le patrimoine d’un jeune soit inférieur à celui d’un sexagénaire. Le retardemement des héritages dû à l’allongement de la durée de vie peut être compensé par des donations qui devraient être facilitées au lieu d’être taxées.

    1. Pierre Kirool (futur émigré)

      « combien de jeunes au chômage parce qu’inaptes au monde du travail, faute d’un socle de connaissances »
      Oui combien? Dîtes-nous.

      « d’un état d’esprit où les droits priment sur les devoirs… »
      ça c’est vous qui le dites.

      « Ne pas oublier cependant que le pourcentage de jeunes au chômage est en référence à la population active »
      Si vous essayez de dire que le chômage des jeunes n’est pas en réalité de 25% parce qu’il y a beaucoup d’étudiants comme je l’ai déjà vu, je vous rétorquerais qu’on peut également faire ça pour le chômage global. On le calcule sur la base de la population âgée de 15 à 65 en incluant ainsi les lycéens et les retraités, on trouvera ainsi que la France est en situation de plein-emploi…

      1. Sur le premier point: difficile à évaluer, et il ne faut certes pas généraliser. Je relève simplement de nombreux témoignages de chefs d’entreprises. Ils disent également que le phénomène s’aggrave.
        Deuxième point: je ne jette pas la pierre aux jeunes. Ils sont victimes d’une éducation où l’on a confondu respect de l’enfant avec refus de l’autorité (dans le sens noble du terme), et où l’on a volontairement abandonné exigence et compétition pour ne pas stigmatiser. Là encore, il ne faut pas généraliser, mais je remarque que, quel que soit le diplôme, ceux qui ont eu la chance d’avoir des parents exigeants s’en sortent mieux. La lutte idéologique contre les inégalités se retourne contre les jeunes.
        Troisième point: quand on annonce le chiffre du chômage des jeunes, les gens pensent qu’un quart d’entre eux est au chômage, alors que c’est un quart de ceux qui sont prêts à travailler. Ce qui est déjà beaucoup.

        1. Pierre Kirool (futur émigré)

          Oui je suis d’accord avec vous le socialisme et ses allocs ont fait beaucoup de dégât. J’ai moi-même beaucoup de mal à me reconnaître dans cette génération à qui on a clairement pas inculqué la valeur du travail, la nécessité de se dépasser et le sens des réalités. De plus, je trouve qu’elle perd énormément de temps dans des activités improductives (fumette, jeux vidéos, facebook etc…) et qu’elle a un gros manque d’esprit critique et de capacité de raisonnement, pour une grand part, mais pas pour la majorité!

  3. 30 000 € par enfants, c’est un minimum bien gentil.
    C’est le produit de la division de la dette financière (2000 milliards) par la population totale.
    il faut y ajouter le « hors bilan », qui pèse selon les estimation entre le double et le quadruple.
    Il faut donc multiplier par 3 à 5
    D’un autre coté, pour être juste, il y a encore un capital commun pas négligeable : des routes, des monuments, un réseau électrique et des centrales … Mais hélas très loin de valoir autant. Et qui existe ailleurs, dans des pays financièrement et socialement sains.
    Barrez vous, ou préparez vous pour la lente agonie (non, il n’y aura pas de cataclysmique mort subite).
    Moi je suis trop vieux mais mes enfants sont déjà ailleurs

    1. Le patrimoine des Français couvre largement la dette. Donc en moyenne, chaque enfant héritera de plus que sa dette originelle. Le problème, c’est de devoir attendre que les parents meurent, mais on voit la lumière au bout du tunnel : l’espérance de vie diminue !

      1. « Donc en moyenne, chaque enfant héritera de plus que sa dette originelle. » Peut-être, mais en moyenne il héritera de plus en conservant l’héritage de ses parents et en se débarrassant du fardeau de la dette publique française : en se barrant à l’étranger dans un pays plus sain. Et il y en a plein …

      2. On peut dire qu’une personne a un patrimoine de x millions € quand on sait qu’elle possède tel et tel biens, et que des biens comparables ne négocient à tel prix. Ensuite, il suffit de faire des multiplications et le total. Mais à un instant T, ce n’est qu’une partie des biens qui est négociée sur le marché. Si tout le monde se mettait à vendre maisons, bijoux, tableaux de maîtres, valeurs mobilières, or, etc, pour payer les impôts, les cours de ces biens feraient le plongeon, et le patrimoine des Français ne suffirait probablement plus. A moins que les créanciers du pays ne consentent à être pays en nature, mais j’en doute.

        1. Les créanciers ne demanderont pas non plus à nos enfants le remboursement immédiat. On passe un jour de la situation où l’enfant a 30 kE de dette et un patrimoine négligeable à celle où il a 30 kE de dette, 70 kE de patrimoine, et où l’état a pris 30 kE de droits de succession, soi-disant pour rembourser la dette de 30 kE du défunt.

  4. Bernard Spitz, conseiller d’État bien gras et repus de droits d’auteurs sur ses ouvrages qui critiquent son employeur.
    On voit bien où est le problème en France et où va l’argent qui alourdit la dette de jeunes.

    1. Sauf erreur, M. Bernard Spitz est essentiellement payé par des assureurs privés. Les droits d’auteur sont en général de l’ordre de 6 à 7% des ventes hors-taxes, et ne sont payés que par ceux qui achètent librement les livres. Vous pouvez préciser ce qui vous pose problème, et nous vaut que vous attaquiez l’homme plutôt que de discuter ses idées ?

  5. Matthieu le profiteur qui reste

    En tant que Y je ne suis pas du tout inquiet, il faut faire abstraction de l’ illusion monétaire et réfléchir de manière purement naturelle. (distribution fractale trou noir univers)
    Les baby boomer sont fatigués, partent à la retraites où vont mourir hôpital (en faillite).

    Ce qui coute cher à la nation et donc nécessite d’exporter des biens en échange.

    Plus le temps passe et plus la jeunesse pourrait durcir les conditions et tarifs pour permettre au baby boomers de mourir avec un minimum de dignité.

    D’ou l’intérêt de payer très vite et beaucoup pour effacer mauvais souvenir

  6. Matthieu le grand économiste

    Lorsque l on analyse l’évolution de la dette il est évident que cette situation ne peut durer même pas 5 ans, plus le temps passe et plus les vieux et les progressistes diverses épuisent leur munition budgétaire.

    Le positif de cette situation intermédiaire c’est qu’on sera débarrassé d trio de berner eric et compagnie la solution visuel sera finie

  7. La politique de la jeunesse est intégrée a la politique familiale depuis toujours sur la base du principe que le premier éducateur de l’enfant ce sont ses parents. Le code civil est clair sue ce point aussi.
    Pendant longtemps les jeunes ont bénéficié de la « protection familiale » pour s’insérer. Le chômage de masse, les NTIC qui ont pour une grande part capté et isolé bon nombre de jeunes , l’inconséquence des dirigeants politiques face a la dette ( à l’exception de Raymond Barre), ont aujourd’hui pour conséquence des générations sacrifiées. Mes parents avaient subi la guerre. Nos générations subissent le chômage,les générations suivantes connaîtront des tensions sociales très élevées. Mais il est encore temps.

  8. Il serait plus urgent et intelligent d’accuser l’Europe entière (sauf l’Allemagne) d’avoir méprisé le latin et le grec au point de ne même pas considérer le latin (85% de la littérature de nos bibliothèques !) comme langue officielle de l’Europe.
    Je suis opposé à la théorie du complot, mais alors, il est temps de prouver que personne parmi nos politiciens ne complote contre notre jeunesse qui jadis, avait un accès gratuit à tout cela. Il est vrai que l’on va toujours de plus en plus loin, mais loin de quoi ? Allez, belle jeunesse, contestez, mais contestez bien !
    Et l’emploi dans tout cela, me direz-vous? Eh bien, sachez qu’avec le latin on a supprimé un des plus sûrs ascenseurs sociaux. Honte à vous, politiciens !

    Pr Stéphane Feye
    Schola Nova (non soumise au décret inscriptions) – Humanités Gréco-Latines et Artistiques
    http://www.scholanova.be
    http://www.concertschola.be
    http://www.liberte-scolaire.com/…/schola-nova
    http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303755504579207862529717146

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