Politique étrangère : et si on s’occupait de nos affaires ?

Et si la meilleure politique internationale était celle consistant à intervenir le moins possible ? Ce choix fait par exemple par la Suisse n’est-il pas judicieux ?

Par Régis André.

Politique étrangère : et si on s’occupait de nos affaires ?
By: ResoluteSupportMediaCC BY 2.0

La seconde guerre mondiale a eu un effet collatéral ravageur : montrer aux grandes puissances que mener une guerre à l’autre bout du monde peut présenter des avantages. Ainsi, les États-Unis sont intervenus en Europe pour anéantir le nazisme. Nul ne conteste aujourd’hui que l’intervention américaine a été probablement indispensable pour en finir avec l’horreur nazie, même si cela s’est traduit par la destruction intégrale de nombreuses villes françaises ou allemandes.

La généralisation de l’interventionnisme 

Néanmoins, le succès de l’intervention américaine lors de la seconde guerre mondiale a sans doute été un des éléments majeurs qui semblent avoir convaincu une grande partie des dirigeants occidentaux que les interventions dans des pays étrangers peuvent présenter systématiquement un intérêt. Cela est peut-être vrai dans quelques cas mais la généralisation des interventions militaires tous azimuts commence sérieusement à nous faire douter de la pertinence de celles-ci.

Les guerres occidentales dans les anciennes colonies (Vietnam, Indochine, Algérie, Congo belge….) et plus récemment les guerres en Irak, Afghanistan, Somalie, Libye, Syrie, Centrafrique ou encore au Mali (liste loin d’être exhaustive) nous rappellent étrangement les dérives militaristes qui ont pu avoir lieu au cours de l’Histoire, comme par exemple le cas de l’Empire romain qui ne cessait de guerroyer de la Gaulle à l’Égypte, ou encore ceux de l’Empire ottoman ou de l’Empire mongol.

Les effets des guerres incessantes

Les points communs entre tous ces empires : tous se sont effondrés entre autres à cause de l’épuisement financier que ces guerres incessantes ont généré. Souhaite-t-on que l’occident suive le même chemin ?

Si nous reprenons l’histoire très récente, nous nous retrouvons dans la situation absurde où notre acharnement à vouloir faire chuter Saddam Hussein (même si la France n’a heureusement pas suivi G. W. Bush dans la guerre de 2003), la Libye (chute de Kadhafi suite à l’intervention de la France) ou encore la Syrie (fourniture d’armes aux “rebelles modérés” d’Al-Nosra ; voir ici ou encore ) a largement favorisé l’émergence de l’État Islamique puis induit la crise des migrants que nous connaissons.

La Suisse comme modèle

Il convient donc de réorienter notre politique vers un modèle non-interventionniste. Un des moyens d’y arriver est de copier l’exemple de la Suisse qui fait appel à des votations (referendums) tous les trois mois sur les sujets importants.

Serions-nous intervenus au Koweït lors de la première guerre d’Irak ? Le peuple aurait sans doute voté contre cette intervention ! Serions-nous intervenus en Libye ? Non ! Si les États-Unis avaient fait de même (même s’il est délicat de refaire l’histoire…), la guerre en Syrie n’aurait peut-être pas eu lieu dans des conditions aussi désastreuses, ce pays se retrouvant au centre d’un Moyen-Orient totalement déstabilisé.

Nous aurions sans doute toujours les trésors de Palmyre et n’aurions pas des millions de migrants sur les routes de l’Europe. Serions-nous intervenus au Mali et en Centrafrique si les guerres étaient soumises à une votation ? Sans doute que non !

Ces interventions attisent par ailleurs les rancœurs contre l’Occidenttenu responsable de tous les maux du monde musulman ou plus généralement de l’Afrique.

Pour conclure : occupons nous de nos affaires ! Nous avons suffisamment de problèmes cruciaux à régler : endettement généralisé des comptes publics, chômage, extrémismes…

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