Le raisonnement par syllogisme

Quelle est la différence entre syllogisme, sophisme et paralogisme ?

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Le raisonnement par syllogisme

Publié le 13 décembre 2014
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Par Damien Theillier.

Spock credits JD Hancock (licence creative commons)

Le syllogisme est un mode de raisonnement exposé il y a 2 400 ans par le philosophe Aristote. Ce dernier voyait dans le syllogisme démonstratif (déductif) le procédé par excellence de la science, qui, en possession des principes, arrive à une conclusion certaine. Ce raisonnement consiste en deux propositions dont on déduit une troisième ; il est ordinairement fondé sur un des deux principes suivants, où il n’y a pas d’erreur possible :

  • Ce qui convient à l’idée d’une généralité, convient à chacun des individus qui composent cette généralité.
  • Ce qui ne convient pas à l’idée d’une généralité, ne convient à aucun des individus.

Le syllogisme est considéré comme étant un raisonnement déductif sous sa forme complète et régulière.

Les trois propositions

Les deux premières propositions du syllogisme se nomment prémisses ; la plus générale des deux prémisses se nomme majeure ; la moins générale, ordinairement la seconde, se nomme mineure. La troisième proposition déduite des deux autres par une conséquence, légitime ou illégitime, se nomme conclusion.

Quand les prémisses sont vraies et la conséquence légitime, c’est-à-dire contenue dans les prémisses, le syllogisme est matériellement et formellement en règle.

Exemple :

  • Toute injustice est défendue ; (prémisse majeure)
  • Or, l’usure est une injustice ; (prémisse mineure)
  • Donc l’usure est défendue. (conclusion)

Si les prémisses sont vraies, la conclusion l’est aussi, pourvu que la conséquence soit légitime. En sorte que si quelqu’un admet les prémisses, il ne peut nier la vérité de la conclusion qu’en la qualifiant d’illégitime. Pour obtenir une conséquence légitime, il y a certaines règles à observer.

Règles du syllogisme

La conclusion du syllogisme doit être contenue dans la majeure ; la mineure sert à le faire voir.

Exemple :

theillier

Dans un syllogisme simple, il n’y a que trois propositions, et par conséquent trois sujets et trois attributs. Pour exprimer ces trois sujets et ces trois attributs, on ne se sert que de trois termes différents ; un de ces termes se trouve deux fois dans les prémisses, on l’appelle moyen ; il doit être pris au moins une fois généralement.

Ici le terme moyen est homme, il est pris généralement dans la majeure. Quoique le syllogisme contienne trois propositions, formées chacune de deux termes (ce qui fait six termes en tout), il n’y a en réalité que trois termes, chaque terme étant répété deux fois. L’exemple cité dans la première règle nous montre :

  • Le moyen terme dans les deux prémisses ;
  • Le petit terme dans la conclusion et dans une prémisse ;
  • Le grand terme dans la conclusion et dans l’autre prémisse.

La prémisse majeure est celle qui contient le grand terme et le moyen terme. La prémisse mineure contient le petit terme et le moyen terme.

Une des prémisses, soit la première, soit la seconde, doit être une proposition générale ; on ne peut rien conclure de deux propositions particulières.

Exemple :

  • Quelques impies sont Français ;
  • Or, quelques Français sont braves.

On ne peut conclure de là, ni que tous les impies, ni même que plusieurs impies sont braves.

Une des prémisses doit être affirmative ; on ne peut rien conclure de deux propositions négatives.

Ainsi on ne saurait dire :

  • Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux ;
  • Or, Philémon et Baucis n’avaient ni or ni grandeur ;
  • Donc ils étaient heureux.

Mais on dirait bien :

  • Les pauvres ne possèdent ni les richesses ni les honneurs du monde ;
  • Or, beaucoup de pauvres sont heureux ;
  • Donc on peut être heureux sans posséder ni les richesses, ni les honneurs, ni l’or, ni la grandeur.

La conclusion suit toujours la plus faible partie, c’est-à-dire que, s’il y a une des deux propositions qui soit négative, elle doit être négative, et s’il y en a une particulière, elle doit être particulière.

Le moyen terme ne doit pas être pris en deux sens différents.

Le paralogisme et le sophisme

Ce n’est pas le tout de fixer des règles de la logique, encore faut-il s’en servir correctement. Le syllogisme donne de bons exemples de pièges à éviter.

contrepoints 987 hollandismeLe principe veut qu’on pose une affirmation universelle ou générale au niveau de la première prémisse (1), du genre « A est B ». Dans la deuxième prémisse (2), on considère un individu qui réunit ou pas les conditions exposées en (1) : « C est A » ou « C n’est pas B ». À chaque fois, un peu de concentration suffit à déduire la conclusion qui s’impose.

Imparable comme raisonnement… sauf quand on dit n’importe quoi. Cela arrive dans deux cas :

  • les paralogismes, qui sont des syllogismes rendus faux par ignorance des règles ou par manque d’attention ;
  • les sophismes, qui sont volontairement tordus pour embobiner les autres.

Exemple de paralogisme :

  • Tous les chats sont mortels.
  • Or, Socrate est mortel.
  • Donc, Socrate est un chat.

Ceci est un paralogisme. Normalement, on devait descendre du général au particulier ; or, cette fois, on propose l’opération inverse (mortels est un attribut des chats, mais il est partagé par bien d’autres « objets ») et ça ne peut fonctionner. Qu’on se le dise : dans le raisonnement par syllogisme, on ne peut remonter du particulier vers le général.

Exemple de sophisme :

  • Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi.
  • Or, vous n’êtes pas avec moi.
  • Donc, vous êtes contre moi.

Voilà qui appartient plutôt à la catégorie des sophismes. Après tout, pourquoi ne pourrais-je être ni avec ni contre quelqu’un ? Cette proposition est fausse. C’est ce qu’on appelle le faux dilemme, on présente un choix entre deux solutions, comme la seule alternative alors qu’il y en a d’autres.

Sources : Espace français et PhiloSophie


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  • C’est un article intéressant mais on sent dans le phrasé et la formation des idées à quel point ces méthodes, formulées ainsi, sont vieilles, floues, et limitées.
    L’article entier semble lourd et trivial pour qui a fait des mathématiques à un niveau correct ; et il n’a jamais été question de déployer une telle artillerie.
    Je recommande à quiconque de s’intéresser à la logique mathématique. C’est bien plus structurant et robuste que la vieille logique d’Aristote.

    • Et on peut se dire que la logique ensembliste de Bourbaki est finalement un gros progrès sur Aristote.

    • La logique aristotélicienne est une logique éminemment philosophique qui a vocation à servir au raisonnement VRAIS, et non pas simplement exacts. Elle est utile à l’étude du réel, elle a rapport aux êtres et non pas aux nombres, et elle sert la raison en tant qu’elle est subordonnée à l’intelligence. A ce titre, la logique mathématique est très inférieure à la logique d’Aristote et elle est tout à fait impropre aux raisonnements métaphysiques.

      • Merci Aurélien.
        Damien, ça me rappelle mes cours de 2ème année Av. Denfert Rochereau…

      • Excusez la critique de quelqu’un qui ne maîtrise pas la philosophie, mais Il me semble que la distinction entre raisonnement vrai et exact provient simplement de la confusion entre l’outil (le raisonnement exact) et l’usage (le raisonnement vrai). En mathématique les prémisses doivent remonter à des axiomes par une chaîne de raisonnement exact. Le fait de ne pas disposer d’axiomes permettant de répondre à des questions philosophiques (ou de ne pas être en mesure de faire remonter certains prémisses à des axiomes, ou même de contester les axiomes) ne signifie pas qu’il existe 2 logiques.

      • Je rejoins les avis des deux premiers commentaires.
        La logique mathématiques et la théorie ensembliste de Bourbaki permet de conceptualiser ce qu’explique justement mais lourdement Aristote. Le langage mathématiques, par son abstraction est beaucoup plus puissant que les mots.
        Il demeure que la logique aristotélicienne est fondamentale. Mais elle est restreinte au réel, tandis que la logique mathématiques permet d’explorer un univers abstrait bien plus vaste, dont les signifiés ne sont pas dans le monde sensible.
        En fait la logique aristotélicienne est limitée par l’attachement d’Aristote au monde sensible et à l’attribution logique qu’il substitue à la participation ontologique de Platon. « Sauver les phénomènes. » Disait-il. La logique est bien au delà des phénomènes, aux confins des structure de la pensée humaine.

        • Sauf que les mots comme la musique sont aussi de l’art combinatoire et donc des mathématiques. Ceux qui opposent donc la littérature et les mathématiques (contrepoint, harmonie, rythme, syntaxe, sémantique, logique, architecture, équilibre, structure, résonance…), leurs études au lycée ou supérieures, ont donc tout faux. C’est la même chose.

          Quand on a étudié la littérature, la musique et les mathématiques à un niveau élevé, on constate et on comprend enfin qu’on doit décrire le même univers mais avec des approches et des angles différents, comme le ferait un marin qui regarderait une île de trois côtés différents, du dessus ou du dessous, dans l’infra rouge ou avec des lunettes grossissantes, avec un microscope ou avec un télescope spatial. Que ces langages en fait observent et décrivent les mêmes objets ou idées, procèdent des mêmes techniques (rythmes, combinaisons de sons, combinaisons de signes, couches de signes…). Sont seulement des signes et des langages différents issus d’une même origine (l’univers) qui sont utilisés de manière différente (mais construits tous sur des logiques d’ensembles, de règles, d’analyse et de particularismes), pour parler de niveaux d’abstraction différents ou voisins et avec des sensibilités différentes.

          Le débat ressemble à celui de spécialistes en médecine qui s’écharpent sur la prédominance de leur spécialité mais qui en oublient qu’ils observent et soignent un même corps.

          Si l’on veut être un humain complet, pour comprendre l’univers, il faut pratiquer les trois de manière parallèle.

          On parle souvent de la musique des mathématiques…
          De mathématiques de la musique…
          Du rythme des poèmes et des textes…
          Etc…

          Rien d’extraordinaire. Pour qui en use quotidiennement on passe de l’un à l’autre en permanence pour comprendre les uns et les autres, les construire, les écrire, les expliquer.

    • J’ai trouvé l’article excellent. Ni lourd ni trivial. Et le mécanisme modus ponens qu’il présente sans le nommer est à la base de tout énoncé de logique, si moderne soit il.

      Par ailleurs, contrairement à ce qui est affirmé dans un autre commentaire, l’objectif de la logique n’est pas, n’a jamais été, et ne sera jamais de refléter la réalité, mais d’assurer la cohérence d’un raisonnement.

      • La logique d’Aristote vise beaucoup plus loin que la seule cohérence du raisonnement. C’est seulement la logique moderne qui ne veut voir dans la logique que des règles de raisonnement cohérent ou exact ; et c’est pourquoi la logique moderne est si étendue comparée à la classique : quand on postule une infinité de possibles entre le vrai et le faux par exemple, on peut tout à fait augmenter considérablement le nombre des raisonnements « cohérents ».

        La logique aristotélicienne a pour fin la démonstration qui elle-même sert à l’intelligence, c’est-à-dire à la connaissance des objets, des êtres. Bref, la logique d’Aristote n’a pas pour fin l’exactitude ou la cohérence, elle a pour fin la vérité et c’est celle-ci qu’elle sert. Et ce, par le passé, aujourd’hui, demain, et tant qu’il y aura des hommes.

        • Je maintiens ce que j’ai écrit plus haut, mais je vous concède volontiers que la logique aristotélicienne à pour objectif la recherche de la vérité.

          Je ne me référais pas à la logique floue (c’est son nom) que vous semblez assimiler à la logique moderne, mais plutôt à la logique de Bertrand Russell, pour lequel le tiers-exclus prévaut: une affirmation est soit vraie, soit fausse. Cette logique moderne là est une formalisation poussée de celle d’Aristote.

          Quant à assimiler Vérité et Réel, nous ne tomberons pas d’accord je pense, mais c’est un autre débat.

          • Comme je n’assimile pas la vérité au réel, on ne devrait pas avoir de difficulté.

            J’ai pris la logique floue en exemple, je sais bien qu’il existe plusieurs logiques modernes. La logique propositionnelle n’est pas une formalisation « poussée », elle est au contraire une formalisation appauvrie de la logique d’Aristote, parce qu’elle ne tient pas compte des êtres qui entrent dans la démonstration. Quand on réduit la forme au nombre, c’est ce qu’il se produit, on ne traite plus que de l’être mathématique, et si ces logiques ont leur utilité en mathématiques, elles sont inférieure à celle d’Aristote, qui est de loin la logique « architectonique » par excellence.

            • Aristote n’a pas épuisé la logique… La logique a une histoire, elle continue d’évoluer, et certains aspects du système d’Aristote sont aujourd’hui périmés, pour ne pas dire faux – notamment dans les domaines les plus avancés des sciences comme la mécanique quantique

              • La logique mathématique évolue, certainement pas la logique mise en évidence par Aristote (ce qui ne signifie pas qu’elle n’est pas perfectible), qui par ailleurs n’est pas solidaire un seul instant de la science physique périmée d’Aristote. La bonne démonstration, c’est-à-dire la démonstration qui sert l’intelligence, se réalise toujours sur les fondements aristotéliciens. Encore une fois, penser qu’en arrachant la logique de sa finalité (j’insiste : servir l’intelligence) pour la cantonner dans la seule raison purement discursive comme on le fait en mathématiques, on grandit la logique et on l’améliore, c’est se tromper, parce que la logique d’Aristote et la logique mathématique – qui a effectivement connu beaucoup de nouveautés – ne se posent pas sur le même plan.

              • Je ne vois pas DU TOUT le rapport entre la mécanique quantique et une prétendue fausseté de la logique. La mécanique quantique contredit certains postulats de la physique classique et certaines évidences supposées du monde sensible, mais certainement pas la logique.

                • Oui, et comme vous dites plus loin, la culture c’est comme la confiture … Mais j’ai regardé un peu les résumé wiki des recherches sur la logique et donc de ces « nouvelles logiques ». Elles sont toujours des constructions faites sur LA logique de base. Ce sont des outils mathématiques complexes qui ne remettent pas en cause mais s’appuient sur la logique classique. On joue donc sur les mots.

                  Quant à la mécanique quantique, comment les fonctions d’onde qui définissent une densité de probabilité qui sont des outils mathématiques fort complexe pourrait-elles remettre en cause la logique alors que toutes les mathématiques qui permettent de les définir reposent sur les axiomes de la logique ?

                  Avez vous entendu parler d’un système logique basé sur ses propres axiomes qui convergerait vers la logique classique en montrant que les axiomes de la logique classique sont des cas particuliers ?

                  • A Aurélien et Pragma :

                    La base de la logique d’Aristote, ce sont les prémisses constituées d’un sujet lié à un prédicat. C’est cette relation sujet-prédicat qui vacille dans l’épistémologie de la physique quantique.
                    Evidemment, cela concerne un certain niveau de réalité dont nous n’avons que faire en politique ou dans notre quotidien ! Donc si tout le monde maîtrise déjà la base logique d’Aristote, on évite bien des déboires et des malentendus !

                    Je recopie ici ces quelques lignes d’un ouvrage incontournable sur l’histoire de la logique (Blanché) :

                    <>

                    • Blanché

                      « Ce n’est qu’à une époque relativement récente qu’on a vraiment commencé à s’intéresser à l’histoire de la logique. Jusqu’au milieu du XIXe siècle régnait en effet l’idée que la logique n’avait pas d’histoire, étant, pour l’essentiel, sortie « close et achevée » de l’esprit d’Aristote. Le renouveau de la logique depuis 1850 environ a peu à peu permis de replacer Aristote dans une perspective historique, de comprendre la signification et la portée de la logique stoïcienne, d’apprécier les travaux des scolastiques, de reconnaître en Leibniz un précurseur des conceptions modernes. Si on laisse à part la logique indienne qui s’est développée indépendamment, l’histoire de la logique occidentale nous apparaît aujourd’hui ponctuée par trois grandes époques créatrices, où cette discipline prend chaque fois une forme originale : la logique grecque avec Aristote et les stoïciens, la logique médiévale qui culmine au XIVe siècle, enfin, depuis le milieu du XIXe siècle, la logique symbolique moderne. « 

                • « La mécanique quantique contredit certains postulats de la physique classique et certaines évidences supposées du monde sensible, mais certainement pas la logique. »
                  Pas d’accord. La logique, et pas seulement le syllogisme, est issue de l’observation de la réalité physique. Par exemple, quand quelqu’un est parti, il n’est plus visible. C’est un raisonnement logique, mais qui n’a pas court en mécanique quantique où un objet peut se situer à deux endroits en même temps.
                  Ce qui est une violation de la logique habituelle.
                  En fait le monde quantique a sa propre logique, incompatible avec le monde macroscopique et le célèbre physicien Stephen Hawkins a consacré sa vie à les rendre compatibles.

                • Qui a dit que la logique était fausse ? Le modèle d’Aristote est simplement dépassé par certains aspects, mais utile dans l’immense majorité des cas. Comme certains modèles physiques ou mathématiques. On peut affiner, mais à notre niveau ça suffit largement.

                • Croire que la logique est immuable, figée et fixée une bonne fois pour toute (et plus encore, que c’est Aristote qui l’aurait ainsi livrée), c’est ça qui est faux.
                  On se fait une fausse idée de la logique.
                  La logique continue d’évoluer, la logique n’est pas achevée.

    • C’est vrai qu’on dirait un vieux manuel poussiéreux, mais ces rappels sont fondamentaux… Et il suffit de lire certains commentaires sur Contrepoints pour se rendre compte que certains lecteurs devraient réviser leur logique !
      Ce qui pourrait être pas mal ( NOTE A L’AUTEUR ! ) c’est d’illustrer ces principes avec des exemples concrets, contemporains, par exemple des extraits de discours politiques récents pour nous montrer ce qui respecte les règles de la logique et ce qui est totalement illogique !

      • L’exemple de sophisme donné dans l’article :

        Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi.
        Or, vous n’êtes pas avec moi.
        Donc, vous êtes contre moi.

        est bien proféré une dizaine de fois par jour par n’importe quel politicien.

        • @ pragmat

          A juste titre, preuve en est ceux qui évaluent leur score en tenant compte des abstentions pour démontrer qu’ils ne sont pas représentatifs de la majorité.

        • C’est vrai, et justement, avez-vous un exemple concret et récent, des paroles à citer, un nom à donner ?

      • De toutes façons, il n’est pas besoin de chercher bien loin : touts les déclarations politiques sur l’économie et l’écologie sont des sophismes.

        – le remboursement de la dette : vous ne pouvez rembourser qu’avec de l’argent qui vous appartient, pas en empruntant plus : « je te dois 50 euros ? Prête moi cent et je te les rembourses »
        – la création d’emplois verts : vous ne pouvez pas « créer » en détruisant à côté. C’est pareil que pour l’emprunt : si le solde création/destruction n’est pas positif, parler de création est un sophisme
        – le développement durable : on a besoin de construire X logements pour faire face à l’augmentation de la population. Déjà, parler de développement est un sophisme. Mais on construit écologique et comme ça coûte plus cher on n’en construit que la moitié : c’est une récession durable.
        – le cadeau aux patrons dans le pacte pour l’emploi : On promet de moins les ponctionner, en conséquence de quoi, on les autorise à emprunter aux banques et on autorise les banques à leur prêter en hypothéquant les entreprises sur l’augmentation de leurs bénéfices. L’état de débourse rien, il n’y a donc pas de cadeaux et le risque est financé par les entreprises : si il n’y a pas de reprise, l’état augmentera les impôts et les entreprises se retrouveront avec la dette sur les bras.

  • Mais c’est bien entendu une base à comprendre pour la théorie des ensembles, beaucoup plus large, et la combinatoire future.

  • merci pour ce rappel, qui devrait constituer le camp de base.
    Pour bien connaitre son ennemi, à savoir le politicien collectiviste, et dans une perspective pratique, il importe toutefois de dépasser l’approche logique car celui-ci n’argumente ni ne réfute quasiment jamais sur ce terrain: l’animal politique recourt de fait massivement à la rhétorique et fait un usage immodéré des 38 Méthodes de Shopenhauer « l’art de toujours avoir raison » jusqu’à la nausée.
    Cela pourrait faire une suite intéressante à cet article, avec cas pratiques etc…
    Bien à vous.

  • Lol, tout le monde étale sa confiture dans les commentaires de cet article 🙂

  • Article intéressant, dommage qu’il finisse sur un faux raisonnement.

    « Exemple de sophisme :

    Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi.
    Or, vous n’êtes pas avec moi.
    Donc, vous êtes contre moi.

    Voilà qui appartient plutôt à la catégorie des sophismes. Après tout, pourquoi ne pourrais-je être ni avec ni contre quelqu’un ? »

    Vous ne pouvez être avec moi, que si je vous demande de l’être. Et si je vous le demande, vous n’avez alors que deux choix: soit vous acceptez, soit vous n’acceptez pas. Si vous n’acceptez pas, vous êtes pareil à ceux qui sont contre moi…

    Interprété sous cette forme, votre exemple n’a donc rien d’un sophisme… De plus, l’usage de la première personne tend vers un ressenti subjectif, autrement dit, même avec une autre interprétation, il me paraît difficile d’apparenter quelque chose de subjectif à un raisonnement, fusse-t-il trompeur… 

  • C’est génial la logique aristotélicienne, sauf qu’en économie, en politique ou dans le commerce … les prémisses ne sont pratiquement jamais vrais ou faux, mais proche du vrai ou proche du faux, ou constaté comme vrai/faux à un moment donné, mais sans l’assurance de rester vrai/faux, ce qui aboutit dans la majorité (voire la totalité) des cas, à des sophismes.

    Les déchets nucléaires restent radioactifs pendant des milliers d’années (ce qui est scientifiquement vrai), on ne peut être sur de garantir leur confinement pendant des milliers d’années, donc les déchets nucléaires sont un danger potentiel pour les générations futures … mais qui dit que l’on ne va pas découvrir une méthode de transformation des déchets (ce qui n’existe pas) afin qu’ils perdent leur radioactivité ?

    • @ Stéphane Boulots

      La logique aristotélicienne est loin de donner réponse à tout…

      Par contre, Bastiat a quand même dénoncé plusieurs sophismes économiques, qui malgré la pertinence de son propos sont encore largement utilisés aujourd’hui… 

      • Je vais plus loin : la logique aristotélicienne n’a de sens que dans un système ferme. En économie et politique le système étant ouvert ( le facteur temps et le futur qui contient tout ce qu n’est pas connu) rendent potentiellement faux tout prémisse : même le prémisse que la terre tourne autour du soleil n’est pas vrai dans le temp.

        Ce qui revient à n’affirmer que des sophismes.

        Ce qui est important en économie et en politique est non pas la vérité d’une proposition, mais ça capacité à se concrétiser ET à être acceptée.

        C’est pour moi la raison majeure qui fait du libéralisme la philosophie politique et économique : son absence totale de doctrine constructiviste, son pragmatisme, sa capacité à explorer le futur plutôt qu’à le construire.

        • @ Stéphane Boulots

          « même le prémisse que la terre tourne autour du soleil n’est pas vrai dans le temps »

          Mais ce n’est pas pour autant que l’on a arrêté d’utiliser l’outil logique que sont les mathématiques en sciences physiques… 

          Il ne faut pas confondre observation et raisonnement: une observation est toujours discutable, raison pour laquelle la science ne pourra jamais être fiable à 100%, par contre un raisonnement peut être validé ou infirmé par la logique, également en économie.

          Par exemple, lorsqu’un politicien prétend que l’on peut augmenter la richesse de la population par la relance, c’est un sophisme économique, ce raisonnement n’est confirmé ni par la logique, ni par l’observation.

  • La logique ne se prononce pas sur le caractère de vérité des propositions auxquelles ont l’applique.

    Arrêtez avec ce gloubi boulga mélangeant vérité et logique.

    La logique (moderne, mettons aristote aux oubliettes svp) est un formalisme déductif. Rien a voir avec la VERITE!!….

    • La vérité est un étrange animal : chaque personne qui l’observe le voit d’une couleur différente…

    • La logique consiste à associer deux proposition fausses pour en en déduire une autre toute aussi fausse, mais plus crédible.

      • @ Stéphane Boulots

        La vérité s’assimile à la réalité, une observation est une vue de l’esprit qui peut correspondre ou pas à la réalité. La logique est la règle qui ressort de l’observation de la réalité, si son utilisation comme vue de l’esprit est pertinente, c’est bien parce qu’elle s’applique ensuite dans la réalité.

        Une proposition est vraie, si elle correspond pleinement à la réalité, fausse le cas contraire.
        La véracité d’une proposition n’a strictement rien à voir avec sa crédibilité: une proposition fausse peut être très crédible, et une proposition vraie pas crédible du tout.

        • Une proposition ne correspond jamais pleinement à la réalité.

          Elle n’est qu’une proposition, pas la réalité. La notion de correspondance entre la réalité et la proposition n’a de sens que dans un contexte donné, qui ne perturbe ni la réalité, ni la proposition.

          Le temps modifie la réalité, ainsi que les autres éléments absents de l’observation, la compréhension de la proposition, ainsi que les autres propositions connues ou inconnues modifient la proposition.

          Le futur n’ayant aucune réalité, modifie à la fois la réalité observable et la proposition, l’exemple des déchets nucléaires illustre cela.

          Une proposition vraie est une représentation consensuelle de la réalité. La vérité ‘absolue’ n’est qu’un artefact laïque pour désigner le verbe, la capacité à nommer les choses, c’est à dire Dieu.

          Seul le consensus sur l’observation et la forte correspondance entre ce qui est déduit et ce qui est observé constituent ‘une’ vérité.

          Ceci dit, la logique est un excellent outil pour élaborer un consensus sur l’observation et une prédiction fiable, mais elle n’est pas et ne peut pas être ‘vraie’ : en l’absence de toute vérification sur le réel, elle est une utopie, une construction mentale, en présence de vérification sur le réel, elle est une connaissance, une expérience du réel, un verbe nouveau donné au réel.

          • arrete de fumer t’attaques la moquette. Tiens voila une proposition vraie.

            • Je ne fume pas : prémisse faux. J’ai fumé : prémisse vrai
              Je fumerais peut être : prémisse ni vrai ni faux

              Tiens voilà un sophisme….

              • @ Stéphane Boulots

                Ce ne sont ni des prémisses, ni même un sophisme. Vos phrases n’ont pas la structure d’un prémisse, et il n’y a aucun raisonnement entre les trois propositions. Il ne s’agit que de deux constats et une hypothèse.

                D’autre part, si vous n’êtes actuellement pas en train de fumer, la phrase « je ne fume pas » est vraie.

                • lol 🙂 j’instanciais juste les prémisses implicites de votre raisonnement : « arrête de fumer t’attaques la moquette » : fumer fait attaquer la moquette, or tu fumes, donc tu attaques la moquette

                  Comme le prémisse ‘tu fumes’ n’est ni vrai ni faux (en fait il est vrai à certain moments, faux à d’autres) … le raisonnement est un sophisme : ‘tu attaques la moquette’ est une généralité

                  En gros dans ce que j’essayais d’expliquer au dessus : dès que l’on essaye d’appliquer la proposition à la réalité, on ne peut résoudre entièrement la vérité des prémisses et de la conclusion.

                  Par contre la phrase totale est plus crédible que chacun des éléments pris séparément.

                  • @ Stéphane Boulots

                    La phrase de Grass n’était pas un syllogisme, cela n’a donc pas de sens d’essayer d’y voir des prémisses qui sont propres au syllogisme et ne peuvent pas être posés n’importe comment.

                    La phrase « tu fumes » (qui n’est pas un prémisse) peut signifier deux choses: « est-ce que tu es en train de fumer droit maintenant » ou « est-ce que tu es un fumeur »

                    Je ne vois pas en quoi ce serait un problème d’appliquer ces deux questions à la réalité…

                    • Mais lol enfin … c’était de l’humour, ou de l’ironie, ou du ‘fumage de moquette’

                      Enfin, bref, votre explication de texte revient bien à ce que je disais plus haut :

                      « La notion de correspondance entre la réalité et la proposition n’a de sens que dans un contexte donné, qui ne perturbe ni la réalité, ni la proposition. »

                      « Seul le consensus sur l’observation et la forte correspondance entre ce qui est déduit et ce qui est observé constituent ‘une’ vérité.  »

                      … d’où la nécessité de la discussion pour se mettre d’accord et établir ‘une’ vérité.

  • Tout ça pour dire que 1) si P1, P2 et P3 sont trois propositions telles que P1 implique P2 et P2 implique P3 alors P1 implique P3 2) Si une proposition P en implique une autre Q, alors la réciproque (Q implique P) n’est pas nécessaire vraie – le croire et surtout l’utilisant étant le syllogisme. Enfin le sophisme, c’est un bien grand mot pour un raisonnement faux.

    Je suis très, très, loin de penser que le monde serait mieux si les mathématiciens (voire des gens s’entendant à la logique élémentaire) prenaient des décisions, car ce sont quasiment tous de fieffés socialistes, mais il est toutefois affligeant de voir le niveau global des gens, dans le monde entier, sur ce genre de questions. Ce sont pourtant des choses du niveau de l’école primaire. (D’il y a quelques décennies, sans doute.)

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