Partir en vacances, pourquoi pas, mais pourquoi ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
By: Miroslav Krejcirik - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Partir en vacances, pourquoi pas, mais pourquoi ?

Publié le 10 août 2017
- A +

Par Gabrielle Dubois.

J’ai peur des conversations sur les vacances

Certains appréhendent Noël : revoir une famille avec laquelle on a un passé et un présent plein d’amour mais aussi de non-dits et de contentieux…

Moi, j’appréhende les conversations au sujet des vacances…

Il semblerait que l’on se doive de partir en vacances, activité stérile qui consiste à ramener cinq cents photos qui ont déjà été prises cinq millions de fois. Car si l’on ne part pas, c’est qu’on est soit trop pauvre (et quelle faute a-t-on commise pour l’être ?), soit un esprit dérangé qui ne voit pas l’intérêt de cumuler les destinations sur son passeport.

Personnellement, je suis un peu les deux.

Partir ou ne pas partir, là est la question

En février, le Français revient du ski. Malheur à celui qui n’a pas le nez rouge ou brun et la seyante marque blanche de grosses lunettes !

Vous voilà pris pour un pauvre, on vous fuit à toute jambe, sait-on jamais si cet état ne serait pas contagieux ?

Ou bien quelque envieux vous taxera de riche snob si vous affichez un décolleté joliment hâlé au bureau ; quelle chance avez-vous de pouvoir vous offrir des vacances au soleil d’une île paradisiaque ?

Mais surtout, surtout, n’avouez jamais que vous n’aimez pas le ski et que rien que l’idée de dévaler une pente habillé comme cosmonaute ou un lutin vous indiffère, voire vous déplaît totalement. Non, vous, vous avez préféré marcher sur une plage grise et déserte, sous un ciel plombé, à une heure de chez vous, et vous vous êtes régalé.

Malheur, dans ce pays, à l’électron libre qui assume ses choix !

Départ obligé sous peine d’étiquette antisociale

En avril, vous devez déjà avoir bouclé sur internet vos vacances d’été, sous peine de n’avoir rien à dire à votre entourage.

Seulement, quand on est un indépendant qui essaye tant bien que mal de boucler, non ses loisirs, mais son chiffre d’affaires, vacances.com ou voyages.com restent des illusions et on n’a plus qu’à se rabattre sur entreprise.com. Mais ça, c’est une autre histoire !

On a quand même le droit de rêver et on lâche sans y penser : « Moi, j’irais volontiers en Écosse ! » Ne jamais, jamais, laisser échapper une telle phrase, car vos auditeurs entendent : « Je vais en Écosse. » Puis ils demandent quand vous partez, puis si vous en êtes déjà revenus !

Eux ont payé à l’avance leur voyage au Canada ou en Espagne, pourquoi pas vous ? Et comme vous n’avez toujours rien à annoncer pour vos vacances d’été, on hésite : êtes-vous un idiot incapable de s’offrir des vacances ou un antisocial ?

Il ne vous reste qu’une seule solution : disparaître, vous absenter des réseaux sociaux en juillet et en août, débarrasser votre ville de votre présence importune.

Comment on devrait partir

Mais si votre chiffre d’affaires bouclé le 30 juin vous permet quatre jours de vacances, ah, ça, bien que vous n’ayez rien préparé six mois à l’avance, vous êtes prêts ! À vous la montagne verte et bleue débarrassée des skieurs !

Vous voilà parti, voyageur vierge de toute émotion suggérée à l’avance par votre agent de voyage, de toute idée de chemin à avoir foulé de préférence parce que la vue sera belle au prochain virage.

Vous voilà parti, voyageur à l’esprit ouvert à tout ce qui viendra du dehors, beauté de la nature ou mœurs pittoresques.

Vous voilà parti, voyageur à l’humour assez fin pour rire d’une journée de pluie ou d’une phrase idiote que vous aurez tentée en langue étrangère.

Heureux vous partez en vacances de vous-même, laissant chez vous confort, habitudes, idées…

Heureux, vous ne partez pas en vacances : vous partez à la découverte d’autres lieux et d’autres gens, à la découverte de vous-même.

Gabrielle Dubois est écrivain. Vous pouvez la suivre ici

 

Voir les commentaires (6)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • en France , si tu n’as pas une rolex à 50 ans c’est que t’as raté ta vie ; en France si tu n’as pas réussi ta vie , tu n’es rien , et si tu pars pas en vacances c’est que tu es fauché ou anti social…..les rares fois ou je suis parti quelques jours , je n’ai rien préparé à l’avance , je suis parti sur un coup de tête et je suis toujours arrivée dans des endroits tout à fait charmant ; ça ce sont de vrai vavances ; partir à l’aventure …..

    • Pareil..
      De plus presque tout le monde part aux mêmes moments, aux mêmes endroits, pour faire les mêmes choses voire revoir les mêmes personnes. Bon ça va une fois ou deux mais perso ça me gonfle vite fait.

  • Usbek Thompson regardeur cynique
    10 août 2017 at 10 h 45 min

    Vacances, vacance, vacuité ; Vide dans lequel s’engouffre des foules de moutons suivistes en veulerie bèlante et simultanéité attroupie.

  • J’avais 2 collègues de travail qui se haïssaient. Ils se sont retrouvés dans le même hôtel aux Baléares …

  • En France on adore penser que les autres vous jugent. Qu’ils vous méprisent si vous n’êtes pas riches.
    On a tort et raison à la fois.
    Raison car oui tout le monde passe son temps à juger les autres et à se demander comment les autres nous jugent.
    Tort car la faute impardonnable aujourd’hui en France c’est d’être riche et pire encore, si on l’est, de vivre luxueusement.

    Mais le vieux fond chrétien mal compris fait penser et dire que les fiches sont privilégiés et les pauvres discriminés.

    Avez vous jamais vu un endroit d’où les pauvres sont rejetés, ou on rejette ceux qui n’ont pas de Rolex ? (Je ne parle pas de milieux sociaux, c’est tout autre chose et tout riche que vous soyez on pourra vous repousser à l’ANF, quand un pauvre descendant d’un baron de Charlemagne sera accueilli à bras ouverts). Par contre les endroits où les riches ne sont pas bienvenus sont courants.

  • Excellente réflexion sur le matérialisme et la société de consommation de masse et des loisirs (qui n’ont rien à voir avec le capitalisme, ou le libéralisme bien au contraire mais sont issu de la sociale-démocratie) : en gros si vous avez certains moyens financiers mais que vous n’en profitez pas à fonds en produits de consommation débiles ou en vacances « à la modes » vous passez pour un timbré et êtes rejeté à la fois par les salariés « riches » qui ne comprennent pas que vous ne profitiez pas de votre argent, et les salariés « pauvres » qui vous reproche d' »amasser » : ….désolé mais une profession libérale n’a pas sa retraite payée par les autres, ça oblige à une certaine responsabilité…mais aller faire comprendre ça à la masse de salariés français totalement lobotomisée par des décennies de congés payés et de « sécurité sociale » et autres « acquis sociaux » !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Pierre-Guy Veer.

Depuis 2020, la plupart des pays ont fermé leurs frontières au nom de la supposée sécurité des citoyens. On aurait pu croire que ces restrictions auraient été relâchées avec la vaccination. Mais tout libéral qui se respecte sait qu’il n’y a rien de plus permanent qu’une mesure gouvernementale temporaire.

L'Union européenne interdit certains voyages non essentiels

Ainsi, l’Union européenne a remis son interdiction de voyage qualifié de non essentiel envers cinq pays, dont les États-Unis et Israël. Par contre,... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par la rédaction de Contrepoints.

Avec l’été viennent pour beaucoup les vacances, et l’occasion de lire les livres qui s’accumulent sur votre table de chevet.

Nous vous proposons des lectures de plage certes, mais des lectures qui font réfléchir et qui sont utiles à une époque où dominent le pessimisme et le socialisme. Elles défendent la liberté, respirent l’optimisme et dessinent une véritable alternative libérale pour le monde de demain. Ménagez vos méninges et respirez un peu d’air frais !

-- Pascal Salin, Le vrai lib... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Jean-Baptiste Noé.

À Los Angeles comme à New York le passant se voit dans des scènes de films. Telle rue, tel bâtiment, telle lumière rappellent une scène, un dialogue, un moment du cinéma. Difficile de voir les gratte-ciel de New York sans penser à Spiderman, ou l’Empire State Building sans revoir King-Kong.

En France, Paris joue un peu ce rôle. Du pont des Arts à Montmartre, en passant par les quais de Seine, des moments mythiques du septième art ressurgissent. À Cannes ce ne sont pas les films qui se rappellent à nous, no... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles