En Amérique, le bonheur est… à droite !

Ronald reagan credits Brett Tatman (CC BY-NC-SA 2.0)

Le droit inaliénable à la recherche du bonheur. On le retrouve dans les premières phrases de la Déclaration d’Indépendance. Comment se porte cette recherche du bonheur ?

Par Daniel Girard, depuis Boston, États-Unis

Ronald reagan credits Brett Tatman  (CC BY-NC-SA 2.0)
Ronald reagan credits Brett Tatman (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Le droit inaliénable à la recherche du bonheur. On le retrouve dans les premières phrases de la Déclaration d’Indépendance. Comment se porte cette recherche du bonheur ? Pour le tiers des Américains, très bien. Depuis 1972 des chercheurs de l’Université de Chicago (General Social Survey) sondent les Américains de toutes les strates sociales, pour faire l’état des lieux du bonheur.

Quarante ans de sondages et de recherches ont permis d’établir une chose : l’état du bonheur demeure remarquablement stable à travers les décennies. Et peu importe les soubresauts de l’Histoire et de l’économie. Le leitmotiv ? Un tiers des Américains se disent très heureux. La moitié des Américains s’estiment assez heureux. 15% des répondants affirment être malheureux. C’était vrai en 1972 ; c’est vrai en 2015.

Oui, l’argent fait le bonheur…

Comment se fractionnent ces résultats ? Les riches sont-ils plus heureux que les pauvres ? Le revenu est effectivement un indice du bonheur. La moitié des Américains gagnant par an 100 000 $ et plus se situent dans la catégorie des très heureux. Seulement le quart des Américains gagnant moins de 30 000 $ par année se dit très heureux.

Les gens sont-ils très heureux parce qu’ils perçoivent un bon salaire ? Ou est-ce leur disposition au bonheur qui les conduit à la prospérité ? Bonne question.

Les républicains sont plus heureux que les démocrates

Et la politique ? Les républicains sont-ils plus heureux que les démocrates ? Nettement. 45% des républicains sont très heureux. Comparé à seulement 30% des démocrates. Est-ce parce que les républicains sont plus riches que les démocrates ? Les républicains sont effectivement plus fortunés. Mais l’argent n’explique pas cet écart. Les républicains les plus pauvres sont plus heureux que les démocrates les plus pauvres. Peut-on alors parler d’état d’esprit ? You bet !

Les républicains croient que le succès résulte de l’effort

rené le honzec malheur de gaucheLes républicains voient la libre entreprise d’un meilleur œil que les démocrates. Ils sont convaincus que le succès résulte de l’effort et de la persévérance. Les démocrates, eux, estiment que les individus sont souvent victimes des circonstances et ont besoin de l’aide de l’État. Ils réclament plus de justice et moins d’inégalité dans la société. Les républicains ne constatent pas le même problème. Les démocrates leur en veulent de ne pas partager leur diagnostic.

Facteurs de bonheur : le mariage et la religion

L’argent et la politique n’expliquent pas tout. Le statut matrimonial est une autre donnée centrale à l’état du bonheur. 43% des Américains mariés se disent très heureux, comparé à 24% des Américains célibataires. 43% des Américains qui fréquentent l’église régulièrement se considèrent très heureux. Ce chiffre chute à 31% pour les Américains qui y vont rarement ou jamais.

L’Américain heureux est religieux, marié avec des enfants

Le portrait de l’Américain très heureux est celui d’un républicain, religieux et marié, avec des enfants. 52% d’entre eux sont très heureux. Le démocrate célibataire et sans enfant est à l’autre extrême du spectre du bonheur. Seulement 14% des Américains correspondant à ce profil sont très heureux et il s’agit souvent d’une mère célibataire.

La santé, un bonheur qui ne s’achète pas

Au final, si les chercheurs avaient à choisir le facteur jouant le plus grand rôle dans le bonheur des gens, ils n’hésiteraient pas une seconde : la santé. 55% des gens qui se disent malades affirment être malheureux. Le deuxième groupe le plus malheureux, à 27%, est celui des célibataires qui élèvent un jeune enfant. Il n’y a rien, semble-t-il, comme être riche, en bonne santé et faire partie d’une bonne famille pour être heureux…