Enfin une bonne nouvelle !

Publié Par David Descôteaux, le dans Non classé

Ça n’arrive pas souvent, mais les contribuables peuvent se réjouir aujourd’hui. La Caisse de dépôt a généré un rendement de 13,6% en 2010. Ça veut dire $20,1 milliards de plus dans ses livres (en incluant les dépôts nets). Ça nous touche : la Caisse gère les actifs de notre régime des rentes (RRQ), des régimes de retraite des fonctionnaires et du fonds de la SAAQ, entre autres.

On se souviendra qu’en 2008, la Caisse avait perdu 40 milliards, ce qui avait créé des trous dans la plupart de ces fonds. Et quand il y a pertes, les contribuables doivent un jour ou l’autre éponger, en payant plus de taxes ou des cotisations plus élevées sur leur chèque de paye.

Mais en date d’aujourd’hui, la Caisse a rattrapé le trois quarts de cette perte. Vu la gestion douteuse des finances publiques par notre gouvernement, c’est bon de savoir que la Caisse performe.

La Caisse a surpassé le rendement de ses pairs par 4,1%. Ça montre que ses gestionnaires ont fait un excellent travail. On leur a souvent lancé le pot dans les dernières années, mais aujourd’hui, ils méritent les fleurs.

Merci Ben !

Le président de la Caisse, Michael Sabia, ainsi que les gestionnaires de caisses de retraite partout dans le monde, peuvent aussi dire merci à un homme : Ben Bernanke, le patron de la banque centrale américaine (la Fed). Comme le souligne le magazine The Economist dans son édition du 19 février, « quand vous achetez des actions, vous misez sur Ben ». La Fed a sorti sa planche à billets pendant la dernière année, achetant des titres financiers à coups de centaines de milliards, dans le but avoué de soutenir les cours de la bourse et les marchés financiers en général.

Or dans l’ensemble des portefeuilles de la Caisse, celui des actions est le plus gros. Il représente près de 50% de l’actif (ce portefeuille inclut aussi les placements privés). Et il a profité d’un rendement appréciable de 14,6%.

La Caisse peut aussi dire merci à la Chine. Sa forte demande de matériaux a fait grimper le prix des matières premières, secteur dans lequel la Caisse détient beaucoup d’actions et d’obligations d’entreprises. Soulignons que dans la plupart des catégories d’actifs – incluant les actions – les gestionnaires de la Caisse ont battu les indices de référence.

Que réserve l’avenir ?

La Caisse pourra-t-elle maintenir le rythme ? Les fondamentaux de l’économie son beaucoup moins reluisants que ce que les marchés boursiers laissent croire. Le chômage est encore élevé aux États-Unis, et les économies chinoise et canadienne semblent sur le point d’amorcer un ralentissement, après un boom immobilier.

Michael Sabia est conscient que malgré une bonne année 2010, des risques pointent à l’horizon. « La course est un marathon, pas un sprint », a-t-il dit en conférence de presse. Il a cité la crise au Moyen-Orient, la sortie de crise en Europe et les risques liés au retrait des plans d’assouplissement quantitatif aux États-Unis.

La demande mondiale va continuer d’augmenter avec la croissance des pays émergents, estime M. Sabia, qui croit pouvoir bien gérer le risque. On le souhaite.

Pour aujourd’hui, réjouissons-nous de ces résultats. La RRQ et le régime de retraite des employés de l’État, entre autres, sont des promesses de paiements futurs que l’État aura beaucoup de difficulté à tenir. Plus la Caisse performe, plus elle évite aux  contribuables de renflouer ces programmes.

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