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Liberté (Crédits : Alban Gonzalez, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

Le libéralisme est bien plus qu’une vision du rôle de l’Etat ; c’est une société libre et volontaire.

Liberté (Crédits : Alban Gonzalez, licence Creative Commons)

Les libéraux sont souvent caricaturés. Égoïstes et irréalistes, ils auraient pour seul objectif de réduire la taille de l’État, coûte que coûte. L’alternative libérale n’est pas comprise car leur seul message audible, ou la caricature que l’on en fait, c’est qu’il faut réduire la taille de l’État.

C’est vrai : les libéraux s’accordent sans difficultés pour dire que l’État, aujourd’hui, est trop gros. Son périmètre est trop large et son poids trop important. Il tient les citoyens par la main du berceau à la tombe, de gré ou de force. Si un nombre croissant de Français s’accordent sur la nécessité de réformer l’État, peu sont réellement capables de penser l’alternative libérale.

Il faut comprendre que la réduction de la taille de l’État n’est pas une fin en soi. Si les libéraux sont souvent définis par leur vision du rôle légitime d’un État (anarco-capitalistes, minarchistes, libéraux classiques et innombrables nuances), la vision libérale n’est pas fondée sur le négatif.

L’actualité donne aux libéraux autant de raisons de protester qu’elle leur donne raison : résultats de l’action publique oscillant entre médiocre et minable, scandales à répétition, dépenses galopantes, inégalités de droit et abus en tous genres. Mais ce qu’un libéral déplore le plus, ce n’est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas. L’écart entre leurs convictions et la réalité ne se mesure pas seulement par les échecs de l’État, mais aussi par l’écart avec une société libre.

Le libéralisme n’est pas une critique de l’État. C’est une vision à part entière, avec ses principes et ses possibles.

Il est difficile pour un libéral de savoir exactement à quoi ressemblerait une société libre, parce qu’elle repose justement sur le choix et la responsabilité confiés aux individus. Mais les principes de l’action humaine permettent d’en comprendre les contours, et la philosophie politique permet d’en comprendre les vertus.

Refuser l’éducation d’État, ce n’est pas refuser l’éducation. Refuser la redistribution forcée, ce n’est pas refuser la solidarité. Refuser le modèle social collectiviste, ce n’est pas négliger l’avenir ou les moins bien lotis. Refuser de confier les choix à l’État, ce n’est pas refuser les réalisations collectives. Refuser la régulation à outrance, ce n’est pas prôner la loi de la jungle. Au contraire.

D’une façon générale, les choix sont meilleurs quand ils sont faits par ceux qu’ils concernent. Programmes et rythmes scolaires, prévoyance, solidarité ne peuvent être que mieux gérés par ceux qu’ils concernent que par des individus qui ne subissent pas les conséquences de leurs décisions et dépensent un argent qui n’est pas le leur (mais qui, parfois, le devient – honte à eux).

Et le libéralisme, loin de transformer les citoyens en ermites égoïstes, connecte tous les citoyens entre eux. Par leurs décisions et leurs actions, ceux-ci transforment la société et le monde. Mieux : ils permettent à tous de donner le meilleur d’eux-mêmes et bénéficier du meilleur de tous les autres.

Car le marché, si souvent diabolisé, est le reflet des actions de chacun. Lorsque le marché opère librement, il laisse à chacun la possibilité d’exprimer ses préférences et ses talents. Il se régule de lui-même, tout simplement parce que chaque décision influence le marché (qui est la somme des décisions) qui devient alors la nouvelle base de décisions. Dire que le marché se régule est un abus de langage ; les comportements des individus s’ajustent aux conséquences des comportements passés.

Le marché n’est sans doute pas parfait. Pas plus que les individus, qui le composent. Mais une chose est certaine : personne ne pourrait décider mieux que les individus, à leur place. Et il serait fondamentalement injuste que certains décident pour les autres. La légitimité que les uns et les autres s’accordent n’a de valeur que pour ceux qui la reconnaissent.

Interférer avec le libre choix des individus, c’est perturber le mécanisme qui les unit dans une société harmonieuse et créer des déséquilibres qui ne peuvent que s’amplifier et être moins bons, naturels et justes que l’équilibre du marché.

La critique du libéralisme ne pourra être qu’une caricature tant qu’elle se contentera de critiquer la critique et de considérer que le libéralisme n’est qu’un rejet de l’État et de la situation actuelle. Les opposants au libéralisme seraient bien avisés de s’assurer qu’ils sont effectivement opposés à la liberté et ce qu’elle a à offrir. Et les libéraux, de s’assurer qu’ils diffusent les propositions et l’idéal libéral au moins autant que la critique de l’intervention étatique à tort et à travers.