Tintin, « l’anticommuniste primaire »

90 ans de Tintin : on a longtemps réduit Tintin et Hergé, son créateur, à des anticommunistes primaires. Il nous faut pourtant reconnaître aujourd’hui que « Tintin au pays des soviets » était bien plus près de la vérité que ses détracteurs…

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Tintin, « l’anticommuniste primaire »

Publié le 10 janvier 2019
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Par Corentin de Salle.

Comme chacun sait, Tintin au Pays des Soviets  est sortie en version colorisée en 2017. Comme tous les autres lecteurs de ma génération, je l’ai découvert en noir et blanc durant mon enfance. Mais quand on évoque cette bande dessinée, je pense directement à une autre : une planche de Claire Bretécher lue durant mon adolescence. Claire Bretécher était, dans les années 70, la dessinatrice vedette du Nouvel Obs. Elle séduisait chaque semaine un public de gauche bourgeois et cultivé (on ne disait pas encore « bobo » à l’époque) car, avec talent, elle tournait en dérision ce milieu qui adorait se voir étrillé de la sorte.

Le gag tient en une planche : un enfant lit un exemplaire de Tintin au Pays des Soviets (acheté dans une brocante ou autre part). Sur ces entrefaites, les parents arrivent. Ils sont scandalisés. Ce sont des parents de la classe supérieure votant PS – typiquement le couple qui lit le Nouvel Obs – et, d’autorité, le père confisque l’album et décide qu’il est hors de question que son fils lise cette BD car elle véhicule un « anticommunisme primaire »… Mais, saisi d’un doute, il se demande subitement s’il ne s’agit pas de l’édition originale, auquel cas l’exemplaire vaudrait une fortune. Du coup, son attitude change du tout au tout et il dit, de manière admirative : « tu as eu le nez fin, mon fils ». Avant de s’apercevoir, déçu, qu’il s’agit en réalité d’une réédition.

Tintin devant les communistes

Aussi étrange que cela puisse paraître aujourd’hui, cette attitude de rejet de la première aventure de Tintin était très répandue dans le troisième quart du siècle passé. À cette époque, une portion importante des intellectuels, des journalistes, des enseignants, etc. était communiste ou proche des idées communistes. Et, pour beaucoup de gens, y compris les non-communistes, il était stigmatisant de se voir traiter d’anticommuniste primaire. Condamner trop brutalement cette idéologie rédemptrice du genre humain revenait à passer pour un ignare doublé d’un imbécile.

C’était également courir le danger de passer pour un être dénué de compassion face aux souffrances de la classe exploitée. Rétrospectivement, cela fait sourire quand on sait que la mise en œuvre criminelle de cette idéologie a fait 100 millions de mort dans le monde. Cet aveuglement volontaire face aux horreurs du régime soviétique a été abondamment commenté depuis, notamment dans Le passé d’une illusion, le remarquable ouvrage de François Furet et dans toute l’œuvre indispensable de Jean-François Revel.

On disait d’Hergé qu’il était resté prisonnier des préjugés petits-bourgeois de son milieu étriqué. Il est vrai que cette bande dessinée, réalisée en 1929 à partir d’une idée de son mentor, l’abbé Norbert Wallez, patron du journal Le Vingtième Siècle issu des milieux ultra-catholiques, était conçue, dès le départ, comme une entreprise de démolition des idéaux et valeurs communistes dans l’esprit des jeunes lecteurs. Pour autant, Hergé s’est documenté fort sérieusement.

Tintin découvre l’URSS

Notamment grâce à l’ouvrage Moscou sans voiles (1928) de Joseph Douillet : ce consul de Belgique en Russie avait séjourné dans ce pays de 1891 à 1926. Une autre source fiable d’inspiration, ce sont 17 articles d’Albert du prototype du grand reporter, un héros absolu du jeune Hergé : Albert Londres. Être reporter est resté le rêve inassouvi d’Hergé : Tintin lui a permis de le vivre par procuration.

Dans cette aventure, Tintin découvre et dénonce l’enfer communiste. La Guépéou, les commissaires du peuple, etc. sont dépeints comme des êtres démoniaques. On y voit la presse britannique enthousiaste visitant naïvement des usines en carton-pâte. On y voit des fermiers dépouillés, des enfants faméliques, des lieux sinistrés, etc. On a longtemps considéré cette bande dessinée comme une caricature. En réalité, Hergé était en deçà de la vérité. C’est d’ailleurs précisément au moment où Tintin prend son train pour Moscou, c’est-à-dire en janvier 1929, que Staline commence son entreprise de liquidation systématique des koulaks. Hergé a donc fait œuvre utile et patriotique en publiant cet ouvrage.

Tintin colonialiste

Évidemment, on peut critiquer Hergé pour quantité d’autres raisons. Tintin au Congo est une bande dessinée colonialiste. La Belgique était alors une puissance coloniale et Hergé a exprimé le point de vue partagé par une grande partie des Belges de son époque. Les catholiques, dont faisait partie Hergé, étaient colonialistes. Mais ce n’est pas une excuse : il aurait très bien pu ne pas l’être.

En effet, de nombreux politiciens socialistes et libéraux se sont opposés dès le départ à la colonie. Ainsi, pendant un quart de siècle, le libéral Walthère Frère-Orban (1812-1896) et Premier ministre à deux reprises, s’est vainement opposé au roi Léopold II désireux de coloniser le Congo. À cet égard, on lira l’étude de Jean Stengers L’anticolonialisme libéral du XIXème siècle et son influence en Belgique (1965).

Par ailleurs, Hergé a été arrêté à 4 reprises lors de la Libération : Pierre Assouline, son biographe, qualifie les années 1940-1944 comme « l’âge d’or » de la production hergéenne. Or, ses dessins paraissaient dans le journal Le Soir qui, sous la houlette de Raymond De Becker, collaborait avec les Allemands. Il eut toutes les peines du monde à obtenir le fameux « certificat de civisme » conditionnant alors la reprise de ses activités professionnelles. D’autres n’eurent pas cette chance.

Tout cela est vrai mais on oublie souvent que, à travers ses dessins, Hergé a lutté pour quantité de causes respectables. Il condamne la confiscation des terres des Indiens par les Blancs dans Tintin en Amérique. Dans Le Lotus Bleu, il ridiculise les préjugés xénophobes contre les Chinois. Dans Coke en stock, il dénonce le trafic d’esclaves noirs dans les pays arabes. Dans Les bijoux de la Castafiore, il combat les préjugés contre les gitans qui, en raison de leur mode de vie, sont erronément soupçonnés d’avoir volé lesdits bijoux. Etc.

Le hasard a fait que cette édition colorisée de Tintin au Pays des Soviets paraisse quelques semaines après que le parti communiste PTB eut été crédité de 19 % d’intentions de votes en Belgique francophone. Principalement chez les jeunes.

On insiste souvent, à juste titre, sur l’absolue nécessité du devoir de mémoire pour les victimes du nazisme lors de la seconde guerre mondiale. « Plus jamais ça ». Au-delà des commémorations et des anniversaires, il est vital, par des cours, des visites, des lectures, des témoignages, des spectacles, des activités, des voyages, de rappeler aux jeunes générations les crimes commis par les Nazis. Il faut, pensons-nous, rappeler avec la même vigueur et les mêmes méthodes les crimes du communisme. Apparemment, 19 % des Belges francophones semblent les avoir totalement oubliés…

Cet article a été publié une première fois en 2017.

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  • Excellent article, merci à Corentin de Salle.

    N’oublions pas le truculent capitaine Haddock, qui exprime avec vigueur sa révolte face aux injustices en tout genre. A l’époque du pays des Soviets il n’était pas encore présent aux côtés de Tintin. J’aurais bien aimé lire quelques un de ses jurons pour qualifier les commissaires du peuple 😀

  • Il faut aussi se rappeler que l’anticommunisme a été le faux nez de tous les fascismes mondiaux.
    Comme l’est l’anti islamisme actuel.
    L’Histoire bafouille faute d’être enseignée et comprise…

    • Donc vous sous-entendez que les anti communistes sont des nazis. Un classique des coco.
      Et ceux qui sont inquiets de l’intégrisme islamiste itou.

    • Il est également judicieux de se rappeler que l’antifascisme est le faux nez de tous les rejetons vénéneux du communisme, y compris les dernières lianes fangeuses qui enlacent amoureusement l’islamisme, ce « communisme avec Dieu ».

      Si l’Histoire ne va pas dans votre sens, ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de la réécrire.

    • L’idéologie en Allemagne de l’Est s’est parée des vertus de l’anti-fascisme. Tout y était anti-fasciste, officiellement en tout cas. Officieusement, la RDA est le seul pays d’Europe où existait un authentique parti national-socialiste avec locaux officiels, journaux, … où se regroupaient les anciens nazis, prisonniers de guerre,…, ceux qui étaient les mieux déradicalisés comme on dit aujourd’hui. Ce qui est une des explications du succès en Brandebourg-Poméranie de l’AfD. Ravi de vous avoir enseigné quelque chose….
      https://laviedesidees.fr/La-nouvelle-extreme-droite-allemande.html

      • @Thibs : L’Histoire nous rapporte que l’Allemagne (et pas seulement de l’Est) a été le nid du fascisme hitlérien. Vaincus par la force des armes juives, les Allemands se sont reconvertis à un autre fascisme, le fascisme vert qui dirige actuellement (avec quel succès!) la politique énergétique de leur pays.
        Cela leur a été d’autant plus facile que le premier des écolos s’appelait Adolf Hitler, premier Végan de l’Histoire, non buveur, non fumeur, adorant Sainte Nature et la vie au grand air.
        Une leçon de l’Histoire : Voilà ce que donne un écolo quand on lui laisse la bride sur le cou.

    • @ Phil
      De quel fascisme parlez vous? Le fascisme a été vaincu en 1945, et il était socialiste. Quand on ne connaît pas l’histoire on s’abstient de répéter bêtement les clichés diffamatoires de la gauche qui tente de se débarrasser de ses responsabilités en niant les faits. Mussolini et Hitler étaient socialistes et appliquaient des politiques socialistes!

    • C’est plutôt l’inverse: l’antifascisme a été le faux nez du communisme.
      Les travaux de l’historien Ernesto Galli della Loggia montre bien comment le parti communiste a utilisé l’antifascisme pour discréditer les anticommunistes. Technique reprise par la gauche non communiste. De Gaulle à son époque était qualifiée de fasciste. Quand on voit la longue liste de ceux qualifiés de fascistes on ne peut que désapprouver l’usage qu’il en a fait aujourd’hui.

      Vous savez même pas ce que le fascisme signifie signifie. Non il n’y a pas de fascistes aujourd’hui. Le fascisme renvoie à une idéologie précise.Une idéologie qui a pour but de créer un homme nouveau. Le fascisme est une idéologie totalitaire à la fois nationaliste et révolutionnaire. Lire « Histoire du fascisme » de l’historien Frédéric Le Moal pour comprendre ce qu’est le fascisme. Pour résumé c’est du national socialisme qui à la différence du nazisme n’a pas de dimension racialiste.

  • « À cette époque, une portion importante des intellectuels, des journalistes, des enseignants, etc. était communiste ou proche des idées communistes »

    Vous croyez que cela a changé?

    Non, sauf que depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’utopie socialo-communiste, les communistes se sont gentiment reconvertis en socialistes et écologistes.

    Mais sont toujours là, peu nombreux dans la classe ouvrière, pléthoriques dans la fonction publique et le para-publique subventionné, et quasi totalitaire dans les milieux « artistiques », ce qui leur permet dans ce dernier cas de passer pour des humanistes, alors qu’ils ne sont généralement que des saltimbanques, la plupart du temps ignares et incultes. Parfois ils se cultivent, avec l’âge et les textes qu’ils finissent par réciter par coeur.

    Le nazisme non, mille fois non, mais alors pourquoi le stalinisme, même Quelle différence entre-eux? sous un faux nez?

  •  » À cette époque, une portion importante des intellectuels, des journalistes, des enseignants, etc. était communiste ou proche des idées communistes »

    C’est toujours le cas!

  • Merci de cet article éclairant. Sans éprouver moi-même d’engouement pour les BD, et pas plus envers celles de Hergé, je dois parfois leur reconnaître un potentiel éducatif … dès que leur lectorat disposerait d’un niveau intellectuel et d’une lucidité ad hoc (ce qui est loin d’être confirmé par de tristes réalités sociales).

    Votre article pose le problème de la formation des mentalités et des schémas mentaux parmi les masses et chez chacun. Ainsi, face aux méfaits de « l’idéologie appliquée » : celle soviétique, celles asiatiques, celles d’Amérique latine, plus celles d’extrêmes-droites… force est de reconnaître un aveuglement social persistant.

    Au travers de conversations avec des amis belges (certains liégeois, me relatant le vécu d’une génération de nos pères), j’observe la fascination qu’ont nourris (et nourrit encore) ces dogmes parmi les couches de « parvenus » (un terme favori du PS belge) et ceux de jeunes ignorants aspirant à le devenir grâce à la croyance en des promesses fallacieuses.
    J’ai ainsi entendu l’attrait que des masses éprouvaient pour des leaders de l’entre-deux-guerres (’30-40’s) : non seulement un mercantile Thorez, des JP Sartre & Co en France, des Julien Lahaut & Co en Belgique, etc. il m’est rapporté que TOUS connaissaient l’existence des goulags …dès les années ’30s.
    Jamais (ou si peu) l’horreur de ces camps ne les éloigna de « racines mentales » élaborées durant leur prime jeunesse. Soit un exercice de recherches qui reste à mener de manière neutre et critique par notre smala de sociologues – de psychologues – voire par les tenants de l’histoire contemporaine…

    Comble de la stupidité et de l’art des manipulation des masses crédules : ces terribles leçons du passé n’ont guère servi. Ainsi peut-on voir les agissements actuels de nos Mélenchon & Co, d’un PTB belge et de bien d’autres « camaraderies » d’ailleurs.
    Surprenant aussi ? Peu des médias européens s’attaqueront à ces courants de « schémas mentaux » en les taxant de populisme aveuglé ou d’idéologies des extrêmes. Chez ces médias, la recherche du profit par élargissement de la base du lectorat suffit à accepter l’augure des pires !

    • @ The Wolff

      Qu’on ait connu l’existence des goulags dans les années 30 à 40 est possible chez quelques « têtes » du parti mais ce terme n’était pas encore introduit dan la conversation de ouvriers. L’anachronisme réel est la révélation de « l’Archipel du Goulag » où la vérité fut vraiment révélée par A.Soljenitsyne, en … 1973 (publication en édition française!). Là, la réaction fut généralement horrifiée! (Bon, personne n’a visité les prisons de V.Poutine!)

      Il n’est que normal que des socialismes, à la Française (Avec Fr.Mitterrand, déjà décevant) et Fr.Hollande (qui n’en a plus la couleur ni l’odeur), ou à la Belge où le P.S. reproche au gouvernement de droite « libérale » de ne pas réaliser ses propre choix politiques mais en exigeant bien plus que quand ils sont au pouvoir! (On peut y ajouter une professionnalisation malsaine de mandataires copains-coquins!). C’est bien cela qui détourne les électeurs honnêtement de gauche et qui les rapproche d’un J.L.Mélenchon ou du PTB, plus radicaux. Et leur ambition ne copiera jamais l’URSS et il n’y aura donc pas de comparaison raisonnable!

      La plupart des « ouvriers » actuels, en Belgique, ne sont pas des « pauvres » mais qui espèrent bien que leur pavillon construit dans le sacrifice relatif reviendra à leurs enfants!

      Vos médias, je vous les laisse!

      • Kravtchenko, jamais entendu parler ? C’était bien avant Soljenitsyne. Mais bon, comment faire boire un âne qui n’a pas soif ?
        La Chine non plus n’a pas copié l’URSS, ni Cuba, ni la Corée du Nord ou les Khmers rouges. Et pourtant, personne ne conteste que tous ces régimes étaient communistes. Et leurs dirigeants avaient bien plus qu’un pavillon 🙂

  • Quelqu’un pour m’expliquer (enfin) ce qu’est un anticommuniste primaire et aussi secondaire tant qu’on y est puisque l’existence des uns implique celle des autres. Et s’il existe d’autres catégories, tertiaire ou autre, ça m’intéresse aussi. Pour ma part je me suis toujours classé dans la catégorie des anticommunistes féroces.

    • @something peut être puise je vous éclairer étant passé par les diverses phase : – enfant stade primaire : j ai toujours préssenti l arnaque et l inox dans le concept même tout petit mais pas trop capable de l expliquer.
      – secondaire : ayant vécu ds une ex Rep ayant connu « les joies » du régime expérience vécue + lectures assidues
      – tertiaire / féroce : contrôler son envie de les echarper qd j en vois un , pas facile, il y en a partout et je les sniffe mieux qu un st Hubert sur une piste.

      • Merci pour cette réponse éclairante à ce qui n’était au départ qu’une boutade. C’est d’autant plus intéressant que ce que vous présentez comme le niveau secondaire est en général rejeté en bloc par les cocos avec l’excuse que « c’était pas du vrai bon gentil communisme qui rend forcément les gens libres, riches et heureux » et que pour eux il ne peut y avoir d’anticommunisme que primaire, i.e primitif, grossier, vulgaire ou déplorable (la Hillary touch). C’est pour ça qu’il ne faut pas discuter avec cette engeance, faut cogner.

        • @ something
          En réalité, est dit « primaire » une réaction quasi non contrôlée qui ne passe pas par l’analyse de la réflexion et les gens qui en sont victimes.

          J’ai connu un homophobe automatique, prêt à cogner!, Quelques racistes et beaucoup de xénophobes-light dans un pays que vous connaissez bien et où je fus environ 15 ans un « travailleur immigré », même si citoyen U.E., Bac + 12 et citoyen d’un pays autrement plus réaliste et tolérant!

          C’est problèmes-là sont souvent « primaires », réflexes, automatiques, pas toujours agressifs: ce sont des attitudes fondées sur l’éducation, l’idéologie unique « indiscutable », ou des expériences malheureuses et traumatisantes.

          • J’en déduis qu’il pouvait y avoir des anticommunistes primaires dans les années 20 quand on ne savait pas encore, mais que depuis que cette merveilleuse doctrine a fait les preuves de sa nocivité ce type de réaction ne peut plus passer pour non contrôlée et ne peut donc plus être qualifiée de primaire.

    • « Primaire » est ce qui est entièrement pris en charge par la moëlle épinière.
      Par exemple, le réflexe rotulien, la marche, la participation à une manif, regarder la télé …

  • Bon article sauf pour l’utilisation du terme « ultracatholique » tout aussi dénué de sens que l’est « ultralibéral ». D’ailleurs, qu’un abbé soit « ultra »catholique semble être la moindre des choses !

    • @ Luc
      En fait, c’est un autre anachronisme: en 1929 (date du premier album d’Hergé), la population en quasi totalité, respectait les autorités, les professeurs, leur enseignement, leurs parents et leur éducation: la « contestation » générale, c’est 1968! Pour l’Église, il en était de même: on ne mettait pas en doute la doctrine (forcément reçue d’une « autorité »): peu de gens étaient « excentriques »! Mais il faut bien prendre en compte le fait qu’il est plus aisé de suivre sa voie pas choisie à 100% que de s’inventer une route personnelle autrement plus risquée: la sanction de l’échec est sans appel, dans ce cas!

      • Réaliste Brassens:

        « Car les braves gens n’aiment pas que
        l’on suive une autre route qu’eux! »

        Certes assez banal,mais en l’occurrence bien exprimé…

    • Sauf qu’un ultralibéral n’est pas du tout libéral si j’ai bien compris.

  • L’honnête citoyen correctement éduqué n’est jamais assez primaire dans la lutte de la civilisation contre la barbarie socialiste et collectiviste.

  • Il est actuellement facile de critiquer Hergé et Tintin, sans tenir compte du côté très anachronique de « tous » ces commentaires: il est évidemment difficile de comparer chaque aspect de cette époque (1929-1940) avec les idées répandues actuellement: l’oeuvre d’ Hergé (commencée quand il était boy-scout, effectivement catholique, d’une école catholique: donc, en Belgique, sans cette connotation « d’école privée réservée aux riches ») doit bien plus être considérée comme un témoignage historique et sociologique de la moyenne bourgeoisie de l’époque et des idées dans l’air du temps: la Russie des Moujics n’a que 11 ans, le Congo Belge n’est plus la seule propriété privée du Roi Léopold II depuis 21 ans, la colonisation, progressive…

    Son travail (très important, à partir de 1934) de documentation n’avait pas pour but la « provocation » ni la polémique, mais bien l’illustration: Il faut donc se remettre dans les idées de l’époque, avec les moyens d’information bien moins développés disponibles en ce temps-là. D’autre part, Hergé n’était sans doute pas du tout un passionné de politique, adoptant plutôt les vues de son milieu et de son « mentor » et patron, l’abbé N.Wallez, sans grande discussion! Il faut dire aussi qu’il n’a pas voyagé dans les pays décrits: c’était bien plus difficile, long et cher, bien au-dessus de ses moyens!

    Ses albums ne sont donc pas du tout des « prises de positions », au départ, mais plutôt une défense morale du « bien », parfois héroïque pour Tintin.

    • Bonjour mikylux

      Moral ou pas, d’un point de vue uniquement critique, ses 3 premiers albums sont vraiment mauvais, tant du point de vue graphique que narratif, la saga ‘tintin’ débute avec les cigares.

      • @ gillib

        « Mauvais », je ne sais pas: oui, le graphisme des « soviets » ne me plaisent pas: le trait dans « le Congo » est déjà bien meilleur. « Les cigares »ont un « scénario » mais c’est dans « le Lotus Bleu », qu’à la suite de sa rencontre avec Tchang Tchong-Jen qu’il commence à travailler en profondeur en cherchant à dessiner ce qu’il « connait » (indirectement) par un travail de documentaliste bien plus profond.

        Je ne peux pas être objectif: à 5 ans, je lisais le journal de Tintin, tous les mardis, puis traditionnellement, à la « Saint Nicolas » (traditionnelle, en Belgique), nous (5 enfants) recevions le dernier album de Tintin de l’année, des speculoos et des mandarines. Nous avons ainsi reçu la collection, à l’exception des « Soviets », mon frère ainé n’étant pas né! Bref! Que du bon temps!

      • @gilib oui, je considèrerait même que la saga débute avec le Lotus Bleu. Tout artiste a frocément des « oeuvres de jeunesse » avant d’afirmer le style qui fait sa notoriété.

        Doit-on cependant reprocher ses débuts à un artiste, que ce soit sur le plan artistique ou sur le plan des idées ? J’ai horreur des « artistes engagés ». Et je suis reconnaissant à Hergé d’avoir souvent réduit le message à une ou 2 cases – il ne pouvait pas faire moins mais c’est aussi efficace que les pseudo-oeuvres qui « dénoncent ».

    • Hergé était rexiste d’après ce que j’en sais.

      Mais il faut bien savoir qu’à l’époque, l’information était assez difficile à dénicher et surtout le climat des années 30 était ce qu’il était …

      D’ailleurs dans Tintin en Amérique, il paraît que les Américains ont « repeint » les personnages noirs jusqu’assez tard.

      • @ nolife

        Rexiste? Je n’en sais rien d’autre qu’avant-guerre, L.Degrelle, tribun talentueux, a convaincu bien des Belges en faveur d’un pouvoir fort, d’un régime de l’Ordre, copié sur les régimes de droite européen: Italie, Espagne, Roumanie et des débuts en Allemagne, en réaction sans doute face aux acquis français de 1936 et du Front populaire. Pendant la guerre, a-t-il travaillé au Soir pour simplement « vivre » ou par conviction rexiste? Moi non plus, je n’en sais rien! Les « idées de Tintin » m’ont toujours semblé plus justes, morales, (catholiques?) que politiques.

        • Hergé (à part dans les Soviet et Congo) est peu politisé et c’est son mérite de ne pas avoir fait de la propagande fasciste. Il « aurait pu » quand on connait le contexte.

          Le «Vingtième Siècle », était un journal conservateur catholique à faible tirage, influencé par Charles Maurras….

          Je partage un peu avec vous ce que mon père en dit dans les chroniques familiales :

          « Le quotidien avait été dirigé depuis 1924 par un abbé, l’abbé Wallez, fraîchement déboulonné, grand admirateur de Mussolini.

          C’est un jeune avocat de 24 ans, William Ugeux, sorti de la fertile pépinière de l’université de Louvain qui fut ensuite parachuté en 1933 par le cardinal Van Roey à tête du journal. Un certain Léon Degrelle avait été recruté en 1929 comme rédacteur par l’abbé Wallez. RG le fréquenta donc, lui aussi, nécessairement. Degrelle quitta le journal en 1936 pour fonder son propre quotidien, Le Pays Réel. »

          Deux mots sur cet abbé fasciste revenu ensuite diriger le journal : écarté en 1930 par le cardinal Van Roey en raison de ses convictions sulfureuses, il sortit en 1940 de la retraite qui lui avait été imposée par ses autorités religieuses et reprit du poil de la bête à la faveur de la victoire des armées allemandes. Il se lança avec passion dans la collaboration et s’épancha avec délice dans les publications rexistes de Léon Degrelle.

          Fort heureusement, la Providence lui donna tort. En 1947, le Conseil de guerre de Tournai le condamna à quatre ans de prison et à 200.000 francs d’amende. Wallez fut libéré malade en 1950 et charitablement recueilli par …..le couple Remi alias Hergé. Un bienfait n’est jamais perdu ! Cherchant encore à venger son honneur flétri il mourut deux ans plus tard…

          • @ Schirren
            Oui, il serait choquant aujourd’hui, de voir un abbé diriger un journal avec ses convictions politiques.
            Hergé était d’un milieu bourgeois bruxellois, à l’époque majoritairement catholique (antisoviétique). À St Boniface, c’étaient encore des abbés qui étaient professeurs, et les scouts étaient aussi catholiques.

            Et Merci pour cet historique de l’abbé Wallet que j’ignorais!

  • Après de longues années de fiançailles, les communistes et les socialo-nationalistes (nazi) se roulaient des pelles en 1939 lors que pacte germano-soviétique, pour divorcer quelques années plus tard. A l’exception d’une différence sur la propriété privée, le reste fut commun: les massacres, la privation de liberté. Le camp d’extermination de Buchenwald repris par les communistes fut utilisé au mêmes fins meurtrières. Le nombre de victime du socialisme approche les 150 000 millions: 74 m Chine, 70 m Urss, + PolPot, … Dans les médias, la gravité d’un crime dépend de la qualité de son auteur …

    • @Aenas

      De tels massacres de MASSE ne sont plus possibles actuellement car le contexte environnemental,démographique et économique est radicalement différend…….sauf à remettre en question l’avenir même de L’ENSEMBLE de l’espèce humaine!!!
      L’humanité est donc à la croisée des chemins.
      il est impossible d’ignorer cette situation complètement inédite, qui reste pour l’instant relativement « sous contrôle »…….

      • Je ne vois pas pourquoi des massacres de masse seraient impossibles dans le futur ?

        Je ne vois pas non plus pourquoi cela remettrait en question l’avenir de l’espèce humaine – sauf à mettre en avant un présupposé moral sur ce que doit être l’avenir de « l’espèce humaine ».

        • Effectivement, des massacres ne sont pas inimaginables dans le futur. Et pas seulement parce que notre époque cultive beaucoup de haines et de rancœurs passionnelles. Il y a aussi des facteurs plus rationnels, comme cette obsession selon laquelle la surpopulation mondiale serait la cause de tous les maux, réels ou imaginaires, de la planète.

          • Ce que véhiculent et propagent les écologistes radicaux et, comme le communisme, c’est une idéologie, méfiance et vigilance!

  • « Il faut, pensons-nous, rappeler avec la même vigueur et les mêmes méthodes les crimes du communisme » plutôt avec une vigueur décuplée sans oublier les Mao, Ceausescu et autres Pol-Pot.

  • Quand j’ai lu Kravchenko (« j’ai choisi la liberté »), c’est Tintin au pays des soviets qui m’est venu à l’esprit : impressionné de voir l’exactitude de la bande dessinée.
    Donc Hergé savait, donc il était possible de savoir.

  • Excellent cette réédition de cet article.
    Quand j’étais petit, j’avais le droit seulement de lire Tintin et Bicot ( lol..Bicot…) comme BD.
    J’étais très frustré, moi aussi je voulais les gadgets de Pif, les aventures de Placid et Muzo, Rahan et comme il faut être juste, le journal de Mickey n avait pas le droit de franchir non p,us le pas de la porte. Les comics c’était à l’adolescence , j’avais gagné pour mes parents la liberté de lire ce que je voulais, c est à dire tout, sans restriction. Cool, je ne me suis pas jeté sur Pif le chien.
    Le Tintin au pays des soviets je ne l’ai jamais lu. Oui c est mal pour un anticommuniste primaire comme moi ( pourquoi ne dit on jamais un anti-liberal primaire ? ), c est bientôt réparé, il est commandé.

  • Il est connu que les français n’ont aucune mémoire. Après guerre ils votaient coco malgré le pacte Germano-soviétique conclu 5 ans auparavant. Et de nos jours ils ont voté Macron alors qu’il était ministre de l’économie de Hollande un an plus tôt. Pour être écervelé à ce point il faut le faire exprès!

  • Cher Tintin, cher Hergé, quelle clairvoyance! Quelle capacité d’investigation!
    Pour nous avertir, nous alarmer du péril communiste….Hergé savait, tout le monde pouvait savoir.
    Le mépris hautain de l’intelligentsia d’entre deux guerres puis d’après la WWII a masqué, déformé, truqué…
    Ils ont osé porter au pinacle des ordures comme Castro et Allende ,encensé des Mao et Pol Pot jusqu’au madurisme hystérique des vieux crocodiles gauchards, sans parler du castrisme bovarien de la mygale du Poitou.

  • Les commentaires sont fermés.

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