Départementales : un vote pour rien

Le regard de René Le Honzec.

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Une élection pour rien qui aurait pu être une élection unique dans les annales de la politique, si nous avions eu des politiques en France, pas des politiciens. Tout le monde sait, tout le monde est d’accord sur le fait que l’on ne sait pas pour quoi on vote : quel « département » ? Tout le monde sait qu’une telle élection est aberrante, mais s’inscrit dans la nullité des réformes de Hollande « Moi, Président, je ne ferai rien » (parce qu’un socialiste, ça ne sait pas faire).

Depuis Jo le Taxi qu’on veut privatiser, mais pas trop, aux médecins qu’on veut fonctionnariser, mais pas trop, en passant par l’incroyable pari du XXIème siècle : autoriser les cars à concurrencer la SNCF ; pour un peu, c’était les dilligences, vu le degré de conscience des socialos quant au XXIème siècle. Sarkozy avait pensé un système cohérent, bien torché. Pour restreindre le millefeuille. Hollande s’est appliqué à le détricoter, puis, après sa crise au coin d’une table pour jouer à pile ou face le destin territorial de la France des régions, il s’est retrouvé, sans idée, à devoir repiquer celles de qui-vous-savez. Faut pas prononcer le patronyme, sinon Valls surgit de derrière les rideaux avec un rictus baveux (rose) en en ratant tous les aspects utiles. Chef-d’œuvre : diviser le nombre des cantons (si ce seront bien des « cantons ») par deux, et multiplier par deux les cantonniers (boutade).

Mais c’eût pu être une occasion extraordinaire, pour l’opposition, de refuser de participer à cette mascarade, cette élection pour rien, indigne, inutile, position profondément respectueuse des fondements de la République, qui ne peut supporter la petitesse. Des listes roses-rouges-vertes auraient trustés les représentations aux conseils, (sauf pour celles qui n’auraient même pas un quota d’inscrits-votants suffisant) avec des scores de nains (70-80% d’abstention ?). L’inanité de leur insignifiance face à des manifestations monstres et dignes qui auraient parcouru villes, rues et avenues pour réclamer, à défaut d’une VIème République, le départ de l’usurpateur, Flanby Ier se serait révélé Louis-Philippard et enfui de son trône vers sa retraite à 20 ou 30 000 euros.

Mais on a l’opposition qu’on mérite. Et les électeurs de même.