Petite philosophie de l’enfance, de Chantal Delsol

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Petite philosophie de l’enfance, de Chantal Delsol

Publié le 9 août 2017
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Par Jean-Baptiste Noé.

Après avoir écrit un Nouvel âge des pères (2015), Chantal Delsol s’intéresse cette fois-ci à l’enfance en nous proposant cette petite philosophie de l’enfance nommée Un personnage d’aventure.


L’enfant est à la source de l’humanité et tout ce qu’il apprend et tout ce dont il s’imbibe forment l’adulte qu’il sera. D’où la grande importance de l’éducation et de la formation de la jeunesse et du soin qu’il faut lui apporter.

Ce faisant, la philosophe s’interroge sur l’amour que l’on doit porter à l’enfant, sur la place du nom, de l’éducation, de la transmission, qui sont tout autant des façons de l’inscrire dans une histoire, une généalogie, que de lui donner les ailes nécessaires à sa libération.

L’enfant doit être protégé, on doit lui apprendre le recueillement, la contemplation, mais il est également nécessaire de lui permettre de s’ouvrir sur le monde et de ne pas l’enfermer dans les vases clos de la trop grande protection.

Fidèle aux analyses portées dans ses précédents ouvrages, elle montre que trois courants philosophiques se dessinent. Celui de l’holisme, qui vise à faire de l’enfant un élément du tout, de la communauté sociale, où celui-ci n’aurait pas de personnalité et devrait endosser le rôle que lui destinent ses parents, sa communauté, sa classe sociale.

Le courant constructiviste


L’autre courant est plus directement constructiviste. L’enfant serait sans maître et sans généalogie, sans racine, et devrait cultiver une liberté absolue qui ne le rattacherait à aucune histoire ni à aucune tradition. Chaque enfant serait alors une nouvelle génération, une feuille blanche, sur lesquelles l’homme serait libre d’écrire.

Enfin, le troisième courant, personnaliste, considère l’enfant pour ce qu’il est : un être s’inscrivant dans une histoire qui vient avant lui, mais dont il peut s’affranchir. L’éducation de l’enfant doit lui permettre de développer ses talents, de révéler sa personnalité, sans considérer qu’il est totalement redevable à son milieu ni qu’il ne dépend de personne ni d’aucune histoire.

C’est là le défi que pose l’éducation et la façon dont on doit la situer par rapport à l’enfance et à ses potentialités, mais aussi à ses dangers. L’enfant est l’avenir de l’homme et de toute la société, raison supplémentaire donc pour y prendre garde et pour accorder une grande importance à ce moment majeur de son histoire.

Chantal Delsol, Petite philosophie de l’enfance, éditions du Cerf, 2017, 208 pages.

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  • Le langage, et la culture qu’il permet, constituent le niveau d’organisation propre à l’homme, et un bien commun, immatériel, transmis d’homme à homme et de génération à génération. Il est donc essentiel qu’il soit transmis, que les adultes répondent aux questions, que dans la société moderne, ils veillent à ce que les enfants aient accès au savoir et aux valeurs cumulées.
    Le constructivisme est donc une erreur et un risque. Qu’effectivement, des enfants, livrés à eux mêmes, se contentent du minimum.
    Le personnalisme reconnait les différences des enfants, de leurs intérêts, de leurs moyens, que les efforts éducatifs tendent à réduire, sans les supprimer

    • @ Pyrrhon
      Les enfants sont clairement le produit des 3 schémas décrits dans l’article mais aussi de toutes celles qu’on pourrait trouver ou exprimer.

      Croire qu’un enfant, livré à lui-même, se contentera du minimum, est inepte et contraire à toutes les découvertes.

      En quelques heures, un nouveau né reconnait sa mère mais aussi son père! L’enfant, dès sa naissance, est intellectuellement mais aussi sensuellement et avec toutes ses perceptions et leurs organisations.

      Non les enfants ne sont pas naturellement des faignants!

      Au contraire, curieux et voulant tout comprendre, ils découvrent bien plus que ce que nous leur apprenons! Ils n’adoptent pas complètement les limites que nous leur fixons même si, habiles, ils sont capables de faire semblant de les respecter!

      Regardez: comment un enfant se débrouille avec un ordinateur ou une tablette, sans guère de formation: mais eux ont confiance dans la machine et savent que rien n’est définitif dans un ordinateur, tout reste inscrit quelque part. Nous, rien n’empêche notre méfiance face à nos lacunes, inhibés par la peur de faire une gaffe!

      Par contre l’humain adulte a une mémoire nécessitant la répétition jusqu’à ce que s’inscrive le comportement désiré par une autorité.

      Arrêtez de prendre les enfants pour des nuls: plus il grandissent, moins vite, ils apprennent et sont « formables » ou « formatables »!

      Un nouveau né a un cerveau de +/- 400g, à l’adolescence, son cerveau pèse entre 1400 et 1500 g!

      Je ne suis pas sûr qu’un cerveau adulte « formé et formaté » soit plus performant que le cerveau d’un très jeune enfant ouvert!

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