Trois raisons de ne pas subventionner les artistes
Publié le 13/06/2011

Un article de Reason (*), Los Angeles, États-Unis
Il y a quelques semaines, des stars d’Hollywood et des groupes d’influence comme le Creative Coalition ont déboulé à Washington D.C. pour faire du lobbying en faveur d’une augmentation des subventions des contribuables pour les arts et la culture. On se rappellera ainsi notablement l’acteur oscarisé Kevin Spacey qui a expliqué à Chris Matthew dans son émission Hardball qu’Abraham Lincoln était un très grand passionné de théâtre qui « comprenait avoir besoin de l’art pour reconstituer son âme » (Sans surprise, Spacey ne mentionna pas où Lincoln fut assassiné ni la profession de son meurtrier).
Mais en tout cas, subventionner l’art avec l’argent des contribuables est une mauvaise idée pour au moins trois raisons :
1. L’art financé par l’impôt est de l’art facilement censuré. En décembre dernier, La National Portrait Gallery a ainsi immédiatement retiré une vidéo de quatre minute intitulée « A Fire in My Belly » après avoir reçu des plaintes d’une Ligue catholique et de politiciens comme le républicain Eric Cantor (de Virginie), ou du représentant de la Chambre John Boehner (de l’Ohio), qui s’insurgeaient contre des images montrant des fourmis trottinant sur un crucifix. Il est difficile d’imaginer un muséum privé retirer si vite et si lâchement une œuvre polémique. Mais lorsque ce sont les contribuables qui payent, ceux qui sont les plus facilement offensés peuvent opposer un veto quasi-maffieux. En fait, en février dernier, le démocrate Anthony Weiner (de New-York), scandalisé, a même appelé a l’élimination d’une statue de 1922 à New-York pour l’aspect selon lui sexiste de la représentation qu’elle faisait des femmes.
2. Nous n’avons plus un rond. Les tenants des subventions pour la culture argumentent généralement que le budget de groupes comme le National Endowment for the Arts ne représentent finalement qu’un cent par citoyen, et que le coût d’un bombardier, par comparaison, est immense. Mais le gouvernement est sans le sou à tous les niveaux, et c’est donc de l’argent que nous n’avons pas. Les dépenses de défense, qui ont explosé de plus de 70% (ajusté de l’inflation) depuis 2001, devraient être considérablement réduites. Mais ça ne signifie pas que les plus petites dépenses pourraient continuer aussi, ou que les contribuables doivent à nouveau cracher au bassinet pour une nouvelle rediffusion des aventures du Dr. Who sur PBS (NDT : chaîne publique américaine).
3. C’est inutile. Rocco Landesman, le chef du National Endowment for the Arts, défendait l’octroi de subventions à des groupes comme la Troupe des Mimes de San Francisco en se basant sur le fait que ce groupe est connu mondialement et qu’il a grandement contribué à l’art en question. Ce qui revient à dire que ce groupe ne devrait avoir aucun problème à trouver des fonds auprès de mécènes privés pour l’aider. Les Américains donnent tous les ans autour de 13 milliards de dollars en dons divers pour les arts et la culture. C’est beaucoup d’argent et si cela ne suffit pas à financer toutes les demandes, des groupes comme cette fameuse Troupe de Mimes de San Francisco auront simplement à trouver de meilleurs moyens d’intéresser leur public…
Environ 2.45 minutes. Produit par Meredith Bragg et Nick Gillespie
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Traduit depuis Reason avec l’aimable autorisation du site.
(*) Reason est un magazine mensuel américain, édité par la Reason Foundation. Fondé en 1968, il défend des positions libertariennes et diffuse à environ 60.000 exemplaires.
Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=29203



En tant que libéral, il est plus facile de trouver des raisons de ne pas aller voter pour cette élection présidentielle que d'aller voter. Voici les principales....
Les politiciens n'arrivent décidément pas à sortir du registre émotionnel. Le politicien rationnel n'existe pas....
La castration favoriserait un comportement de serviteur zélé, ce qui est toujours souhaitable chez ceux en qui on place de hautes responsabilités et dans les mains desquels on concentre les pouvoirs...
L'art officiel est sans contrepoids : l’Etat, L’Eglise, les grands entrepreneurs, tout ce qui possède argent, pouvoir ou légitimité soutient aujourd'hui la même mouvance artistique qu’on appelle abusivement Art contemporain. (2e partie) ...
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La journaliste du Point, Judith Benhamou-Huet, spécialiste du marché de l’art, livre une véritable enquête sur le rapport à l’argent des artistes dans l’histoire...
L'effondrement récent des cours boursiers est le signe de l'incompréhension de la nature profonde de la récession aux États-Unis et en Europe...
Le libéralisme est une tentative d’éliminer, ou du moins de limiter, l’arbitraire dans les décisions humaines...

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Un internaute sur Youtube : « As an artist myself, if you cannot make a living by yourself in the FREE MARKET, then perhaps you should try another field. Perhaps everyone around you is too nice to tell you, « your art sucks »! »
Personnellement, je trouve tout à fait immoral de prendre de l’argent à la population pour financer des expositions, quelque soit leur contenu.
C’est inutile mais aussi néfaste, puisque les subventions développent l’art qui est médiocre au détriment de celui qui plait. Une forme de concurrence déloyale, en somme.
http://www.youtube.com/watch?v=Ho8KMOYzG-Q
c’est pourtant si bon …
L’impôt est levé sous la menace armée et il n’existe aucune légitimation à une telle violence pour subventionner l’activité artistique en tant que telle.
Même si je suis d’accord sur le principe de la non-subvention des artistes (quoique ça sert à mettre en valeur ceux qui ne sont pas subventionnés…) je ne trouve pas les arguments invoqués dans cet article très convaincants.
Alors pour quelqu’un qui ne serait pas d’accord sur le principe à la base, j’imagine que ce serait pire.
Y-a-il des exemples historiques de mouvement artistiques, notamment de théâtre, qui aient été financés exclusivement par du mécénat?
Antique, renaissance, moderne, la majeur partie de l’art à toujours été financé sur mécénat ou fond privé. La comédie Française fondée en 1680 par exemple ne représentait à l’époque qu’une infime partie des troupes de théâtres. La subvention massive de l’art arrive après la guerre.
Je ne crois pas. Le théâtre antique, par exemple, était très largement financé par des commandes publiques (et même exclusivement en ce qui concerne le théâtre grec, par exemple, la chorégie étant une charge fiscale). L’art de la Renaissance comme le théâtre classique étaient financés par des mécènes, mais ces derniers étaient la plupart du temps des nobles qui tiraient leurs revenus de rentes fiscales.
L’exemple vénitien est plus intéressant, puisque la cité vivait du commerce et finançait nombre d’activités et notamment la production artistique via les Scuole, qui étaient des associations privées. Ces dernières ont soutenu des courants artistiques qui ont révolutionné les techniques de peinture, en inventant rien moins que la perspective. Cependant, même dans un tel système les commandes publiques tiennent une part non négligeable dans le travail des Tintoret, Véronèse, etc.
Je ne connais donc pas d’exemple susceptible de constituer un modèle (mais je suis loin d’être versé en histoire de l’art).