Pauvreté en Afrique : quelle voie pour relever le défi ?

Agriculteur Afrique (Crédits : Marwa Morgan, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Par Chiyembekezo Lyson.

Un article de Libre Afrique.

Agriculteur Afrique (Crédits : Marwa Morgan, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
Agriculteur Afrique (Crédits : Marwa Morgan, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Le taux de chômage de l’Afrique est à la hausse. La plupart des employés, à la fois dans les secteurs public et privé, ne sont pas satisfaits des salaires payés par leurs employeurs. Les chômeurs protestent contre les gouvernements pour ne pas avoir créé suffisamment d’emplois. Pendant ce temps, les salariés manifestent aussi pour réclamer des augmentations de salaire afin de faire face aux coûts élevés de la vie et soutenir leurs familles. Les manifestations et les grèves deviennent un rituel quotidien.

Bien que cette situation illustre la réalité du terrain, les universités continuent de « produire » des milliers de diplômés chaque année. Ces derniers viennent renforcer soit le groupe de chômeurs, soit celui des employés insatisfaits. Pendant ce temps, les politiciens profitent de la situation en rivalisant de promesses pour enrayer ce fléau. Ce sont de simples slogans d’autant qu’ils sont depuis longtemps au pouvoir. Cela a laissé le continent africain naviguer dans une pauvreté abjecte. En dépit de la réception de quantités massives d’aides pendant des décennies, la situation économique de l’Afrique reste encore préoccupante.

Autant nous avons besoin de faire reculer la pauvreté, autant nous ne pouvons pas attendre que ce changement vienne de nos gouvernements. Il est évident que la majorité de l’aide financière ne profite pas aux pauvres, ce qui remet en cause la pertinence de l’aide publique au développement comme une solution à la pauvreté. Par conséquent, puisque nos gouvernements nous déçoivent, que les employeurs ont du mal à augmenter les salaires, et que l’aide étrangère nous fait du mal, quel peut être le moyen de s’extraire de la pauvreté ?

Il est parfaitement clair que l’espoir pour l’économie de l’Afrique réside dans l’entrepreneuriat qui s’avère le meilleur outil de lutte contre la pauvreté. Certains diront que ne nous pouvons pas tous être des entrepreneurs, certains doivent encore travailler pour le compte des autres. Bien que ce soit très vrai, il est également évident que, même lorsque vous êtes salarié, il vous est possible d’acquérir un peu d’indépendance à travers des petits « business » pour avoir un complément de revenu.

Certains pays hors d’Afrique ont prospéré économiquement en raison de la participation de la population aux activités économiques. Cependant, il est triste de constater qu’il y a quelques décennies, l’Afrique était économiquement en avance sur ces pays. En effet, en voyant les tigres asiatiques, il y a 30-40 ans, avec un PIB inférieur à celui de l’Ouganda ou du Kenya se transformer grâce à l’entreprise, il est tout à fait légitime de penser que l’Afrique peut aussi retrouver sa gloire économique.

Le problème de nombreuses personnes en Afrique, est que lorsqu’elles pensent à démarrer une entreprise, ce qui vient immédiatement à leur esprit est le capital et le fantasme de créer de grandes entreprises. Elles deviennent tellement obsédées par cette quête de capital et de réussite, qu’à la fin elles se découragent et abandonnent.

Nous pouvons parfaitement commencer par créer des entreprises de petite taille ne nécessitant pas beaucoup de capital. Même si cela signifie devoir épargner et faire des sacrifices pendant un certain temps, cela vaut la peine. Nous pouvons commencer à petite échelle, en utilisant les moyens facilement disponibles autour de nous, et avec le temps, nos entreprises peuvent grandir et croître. Certaines des grandes entreprises ayant le plus réussi à travers le monde aujourd’hui ont commencé petites. Le journaliste Ghanéen Komlar Dumor avait déclaré une fois : « toutes les personnes qui ont accompli de grandes choses ont commencé petit : Bill Gates, Michael Dell… ils ont commencé petits mais ils sont devenus grands ». Nous pouvons commencer petit dans le présent, mais progresser dans le futur.

Nous devons croire en nous-mêmes, que nous pouvons faire la différence. Notre Aliko Dangote disait : « une fois que vous dites que, oui rien n’est impossible, cela signifie que vous pouvez réellement atteindre cet objectif ». Le temps est venu pour les Africains de se débarrasser de la peur de l’inconnu chaque fois qu’ils pensent  au démarrage d’une entreprise, et prouver au monde qu’ils sont capables de renverser la situation. Après tout, nous avons toutes les ressources nécessaires pour nous aider à atteindre nos objectifs.

Le fait que la bonne gouvernance contribue à la réussite du secteur privé ne peut être niée. Cependant, nous ne pouvons pas simplement nous asseoir et attendre de nos gouvernements de faire les choses pour nous, puisque la plupart d’entre eux ont échoué à créer un environnement favorable. Nous devons nous réveiller comme l’avait réclamé le professeur George Ayittey et rejoindre ce qu’il appelle « la génération Guépards», la génération de ceux  qui « n’attendent pas du gouvernement de faire des choses pour eux ». L’avenir de l’Afrique dépend des actions des Africains d’aujourd’hui, désireux de changer les choses, pas des dirigeants politiques.

Si les Africains se lancent dans l’entrepreneuriat, les familles et les communautés vont prospérer rapidement et sortir donc de la pauvreté. Si d’autres pays l’ont fait grâce à l’entreprise, nous pouvons aussi le faire et changer l’histoire africaine, notre histoire.

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