Interventionnisme : au secours, Montebourg revient !

Arnaud Montebourg en 2013 by Parti socialiste(CC BY-NC-ND 2.0)

Ce gouvernement – comme tous ses prédécesseurs – s’obstine dans le capitalisme de copinage, l’interventionnisme et les investissements calamiteux.

Par Simone Wapler.

Vous vous souvenez peut-être du flamboyant ministre de Hollande – Arnaud Montebourg – l’homme aux marinières moulantes.

Montebourg, le retour

Vous pensiez être débarrassé du personnage, de ses rodomontades et de ses investissements (foireux) au nom de l’État ?

Détrompez-vous. L’esprit du personnage revient en force dans ce gouvernement.

Les Échos du vendredi 16 février :

Comme la France veut défendre ses fleurons, le décret Montebourg va être étendu (…) Le Premier ministre veut étendre les secteurs protégés par le décret dit ‘Montebourg’ à de nouveaux domaines.

Depuis 2014, l’État a le droit de s’opposer à des projets d’investissements étrangers dans les domaines de l’énergie, de l’eau, du transport, des communications électroniques, de la santé publique, de la défense.

Mais cela ne suffisait pas…

On rajoute à la liste : l’intelligence artificielle, les datas, les nanotechnologies, le spatial et… les infrastructures financières !

Difficile d’y inclure les shampoings pour cheveux gras et la laque de L’Oréal. Mais il semblerait que la fin du pacte d’actionnaires entre la famille Bettencourt et Nestlé cause une certaine nervosité dans les hautes sphères parasitocratiques.

Préparez-vous : les yaourts (pensez à Danone si jamais Nestlé avait de l’appétit) et la cosmétique pourrait devenir bientôt du ressort « de la défense de l’ordre public et de la sécurité nationale ».

Plus de protectionnisme et aussi plus d’interventionnisme

Dans le même esprit, Les Échos nous apprend aussi ceci :

La future loi Le Maire devrait accroître la capacité d’intervention de bpifrance Participations, bras armés de la banque publique, pour investir dans des sociétés stratégiques. La société d’investissement ‘s’endetterait pour pouvoir prendre des participations, à hauteur de plusieurs milliards d’euros’.

Depuis 2008, avec 1€ d’emprunt d’État, la France achète 0,5 € de « croissance ». N’importe quel chef d’entreprise qui s’endetterait de 1 € pour gagner seulement 0,5 € de chiffres d’affaires ne survivrait pas…

En réalité, l’État dépense de l’argent qui ne lui appartient pas mais n’investit pas.

Lorsqu’un particulier investit :

  • il décide de se priver d’une jouissance immédiate et s’est astreint à dépenser moins que ce qu’il recevait. Ce n’est pas le cas de l’État français dont le déficit est permanent depuis 47 ans ;
  • il choisit – au vu d’informations publiques – en soupesant soigneusement la rentabilité de son investissement. Ce n’est pas le cas de l’État ;
  • il s’engage. Si l’investissement tourne mal, le particulier souffre de pertes financières. Ce n’est pas le cas du fonctionnaire de l’État qui investit ;
  • il suit son investissement, car c’est son argent qui est en jeu. Ce n’est pas le cas du fonctionnaire de l’État qui a investi et sera ensuite muté ;
  • quand il se trompe, il apprend. Ce n’est pas le cas du fonctionnaire de l’État qui ne verra pas son traitement amputé si Areva, Alstom, EDF, Thales, Engie, Nexter Systems… se cassent la figure.

J’aimerais qu’un jour le produit dérivé financier suivant soit créé : un tracker inverse de toutes les entreprises cotées dans lesquelles l’État « investit ».

Je pense qu’un tel ETF – qui parierait sur la chute  de ces entreprises – permettrait d’engranger des plus-values quelles que soient les performances des marchés. Cela compenserait (un peu) le gâchis que nous payons en tant que contribuable.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici.