IA, Robolution, ces emplois qui ne seront pas perdus

Publié Par h16, le dans Édito

Tiens, ça y est : après le jeu d’échec en 1997 avec Deep Blue, c’est au tour du jeu de go de compter DeepMind, un autre ordinateur, parmi ses maîtres : le 27 janvier, un programme informatique vient de battre un joueur professionnel de go. Au-delà de l’aspect ludique, on comprend qu’une nouvelle étape dans l’intelligence artificielle est franchie. D’ailleurs, s’agit-il encore vraiment de jeu ?

En réalité, la victoire de DeepMind (qui avait déjà amusé le monde en écrasant il y a quelques mois toute une série de jeux vidéos ‘Atari’) est tout sauf anecdotique puisque, de l’aveu même d’experts du domaine, on n’attendait pas ce moment avant encore une décennie. Peut-être la rivalité commerciale entre Facebook et Google (dont est issu ce dernier calculateur prodige) a-t-elle permis un gain de temps considérable, et peut-être les estimations du progrès permanent en intelligence artificielle ont été un peu trop pessimistes, ou ont sous-évalué le caractère exponentiel des gains de performance et de finesse des mécanismes mis en place…

Et même si battre le meilleur joueur mondial de go reste encore à faire, il n’en reste pas moins que les premiers retours d’expérience de cette confrontation donnent des perspectives intéressantes : pour Fan Hui, le joueur qui a joué contre DeepMind, « l’ordinateur joue comme un humain », ce qui révèle un changement profond dans la façon dont les programmes de ce genre sont maintenant conçus : il ne s’agit plus d’opposer une sèche et phénoménale puissance de calcul à l’intuition humide et l’approximation toute biologique dont font preuve les humains. Pour qu’un professionnel ne voit plus la différence entre un programme et un joueur humain, c’est bien que les concepteurs de DeepMind ont réussi à simuler ou programmer de façon convaincante les caractéristiques essentielles d’un comportement humain, dans un cadre certes extrêmement borné, mais néanmoins suffisamment complexe pour qu’on ne puisse plus évacuer la réussite d’un revers de la main en la réduisant à une simple utilisation de la force brute.

Du reste, cette prouesse vient confirmer les avancées énormes des ordinateurs dans le domaine de l’intelligence artificielle et dans leurs progrès en matière d’ « apprentissage profond« , de mise en relation de différentes informations dans leur contexte et une certaine forme d’intuition. Watson, d’IBM, avait ainsi prouvé une capacité remarquable à mettre en rapport de vastes quantités d’informations pour répondre aux questions du jeu Jeopardy dans lequel il avait battu de façon presque humiliante ses opposants humains.

À l’évidence donc, l’intelligence artificielle progresse. Et c’est donc sans surprise qu’il ne se passe plus guère un mois sans qu’un nouvel article ne pointe les évidents problèmes que ces progrès, ainsi que ceux concernant la robotisation, vont provoquer dans les sociétés humaines : c’est sûr, avec tous ces robots qui font le travail pénible et toutes ces intelligences artificielles qui feront le reste, l’humain n’aura plus qu’à disparaître tristement dans un bain de larmes amères. Forcément.

J’exagère ? À peine. Pour certains, l’arrivée des robots, de l’intelligence artificielle, de l’impression 3D va provoquer la disparition de 5 millions d’emplois dans le monde. Pour d’autres, à commencer par Stephen Hawking lui-même, l’humanité est en train de signer sa perte avec ces inventions diabolique. Ou quasiment.

Mais voilà : aussi effrayantes, et, sur le plan journalistique, aussi médiatiques soient ces funestes prédictions, elles sont globalement fausses. Sur le plan économique, l’intelligence artificielle et la robotisation apporteront, comme les précédentes révolutions, de vrais bénéfices palpables à toute l’humanité. Oh, bien sûr, dans le cauchemar des experts, les robots, devenus intelligents, peuvent réaliser toutes les tâches que les humains réclament ; le chômage explose, et les humains, n’ayant plus rien à faire, deviennent fous après une partie de scrabble de trop, ou meurent neurasthéniques.

innovation

Ce cauchemar est bien évidemment à côté de la plaque. En effet, en substance, trois grandes directions peuvent apparaître.

Dans le premier cas, ces IA continuent à servir les humains. Tant que les humains ont la possibilité de commercer entre eux, la nature et la puissance des IA n’entre pas en jeu directement. Tout au plus, ces mécanismes subtils influeront sur le type de commerces, leur fluidité ou les modalités qu’ils prendront à l’aune de cette ère nouvelle. Autrement dit, la nature des travaux, des emplois, des biens et des services change profondément, mais le commerce et les emplois existeront toujours.

Dans le second cas, la distinction même entre humains et IA tend à disparaître progressivement (par couplage de l’un et l’autre). Autrement dit, la distance entre les ordinateurs et ceux qui les pilotent, qui n’a cessé de se réduire depuis le milieu du XXème siècle en passant de milliers de kilomètres à quelques centimètres avec nos smartphones et autres tablettes, finit par se réduire à zéro. Dans cette hypothèse, la distinction entre IA et humain est inutile puisque, assez rapidement, un humain ne sera considéré fonctionnel que s’il dispose d’une interface avec une ou plusieurs IA.

Ceci peut paraître très futuriste, mais notez que de plus en plus de voix s’élèvent déjà pour faire passer internet dans les droits fondamentaux. Or, aussi mièvre cette proposition puisse-t-elle être, elle démontre cependant qu’un nombre croissant de personnes a pris conscience de l’importance d’être connecté. Au passage, les éternels pessimistes qui pleureront sur le sort des plus pauvres qui ne pourraient pas se connecter devront noter la pénétration remarquable des téléphones portables et des liaisons internet même dans les pays les plus pauvres ou dans les peuplades les plus reculées. Une humanité entièrement connectée n’a d’ores et déjà rien d’utopique.

Mais en tout cas, dans ce cadre, on voit mal pourquoi les différences de comportements, de besoins, d’envies qui forment la base du commerce et donc, de l’emploi, viendraient subitement à disparaître. Des humains « augmentés » ne seront pas moins demandeurs de produits et de services spécifiques à leurs désirs aussi variés qu’eux-mêmes.

Le dernier cas est la suite logique du premier : les IA, augmentant en puissance, gagnent finalement en autonomie pour se détacher complètement des humains (si tant est que le second cas, le mélange homme/machine, n’a pas déjà pris le pas). On peut alors verser dans le pessimisme facile de l’écrasante majorité des dystopies de science-fiction et croire que le premier but des IA sera de réduire l’humanité en esclavage. On peut aussi se demander pourquoi diable des IA qui nous auraient tant dépassé intellectuellement s’embarrasseront de nos petits problèmes alors que l’univers est vaste et n’attend qu’elles. Prêter aux IA les mêmes goûts du pouvoir, de la recherche de la perfection, du désir de destruction que nous, c’est leur accorder non pas des pouvoirs intellectuels supérieurs, mais plutôt égaux voire inférieurs.

Plus logiquement, des créations douées d’une intelligence si supérieure à la nôtre n’auront probablement pas ni envie, ni besoin de commercer avec nous. Et dans ce cas, nous continuerons, humains, à remplir nos besoins et nos désirs humains au travers des méthodes qui ont fonctionné depuis la nuit des temps. Là encore, on voit mal pourquoi l’emploi disparaîtrait. En pratique, ce dernier cas a peu de chance d’arriver tant le second paraît bien plus probable.

Enfin, il reste le cas que certains croient délicat de la transition entre la société industrielle du XXème siècle et cette ère nouvelle de robots intelligents à gogo. D’après ceux-là, le choc sera trop dur : trop de robots, trop intelligents, trop vite, et donc du chômage, des frictions, des Luddites et la misère pour tous… Comme je l’expliquais dans un précédent article, il n’en sera probablement rien : cette révolution a déjà commencé, depuis un moment même, et tout montre qu’on la vit d’autant mieux qu’on fait confiance aux individus plutôt qu’aux structures étatiques pour s’adapter.

Évidemment, là, la France et, de façon générale, les social-démocraties obèses ont un gros handicap. Mais le problème, on le comprend, vient de ces structures de sociétés, pas de la technologie en elle-même.

Et quelque chose me dit que c’est même cette technologie qui nous affranchira des lourdeurs de ces mammouths.

artificial intelligence natural stupidity
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Sur le web

  1. J’attends avec impatience la première IA qui triche sans se faire prendre. Acceptera-t-elle de louer ses services comme conseiller fiscal ?

  2. « les concepteurs de DeepMind ont réussi à simuler ou programmer de façon convaincante les caractéristiques essentielles d’un comportement humain »

    Simuler ou programmer ?

    Le sens littéral de « simuler » est faire semblant. L’utilisation du terme en tant que « reproduire » par la technologie ne doit pas nous le faire oublier : simuler est avant tout une tromperie, une copie superficielle de la forme au détriment du fond.

    Je pense que les analyses pêchent par un double biais. Et ces 2 biais sont en opposition : d’une part on sur-estime l’intelligence et la distance qui sépare l’IA du comportement humain, et d’autre part on sous-estime les conséquences organisationnelles et politiques qui en découlent.

    Et en premier lieu, on a tendance à oublier que la technologie doit correspondre à un besoin, qu’elle nécessite une adaptation et une acceptation, et que la résultante qui est le produit de l’ensemble de la société échappe aux anticipations, aux prévisions et au contrôle – de l’état en particulier. Qui peut se vanter d’avoir anticipé l’influence d’Internet et en particulier dans quels domaines cette influence modifierait nos habitudes, nos méthodes de travail et le pouvoir de l’état ?

    Et ce qui me gêne le plus dans les évolutions n’est pas le résultat final : le monde de demain sera tel qu’il sera, et il sera de fait tel que les humains pourront le désirer, le supporter et le tolérer. On y trouvera un mélange de rationnel et d’irrationnel, de productivité et de pertes de temps, de facilité et de contrainte, de justice et d’injustice. Il n’y aura pas 90% de chômeurs ou de oisifs car cela est impossible non pas pour la technologie mais pour la société, et que c’est la société qui fait le choix d’adopter ou pas une organisation. En revanche les frictions pour l’adaptation risquent d’être douloureuses et le volontarisme politique sera toujours mis en échec – en particulier celui de ceux qui refusent de voir les réalités en face, ce qui est le principal défaut de nos dirigeants actuels.

    1. Non simuler, c’est n’est pas au sens littéral « faire semblant »… vous vous êtes fait abuser par votre femme ! (cf le dico)
      Simuler c’est copier, imiter, ressembler et tout votre paragraphe sur la tromperie tombe à l’eau.
      D’ailleurs le comportement humain se construit bien à partir de la copie, l’imitation, même à partir de soi-même on répète des choix gagnants. Professionnellement aussi les procédures sont des copies, les ratios, le plan comptable, l’apprentissage etc… aussi

      D’accord sur le reste, c’est inéluctable et le chemin peut être plus ou moins long.

      1. La première définition du Larousse en ligne est :

        imiter un état, un sentiment, les feindre, le plus souvent en vue de tromper : Simuler la douleur.

        Cela dit entièrement d’accord sur le fait que le comportement humain se construit à partir de la copie.

        1. Mouais, quand on parle technique, le sens de tromper est à oublier.

    2. je ne suis pas certain qu’on surestime l’intelligence humaine, mais clairement on la conçoit et on formalise mal les mécanismes, on peut s’extasier devant certaines « prouesses » comme les capacités de calcul mental de certaines personnes mais en réalité , on a pas besoin de ces capacités au quotidien.. un maître de go ou un maître d’échec a surtout eu une obsession du jeu qui peut paraître absurde sinon sans » intérêt « . Etre champion d’échec, de bras de fer, de foot, ou de concours de pet relève du m^me principe.

      Je n’ai pas réfléchi à la question mais la réflexion ce n ‘est jamais qu’un paramètre qui peut favoriser la sélection naturelle et la survie( et donc le cerveau doit surtout être occupé à « comprendre » les autres)..

      Reste que quand on aura créé une entité capable de penser à sa reproduction et y arriver on aura créé la vie…sinon un bidule qu’on peut considérer comme une entité vivante…
      la peur des gens tient à imaginer que les machines arriveront à arriver à la conclusion que leur survie prime les raisons de leur création et donc leur créateur.
      On verra bien.

      1. et puis une petite remarque élémentaire, on ne sait pas vraiment définir l’intelligence mais on s’interroge sur l’intelligence artificielle… ( en ce qui me concerne si on survit on a prouvé posséder une intelligence adéquate, et dans le adéquate il y a la part « sociale ») …
        Un champion de go n’est pas un champion de l’intelligence, c’est un champion de go…un petit univers fort restreint avec un nombre de lois restreinte et avec une hiérarchie de décision pour décider ultimement je gagne , je fais match nul sinon….

        le but de la vie est de vivre…et de se reproduire… sans hiérarchie claire…. je peux risquer ma peau pour prouver ma capacité de survie à un conjoint que je veux séduire…enfin bref…

      2. « je ne suis pas certain qu’on surestime l’intelligence humaine »

        Je parlais de ici de la surestimation de l’intelligence artificielle. Mais je pense aussi que l’on surestime l’intelligence en accord avec votre commentaire.

  3. La véritable IA ne commencera que lorsque l’ordinateur n’aura plus besoin d’une intelligence humaine pour le programmer. On en est encore loin. La taille de notre cerveau et notre nombre de connections neuronales n’est certainement pas un obstacle infranchissable. Le vrai obstacle est de comprendre tous nos mécanismes avant de les transposer en hard. Si on y arrive un jour, pourra t on vraiment parler d’intelligence artificielle ? Après tout le produit de la nature c’est toujours la nature et ces intelligences hypothétiques ne seraient rien d’autre que nos enfants !

    1. « Le vrai obstacle est de comprendre tous nos mécanismes… »
      Non, nos schémas de réflexion et de décision sont construits sur des émotions et des sentiments et donc bien souvent biaisés et non reproductibles pour en faire des standards. On est capable de passer à coté de solutions simplement par principe, ce que ne ferait pas une IA qui étudie les différentes solutions possibles sans a priori.

      1. « On est capable de passer à coté de solutions simplement par principe, ce que ne ferait pas une IA qui étudie les différentes solutions possibles sans a priori. »

        Dimanche dernier, le 24 janvier, un des pères fondateurs de l’IA nous a quitté à l’âge de 88 ans. Dans un article hommage, sur le blog de la Société informatique de France, intitulé L’intelligence artificielle débraillée, on y trouve la définition qu’il donnait de cette science : « l’intelligence artificielle est la science de faire faire à des machines des choses qui demanderaient de l’intelligence si elles étaient faites par des humains ». J’aime bien cette définition parce qu’elle fait paraître qu’il y a autant d’intelligence dans une machine que dans les pierres d’un goban. 😉

        Dans leJargon File, on trouve aussi ce magnifique Koan :

        À l’époque où Sussman était un novice, Minsky vint à lui alors qu’il hackait sur un PDP-6

        – « Que fais-tu ? », lui demanda Minsky.

        – « J’apprends à jouer au morpion à un réseau neuronal connecté aléatoirement » répondit Sussman

        – « Pourquoi le réseau est-il connecté aléatoirement ? », demanda Minsky.

        – « Je ne veux pas qu’il ait des préjugés sur la manière de jouer », dit Sussman.

        Minsky ferma alors ses yeux.

        – « Pourquoi fermes-tu les yeux ? », demanda Sussman à son professeur.

        – « Car ainsi la pièce sera vide. »

        À cet instant, Sussman eut une illumination.

        🙂

    2. Des programmes qui écrivent d’autres programmes, on sait déjà à peu près faire. Mais la question fondamentale est de poser le problème. Laurent Schwartz avait une belle expression pour la suite : « c’est le petit âne qui trotte ». L’IA ne méritera son nom que le jour où elle cessera d’être un petit âne qui trotte.

    3. Un ordinateur n’a pas besoin d’un humain pour le programmer ( à faire quoi????) un ordinateur n’a pas besoin d’un programme…vous le posez sur votre bureau et il est très content comme ça, pleinement satisfait et presque immortel.

      quel est le problème que résout l’intelligence humaine? survivre et se reproduire…

      quant à la peur des machines, ce qui nous effraye est que les machines puissante concevoir le dessein de nous détruire dans leur interet..mais on a moins peur s’une machine qui puisse nous détruire sans en avoir le dessein… mais on en a peur quand même…
      pas besoin d’une « intelligence » pour éradiquer l’humanité une météorite un supervolcan, un virus à la con…

      j’ai pas peur d’un ordinateur programmé pour me battre au échec… oui qui prenne mon boulot ( mais m’en laisse le bénéfice)…

      1. « quel est le problème que résout l’intelligence humaine? survivre et se reproduire… »

        On a l’habitude de penser que notre corps est au service de notre cerveau. Jamais on n’imagine que c’est le contraire. Et pire encore que le cerveau qui est le siège de nos pensées n’est qu’au fond (analogie informatique) qu’un coprocesseur sémantique hypertrophié au service de notre cerveau animal. (**)

        Je croirais en l’IA quand l’IA sera capable au minimum d’effectuer une traduction correcte entre langues étrangère, ce qui signifie comprendre le texte.

  4. le jour où la machine coutera moins cher qu’un homme nos saigneurs et maitres n’hésiteront pas une seconde à nous éliminer ou nous installer dans des réserves !

    1. ça change quoi si vous admettez votre domination? maître de quoi?

    2. « le jour où la machine coutera moins cher qu’un homme »

      Mais c’est déjà le cas.

      1. en effet , c’est déjà le cas ….et on parle de plus en plus de revenus universels , même en suisse . c’est à dire que l’on anticipe la disparition du travail humain rémunéré…bah , on aura droit au STO 😉

    3. reactitude: « nos saigneurs et maitres n’hésiteront pas une seconde à nous éliminer ou nous installer dans des réserves ! »

      Dans la pyramide des besoins de Maslow le social occupe trois des cinq étages, régner sur un monde vide n’a aucun intérêt pour un humain. Régner sur un monde d’esclaves inférieurs non plus.

      1. « régner sur un monde vide n’a aucun intérêt pour un humain » faut en parler a nos politiques si ils veulent bien t’écouter mais sont ils humains ?
        chacun vit dans une bulle , ce qui est en dehors n’a pas d’importance , on vit très bien dans un ghetto de riches sans côtoyer les ‘sociaux’ appelés par certains les ‘ sans dents’ .

        1. Ça ne tiens, pas, ça n’a jamais tenu sauf en Corée et avec l’aide massive de la chine.

  5. En gros c’est un bon joueur de go humain qui en a battu un autre en profitant de son introspection et de son habileté de programmeur pour modéliser et accélérer sa technique.
    Un peu comme ce robot qui ordonne un Rubik Cube en une seconde en faisant la même chose que les champions mais plus vite.
    Depuis l’invention du levier, la technologie a toujours développé les moyens d’amplifier l’efficacité manipulatoire.
    Donc je suis épaté par le talent d’ingénierie qui sous-tend ce succès, mais beaucoup moins que le jour où un « robot » saura par exemple me résumer un document de manière pertinente et intelligible.

    1. définissez pertinent et les machines sauront le faire.

      1. Oui.
        L’intelligence c’est justement d’inventer ou caractériser ce concept de « pertinence » du résumé.
        Ou par exemple de définir formellement la qualité évocatrice d’une caricature.
        Je doute qu’on y parvienne d’une manière suffisamment explicite pour être opératoire.
        Et même dans ce cas cette intelligence n’aurait rien d’artificiel même si on la transcrit dans un automate.

        1. Rien d’intelligent dans définir ce qu’est la pertinence, c’est juste l’acceptation d’une norme.

          Vous viendrait-il à l’esprit de définir ce qu’est l’humour, ce qui en est et ce qui n’en est pas ?

          Il semble que vous ramener l’intelligence à de la compréhension alors que de tous temps ceux qui ont survécu sont ceux qui savaient s’adapter : quand ils entendaient un bruit dans un fourré, tous comprenaient, certains se sauvaient.

          1. « Vous viendrait-il à l’esprit de définir ce qu’est l’humour, ce qui en est et ce qui n’en est pas ? »

            Personnellement, j’ai l’impression que l’humour est un raccourcis, une sorte de pont ou de passage entre les cloisonnements de nos pensées. En d’autres termes, l’homme le plus lucide, le plus cohérent et le plus équilibré en serait totalement dépourvu. Une IA en serait doc totalement dépourvue, à moins qu’on la rende aussi faillible que nous-mêmes.

            1. Il y a une pseudo machine de Turing en ligne sur le Net (celle d’une université de mémoire). Quand on lui demande de raconter une histoire drôle ou d’expliquer ce qui est drôle dans une histoire drôle existante, elle est effectivement incapable de répondre à la question. Warf !

    2. Vous vous trompez. Le principe de l’apprentissage profond, c’est que la machine apprend seule, sans humain. L’humain ne fait que lui donner la capacité à apprendre.

  6. Pour info au poker c’est l’inverse, l’homme est toujours le plus fort grâce à sa capacité d’adaptation, quelque chose de sûrement compliquée à robotiser.
    http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/05/06/01008-20150506ARTFIG00301-un-ordinateur-defie-l-etre-humain-au-poker.php

    1. Bonjour,

      Le gain étant uniquement de 700,000 $ sur un total de 170,000,000 $, je ne suis pas sûr que la victoire soit très significative. Le poker reste aussi un jeu de hasard.

  7. « On peut aussi se demander pourquoi diable des IA qui nous auraient tant dépassé intellectuellement s’embarrasseront de nos petits problèmes alors que l’univers est vaste et n’attend qu’elles. Prêter aux IA les mêmes goûts du pouvoir, de la recherche de la perfection, du désir de destruction que nous, c’est leur accorder non pas des pouvoirs intellectuels supérieurs, mais plutôt égaux voire inférieurs. »

    En effet, tout comme il serait inutile, irrationnel ou « artistique » de s’arrêter au bord d’une autoroute pour détruire une fourmilière quelconque.

    Beaucoup de futurologues pessimistes ne font que partager leur vision biaisée anthropomorphiste qui suinte leur propre égoïsme issue d’une doxa collectiviste.

    1. Imaginez que les machines se mettent à aimer le jus de cerveau !

  8. Je me demande si h16 n’est pas une IA programmée par un libéral augmenté.

    Sinon l’IA c’est bien, c’est mal, ça dépend car aucune technologie n’est ni sans avantages ni sans inconvénients. Ce qui me semble certain c’est qu’une IA ne sera jamais qu’un outil pour les humains car comment pourrait-elle se définir comme une sorte de nouvelle espèce avec une fin alors que les humains eux-mêmes ne savent pas où ils vont (si ce n’est de l’avant). C’est toute la force de l’humanité, avancer sans savoir pourquoi, pour les robots intelligents cela conduit à une impasse.

    Et puis la liberté c’est aussi choisir de ne pas être absolument connecté pour tout et pour rien. A chaque nouveauté ou étape du progrès on s’imagine plein de choses bonnes ou non, on s’emballe et en fin de compte la réalité est bien différente et en partie imprévisible.

  9. Inventer un ordinateur ou un robot qui se trompe n’aurait aucun sens. Or, sans erreur dans la reproduction de l’ ADN, nous ne serions que des algues bleues ! C’est le fait de commettre beaucoup d’erreurs qui est la cause de la création. Sans erreur, pas d’expérience, pas d’innovation.

    La conn* rie est l’avenir de l’homme 🙂

    C’est bien pour cela que l’avalanche de réglementations est un frein a l’innovation. Les réglementations sont là pour éviter les erreurs, c’estbien le problème.

    Il s’agit de commettre des erreurs, mais aussi de pouvoir découvrir quelles nouvelles voies celle-ci nous ouvrent. Reproduire les mêmes erreurs, ça, un robot sait le faire ( ou un Énarque).

    « L’erreur, l’autre nom de l’expérience. » Oscar Wilde.

    1. On découvre énormément par sérendipité.

  10. Le dernier cas est le cas évolutif du premier, non ?

    moi, ce qui me chiffonne dans la démonstration, c’est le premier cas.
    aujourd’hui, j’ai une femme de ménage. demain, si j’achète un robot qui fait le même boulot, je ne paierai plus cette femme de ménage.
    si les voitures se conduisent toute seuls, les taxi vont faire quoi ?
    on pourrait presque déjà remplacer les pharmacies par des systèmes entièrement automatisée, 24/7
    les entrepôts s’automatisent de plus en plus
    bon, je ne vais pas refaire le modèle que l’on peut trouver un peu partout sur le net …

    si on calcul la part des nouveaux emplois créés en france depuis 100 ans, ça fait quelle proportion ? (je parle bien de nouveaux emplois, pas ceux qui ont juste évolué avec le temps) : 20 % ?
    http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=natnon03146
    A ce que j’en sache, la culture, l’alimentation, le transport, … tout cela existait au siècle dernier.
    Et les ouvriers, ils ont trouvé quoi comme nouveau job depuis les années 70 pour remplacer avantageusement l’ancien (job moins pénible à ce que dit la propagande)

    on ne va pas en créer 20 % d’autres en juste 10 ans. Si la technologie se transforme à une vitesse phénoménale, ce n’est pas le cas pour l’homme (dans son acception générale). Et nombre de ces futurs nouveaux jobs seront spécifique dimensionnés pour les machines, directement, sans passé par la case « homme ».

    pour moi, les nouveaux jobs seront bien trop limités en quantité pour pouvoir prétendre a remplacer avantageusement les anciens jobs. c’est un mythe qui consiste à enfumer les gens en leur disant « tout va bien, rien ne changera, ou si peu »

    le problème, c’est le que le dernier cas semble bien éloigné, alors que le premier cas semble tout près, mais absolument pas dans cette configuration de type bisounours.

    (qu’on ne s’y trompe pas, je suis pour la technologie à 200%, mais je suis contre l’enfumage)

    😉

    1. Koriaendre: « pour moi, les nouveaux jobs seront bien trop limités en quantité »

      Vous ne vous rendez pas compte mais à chaque évolution technologique depuis 300 ans c’est la même rengaine et les chiffres étaient bien pire puisque c’était des pans entiers de l’emploi d’un pays qui partaient en fumée.

      Koriaendre: « on ne va pas en créer 20 % d’autres en juste 10 ans. »

      Ça tombe bien, on ne va pas non plus tout remplacer en dix ans. On en est très loin.

      Koriaendre: « Et les ouvriers, ils ont trouvé quoi comme nouveau job depuis les années 70 pour remplacer avantageusement l’ancien (job moins pénible à ce que dit la propagande) »

      Les ouvriers sont dans la m. en France parce que c’est une économie quasi communiste maintenant:
      http://lagauchematuer.fr/2014/12/16/la-france-est-un-des-derniers-pays-communistes-du-monde-les-chiffres-le-prouvent/

      Avec une place de 71eme pour la liberté économique, les résultats ne sont pas étonnant:
      Indice liberté économique – Classement des pays

      Si vous prenez le voisin qui est lui 4eme, le chômage est à 3% et à 3% chez les jeunes alors qu’il est de 24% en France. Le tout sans faire de dette et avec un salaire qui est quasi le triple du salaire médian français alors que la France atteint 100% de dette avec un record mondial pour l’imposition

      Ce que fait la liberté c’est libérer le dynamisme économique: les gens, inventifs et entreprenant trouvent de nouveau débouchés; conseil en auto-pharmacie, gestionnaire & réparateur de parc de robot-taxi etc. etc.

      Ce que font les états des pays comme la France et les pays communistes comme cuba c’est figer les pays dans le passé et la protection des rentes et des métiers obsolètes: incapable de s’adapter ils sont obliger de fermer les frontières et/ou disparaitre.

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