Pour la fin des subventions aux entreprises

Publié Par David Descôteaux, le dans Amérique du Nord

Chaque année, ce sont plusieurs milliards de dollars d’aides directes qui sont versées aux entreprises au Québec. Pour une utilité nulle.

Un article de David Descôteaux depuis Montréal, Québec

DollarOn varlope souvent les politiciens sur cette tribune. Mais quand l’un d’eux fait un bon coup, je veux le souligner. Le député péquiste Nicolas Marceau, qui m’a brièvement enseigné l’économie à l’UQAM, y est allé d’une envolée assez surprenante jeudi dernier.

Québec devrait arrêter de donner des milliards en subventions aux entreprises, a-t-il dit. Et à la place, devrait baisser leurs impôts. « Présentement, on donne plusieurs milliards de dollars par année en aide directe aux entreprises. Mais de toute évidence, cette stratégie ne fonctionne pas […] En baissant les impôts des entreprises, ça leur donne plus de marge de manœuvre pour investir. »

Fini les chouchous !

Bien d’accord avec mon ex-prof ! J’étais peut-être nul en algèbre à l’université, mais je comprends une chose : le premier avantage de couper dans les subventions — tout en diminuant les impôts du même montant —, c’est que TOUTES les entreprises en profitent. Autant GM que Gérard Suspensions. Fini, le favoritisme. Ça étoufferait du coup l’influence des lobbyistes, que seules les grandes entreprises peuvent se payer. Et ça nous épargnerait les scènes de coupages de ruban, où les politiciens tentent d’acheter des votes avec votre argent.

Surtout qu’en ce moment, le système profite avant tout aux multinationales. (D’ailleurs, avez-vous remarqué qu’on entend rarement les syndicats implantés dans les grandes entreprises, comme Bombardier ou Pratt & Whitney, critiquer les subventions aux entreprises ?) La grande majorité des PME québécoises ne reçoivent aucune subvention. Elles n’en demandent même pas ! Le processus coûte trop cher en temps et argent, pour le peu qu’elles reçoivent.

Mais des taxes, elles en payent. Nos petites entreprises d’informatique, de fabrication, ou d’équipements de toute sorte allongent beaucoup plus de taxes salariales (cotisations d’assurance parentale, CSST, RRQ, etc.) que leurs concurrents ailleurs au Canada. Des baisses d’impôts les rendraient plus compétitives, et encourageraient des entrepreneurs à se lancer en affaires.

Couper une partie des subventions nous ferait aussi épargner. Notamment sur les coûts administratifs. Pensez aux centaines de fonctionnaires qui doivent gérer la galaxie d’organismes qui se spécialisent dans l’« assistance sociale » corporative.

Quelle époque !

Selon Nicolas Marceau, ce serait une bonne façon de relancer l’économie. « Le Québec n’attire que 13 % des investissements privés au Canada, alors que la population québécoise représente près de 23,5 % des citoyens du pays », dit-il. « Depuis deux ans, il y a davantage d’investissements publics que d’investissements privés dans la province. C’est une situation absolument insoutenable ».

Amusant, quand même. M. Marceau est porte-parole du PQ. Un parti de gauche, reconnu pour son amour de l’interventionnisme et sa foi inébranlable en la sagesse des bureaucrates. Et cette mesure, c’est de la droite. Notamment parce qu’elle arracherait le pouvoir des mains des bureaucrates et des politiciens. Et laisserait le marché décider, sur une surface de jeu égale pour tous, qui mérite d’être le prochain « fleuron » de l’économie.

Et pendant ce temps, les anciens de l’ADQ — supposément de droite — se bousculent pour une place sous le jupon de François Legault. Un type qui veut encore plus d’intervention de l’État dans l’économie. Plus de bureaucrates, qui concoctent plus de plans géniaux pour décider quelles entreprises deviendront nos futurs « champions »!

Après ça on se plaint que les électeurs québécois sont irrationnels, et tout mêlés…

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  1. Les subventions aux entreprises sont une forme de corruption socialement acceptee. Elle est tout aussi injustifiable qu’une autre mais c;airement c’est de l’abus de position dominante de la part des politicards qui echangent ces subventions contre des tremplins politiques.