Investir au Pakistan, via des trackers ?

Drapeau pakistanais (Crédits : Nicolas Raymond, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Les trackers permettent d’investir dans des pays émergents peu accessibles. Exemple avec le Pakistan.

Par Régis Yancovici.

Drapeau pakistanais (Crédits : Nicolas Raymond, licence CC-BY 2.0), via Flickr.
Drapeau pakistanais (Crédits : Nicolas Raymond, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

En tant que conseil en Investissement, proposer un actif (très) éloigné des radars de ses clients est attrayant car c’est la quasi-certitude d’alimenter leurs réflexions. Pour la plupart, le Pakistan n’est qu’un pays dangereux peuplé de terroristes, en conflit permanent avec son voisin indien.

En octobre 2013, nous expliquions que cela pouvait être également une zone d’investissement diversifiante et attractive. Depuis, nos clients qui ont suivi notre recommandation ont pu engranger 63% en 18 mois sur l’ETF DB MSCI Pakistan. Nos allocations « EMERGENTS » et « CONTRARIAN » en ont pleinement bénéficié. Ce n’est sans doute pas fini.

Nous ne sommes pas les seuls à estimer la zone attractive. Le mois dernier, le Président chinois Xi Jinping, pour sa première visite officielle, a promis 46 milliards de dollars pour construire un corridor économique de 3 000 km entre les deux pays comprenant des routes, des voies de chemins de fer et des pipelines. Il s’agit du montant le plus important jamais engagé par la Chine dans un pays émergent. Les deux pays vont également coopérer dans la construction de centrales électriques afin de réduire les fréquentes coupures dans le pays, constituant un frein au développement économique. Un programme de privatisation est également largement souscrit par des investisseurs étrangers. L’ouverture du pays n’en est qu’à ses prémices.

Les fondamentaux de l’économie pakistanaise ont rarement été aussi florissants qu’aujourd’hui. À de nombreux égards, ils ressemblent à ceux de l’Inde. La croissance accélère grâce à un programme de libéralisation. Le FMI l’attend à 4.3% cette année et 4.7% en 2016. Moody’s vient de revoir sa perspective de crédit de stable à positif grâce à une réduction du déficit désormais à 4.7%.

La baisse du prix du pétrole a permis à l’inflation d’atteindre des niveaux inconnus, à 2.5% contre 8.5% il y a un an, donnant ainsi à la banque centrale une marge de manœuvre pour baisser ses taux courts. Ils sont encore à 8% mais le cycle de baisse est enclenché. Le price earning est inférieur à 9 (contre 17 pour l’inde) sur les résultats 2015, ce qui en fait un des marchés les moins chers au monde. Le seul accès européen est l’ETF DB MSCI Pakistan coté en Allemagne. Depuis quelques jours, les américains ont le leur : Global X MSCI Pakistan. L’intérêt pour le pays ne peut qu’en être plus marqué.

Concernant les préoccupations sécuritaires bien compréhensibles, notons que le nombre de tués du fait d’attaques terroristes a été de 1 781 en 2014, au plus bas depuis 7 ans.

Bien sûr, la volatilité est importante. En mars, le marché a baissé de 10% en quelques jours. La société de gestion américaine Everest Capital a dû vendre sa position de 70M$ pour couvrir des pertes sur le franc suisse.

À un stade du cycle où tous les principaux marchés ont vu leur valorisation se normaliser voire se tendre, il est attractif d’intégrer dans un portefeuille un actif sous-valorisé, avec une histoire à découvrir.