Oubliez l’Europe, l’avenir est dans les pays émergents

Publié Par Alex Korbel, le dans Économie internationale

L’Europe recule de plus en plus face au développement des pays émergents, comme vient le confirmer une étude PwC. Que l’on aime cela ou pas, il est temps de s’adapter et de laisser le pays se lancer dans une nouvelle aventure mondiale.

Par Alex Korbel.

J’ai une mauvaise et une bonne nouvelle pour vous.

La mauvaise, c’est qu’en 2050, les plus grandes économies européennes ne seront que les neuvième, dixième et onzième au niveau mondial, selon PwC (ex-PricewaterhouseCoopers).

La bonne nouvelle, c’est que selon HSBC, une révolution de la consommation se profile, tirée par une expansion sans précédent de la classe moyenne mondiale.

La consommation des marchés émergents pourrait représenter près des deux tiers de la consommation mondiale en 2050, contre un tiers aujourd’hui. Près de 3 milliards de personnes se joindront aux classes moyennes d’ici 2050. La quasi-totalité de ces personnes vivront dans les pays émergents. En 2050, le travailleur chinois aura vu son revenu annuel multiplié par sept dans un pays de 1,4 milliard d’habitants; par six en Inde ; par neuf aux Philippines avec une population deux fois plus nombreuse que l’Allemagne. Leur budget familial verra les dépenses de première nécessité baisser et les achats discrétionnaires augmenter. Cela ouvrira un marché presque inimaginable aux entreprises du monde entier.

Les conclusions à tirer de cette double évolution

Premièrement, l’État français a vraiment besoin de changer de cap en menant une politique économique de l’offre pour stimuler la croissance à long terme du pays. Il n’y a pas de raison que la France soit plus pauvre que l’Allemagne en 2050 parce qu’elle n’a pas pu se réformer comme l’a fait la Suède.

Deuxièmement, les entreprises françaises doivent autant que possible réorienter leurs activités vers les pays émergents, dont le Mexique, le Brésil, l’Indonésie, les Philippines, la Malaisie, la Russie, la Turquie, la Thaïlande, la Colombie et tous les pays qui auront une économie plus prospère que la nôtre d’ici-là. Elles devront aller chercher les consommateurs là où ils seront. L’État français peut les aider en négociant dès aujourd’hui des traités de libre-échange avec les pays émergents.

Une nouvelle aventure

L’Europe va devenir de moins en moins pertinente dans l’économie mondiale à mesure que progressera ce siècle. Ce développement verra l’une des plus grandes civilisations du monde se marginaliser culturellement et géopolitiquement. Ce déclin aura des inconvénients (j’espère sans y croire que la démocratie libérale ne perdra pas du terrain) mais cela ne le rend pas moins inévitable.

Le débat sur l’Europe est obsolète. L’avenir de la France se joue partout sauf sur le vieux continent. Que l’on aime cela ou pas, il est temps de s’adapter, de débarrasser la société des bureaucraties parisienne et bruxelloise et de laisser le pays se lancer dans une nouvelle aventure mondiale.


Article paru initialement sur 24hGold.

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    1. Ce n’est pas de la SF c’est déjà le cas : pour le PIB nominal la France devance le RU ; pour le PIB PPA cela varie selon les classements : le RU est placé soit juste devant soit juste derrière. Les deux pays sont au coude à coude.

      1. La France n’a dépassé le Royaume-Uni qu’à la faveur de la crise de 2008. Aujourd’hui, des classements en PIB PPA (la seule mesure qui vaille, le nominal ne signifie pas grand chose dans l’absolu) montrent que le Royaume-Uni est repassé devant. Je ne parle pas du PIB PPA par tête qui donne clairement l’avantage au Royaume-Uni. Surtout à terme, le Royaume-Uni a un chemin de croissance plus élevé que celui de la France.

  1. Par ailleurs, ces rivalités puériles entre Etats qui se tirent la bourre à savoir qui aura la plus grosse en 2050 ne devraient pas cacher le fait que si la Chine risque de rattraper les Etats-Unis en termes de PIB PPP, il n’en restera pas moins que les Américains seront vastement plus riches sur le plan individuel que les Chinois même en 2050. Or, c’est ce qui devrait compter pour un individu.

  2. Je suis de l’avis de Blueglasnost, mais cela ne change rien au fait que l’avenir des entreprises occidentales se situe en Asie. Par contre, le sujet énergétique m’inquiète un peu. Où allons-nous trouver l’énergie nécessaire pour alimenter la consommation d’une population asiatique aussi gigantesque lorsqu’elle consommera autant qu’un américain? Nous sommes déjà confrontés à une pénurie, et je me demande si ce point ne risque pas de nous contraindre tous à une croissance zéro…. à moins qu’une innovation technologique majeure se produise.