Le durcissement de l’anti-hollandisme

Publié Par Contrepoints, le dans Politique

À l’antisarkozysme primaire succède semble-t-il une fronde de même nature contre le nouveau locataire de l’Élysée.

Un article du Parisien libéral.

Rebondissons sur l’analyse du journaliste du Monde, Samuel Laurent, qui a étudié la blogosphère politique française en coopération avec Linkfluence.

Il écrit dans son chapitre »Anti-hollandisme » et ponts avec l’extrême droite :

Si Opposition Républicaine essaye de faire dans la critique « de fond » et « s’interdit de tomber dans la facilité de taper sur ‘Flanby’ », le sobriquet dont les sympathisants de droite affublent souvent François Hollande, d’autres ont moins de scrupules. De sa cravate de travers à sa compagne en passant par ses tics de langage, le « Hollande bashing » fleurit dans la blogosphère de droite, comme l’antisarkozysme avait servi de ciment à celle de gauche entre 2007 et 2012.

Il est vrai que mes propres billets sur mon blog ne sont pas exempts de cette tendance qui consiste à nommer le président de la République du nom d’un dessert lacté caramélisé. [1]

Alors, posons-nous la question : pourquoi l’anti-Hollandisme ?

Réponse : parce que Hollande a été élu, non pas sur un programme, mais avant tout parce que les gens ne voulaient plus de Sarkozy. Qui l’affirme ? Tout le monde, surtout à gauche :

  • Ainsi dans la gauchosphère trouve-t-on l’argument suivant dans le blog voie militante : « Raison #1 : Sarkozy n’aime pas les gens. Nous nous souviendrons longtemps de ses insultes répétées, de ses frasques. Je crois que ce n’est pas le cas de François Hollande. »
  • De même dans les tribunes d’intellos qui s’expriment dans le Monde et commencent par « Beaucoup d’électeurs veulent faire barrage à Sarkozy ».
  • Aussi du côté des élus socialistes comme Raymond Occolier qui affirme « Les gens n’avaient pas bien lu le programme de François Hollande ! Les Martiniquais ont d’abord voté contre Sarkozy. Certains étaient certes conscients du projet de « mariage » homosexuel, mais ils s’imaginaient que cela ne passerait jamais dans l’opinion, tout comme le vote des étrangers. »

La première source du « Hollande bashing« , c’est la campagne de Hollande elle-même. Les meilleurs opposants au nouveau président ont été les communistes qui voient en Hollande un capitaine de pédalo, et les socialistes, qui savent qui est Hollande. Surtout son ex compagne, Ségolène Royal. Cela n’a pas échappé aux membres de l’UMP qui en ont profité dans ce clip pour moquer leurs opposants politiques :

La deuxième source du « Hollande bashing », c’est l’attitude outrancière de la gauche socialiste entre 2007 et 2012. On pouvait ne pas être d’accord avec Sarkozy, ses nationalisations, ses augmentations d’impôts, ses lois et son interventionnisme ultra étatiste ainsi que sa politique keynésienne et ultra socialiste, mais fallait-il l’attaquer sur sa taille, ses origines familiales, son phrasé.

Sur le plan politique, peut-on :

  • dénoncer (à juste titre) la droitisation de l’UMP et ne pas dénoncer la gauchisation du PS ?
  • insister sur les affaires qui concernent l’UMP et ne pas voir celles au PS ?

Il faut de la cohérence. Si on ne veut pas d’un petit (de taille) avocat de Neuilly à la diction incertaine et entouré de gens mis en examen ou condamnés, prêts à tout pour gagner y compris à défendre certaines des idées de la fille à papa de Saint-Cloud, alors comment peut-on vouloir d’un petit (de taille) énarque de Neuilly à l’orthographe incertaine et entouré de gens mis en examen ou condamnés, prêts à tout pour gagner y compris à défendre certaines des idées de Mélenchon ?

La vérité c’est qu’entre 2007 et 2012, Sarkozy, au-delà des erreurs (fatales) de style, a pratiqué la politique que la gauche aurait fait : hausse des impôts, hausse du déficit pour ne pas couper dans les dépenses publiques, tentative de rationaliser la gestion de l’État, nombre record de lois, interventionnisme public, politique diplomatique active (mépris de nos partenaires européens et compromis entre des alliances classiques et des nouveaux partenariats). Voyant cela, la gauche ne pouvait pas vraiment critiquer le fond, elle a donc critiqué la forme, oubliant que Hollande est un millionnaire qui déjeune dans des restaurants bien plus chers que le Fouquet’s et se déplace en jet privé. Et ne parlons pas de DSK et de ses steaks à 242 $.

La troisième source du « Hollande bashing« , c’est que les Français, notamment les libéraux, ne sont pas dupes. Ils savaient que Hollande augmenterait la TVA, par exemple, ou que ce que les électeurs de gauche dénonçaient chez Sarkozy se retrouverait chez Hollande, comme les expulsions de Roms ou le non respect de la séparation des pouvoirs. En dehors du fait de gagner et conserver le pouvoir, quels sont les moteurs d’action chez Hollande ? Quelle est sa vision, en dehors des toujours-plus-d’État et toujours-moins-de-libertés ?

Enfin, pensez-vous que Mitterrand aurait pu être président de la République à l’heure de Youtube, Dailymotion, Facebook et Google ? Sarkozy a été le premier président français vivant à l’heure du net 2.0.

Le vrai moteur du Sarkobashing a été la transparence de l’Élysée, voulue ou subie.

C’est pourquoi on peut affirmer : vous avez aimé le Sarkobashing ? Vous adorerez le « Hollande bashing ». Il n’y aura ni indulgence, ni respect !

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Sur le web.

Note :

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    1. Comment respecter un général qui perd 25% de ses troupes chaque année, un amiral qui perd un quart de sa flotte, un patron qui vend systématiquement à perte ou un chef de famille qui emprunte et endette sa famille pendant toutes sa vie ?

      Eh bien tout ses guignols ont signé pendant 38 ans d’affilée des budgets en déficit de 25% et ont endetté la France à hauteur de 1800 milliards après avoir pourtant monté les impôts à un niveau mondial record.

      Tuer l’économie, faire des pauvres, des chômeurs et endetter le pays à mort en prime… en temps de guerre ils auraient droit au mur.

      Là non, dans les médias on discute toujours champagne ou petit four et on y croit très fort : Ce coup ci, ça va marcher !