Venezuela : une économie sinistrée par le socialisme

Publié Par Jean-Yves Naudet, le dans Amérique latine

Par Jean-Yves Naudet.
Un article de l’IREF-Europe

Nicolas Maduro le 4 décembre 2014 (Crédits : Presidencia de la República del Ecuador, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Nicolas Maduro le 4 décembre 2014 (Crédits : Presidencia de la República del Ecuador, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Il y a un mois et demi, le 6 décembre, l’opposition, regroupement de partis de droite et de gauche, avait très largement emporté les élections législatives, première défaite de la gauche socialiste depuis qu’Hugo Chavez était arrivé au pouvoir en 1999 ; défaite cuisante pour son successeur, Nicolas Maduro, l’opposition ayant obtenu les deux tiers des voix comme des sièges, et le parti socialiste unifié du Venezuela au pouvoir le tiers restant. Victoire d’autant plus remarquable que le pouvoir chaviste avait tout fait pour museler l’opposition dans les médias et pour faire pression sur les électeurs, tandis qu’il emprisonnait de nombreux opposants.

Cette défaite s’explique largement par la situation dramatique de l’économie vénézuélienne et la leçon de l’expérience chaviste, une de plus dans l’histoire tragique du socialisme marxiste, est claire : quinze années de socialisme ont détruit l’économie vénézuélienne, pourtant longtemps soutenue par la manne pétrolière. Certes, la page du socialisme vénézuélien n’est pas encore tournée, car le Président Maduro a montré qu’il ne reculait devant rien, face à cette cohabitation nouvelle pour lui. Il s’est empressé de prendre certaines mesures, prétendant dialoguer directement avec le peuple (avec un quasi-parlement parallèle) et non avec les parlementaires élus, et retirant certains pouvoirs de nomination au Parlement, alors qu’il contrôle déjà l’armée, la banque centrale et le grande entreprise pétrolière. Le discours officiel à la télévision est sans ambiguïtés : l’opposition aurait mené « une guerre économique sans merci contre le pouvoir révolutionnaire, permettant une victoire de la droite fasciste. » Discours souvent entendu sous d’autres cieux.

Files d’attente et inflation

La situation économique du Venezuela est typique des régimes socialistes. D’abord, ce sont les files d’attente dans les magasins : c’est la pénurie de nombreux produits qui caractérise le système en raison de la destruction du commerce et des importantes restrictions à la liberté d’entreprendre, des contrôles bureaucratiques et des prix fixés arbitrairement par l’État : de quoi faire disparaître les produits des magasins, en particulier les produits de base, du sucre à l’huile, en passant par les médicaments ou le papier toilette, mais aussi de quoi alimenter un marché noir, qui, lui, pratique les vrais prix, avec en prime corruption, criminalité et spéculation ! La file d’attente est la première carte de visite de toute économie socialiste, les pays de l’Est en ont fourni l’exemple jusqu’à la chute du mur de Berlin. Le contrôle des changes vient compléter le tableau, avec des taux de change artificiels (et donc un marché parallèle). Mais si le contrôle des prix fait disparaitre l’offre des produits contrôlés, le déséquilibre se manifeste ailleurs, avec une inflation ouverte. Le chiffre n’est plus publié depuis un an, mais une fuite a permis d’obtenir le résultat des douze derniers mois : 270% ! Le pouvoir d’achat est directement atteint : pénuries et hyperinflation ont lourdement pesé sur le vote des électeurs.

Effondrement de l’offre et gaspillage de la rente pétrolière

venezuela maduro rené le honzecL’effondrement de l’offre, accentuée par tous les contrôles étatiques, se traduit aussi par une récession et le recul du PIB, déjà supérieur à 4% en 2014, s’est accentué en 2015. Le FMI l’évalue à 10%, car les chiffres officiels ont disparu, pour ne pas faire le jeu de la « guerre économique » que l’opposition et « l’impérialisme américain » mèneraient au pouvoir. « Transparencia internacional » a même, en vain, essayé d’agir en justice pour obtenir la publication des statistiques économiques, au nom de la transparence. Le gouvernement s’est lancé dans une fuite en avant monétaire, prenant totalement le pouvoir à la banque centrale, qui finance ainsi l’incroyable déficit budgétaire (25% du PIB) et les nombreuses entreprises publiques.

Cette dégradation rapide de l’économie a eu lieu en dépit de la rente pétrolière, qui représente 96% des exportations et 25% du PIB. Cette rente a été totalement gaspillée en mesures démagogiques destinées à calmer l’opinion, tandis que le reste de l’économie se délabrait peu à peu. Mais le pétrole n’a pas empêché le surendettement du pays. Certains mettent en avant la chute des cours du pétrole pour expliquer la débâcle actuelle, mais l’économie était déjà en crise quand le pétrole était au plus haut, et la chute récente n’a fait que révéler le désastre du reste de l’économie, que masquait la rente pétrolière.

Un des pires indices de liberté économique

Cette catastrophe économique est parfaitement illustrée par l’indice de liberté économique publié chaque année par la Fondation Heritage et le Wall Street Journal. Il montre que le Venezuela se situe, pour les libertés économiques, à la 175° place sur 178 pays ! On ne trouve de pire que le Zimbabwe, Cuba et la Corée du nord, de quoi faire rêver ! La note sur 100 du Venezuela est de 36,4, quand celle du premier pays, Hong Kong, est plus de 90. Même la France, pourtant lourdement étatisée, à la 70ème place, a une note presque double, 63,5 ! Remarquons d’ailleurs que le Venezuela n’est pas seul en Amérique latine à être sinistré en matière de libertés économiques, car, outre Cuba, on trouve aussi l’Argentine (168°), l’Équateur (159°) et la Bolivie (158°).

Cet indice mesure en particulier la liberté d’entreprendre et celle des échanges, le poids des impôts et des dépenses publiques, la protection de la propriété ou encore la liberté sur le marché du travail. Indice de libertés pour les notes élevées, il devient donc a contrario un indice de socialisme pour les notes basses. L’effondrement économique des pays du bas du classement, en Amérique latine comme ailleurs, a une cause simple : c’est la conséquence des mesures socialistes d’étatisation mises en place et de la faiblesse de l’état de droit. La leçon de l’ex-URSS et des pays d’Europe Centrale et Orientale, comme d’autres en Asie ou ailleurs, et la souffrance de leurs populations n’ont donc pas suffi à ouvrir les yeux. Le Venezuela est désormais à la croisée des chemins, car les chavistes feront tout pour rester au pouvoir. Mais la leçon est claire, une fois de plus : le socialisme est un outil efficace de destruction économique, alors que la liberté est le moteur de la prospérité.

Sur le web

Lire sur Contrepoints notre dossier spécial Amérique latine

  1. Ce qui se passe au Venezuela est bien pire que ce qui se passe en Grèce. C’est incroyable qu’il n’y ait toujours pas de guerre civile tant la situation est mauvaise, et il ne semble pas y avoir d’exode massif non plus même si apparemment le nombre de Vénézuéliens aux USA est en forte hausse.

    Le pouvoir vénézuélien ca-t-il tenir longtemps. Avoir les vraies données du chômage serait bien aussi, selon des estimations non officielles il se rapprocherait de 20%.

    1. « C’est incroyable qu’il n’y ait toujours pas de guerre civile tant la situation est mauvaise »

      28 000 personnes assassinées rien qu’en 2015. Entre 300 000 et 400 000 morts depuis l’arrivée des chavistes. Excusez du peu.

      1. Exactement. Il y a un moment où le taux de meurtres par habitant est suffisamment haut pour qu’on puisse parler de « pays à feu et à sang ». Pour rappel, c’est le Vénézuéla qui a le plus fort taux de meurtres, plus de 90 / 10000 habitants. C’est TRENTE fois le taux des USA.

      2. « 28 000 personnes assassinées rien qu’en 2015 » moi, dans mon commentaire, j’ai parlé de 27 000 morts. Le nombre exact de morts tués par homicide n’est pas connu, les statistiques officielles ne sont pas fiables. Quand je mentionne 27 000 morts, c’est une estimation basse, la vérité c’est que c’est (probablement) encore pire. Donc, vous avez raison de mentionner 28 000 morts. A noter que certaines estimations parlent de plus de 30 000 morts en 2015 (les estimations les plus hautes).

        A noter qu’il est important de dire que la criminalité et le nombre de meurtres c’est envolé avec l’arrivée au pouvoir aux chavistes. En effet, si c’était déja comme cela avant, on ne pourrait pas le reprocher aux chavistes mais ce n’est pas le cas.

        Le nombre d’homicides n’est que la partie émergée de l’iceberg de la criminalité: le problème du Vénézuela n’est pas que le nombre de meurtres mais aussi de la criminalité en général. Je crois que la plupart des gens ici n’imaginent pas à quel point il y a de l’insécurité au Vénézuela.

        Il est aussi important de dire que très peu de crimes sont élucidés au Vénézuela. 98 à 99 des meurtres au Vénézuela ne sont pas élucidés. Cela veut dire que les criminels au Vénézuela agissent en toute impunité. Le pire c’est que comme je l’ai dit dans mon autre commentaire, les criminels font souvent parti des forces de sécurité. Les gens ne peuvent pas avoir confiance en la police qui est sans doute la plus grande organisation criminelle au Vénézuela. Dans un état de droit, les criminels n’agissent pas en totale impunité mais bon, le Vénézuela n’a rien d’un état de droit

        1. « 98 à 99  » 98 à 99 %

        2. Le chiffre est de 27’875 morts violentes pour 2015

          1. Certes. c’est le chiffre avancé par l’Observatoire vénézuélien de la violence (OVV), association de défense des droits de l’homme. Si cette ONG fait un excellent travail. Je doute qu’elle puisse comptabiliser touts les meurtres, il ne fait aucun doute qu’elle laisse passer une partie des meurtres de côté. Voilà pourquoi on peut légitiment penser que le chiffre réel est plus élevé.
            Je ne vois pas comment une ONG ou université arriverait à comptabiliser tous les meurtres avec tous les blocages institutionnels existants en réussissant à n’en laisser de côté aucun.
            Les chiffres cités par l’Observatoire vénézuélien de la violence sont de loin les plus fiables et les plus complets en la matière mais il fait peu de doute que le chiffre réel est plus élevé

  2. Si au moins tous les gauchistes occidentaux qui encensaient Chavez en son temps pouvaient se remettre en question… Mais non, ils continueront de prôner inlassablement les mêmes idées destructrices d’humanité…

    1. Le coup du Venezuela les hantera longtemps je pense.

      1. Bien sûr que non.
        Le communisme n’échoue jamais, donc le Venezuela n’est pas communiste, ni même socialiste.
        Il l’était tant que ça tenait encore debout.

      2. La gauche à soutenu tous les pires régimes et tous les pires crimes commis sans aucune remise en question. Même pour le soutiens au nazisme ils se sont contenté de dire que c’était la faute des gens à droite alors que les nazis étaient d’extrême gauche.
        Rendu là, c’est juste un de plus.

    2. Mais c’est normal parce que si ça n’a pas réussi au Venezuela, c’est parce qu’ils n’en ont pas fait assez ! 😉

      Les socialistes aimeraient bien vivre en théorie, parce qu’en théorie, ça marche toujours !

    3. Si un gauchiste était honnête, lui qui pense vivre dans un enfer turbo libéral en Europe, il émigrerait à Cuba ou au Venezuela.
      Evidemment, il ne le fera jamais, parce qu’il sait au fond de lui que son idéologie ne fonctionne pas, et il la souhaite surtout pour les autres, certainement pas pour lui et les siens.

      1. Le libéralisme ne se critique qu’avec le ventre plein.

        D.J

  3. Le nouveau ministre de l’économie est un cas. Déja, il n’a pas de diplôme en économie (ce qui passe encore. Bien qu’il n’est pas très intelligent de confier le ministère de l’économie d’un pays ruiné a un mec n’ayant ni connaissance ni expérience sur le sujet) mais surtout, sa méconnaissance de l’économie dépasse tout entendement. Pour lui, l’inflation n’existe pas. La loi de l’offre et de la demande n’existe pas non plus. Ce mec enchaine les déclarations les plus absurdes les unes que les autres. Un tel niveau de bêtise même pour un chaviste dépasse tout entendement. https://dolartoday.com/dios-nos-agarre-confesados-14-ideas-perturbadoras-de-luis-salas-nuevo-ministro-de-economia/

    1. Mais il existe aussi des pays où le President croit qu il suffit de demander aux entreprises de créer des emplois pour que les emplois apparaissent ! Et le peuple a voté pour cette lumière!

  4. Lors des résultats des élections, Maduro a parlé d’un coup d’état électoral. Non, c’est une pas une blague. Cela vous montre un peu le niveau des chavistes (ces gens sont des débiles).
    Divers leaders chavistes (comme Diosdado Cabello) ont déja dit qu’ils considéraient que le pouvoir n’était pas tenu par l’Assemblée nationale et qu’ils allaient passés outre celui ci.
    Il y a des menaces de mort à peine voilé des chavistes contre leurs opposants (plusieurs d’entre eux ont déja été assassinés, d’autres sont en prison à cause de leurs convictions politiques).

    Il faut quand même le faire pour perdre des élections quand on a la mainmise sur tous les médias, que l’on a emprisonné (ou assassiné) les principales figures de l’opposition, que l’on pratique de l’achat de vote à grande échelle, que l’on possède le cinquième pouvoir (c’est comme cela que l’on appelle le fait de contrôler toutes les règles électorales. Lors des dernières élections, les chavistes avaient perdu en voix mais avaient gagnés en sièges grâce à cela (mettre en place des circoncriptions électorales favorables)), que l’on a des milices para militaires (les colectivos) pour faire régner la terreur,…Pour tant malgré cela, les chavistes ont quand même perdu, cela montre bien à quel point ils sont nuls

  5. Même les cubains préfèrent fuir le Vénézuela: http://www.lapatilla.com/site/2015/08/22/un-mil-600-medicos-cubanos-se-largaron-por-malas-condiciones-de-venezuela-a-colombia/ (article datant un peu, il date d’août). Le système de santé vénézuélien est tellement mauvais que les médecins cubains préfèrent fuir.

    1. Même les étudiants palestiniens préfèrent repartir en Palestine tant ils se sentent misérables au Venezuela.

    2. Beaucoup de médecins cubain ont trouvé le truc du Venezuela ( pétrole vénézuelien gratos en échange de médecins cubains ) pour ensuite se barrer en Floride.

      D.J

  6. La base du chavisme c’est le clientélisme poussé à l’extrême. Chavez utilisait les ressources naturelles de son pays pour acheter les électeurs. Alors, normal qu’il ait gagné le référendum. Ajouter à cela que les chavistes contrôlent les médias et vous comprenez leurs succès. Pourquoi l’opposition a gagné les élections législatives ? Parce que le Vénézuela est ruiné. La plupart des gens se rendent compte du désastre du chavisme. De plus, ils ne peuvent pas acheter des électeurs massivement (ils en ont achetés quand même achetés mais bcp moins que d’habitude). On voit le résultat quand ils ne peuvent pas acheter les électeurs: ils perdent. (Je rappelle quand même qu’en 2010, l’opposition s’était retrouvée minoritaire à l’Assemblée, malgré un nombre de voix supérieur car les chavistes contrôlent le pouvoir électoral qui leur permettent de redécouper les circonscriptions électorales et les règles du jeu).

    Hugo Chavez a ruiné son pays, ce qui, pour un pays producteur de beaucoup de pétrole n’est pas une mince prouesse. Il a, faisant à grande échelle ce que d’autres font à plus petite échelle, acheté des millions d’électeurs pour une bouchée de pain. Il a muselé les médias, ce qui permet aux Vénézueliens d’avoir une information encore plus biaisée que les Français (ce qui n’est pas peu dire). Il a confisqué au profit de l’Etat, donc à son profit (la fortune qu’il laisse est colossale) des centaines d’entreprises, ce qui a fait fuir tous les investisseurs éventuels et conduit ceux qui ont pu sauver un peu d’argent à le placer à Miami. Il a installé, sur le modèle cubain de son ami Fidel, des sortes de Comité de défense de la révolution, chargés de la délation dans tous les quartiers et dans tous les immeubles.
    Des armes sont régulièrement distribuées aux partisans du gouvernement , avec très peu de munitions , par peur de la revente de celle-ci mais avoir une arme si vous êtes membres du PSUV ne pose aucun probléme . Certains ne s’y inscrivent que dans ce but .A rappeller que 7/10 des crimes sont commis avec la participation d’au moins un membre des services de sécurité de l’Etat …

    Article expliquant la situation économique du Vénézuela (il date de 2014, la situation s’est encore dégradé): http://www.express.be/business/fr/economy/le-venezuela-en-deroute-economique-serait-il-au-bord-dun-dfaut/208531.htm
    La pauvreté dépasse aujourd’hui le niveau d’avant Chávez : le pourcentage des foyers pauvres a atteint 48,4% en 2014 contre 44% en 1998, année de l’arrivée de Chávez au pouvoir. (Tout cela en se basant sur les chiffres truqués de l’état vénézuélien. En vérité, il y a bcp plus de pauvreté).
    http://www.voanoticias.com/content/venezuela-escasez-colas/2760055.html
    Le taux d’inflation a atteint le chiffre record de 68,5% en 2014 et s’achemine cette année vers les 100%. La pénurie de produits de première nécessité se généralise et oblige les Vénézuéliens dans leur ensemble à passer un total de 35 millions d’heures par semaine à faire la queue à la recherche d’articles dont les prix sont contrôlés par l’État.
    On ne peut plus acheter au Venezuela les besoins de premières nécessités: http://ordrespontane.tumblr.com/post/99566106351/un-litre-de-lait-a-caracas
    http://ordrespontane.tumblr.com/post/99652079331/le-marche-noir-de-cucuta
    Lisez ceci sur les proches de chavez qui se sont enrichis grace à lui: http://www.bloomberg.com/news/2014-08-12/venezuela-sees-chavez-friends-rich-after-his-death-amid-poverty.html

    1. J’oublie de parler d’autres indicateurs comme le déficit public est à près de 20% du PIB, 11 milliards d’euros de charge de la dette en 2016,….Ce serait trop long de citer tous les indicateurs montrant la catastrophe au Vénézuela

      « s’achemine cette année vers les 100% » je voulais dire 300 %. Bien sûr, ce n’est qu’une estimation. De plus, comme le dit l’auteur vu que le chiffre n’est pas publié, il est difficile de dire un chiffre avec précision, on ne peut que faire un estimation (cependant, il a suffisamment d’outils pour pouvoir faire des prédictions plus au oins fiables)

      1. « ce n’est qu’une estimation » je crois que prédiction est un terme plus adéquat qu’estimation

      2. Petite précision extrêmement importante: ce que je cite se sont les estimations les plus basses.

        Il est vraiment difficile à dire quel est le déficit public réel au Vénézuela avec des ministres et une banque centrale mentant ouvertement et refusant de donner les comptes. Mon estimation est la plus basse. Certains estiment qu’elle tourne autour de 25% (comme mis dans l’article).

        Quand à l’estimation de l’inflation en 2016, je cite aussi les estimations les plus basses. Il y a des estimations bien plus élevés. Le FMI, par exemple, estime que l’inflation en 2016 va atteindre 500 %: http://www.el-nacional.com/economia/FMI-Inflacion-Venezuela_0_776922332.html

        1. Pour être précis, l’inflation sera supérieur à 500% selon le FMI et risque d’atteindre 720 % selon le FMI: http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-01-22/imf-sees-venezuela-inflation-rocketing-to-720-percent-in-2016.
          Selon la plupart des économistes,l’inflation sera sûrement supérieur à 500 %.

    2. http://www.cetri.be/Venezuela-Retomber-dans-la (ce site est pourtant fortement marqué à gauche et lié à l’extrême gauche. c’est très rare de voir de gens de gauche radicale reconnaitre le désastre du Vénézuela). C’est ce site qui parle de l’étude sur la pauvreté. Etude auquel on participé des organismes officiels ce qui tends à dire que la réalité est sans doute bien pire

    3. 73% des foyers et 76% des Vénézuéliens sont en situation de pauvreté en 2015 (les chiffres que je citais avant c’était pour 2014). https://blogs.mediapart.fr/socializ/blog/231115/venezuela-record-la-pauvrete-atteint-73-des-foyers

  7. N’oublions pas l’explosion de la criminalité sous le pouvoir chaviste. Le Venezuela est l’un des pays es dangereux au monde. En 2015, il y a eu plus de 27.000 morts par balles. Pratiquement, aucun meurtre n’a été élucidé. Les criminels peuvent agir en toute impunité au Vénézuela. Remercions le chavisme pour cela

  8. eh oui …le souvenir de mélenchon vantant toute les succès des « progressistes  » de chavez à la gauche grecque…

    1. On peut aussi citer Corbyn, leader du parti travailliste qui loue le chavisme et le Vénézuela chaviste. Aujourd’hui, encore, il refuse de faire un mea culpa sur le Vénézuela. Enfin, venant d’un mec lié au terrorisme islamiste, rien ne m’étonnes.
      On pourrait aussi parler de Podemos qui est fortement inspiré du chavisme

      1. Lié aux térrorisme Islamique? Vous pouvez développer?

        1.  » Lié aux térrorisme Islamique? Vous pouvez développer?  »

          Le Hezbollah est un allié du régime vénézuélien.

          D.J

          1. Je parlais de Corbyn pas du Vénézuela mais vous avez raison

        2. Il est lié à des organisations terroristes (hamas, hezbollah) et aux milieux négationnistes (niant la shoah) et complotistes (niant le fait que le 11 septembre soit dû à Al Qaeda).
          Je suis étonné que seul la presse britannique en parle (et que les médias internationaux taisent une tel information).
          D’ailleurs, récemment, il a envoyé une lettre à un juge (pratique qui se fait en GB) pour demander la libération de voleurs qui volaient…..au profit de l’état islamique

  9. Je suis d’accord avec cette analyse.
    Néanmoins, pour être juste, il faudrait aussi parler de la situation dans laquelle Chavez a repris le pays.

  10. Le Vénézuela détient le record de l’inflation: http://www.el-nacional.com/economia/Inflacion-cerro_0_769123206.html
    270,7% en 2015. Aucun autre pays ne fait mieux

  11. Un excellent article au sujet de la sécurité au Vénézuela: http://www.inhesj.fr/sites/default/files/cs27_28_vasquez_lezama_weinberger.pdf

    Entre 2002 et 2012, le taux de mortalité toute cause confondue a augmenté de 30 % au Vénézuela d’après les chiffres officiels.

    1. Une excellent vidéo sur les prisons vénézuéliennes: https://www.youtube.com/watch?v=9G6H5Z_JzOc&feature=youtu.be (cela peut permettre de se faire une idée de ce pays et de la sécurité au Vénézuela).
      Au Vénézuela, les prisonniers ont des fusils d’assaut automatiques, ce sont eux qui gèrent les prisons (tout cela se fait avec la complicité du gouvernement)

  12. En 1999, lorsque Chávez s’empara du pouvoir, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, la PDVSA, avait 51 000 employés et produisait 63 barils de pétrole brut par jour et par employé. Quinze ans plus tard, la PDVSA compte 140 000 employés et produit 20 barils de pétrole brut par jour et par employé. Aujourd’hui, d’exportateur, le Venezuela est devenu importateur de pétrole. http://af.reuters.com/article/algeriaNews/idAFL5N0R33EC20140902

    La dette de PDVSA approcherait 114 milliards de dollars (105 milliards d’euros). Il faut bien comprendre que PDVSA est le bras armé du clientélisme chaviste. PDVSA mène de nombreux  » programmes sociaux » (c’est surtout de l’achat de votes ) au détriment de ses investissements pétroliers.

    Je ne parle même pas des détournements de fonds au profit de proches du pouvoir chaviste.

  13. Histoire classique.
    Le pouvoir peut être pris de différente façon, dont la voie électorale, mais après, c’est une autre chanson qui commence. Et si acheter des électeurs ne suffit plus et bien … on se passera des électeurs.
    N’attendez pas autre chose de Maduro que ce qu’on à vu partout et toujours. C’est déjà une dictature, alors un peu plus un peu moins … D’ailleurs il l’annonce sans scrupules.

    Ce qui se passera ensuite n’est pas écrit. Trajectoire cubaine ? argentine ? chilienne ?

  14. Normalement on ne devrait plus évoquer l’économie socialiste quand on parle d’économie sinistrée tellement que les deux sont intrinsèques.

    D.J

    1. en pleine épidémie du virus zika

    2. Il manque de tout (médicaments, dentifrice,…). Selon le ministre de santé vénézuélien, s’il manque de dentifrice au Vénézuela c’est à cause des vénézuéliens qui se lavent trop les dents, c’est car les vénézuéliens se laveraient les dents trois fois par jour. http://unmundotriangular.blogspot.be/2016/01/ministra-de-salud-escasez-de-crema.html
      Mentalité chaviste: causer la pénurie puis accuser le peuple d’être responsable

  15. Selon Forbes, le Vénézuela serait en défaut imminent. Le Vénézuela risque fort de faire faillite en 2016. http://www.forbes.com/sites/kenrapoza/2016/01/20/venezuela-default-imminent-chavez-legacy-rests-in-pieces/#630f3174208f
    (P.S le chiffre de l’inflation cité ici dans cet article de Forbes est celui de la banque centrale vénézuélienne, chiffre considéré comme non fiable et largement sous évalué par tous les experts sur le sujet).

    1. Depuis 2009, la Chine a prêté 60 milliards USD au Venezuela. Le défaut de paiement est inévitable à terme pour bcp d’experts

    2. Sans nouvelle aide chinoise, le Vénézuela sera en défaut de payement d’ici la fin de cette année. Donc, tout va dépendre de l’attitude de la Chine

  16. Taux de change sur le marché noir à 1000 bolivars / USD.
    Taux de change officiel à 6,3 bolivars / USD.
    Succès du chavisme.

    1. 1 dollar valait 5 bolivars en 2010.Aujourd’hui,1 dollar vaut plus de 1000 bolivars

  17. Le Venezuela importeaujourd’hui 550’000 barrils de brut de pétrole des USA (alors qu’à la base, ce pays possède parmi les plus grandes ressources de pétrole au monde). http://atodomomento.com/pdvsa-importo-un-embarque-de-550-000-barriles-de-crudo-de-estados-unidos/
    Vive la réussite du chavisme

  18. Comme tout bon pays socialiste, le vénézuela est confronté à une fuite des cerveaux qui mine le pays: http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/91210/la-fuite-des-cerveaux-fragilise-le-venezuela.html
    les entrepreneurs et les vénézuéliens les plus diplômés et les plus dynamiques ont fui le pays

  19. Venezuela: Merentes directeur de la BCV et le calcul… 7×7=36…pas étonnant que tout aille mal!

  20. Au Venezuela, environ 300 milliards $ des fonds de la République vénézuélienne ont été volés, donnés à leurs amis, par Chavez et Maduro en 17 ans. Cela s’est l’estimation la plus basse. Certaines estimations parlent de plus de 600 milliards $.

    Rosines Chavez(fille du dictateur) vit dans un appartement de luxe valant plus de 5 millions d’euros dans Trocadéro à Paris avec l’argent volé en provenance du Venezuela par son père.
    Rosines, c’est sa fille qui posait avec une liasse de billets: https://pbs.twimg.com/media/CachRfMWcAAXrAD.jpg:large

  21. Le salaire moyen au Vénézuela c’est 9,41$ soit 9648,16 bolos fuertes. Le prix d’une boîte de thon au Venezuela est 736 VEF, avec le salaire moyen , on peut donc acheter 13 boîtes de thon au Vénézuela avec le salaire moyen.

  22. 180,5%, l’inflation officielle au Venezuela en 2015, un record mondial. Il est clair que les chiffres officiels sont truqués et que la réalité est encore pire (à savoir une inflation à plus de 270 % en 2015).
    http://www.latribune.fr/economie/international/180-5-l-inflation-officielle-au-venezuela-en-2015-un-record-mondial-552074.html

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