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Le dernier camp de la mort

Publié le 14 janvier 2017
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Par Jean-Baptiste Noé.

Grands connaisseurs de la Seconde Guerre mondiale, à laquelle ils ont consacré de nombreux livres, Pierre Vallaud et Mathilde Aycard publient une étude sur un drame méconnu du conflit : la tragédie du Cap Arcona (3 mai 1945) qui coûta la vie à plus de 7 000 personnes. Tous les ingrédients tragiques de cette guerre sont réunis pour en faire un moment particulièrement douloureux. Le paquebot est coulé par erreur par la RAF dans les eaux de la Baltique, entraînant avec lui ses passagers qui sont des anciens détenus de camp.

Tout commence avec le camp de concentration de Neuengamme qui voit passer 100 000 détenus et qui totalise 60 000 morts. C’est l’un des camps où la mortalité est la plus forte, de par les mauvais traitements, les épidémies et les expériences médicales qui y sont menées. Nombreux sont les opposants politiques et les ennemis du Reich nazi à y avoir été envoyés. Le camp est situé à proximité de Hambourg, non loin de la baie de Lübeck.
Le 30 avril 1945, Hitler se suicide dans son bunker.

Les marches de la mort

La guerre ne s’arrête pas pour autant et les derniers fanatiques du régime continuent de se battre. Les armées soviétiques approchent, Berlin est pris le 2 mai. À l’ouest, ce sont les Alliés qui avancent également. La vie des camps aurait pu s’arrêter là, sauf que les SS décident d’éliminer les derniers prisonniers et de détruire les traces de ces lieux de mort. C’est ce qui se produit avec les internés de Neuengamme qui sont envoyés dans des marches forcées, les fameuses marches de la mort, où beaucoup périrent.

Les derniers prisonniers sont regroupés par les SS dans l’ancien paquebot de luxe le Cap Arcona qui mouillait en baie de Lübeck. Celui-ci a été le fleuron de la marine allemande dans les années 1920, ayant vogué dans l’Atlantique et transporté à son bord des passagers illustres. C’est l’un des plus gros paquebots de l’époque, supérieur au Titanic. 7 000 personnes sont donc regroupées dans le bateau.

Le 3 mai, une escadrille de la Royal Air Force passe dans le ciel de la baie et bombarde le navire, sans doute mal renseignée par la nature réelle du bateau et ignorante du fait que des prisonniers y ont été entassés. Le navire coule en quelques minutes. Ceux qui arrivent à en réchapper et à rejoindre la côte sont fusillés par les SS ; certains sont malgré tout récupérés par des navires anglais.

Le dernier camp de la mort se fonde sur une documentation abondante. Les auteurs étudient le camp de Neuengamme, ainsi que l’histoire du Cap Arcona et la tragédie de ces hommes qui y ont péri. Du fait de la coupure de l’Allemagne et du bombardement par la RAF, cette tragédie était restée assez méconnue. Avec ce livre richement documenté, les morts sortent de l’oubli.

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  • Donc la RAF a attaqué sciemment un navire civil ( facilement identifiable vu les dimensions)… ».documentation abondante » c’est vague….comme preuves!

  • Dramatique bavure. Tristes destinées.

    Quelle était la destination de ce navire ? Les SS n’allaient-ils pas le couler.

    Redoutable liberté de faire le « mal » pour que notre « bien » ait de la valeur.

    L’ « amour » d’un robot n’a aucun intérêt pour Celui dont certains ont pensé, pensent et penseront « Si Dieu existait il ne pourrait permettre çà ».

  • Drôle d’historien que celui qui parle encore, en 2016, de « camp de la mort ».

    Une petite visite au Mémorial de la Shoah, à Paris, et la lecture de quelques historiens véritables spécialistes de la Shoah (Raul Hilberg et Tal Bruttmann, par exemple) s’imposent d’urgence avant de publier chez Tallandier et sur Contrepoints…

    • @Fredus
      Vu que 60% des « pensionnaires » du camp n’en sont pas ressortis vivants, (« … camp de concentration de Neuengamme qui voit passer 100 000 détenus et qui totalise 60 000 morts »), « camp de la mort » semble la bonne formulation.

  • Les commentaires sont fermés.

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