L’omerta du lobby éolien se fissure

Publié Par Claude Brasseur, le dans Énergie et matières premières

Par Claude Brasseur.

Parc éolien CC NguyenDai

Parc éolien CC NguyenDai

Le sénateur John Madigan a remis à la presse le rapport intermédiaire du Sénat australien1 sur les effets sanitaires des éoliennes industrielles (IWT, Industrial Wind Turbines). On y lit que les sénateurs ont été profondément affligés par les propos et les méthodes du lobby des énergies renouvelables, des promoteurs et des fabricants d’ IWT, de certains fonctionnaires ou membres du personnel académique2 qui tournent en dérision et raillent les victimes, victimes qui tentent de décrire leurs souffrances.

Les sénateurs australiens se déclarent sensibles aux malheurs des familles qui ont dû fuir leur maison et qui, faute de moyens, errent dans la misère. L’une d’entre elles a dû fuir une maison occupée depuis 5 générations ! À distance des IWT, constatent les sénateurs, la plupart des victimes guérissent. La thèse du « nocebo » présentée par le professeur Simon Chapman n’est pas retenue. Chapman nomme le « syndrome éolien » « une maladie de communication », donc d’origine psychologique et générée par le fait qu’on parle des IWT.

Les sénateurs estiment que des normes doivent être établies. Ces normes doivent éviter les souffrances bien réelles des victimes. L’État australien a pris position : ces normes devront être respectées.

Le rapport concerné est évidemment beaucoup plus long et il s’agit ci-dessus de l’essentiel des § 13 à 16 et LA question que tout le monde peut se poser est : comment a-t-on pu installer 200.000 IWT dans le monde sans que des normes objectives soient fixées pour protéger les populations de ces machines3 qui, de plus, vivent à 50% d’aides de l’État ? Il y a même un État, le Québec, qui construit et installe des IWT alors qu’il est « noyé » dans l’électricité de ses barrages !

Une escroquerie peut durer des décennies. Pour qu’elle cesse, il faut qu’un individu courageux trahisse l’omerta, la loi du silence, et porte à la connaissance du public le contenu des documents internes de l’entreprise où il apparaît que les escrocs savent parfaitement qu’ils nuisent4.
C’est ce qui est arrivé en Australie où Pacific Hydro a confié à un acousticien, Steven Cooper, une enquête auprès de victimes d’IWT. Les 1.000 pages de son rapport témoignent des dégâts liés aux IWT et montrent qu’il s’agit plus d’effets cumulatifs que de sensibilité immédiate5 et sur cette base Pacific Hydro s’est permis d’affirmer qu’il n’y avait aucun lien entre les infrasons des IWT et les plaintes des victimes…

C’est pourtant le rapport de Steven Cooper qui a déclenché l’enquête du Sénat australien dont le rapport final sera présenté au mois d’août 2015. Pour la première fois, une autorité politique s’inquiète de la santé des citoyens face aux IWT ! Précisons que, questionné par le Sénat, Steven Cooper a signalé que son contrat lui interdisait d’utiliser les éléments de son travail. Par « privilège », le Sénat lui a accordé le droit et le devoir de parler librement. Il n’est pas le seul à avoir parlé ! Le Sénat a reçu plus de 400 documents de victimes….

Ma proposition d’enquête objective sur les effets sanitaires des IWT porte le n° 357. N’importe qui peut la faire avec l’aide d’un mathématicien compétent en statistique et, pour la Belgique, seule manque l’autorisation que j’ai demandée à plusieurs ministres concernés. Cette méthode est à la disposition de ceux qui la demandent.

Déjà le Sénat australien recommande la création d’un « Comité indépendant d’experts scientifiques sur le problème des bruits industriels » orienté vers les effets sanitaires des IWT. Il se déclare à la recherche de méthodes objectives, comme celle que je propose, pour quantifier les effets des infrasons des IWT. Le Conseil Supérieur de la Santé belge, dans sa publication 8738, propose en 2013, au point 8, une collaboration internationale. L’espoir est donc permis. L’omerta ne sera pourtant pas facile à vaincre car le lobby éolien a les moyens d’imposer ses vues dans les médias…

 

  1.  Il s’agit du « The Senate Select Committee on Wind Turbines » créé en décembre 2014 en Australie.
  2.   En France, la Ministre Ségolène Royal, noyée sous les plaintes de victimes d’IWT, déclare sereinement que rien ne lui est parvenu. L’ANSES, alerté e.a. par moi-même, ne réagit pas… En Belgique, des écrits couverts par le professeur Huart de l’ULB, permettent au Ministre Di Antonio de déclarer que « les infrasons sont sans effets connus sur la santé ». Je veux croire qu’ici, en Belgique, c’est par surcharge de travail que les spécialistes contactés par mes soins et par d’autres ne répondent pas…
  3.  C’est seulement en 2015 que l’Ordre des Médecins allemand exige une enquête et des normes pour limiter les nuisances des IWT. Ces nuisances sont connues de la NASA depuis 1985 !
  4.  Les nuisances du tabac étaient connues des cigarettiers depuis des décennies, preuves à l’appui, avant qu’un responsable interne ose briser l’omerta. Depuis lors, les non-fumeurs sont protégés dans les lieux publics…
  5.  Une famille très « écolo » avait accueilli avec enthousiasme une série d’IWT sur ses terres, IWT qui lui assuraient en plus un confortable revenu. Toute la famille est malade mais n’a pas les moyens de fuir…
  1. Bien avant tout le monde, le docteur Gavreau du laboratoire d’électro-acoustique de Marseille, en 1963 observait que : « les chercheurs de son équipe sont sujets à des nausées et des maux de tête violents et inexplicables. Puis ils découvrent qu’un ventilateur est la cause de leurs problèmes : la machine en tournant émettait un son à une fréquence de 7 Hz qui, amplifié par le conduit d’aération où elle était encastrée, devenait insupportable bien qu’inaudible ».
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Infrason

  2. étonnant que les australiens soient en pointe pour ce problème alors qu’ils disposent de zones désertiques bien suffisantes pour mettre à l’abri sa population des nuisances éoliennes.
    C’est certainement plus préoccupant dans certaines zones françaises.

    1. Le vent est bien souvent côtier et l’urbanisation est sur les côtes.

  3. En France, la proposition du Sénat, émanant du regretté sénateur Jean Germain, qui consistait à avoir une distance d’au moins 1 km entre une éolienne et une habitation, a été refusée par Ségolène et donc par les députés qui ont suivi ses directives.

    1. Il faut installer une éolienne dans les jardins du Luxembourg : les sénateurs ont droit aussi à leur énergie propre !

      1. et une décharge

    2. De toutes façons, en fRance, vous n’êtes pas chez vous malgré un titre de propriété. Vous êtes chez … l’état qui a tous droits de vous expulser de différentes manières. L’implantation d’une éolienne étant la plus subtile, ou mieux, la plus perverse.

    3. j’ai lu quelque part que l’OMS recommandait une distance de sécurité de 10 km. Est-ce réaliste?

    4. 1 km, 100 m ou 10 km, ça ne fixe pas le bruit subit (ou pas ; selon la direction du vent). Cette limite n’avait pas de sens physique. Et comme en France il n’existe quasiment pas d’endroit qui sont à plus de 1 km de toute habitation, c’était une interdiction de facto à peine déguisé. J’aime pas les éoliennes, mais ce genre de procédé me débecte

      1. Et l’indemnisation, ce ne serait pas possible ❓

  4. Quand on t’impose des choses, impose les tiennes. Ces gens devraient demolir ces eoliennes au lieu de se tourner vers l’etat.

    1. On démonte bien des McDo !

    2. Démolir des éoliennes coûtant des millions d’euros… N’est-ce pas là du vandalisme et n’est-ce pas un crime ? Tout antis que les réfractaires soient, je les pensais quand même un minimum civilisés.

      D’autre part, outre le fait qu’il n’a jamais été prouvé que les éoliennes causaient systématiquement des problèmes de santé aux riverains, je trouve malhonnête de ne se focaliser que sur les mauvais côtés des éoliennes et ils sont rares, que dire des profits et des emplois créés par elles ? Comme s’il existait une technologie irréprochable, et je pense bien sûr aux centrales nucléaires en premier lieu.

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